Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /Oct /2007 14:18
Affiche-appel-18juin.jpg Appel du 18/06 du Général de GAULLE




La gauche a été laminée par Nicolas SARKOZY. Mais en affaiblissant la gauche, Nicolas SARKOZY s’est affaibli lui-même. Mieux vaut, en effet, avoir une opposition homogène et solide, pour pouvoir avancer, qu’une opposition qui serait inexistante et laxiste à un point où elle permettrait à un pouvoir quelconque de commettre toutes les fautes, y compris les plus graves. Les ténors de l’ancienne gauche ont préféré rejoindre le camp de celui qui leur apparaissait le plus fort, cela démontre leur courage politique et leur manque de conviction. Mais tout cela, nous le savions déjà. Autrement dit, à gauche, c’était plutôt le : « Courage, fuyons ! » Les traîtres ne gagnent qu’à rester des traîtres pour le restant de leur vie. Les stigmates de la traîtrise restent indélébiles et vous collent à la peau pour le restant de votre vie et même au-delà.


Nicolas SARKOZY avait parlé de rupture, voulant dire par-là qu’il comptait faire de la politique autrement. Pourquoi pas ! A l’époque, on ne pensait évidemment pas qu’il s’orienterait vers une politique spectacle sœur du milieu du show-biz. La politique est quelque chose de sérieux, elle détermine, fait des choix, opte pour des idées, prévoie, anticipe et décide évidemment de l’avenir des citoyens. Elle ne peut donc se comparer à du spectacle, à de l’illusion, à des tours de passe-passe et de prestidigitation spontanés, comme c’est le cas actuellement. Il n’y avait que Bourvil pour nous faire croire à un passe muraille, parce que c’était Monsieur Bourvil !


La politique internationale de la France semble fébrile : nous ne savons pas si la France participera ou pas aux prochaines frappes prévues contre l’Iran. Le ministre Kouchner a fait des déclarations de guerre tonitruantes, puis silence radio, plus rien. Tout cela parait désordonné, irréfléchi, presque insensé, comme si tout était déjà décidé à l’insu du peuple français. A ce sujet, M. Poutine a informé notre Président, en visite à Moscou, des graves conséquences d’une attaque contre l’Iran de la France aux côtés des Etats-Unis. La position du Kremlin est claire : ce serait une erreur stratégique terrible de la part de la France et celle-ci devrait en payer le prix. Mêmes sons de cloche en Chine. La Chine qui commence également à hausser le ton envers l’Administration BUSH. On pourrait bien sûr critiquer la Chine en matière de droits de l’homme. Mais il faudrait aussi se poser la question de savoir ce que fait l’Amérique en Irak, et s’interroger sur, non pas la prison, mais le centre de tortures de Guantanamo, par exemple. Quant au crucial dossier du Proche-Orient, nous ne savons plus quelle est la position de la France et surtout quelles solutions propose-t-elle pour relancer et appuyer les négociations prévues en novembre prochain. A part crier sur tous les toits que le Hamas est un parti terroriste qui veut la destruction de l’Etat d’Israël, je n’ai pour ma part rien entendu de constructif et d’objectif concernant ce dossier sensible. Parce que très franchement, les frasques et les fredaines des Sarkozy, on s’en fiche royalement.


