Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 16:45

Fis.jpgAprès une sévère défaite des partis « religieux », le président fondateur du parti radical islamiste Front de la Justice et du Développement (FJD), Abdallah Djaballah, a dénoncé le scrutin législatif du 10 mai en Algérie et a menacé le pays d'une révolution à la tunisienne. Certains prédateurs occidentaux, qui caressent depuis toujours en secret le rêve de déstabiliser l’Algérie de l’intérieur, pour mieux la dépecer, vont profiter de ces élections législatives pour tenter de rallumer une nouvelle flamme révolutionnaire, de réactiver une rébellion dormante, et de redonner à des agitateurs forcenés, dans ce pays si cher aux néocolonialistes, un espoir de prendre enfin le pouvoir. En effet, les religieux radicaux ne comptent plus trop sur Dieu pour prendre le pouvoir, mais bien sur les glaives tendus par les mains amies des Occidentaux. Ironie de l’Histoire : hier, les membres du Front Islamique de Libération (FIS), parti dont l’Occident avait exigé la dissolution et l’interruption du processus démocratique (des législatives) en janvier 1992, seraient redevenus, aujourd’hui, tout à fait fréquentables et mieux encore : éligibles. Quel retournement de veste ! Partout, dans le monde arabe, les religieux radicaux deviennent les amis, que dis-je !, les frères révolutionnaires de prétendus démocrates occidentaux. Quand les peuples arabes veulent la démocratie, on implante des fanatiques religieux obscurantistes, afin de briser, d’étouffer dans l’œuf, l’élan progressiste de ces peuples libérés. Et quand des dirigeants arabes autoritaires et avisés remettent des Occidentaux trop entreprenants à leur place, on soulève les peuples et on les aide à renverser ces dictateurs. En fait, c’est soit des fous furieux fanatiques religieux, soit des despotes illuminés. Mais jamais les pays arabes n’ont droit à être dirigés par des personnes éclairées, visionnaires et tolérantes. C’est dire si les Occidentaux, dans leur immense générosité et leur incommensurable humanité, n’ont qu’une envie, celle de voir les peuples arabo-berbères vivre en paix et dans la démocratie ! De qui se moque-t-on ? L’unité des Algériens et leur patriotisme ont jusqu’à présent évité à l’Algérie de basculer de nouveau dans des bains de sang. Plus que jamais les Algériens doivent rester unis. Car l’Algérie est attendue au tournant. A la moindre faute, au moindre relâchement, à la première occasion, ce pays sera la proie et la cible d’attaques de pays étrangers n’ayant qu’une visée : morceler et diviser la Nation. Il est important pour le pouvoir algérien d’insister sur l’histoire de ce pays et de laisser aux nouvelles générations une mémoire collective qui leur rappelle ce qu’ils auraient été, ce qu’ils seraient devenus, sans la lutte armée de leurs aînés. C’est pourquoi, cet appel à la révolution, lancé par Abdallah Djaballah, me paraît irresponsable, dangereux, criminel et coupable ; coupable parce que des Algériennes et des Algériens pansent encore leurs plaies dues à une sale révolution conduite par des forces extérieures et relayées par des traîtres à la Nation algérienne de l’intérieur. Plus de dix ans de crimes et d’horreurs en Algérie, ça suffit, M. Abdallah Djaballah !

 

Touhami Moualek

Par touhami - Publié dans : Politique internationale
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 16:16