En France aussi, il semblerait que les Français soient sortis de leur anesthésie générale, de cette euphorie des lendemains de fête. La dette de l’Etat continue sa course folle et nous savons maintenant que toutes les promesses électorales ne seront pas tenues. Les affaires de scandales financiers réapparaissent avec leurs lots de dégoût, de gâchis, d’avantages et de privilèges du pouvoir qu’ils suscitent auprès des citoyens français.   Le dossier de l’immigration qui sert souvent de défouloir et de sujet de diversion a été utilisé à des fins si viles, si infâmes et si ignobles qu’il n’a plus cet effet dérivatif parmi la population, puisque des artistes, des intellectuels, de simples citoyens s’opposent désormais par milliers à des procédés qui rappellent un temps où la France était elle-même administrée par des monstres, c’était entre 39 et 45. Et puis, il y a les remous sociaux, les manifestations à venir, les grèves déjà programmées. En effet, le premier ministre dit déjà d’un ton presque arrogant : « Je ne crains pas les mouvements sociaux à venir. » Sans doute compte-t-il sur l’argumentaire que fera fatalement valoir, un jour ou l’autre, le Président Nicolas SARKOSY et qui sera celui-ci : « J’ai été élu pour conduire des réformes clairement définies pendant ma campagne présidentielle. J’ai donc l’appui de la majorité des Français, et vous, partenaires sociaux, si vous refusez ces réformes, alors vous refusez également la démocratie. » Ce serait de bonne guerre et assez logique. Mais attention monsieur le Président, montez des Français contre des Français peut s’avérer très dangereux pour notre démocratie et avoir des conséquences extrêmement graves pour la cohésion sociale. Et vous avez aussi été élu pour garantir cette unité du peuple. Vous êtes le Président de tous les Français, ne l’oubliez pas.


Alors que peut-il se passer à présent ? La gauche n’est plus, dans l’immédiat, une force d’opposition suffisamment structurée et est loin d’être organisée pour pouvoir inquiéter le pouvoir actuel. Quelques voix se font entendre, mais elles se meurent vite dans les vacuités des couloirs de l’Assemblée nationale. Il faut vraiment prêter l’oreille pour les entendre murmurer quelques timides répliques. Le salut ne peut aujourd’hui venir de l’opposition. A tel point qu’il a fallu à cette dernière réactiver, ressusciter une ancienne officine cliniquement morte : « SOS racisme ». Le parti socialiste en est à nous ressortir ses vieux débris, ses vieux dinosaures, comme s’il n’avait plus rien d’autre à offrir aux Français que ces misérables machines à tromper, à duper, à manipuler l’opinion. Que c’est triste un PS à l’agonie. Et si j’étais Boris VIAN, mais je ne suis pas Boris VIAN (auquel j’emprunte volontiers ces paroles si cruelles, mais si belles par leurs vérités décrites), je vous aurais dit : « J’irai cracher sur vos tombes ».


Le Président Nicolas SARKOZY a mis au rancart la gauche française la privant de ses branches principales. La repousse risque de prendre du temps. Une gauche exécutée par ses propres lieutenants, désossée et vidée de sa substance par ceux qui la nourrissaient de leurs idées qu’ils opposaient à une droite pure et dure. Une gauche, qui même sans être de gauche, avait au moins le mérite de s’appeler « la gauche ». Et cela était déjà pour déplaire à une certaine droite arrogante, raciste et fascisante. En somme le premier crime de Nicolas SARKOZY est d’avoir balayé, nettoyé au Karcher le paysage politique français, utilisant la politique de la terre brûlée. Et puisqu’il n’y a plus rien à gauche, il est probable qu’une opposition radicale naîtra à droite. Nicolas SARKOZY ne sera pas attaqué qu’à sa gauche, il le sera aussi à sa droite. En effet, la contestation à droite se fait de plus en plus pressante. L’ancien premier ministre de VILLEPIN semble dire ce qu’il pense avec grande liberté, – et pourquoi ne le ferait-il pas lui qui a été accusé de tous les maux par les clans de SARKOZY ? – et ce qu’il dit parait bien juste et bien pensé.


Eh oui, occupez-vous de mes amis, je m’occuperai de mes ennemis, c’est bien connu. Il est probable aussi que des personnalités telles Ségolène ROYAL et François BAYROU ne vont plus tarder à entrer dans la danse également. Le Président ne va pas manquer d’adversité. Tant mieux pour la démocratie, tant mieux pour la France.

 

Touhami Moualek 

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Politique générale
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Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /Oct /2007 00:33

Opposition----la-guerre-Irak.jpg





Et c’est reparti pour de nouvelles perspectives, de nouveaux appels, toujours les mêmes, ceux qui crispent et inquiètent le monde. Souvenons-nous, c’était en 1991. Déjà, Georges BUSH (père), Président des Etats-Unis à l’époque, nous promettait un nouvel ordre mondial qui serait basé sur la paix et la justice. Quel projet, quelle audace ! Georges BUSH avait besoin de faire le consensus et d’attirer à lui le maximum de pays dans le but de libérer le Koweït, occupé par les chars et les soldats de Saddam HUSSEIN. En Occident, on nous avait dit que l’Irak était surendetté à cause de sa guerre avec l’Iran, ce qui expliquerait la tentative de mainmise sur le Koweït par Saddam HUSSEIN, ce minuscule Etat étant très juteux en or noir. Cette explication qui nous était fournie était bien sûr fantaisiste. La vraie raison était que l’Irak de l’époque représentait un réel danger pour l’allié numéro un, de la région, et tête de pont des Américains : Israël. Fidèle à sa stratégie de réduire à néant toute puissance militaire qui représenterait un danger pour sa sécurité virtuelle, véritable veto et argument indiscutable (tout le monde se plait à dire : on ne transige pas avec la sécurité d’Israël), les Israéliens vont tout faire pour briser cette puissance militaire du raïs irakien. Ainsi, la CIA avait fait croire à Saddam HUSSEIN qu’il pouvait s’approprier le Koweït sans qu’il n’encourût de représailles de la part des Américains. Piégé, Saddam HUSSEIN a dû rebrousser chemin en ayant perdu quasiment toute ses capacités militaires, détruites durant plus de 35 jours de bombardements intensifs. Plus de trente Nations, y compris des pays arabes, participèrent à ce véritable « D Day » des années 90. Saddam HUSSEIN avait commis une monumentale erreur qui allait lui être fatale, le conduire à l’échafaud. Et bien sûr, la suite, nous la connaissons tous. 

Nous attendions donc impatiemment et de pied ferme ce nouvel ordre mondial promis par la superpuissance américaine. Notamment sur la question du Proche-Orient. Pour les besoins de la guerre baptisée « Tempête du désert » l’Egypte fut contrainte à l’aphasie, en contrepartie ses dettes furent effacées. La Syrie dut également se mettre en veille. Elle reçut en gage la garantie de récupérer le plateau du GOLAN, occupé par Israël, depuis la guerre des six jours. Elle attend toujours. Les accords d’Oslo avaient eu pour conséquence la création de l’Autorité palestinienne. Un moindre mal qui permit néanmoins à ARAFAT de quitter la Tunisie pour s’installer en Palestine, à Ramallah exactement. Il ne savait pas encore qu’il se rendait en prison puisqu’il allait passer la majorité de son temps cloîtré, prié de rester en résidence surveillée par les militaires israéliens. Il fut, à plusieurs reprises, invité à la célébration de la messe de minuit de Noël, mais sa chaise resta symboliquement vide, les autorités israéliennes lui ayant refusé le droit de se déplacer à Jérusalem. En 1991, il y eut tout de même la conférence de Madrid. Des Palestiniens et des Israéliens allaient enfin renouer le dialogue. Etait-ce une mise en scène ou la démarche était-elle réellement sincère ? Comme d’habitude, et inexorablement, ces pourparlers n’eurent aucune avancée significative sur une hypothétique paix au Proche-Orient. Qui veut vraiment faire la paix dans cette région ? Telle était la question que nous étions en droit de nous poser. Car parler de paix au Moyen-Orient, c’est comme si on demandait à un pompier honnête d’éteindre le feu, mais avec l’aide de pompiers pyromanes. Le nouvel ordre mondial promis avait du mal à voir le jour. Rien. Aucun espoir de trouver des réponses aux injustices, aux lois du plus fort, aux deux poids, deux mesures, aux insupportables iniquités, aux humiliations qu’infligent les plus forts aux plus faibles. Décidément, ce nouvel ordre mondial n’était, une fois de plus, qu’une farce, un attrape-nigaud, destinés à transcender les foules, à les rallier à une cause donnée. Mensonge. 