318970_le-president-algerien-abdelaziz-bouteflika-le-8-mai-.jpgLes élections législatives de ce 10 mai en Algérie risquent d’être fortement marquées par un taux d’abstention record. Le Président Bouteflika a pourtant invité les Algériens, et notamment la jeunesse algérienne, à s’exprimer massivement par la voie des urnes, affrimant, lors d’un discours prononcé à Sétif, en commémoration des massacres du 8 mai 1945, qu’il fallait désormais que les jeunes générations prennent le flambeau, parce que sa propre génération avait, 50 ans après l’indépendance du pays, fait son temps. Mais il est vraisemblable que les Algériens, désabusés et convaincus, une fois de plus, que ces élections n’apporteront rien dans leur vie quotidienne, s’en désintéresseront. En effet, selon ces derniers, le fossé existant entre les députés et leurs électeurs parait immuable. Pourtant, l’actuel Président algérien, âgé de 75 ans, a exhorté (surtout les plus jeunes) à protéger leur patrie, et à faire preuve d’une grande vigilance envers les appétences de certains ennemis qui, de l’extérieur et profitant du Printemps arabe, seraient tentés de déstabiliser l’Algérie de l’intérieur, en créant des divisions par des ingérences caractérisées. La brèche, provoquée par le morcellement de la Libye, a permis à l’OTAN de poster aux frontières de l’Algérie des forces armées. Cette situation militaire déplait aux autorités algériennes et l’on peut en comprendre aisément les raisons. Les Algériens sont de farouches patriotes, voire des nationalistes, viscéralement attachés à leur patrie ; la Nation algérienne saurait réagir à ces tentatives de créer des failles au sein de la population algérienne. Le Président algérien le sait bien. Il a donc voulu se concentrer sur cette fibre patriotique spécifiquement algérienne, rappelant les dangers imminents d’une division des Algériens.

 

nedroma bondyA l’instar des partis islamistes ayant obtenu de très bons résultats en Libye, en Tunisie, au Maroc et en Egypte, les partis religieux algériens seront également présents à ces élections. Mais il est juste de rappeler que l’Algérie n’a pas grand-chose à avoir avec ces pays voisins précités. D’abord parce que l’Algérie a déjà connu sa vague islamiste (le FIS) dans les années 80-90 et on a bien vu où cela avait conduit le pays : à des dérives et des luttes armées fratricides barbares et violentes. Les Algériens ne veulent plus de ces violences aveugles et font, majoritairement, confiance à l’homme ayant su imposer une concorde civile : Abdelaziz Bouteflika. Ensuite, il est à noter que ces partis religieux participent déjà à la vie politique nationale, depuis les années 90, et sont donc associés aux affaires (et aux affairistes) du pays. Cela fait naturellement penser aux Algériens que cette collusion et cette proximité entre les partis islamistes et le pouvoir algérien dominant discréditent la solution islamiste à leurs problèmes. L’Algérie possède, entre autres, des richesses naturelles (hydrocarbures) dont les retombées économiques aident au développement du pays ; l’Algérie s’est dotée d’infrastructures des plus modernes et cela à tous les niveaux de la société. Le plan de développement (2010-2014), de 286 milliards de dollars, dédié à la poursuite du processus de développement économique national ayant pour objectif principal le renforcement des capacités productives des économies hors hydrocarbures a des conséquences directes sur le marché de l’emploi. Car ce qui prédomine en Algérie ce sont bien les inégalités et les injustices sociales, en matière d’emploi, de justice, d’éducation, de logement et de redistribution des richesses. La corruption et les scandales financiers sont également les principaux défis que l’Algérie devra relever si elle veut continuer à prospérer dans la modernité. Tout cela passe évidemment par une nouvelle culture politique. Décréter la démocratie ne suffit pas, il faut aussi l’enseigner et l’apprendre aux nouvelles générations. Apprendre à lire et à compter, c’est très bien, mais il faut aussi apprendre à penser.

 

Le FLN sortira sans doute vainqueur de ces élections. L’opposition crie déjà à la fraude. Mais ce qui retient le plus l’attention des Algériens et les hante chaque jour, c’est assurément l’après Bouteflika. Ces présentes élections législatives ne changeront probablement rien à l’actuelle politique, même dans le cas d’une forte poussée des islamistes. Car l’avenir de l’Algérie se jouera à la prochaine présidentielle. Et les Algériens, aguerris aux aléas et aux tragédies de l’histoire, en sont persuadés, eux qui ont su faire face aux menaces et aux incertitudes des funestes desseins colonialistes. L’indépendance de l’Algérie, acquise au prix du sang, fait de l’Algérie un pays à part ; un pays qu’on ne peut traiter comme les autres parce qu’il n’est pas un pays ordinaire, il est un pays extraordinaire.