Le Président Nicolas SARKOZY, dernièrement en déplacement aux Etats-Unis, a, lors d’une tribune qui lui était accordée au Conseil de sécurité (ONU), utilisé les mêmes mots. Il a évoqué un nouvel ordre mondial. Allons-nous, avec ces mêmes mots, vers les mêmes maux qui précédèrent, puis découlèrent de la première guerre du golfe ? La guerre en Iran se précise effectivement. Les roulements de tambours s’entendent déjà dans le golfe persique où une armada militaire, comme on n’en a jamais vue, est concentrée, prête à passer à l’action. Elle n’attend plus que le feu vert de Washington. Le belliqueux guerrier Bernard KOUCHNER guette le coup de gong de son maître artificier W. BUSH pour partir s’enliser dans le désert iranien et se perdre dans les hautes montagnes persanes. Apparemment, le fiasco de l’Irak ne lui a pas suffi, il veut nous en remettre une couche. Or, en France, la cohésion sociale est terriblement menacée par nombre de réformes qui vont être conduites. Le premier ministre François FILLON a déjà annoncé la couleur : l’Etat est au bord de la faillite. Comprenez : ou bien nous réformons nos systèmes de protection sociale ou bien c’est la banqueroute assurée. Et le pire est que le premier ministre n’est en aucun cas victime d’une sinistrose, il dit bel et bien la vérité. Le problème étant qu’il faudra réformer, mais sur le temps. Saura-t-il faire ? Ce n’est pas avec cette pression permanente que lui fait subir le Président Nicolas SARKOZY, qui veut des résultats immédiats, que François FILLON pourra travailler en toute sérénité. 
 

Et puis, la précarité s’est malheureusement durablement installée en France. Les sans-abri peuplent les trottoirs parisiens, franciliens et d’ailleurs, grossissant chaque jour davantage les rangs des personnes échouées, à l’abandon, dont le système ne veut plus, parce qu’elles ont lâché prise, fatiguées et harassées par la dureté, la rudesse et la cruauté de notre société. Nombre de nos concitoyens ne se posent plus de question sur la baisse du pouvoir d’achat ; ils subissent cette cherté de la vie, accentuée dès le passage à l’euro. Une Europe organisée en un GIE (groupement d’Intérêt Economique) qui se fiche des hommes et qui privilégie les hautes finances, notamment celui du club dont on parle beaucoup : le CAC 40. Une Europe dont on nous dit qu’elle doit absolument se doter d’une Constitution pour continuer à avancer. Mais pour aller où ? Avec qui et avec quoi ? Les pauvres pays de l’Est appelés à la rescousse pour combler le déficit démographique d’une Europe qui tient à rester avec des valeurs « chrétiennes », le Président SARKOZY l’a déjà rappelé, sont accueillis dans des bidonvilles pires que ceux de Nanterre (92), nés juste après l’indépendance de l’Algérie, dans les années 60. Oui, la France souffre, la France peine, la France boitille, la France a du mal à avancer. Parce que les Français sont fatigués, lassés qu’on les prenne pour des imbéciles. « Ensemble, tout est possible » nous avait dit notre Président.  Qui forme cet « ensemble » hégémonique ? L’argent va à l’argent. Ce n’est pas demain que cela changera. La tristesse se lit dans le visage de bien des Français. Il y a comme une désolation, comme une dépression, dans les expressions angoissées d’une grande partie des Français lorsqu’ils parlent d’avenir, qu’ils évoquent leurs projets futurs. Un jeune Français peut-il encore faire des projets ? 

Oui, je crains que les mêmes mots nous conduisent aux mêmes maux. Alors, monsieur le Président, n’ajoutez pas à ces souffrances morales qui frappent bien des Français, une nouvelle guerre, une nouvelle sale guerre : celle d’une imminente attaque contre l’Iran. Ne nous refaites pas le coup de ce nouvel ordre mondial qui nous a conduits à un désordre désastreux et catastrophique. Ne nous faites pas subir les angoisses d’une nouvelle guerre qui plongerait notre planète dans l’incertitude et la haine de deux blocs : les pays riches contre les pays pauvres. Musulmans contre Chrétiens. Nous ne voulons plus de ces guerres qui n’ont plus de sens, parce que nous ne sommes pas en danger, nous ne sommes pas attaqués. Les guerres préventives, il faut les laisser aux théoriciens tels que Bernard KOUCHNER et W. BUSH. Nous, nous savons qu’il faut prévenir la paix pour ne pas avoir à faire la guerre. 

Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM


Par Moualek Touhami - Publié dans : Politique générale
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Samedi 22 septembre 2007 6 22 /09 /Sep /2007 17:27
Guerre-Iran.jpg Exportation de la démocratie, version américaine

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad serait-il en passe de gagner son bras de fer contre l'alliance israélo-américiane ?
Le 21 août 2010, avec l'aide des Russes, un premier réacteur dans le sud de l'Iran (Bouchehr) sera chargé en combustible nucléaire.



De-Gaulle.jpeg La France est-elle encore une grande puissance ? Et surtout, est-elle encore une grande Nation indépendante, capable de conduire une politique internationale en fonction de ses intérêts et tenant compte d’un sens de l’éthique politique qui lui était propre et historique ? Le général Charles de GAULLE avait montré la voie. Je suis un citoyen observateur de la société dans laquelle je vis et, comme beaucoup de Français, je m’inquiète de ce subreptice rapprochement entre le pouvoir exécutif français actuel et la branche « dure » de l’Administration BUSH. J’ai toujours considéré que les intérêts des Etats-Unis ne sont pas ceux de la France. Le traité de non-prolifération sur les armes atomiques interdit effectivement à l’Iran de se doter de cette arme. Mais peut-on conduire une guerre contre un pays souverain qui chercherait à fabriquer l’arme nucléaire, l’Iran en l’occurrence, quand les principales puissances détenant cette arme ne se sont pas dénucléarisées, c'est-à-dire qu’elles auraient procédé à une destruction de leurs arsenaux atomiques ? Il s’agit du « club des cinq » : Etats-Unis, Russie, Royaume Uni, France et Chine. Auxquels il faut ajouter trois nouveaux adhérents, et non des moindres : Inde, Pakistan et Israël. Ces trois pays n’ont d’ailleurs pas ratifié le Traité de non-prolifération, ce qui leur donnerait le droit d’utiliser l’arme nucléaire contre un pays n’ayant pas l’arme atomique. Une guerre contre l’Iran serait tout à fait justifiée si ces huit pays procédaient eux-mêmes à la destruction de leurs terrifiantes armes. Or, nous ne sommes pas dans ce cas. Après l’Iran, il y aura d’autres candidats et ainsi de suite. Pour mettre fin à une course à l’armement nucléaire, il faudrait que les puissances dominantes montrent l’exemple. Mais demander à des pays puissants de déposer leurs armes relèverait de l’utopie. Donc, je n’y crois pas vraiment. Seule une conférence internationale sur ce sujet du nucléaire pourrait aider à trouver une solution équitable et juste pour tout le monde. Le nucléaire devrait être interdit pour l’ensemble et non pas réservé à une élite. Au-delà du problème soulevé par l’Iran, c’est toute la problématique du nucléaire qu’il faudrait tenter de résoudre.


Le dossier du nucléaire iranien semble prendre une toute autre tournure depuis l’arrivée du nouveau président Nicolas SARKOZY et de son ministre des affaires étrangères Bernard KOUCHNER. Que reproche-t-on à l’Iran ? De vouloir se doter de l’arme nucléaire. Ce n’est effectivement pas une mince affaire. Je rappelle que seule l’Amérique, jusqu’ici, a déjà fait usage de la bombe atomique, c’était contre le Japon en 1945, pendant la guerre du Pacifique. Cette fable qui consiste à narrer aux Terriens qu’il y aurait d’un côté les gentils ayant le droit à l’arme dissuasive, et d’un autre côté les méchants qui n’auraient pas droit à cette arme, est d’une portée morale très relative pour ne pas dire rocambolesque. En effet, parmi les détenteurs de la bombe atomique ne figurent évidemment pas que des gentils. Et puis, les gentils ne devraient pas, par définition, avoir une arme dévastatrice telle que cette arme fatale, au risque de passer bien entendu pour des méchants. 