 

Touhami Moualek

Par touhami - Publié dans : Politique internationale
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 14:06

 

 

Ça  y est, la victoire était attendue, elle a été au rendez-vous, fidèle envers toutes celles et tous ceux qui l’ont désirée, écrite et dessinée. L'écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande est d'un peu plus d'un million cent mille voix. Pour ma part, je suis persuadé que ce sont les Français d'origine "étrangère" – ceux-là mêmes qui ont été tant décriés, humiliés, bafoués, jetés en pâture aux électeurs les plus extrémistes de France par une droite réactionnaire – qui ont fait pencher la balance en faveur de François Hollande. Et j'ai eu l'honneur et le privilège, comme beaucoup d'autres de mes concitoyens, de faire partie de ces Français qui sont aujourd'hui heureux, ravis et joyeux de reprendre espoir et de croire à nouveau en les valeurs fraternelles de la République. Des valeurs avec lesquelles nous n’avons jamais transigé et auxquelles nous serons éternellement attachés. Aujourd’hui, je suis fier d’appartenir à la Nation française.

 


Certes, la droite et l’extrême droite vont agiter toutes les peurs, tous les vieux démons, les pires slogans consistant à annoncer la ruine du pays, le chaos politique et économique, le désastre financier et l’isolement de la France au sein de l’Europe et du Monde. Nous sommes rodés, rompus, et nous connaissons bien la chanson. Le peuple français a choisi librement et démocratiquement son nouveau Président. Ce dernier a clairement annoncé et expliqué ses choix, ses projets pour la France. Il a également décrit avec clarté quelle serait sa politique pour les cinq années à venir. Il ne faut donc surtout pas tomber dans les pièges de la peur tendus par une droite dévorée et anéantie par les seules règles et les seules lois qu’elle connaisse : celles de la haute finance. Si la droite française s’est affaissée et a socialement reculé, elle le doit en premier lieu aux règles impitoyables et aux diktats implacables de l’argent. Une démocratie républicaine, puissante et noble comme celle de la France, ne peut accepter que les finances prennent le pas sur la politique et ses dirigeants démocratiquement élus.

 

francois-hollande-bourget-copie-1.jpg Si je devais retenir un événement principal de cette campagne qui s’est achevée, c’est bien le discours du 22  janvier 2012 prononcé par François Hollande au Parc des Expositions du Bourget (93 - Seine-Saint-Deis). Et si je devais livrer un sentiment personnel, il est celui-ci : François Hollande m’a inspiré une grande confiance. Il rassure, rassemble et dégage une grande force intérieure. Cela a été visible lors du débat qui l’a opposé à Nicolas Sarkozy. On ne connait jamais les hommes à fond et il ne faut donc pas sous-estimer un adversaire. La Droite a péché par orgueil. L’arrogance et le mépris sont les ennemis jurés de l’homme et le conduisent inéluctablement à sa perte.


Un grand hommage à Nicolas Sarkozy qui a vaillamment défendu ses couleurs et a tout donné, mouillant sa chemise. On ne peut pas le lui reprocher. Ses torts et ses faiblesses ? Il  s’est mal entouré et a été mal conseillé. Il a commis des erreurs fatales. Les idées du Front National ne sont pas celles de la France. Parce que les idées du F.N. appellent la France et les Français au repli, au combat et à l’affrontement continuel entre Français et avec le reste du Monde. Ce n’est ni l’idée que nous nous faisons de la France, ni les idées humanistes auxquelles nous appartenons. Bonne chance et bon vent au Président François Hollande.

 

Un homme qui croit fermement en ses idées et ses nobles valeurs ne perd jamais, car il ne se trahit et ne se renie jamais.

 

Touhami Moualek

Par touhami - Publié dans : Politique générale
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 16:43

Sans titreLa campagne pour la présidentielle touche à sa fin. Pour ma part, et en fonction de mes moyens (la plume), j’ai toujours dit que Nicolas Sarkozy ainsi que beaucoup de ses proches collaborateurs représentaient un danger imminent, un terrible affront pour la France et ses valeurs républicaines. La République mérite bien mieux que cela. J’avais également promis que nous serions un certain nombre à nous en souvenir le moment venu. Et ce temps est arrivé. Les tensions sociales, les inégalités, les injustices, les exclusions ont miné la société française et ont véritablement secoué, tiraillé, mis à mal le peuple de France. Un peuple pour lequel Nicolas Sarkozy, bizarrement et soudainement, s’est mis a éprouvé de la compassion, de la fraternité, tout en fin de mandat. Election oblige. Après avoir passé la majorité de son quinquennat à monter les Français les uns contre les autres, à humilier l’étranger et à stigmatiser les Musulmans de France, désignant ces derniers comme de potentiels terroristes et des envahisseurs mettant en péril l’identité nationale française, le voilà désormais qui se souvient que c’est le peuple français (une majorité) qui l’a élu et non pas ses puissants amis des finances, des médias, de la culture et de la politique. Il est fort à parier que Nicolas Sarkozy ne sera pas reconduit à la tête de la France. C’est plausible à défaut d’être probable. Ses liaisons dangereuses avec les thèmes centraux du F.N. (stigmatisation de l’islam et des musulmans, et désignation de l’étranger comme bouc émissaire) ont fini par apeurer définitivement les Français démocrates, tolérants, attachés aux réelles dimensions humanistes de la France et qui, finalement, ont compris que ce sont l’unité de la Nation française et sa cohésion sociale qui sont mises en danger permanent.


Nous sommes attachés aux valeurs de la France, à ses traditions, son histoire et sa culture. Nous voulons que chacun, dans sa diversité et ses spécificités, puisse trouver sa propre place au sein d’une République laïque, forte et respectée. La religion, quelle qu’elle soit, doit demeurer dans le strict domaine de la sphère privée. Nous ne voulons plus de ces partis extrémistes et fascisants qui remettent constamment en cause l’unité du pays par des discours de haine, d’exclusion, de rejet, d’humiliation et, sous couvert d’une politique de l’immigration, pointent du doigt les Français issus de cette immigration. Ces partis totalitaires ne représenteront jamais l’avenir, n’incarneront jamais l’espoir ; ils sont les héritiers d’un passé proche, trouble, porteur de maux terrifiants, ensanglanté, et qui fit couler tant de larmes de souffrance, tant de sang, plongeant l’humanité entière dans l’horreur et le malheur. Nous ne voulons plus de ces partis sectaires qui offensent le cœur des hommes et atteignent jusqu’à leur dignité. Nous ne voulons plus de ces partis diviseurs, haineux, acariâtres et fielleux. L’Humanité n’appartient à aucune culture, aucune civilisation exclusive. Elle est un héritage universel, légué par des femmes et des hommes qui, de tout temps, ont su – parce qu’ils appartenaient tous à une même famille : l’Humanisme – se dresser devant tout autoritarisme, toute dictature, toute oppression, et dire non à la barbarie, non à l’inhumanité, non aux crimes perpétrés au nom de quelque idéologie que ce soit, quelque parti politique que ce soit. C’est cela les valeurs de notre République, les valeurs de notre société fondée sur les principes des Droits de l’Homme et du Citoyen. Nous n’accepterons jamais que ces valeurs soient remises en question et nous ne transigerons jamais avec quiconque serait tenté de les remettre en cause. Je suis et appartiens à cette grande famille humaniste et je n’en changerai jamais.

 

Touhami Moualek  

Par touhami - Publié dans : Société - Démocratie - Liberté
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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 11:39

francois-hollande-en-direct-ce-soir.jpgPartout, sur toutes les radios et chaînes de télés, Nicolas Sarkozy refait le débat d'hier, preuve qu'il sait avoir manqué ce rendez-vous déterminant, qu'il a de sérieux doutes sur sa prestation, qu’il s’en veut d’avoir montré des insuffisances notoires, notamment dans ses comportements, ses gestuels, traduisant une frilosité, des lacunes et même une petitesse visible lorsqu’il a traité son interlocuteur de : « petit calomniateur ». Ses incertitudes étaient perceptibles, et des doutes sur ses capacités à supporter la pression et à tenir un débat de très haut niveau naquirent et le rendirent faillible. On comprend mieux, désormais, pourquoi Mme Angela Merkel lui a fait adopter et accepter à peu près tout ce qu’elle voulait. Avec François Hollande, nul doute elle aura plus de difficultés à manœuvrer comme elle l’entend. Agité et nerveux, Nicolas Sarkozy a été défait, et n’a jamais pu faire face lorsqu’il a été attaqué sur son piètre et lamentable bilan. Des commentateurs diront qu’il est facile à Hollande de critiquer puisque lui n’a pas de bilan. Pour y voir plus clair, ils devraient juste revenir aux données du problème : c’est Nicolas Sarkozy le Président sortant, pas François Hollande. D’ailleurs, ce même Président sortant ne voulait faire qu'une bouchée de son interlocuteur, il a en réalité échoué et sombré à la fois en flanchant nerveusement (ses yeux marquaient une colère - pour ne pas dire plus - qu'il dissimulait difficilement), et en refusant d'assumer les échecs de son bilan tant sur le plan social que sur le plan politique et économique. Nicolas Sarkozy n'a qu'un seul et pitoyable talent : celui de désigner sans cesse et impunément ceux qu'il prend comme boucs émissaires et les rend responsables de tous les maux de la société : les Français de confession musulmane. L’Algérie, le Maroc et la Tunisie devront sans doute s’excuser auprès de son altesse Sarkozy d’être des Etats musulmans. Oui, François Hollande a raison : avec Nicolas Sarkozy, ce n’est jamais de sa faute, mais toujours de la faute des autres et, si possible, celle des plus faibles. Quel courage ! Les Musulmans de France, doués d’une grande sagesse et d’une grande intelligence, sauront, j’en suis sûr, apprécier à sa juste valeur ce candidat polémique, menteur, truqueur, diviseur, irrespectueux, méprisant, se croyant tout permis. François Hollande a remis à sa place un contradicteur qui se croit plus français que français. Coluche disait : « plus blanc que blanc ». On ne peut indéfiniment mentir, un jour ou l’autre il faut rendre des comptes à ses concitoyens. Pour lui, l’heure des comptes est arrivée et ce sera le 6 mai 2012.


Nicolas Sarkozy a démontré, une fois de plus, qu'il était incapable de tenir un débat sans invectiver, mentir, accuser, recourir à des coups bas, des contrevérités, des assertions qui, en définitive, le disqualifient chaque fois davantage. Ainsi, François Hollande aurait dû, selon Nicolas Sarkozy, tout connaître de la vie privée de DSK. Quelle malsaine conception de l’amitié. De répugnantes techniques et des méthodes ignorées par le premier et dont le second s’étonne presque qu’elles n’eussent pas été mises en pratique. Toute la différence est là ; une différence de taille : une morale et une pudeur semblent habiter François Hollande, et paraissent faire cruellement défaut à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a eu tort d’évoquer le cas DSK puisque c’est lui-même qui l’a vivement recommandé et placé à la tête du FMI. François Hollande le lui a poliment rappelé. Je pense que le Président sortant a joué un quitte ou double sur ce débat télévisé. Et, me concernant, je pense qu'il a lamentablement échoué, séché dans sa mission de redresser la barre. François Hollande lui a donné une leçon de conduite, de morale politique et il s’est surtout imposé, démontrant aux Français qu’il était fin prêt à assumer la Présidence de la République. Car Nicolas Sarkozy a raté son quinquennat et cela il ne le doit qu’à lui-même et toute sa fine équipe. Nul doute qu’à l’UMP on se prépare déjà à l’après Sarkozy, même si on feint encore, à l’image de J.-F. Copé, de le soutenir. Les députés UMP doivent sûrement grincer des dents et savent qu’il leur sera difficile, si Hollande est élu, de conserver leur siège. Le candidat socialiste a consolidé son avance et a marqué des points. Il n’a pas mis Nicolas Sarkozy knock-out, c’est vrai, mais il l’a sérieusement ébranlé, le laissant, sur le plateau, complètement groggy. Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu et ses proches collaborateurs le savent bien. Quand on pense que le candidat sortant voulait trois débats ! Eh bien, répondons-lui : « Un débat, ça va, trois débats, bonjour les dégâts ! »

 

Touhami Moualek

Par touhami - Publié dans : Politique générale
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