En quoi l’Iran est-il une menace pour la France ? En quoi l’Iran serait-il une menace pour les Etats-Unis ? En quoi l’Iran représenterait un danger pour le monde arabe, pour Israël, pour la planète, comme on nous le fait croire ? L’Iran est une des plus anciennes civilisations qui n’a jamais agressé personne, ni occupé personne, et a toujours repoussé tout envahisseur, toute tentative par une puissance étrangère de le conquérir. Quatrième exportateur de pétrole mondial, l’Iran a les capacités de fabriquer des aéronefs, des chars de combat et des missiles balistiques. Pays montagneux, (monts Zagros et monts Elbourz) et désertique, situé en Asie centrale, peuplé de 70 millions d’habitants, l’Iran compte une superficie de 1.648.000 km2, soit 3 fois celle de la France, et a accès sur la mer Caspienne, le golfe Persique et le golfe d’Oman. L’Irak, la Turquie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan sont ses pays frontaliers. La position géographique ainsi que la topographie très particulière de l’Iran rendraient toute tentative d’envahir ce pays, par une ou des puissances étrangères, extrêmement difficile, complexe et certainement très meurtrière. L’Iran ne dispose pas que de lance-pierres, c’est une évidence. Et si vous y ajoutez que les Iraniens ont une foi religieuse transcendante, pratiquement ascétique, alors les risques d’un enlisement seraient évidents. La France aurait tout à perdre en participant à une telle opération aventureuse, et devrait plutôt s’en tenir à un rôle diplomatique qui est traditionnellement sa ligne de conduite lorsqu’il s’agit de résoudre un conflit de cette nature. Même si les intérêts français en Iran sont peu importants, ce pays demeure un pays ami de la France.



irak.jpg En 2003, les Etats-Unis, suivis principalement par les britanniques, ont mené une guerre éclair contre l’Irak. Une guerre qui avait abouti à une invasion sauvage et illégale de ce pays. Invasion qui dure encore. Cette guerre a été conduite sans mandat ni aval donnés par le Conseil de sécurité, et contre l’opinion internationale, majoritairement hostile à une telle guerre qui sentait plus les pétrodollars qu’un quelconque humanisme imaginaire. « L’axe du bien », dirigé par le fossoyeur BUSH junior, envahissait donc « l’axe du mal », représenté par le défunt Saddam HUSSEIN. Une nouvelle croisade « chrétienne » était lancée contre le monde musulman. La énième. Monsieur Bernard KOUCHNER a été un des rares hommes politiques français à applaudir et à approuver, avec enthousiasme et certitude, une telle guerre perfide et complètement injustifiée. Est-ce ses liens privilégiés avec Israël ou est-ce ses tentations à mettre en pratique sa théorie sur les guerres préventives et le droit d’ingérence qui l’auraient poussé à cautionner l’invraisemblable ? Le pape Jean-Paul II avait déclaré cette guerre totalement immorale. Mais il est vrai que W. BUSH est un évangéliste et B. KOUCHNER d’origine juive. Donc, ils n’ont pas dû se sentir trop concernés par cet ultime appel papal à la raison. Conséquences terribles de cette ignoble guerre : près d’un million de morts irakiens civils ; l’Irak est dans le chaos politique, social et économique ; les attentats (qui tue qui ? On ne sait plus) font chaque jour passant des dizaines, voire des centaines de morts parmi la population ; l’éclatement et l’effritement de l’Irak (qui était un Etat laïc) mettent le pays dans un état permanent de guerre civile. Le comble dans toute cette histoire dramatique : parti pour combattre le terrorisme, W. BUSH a réussi à hisser au pouvoir les Irakiens chiites, c'est-à-dire ceux parmi les plus radicaux de l’islam, comparés aux sunnites. Et en cas d’agression contre l’Iran, quelles seront les attitudes des Irakiens chiites ? Ne se lanceraient-ils pas au secours de leurs frères de religion iraniens ? En tout cas, l’Iran, aujourd’hui menacé d’une attaque militaire israélo-américaine, a recueilli sur son territoire des millions de réfugiés qui ont fui les bombardements américains en Irak et en Afghanistan. La question que l’on pourrait poser à monsieur le ministre Bernard KOUCHNER, est la suivante : la France en aurait-elle fait autant, elle qui s’est, avec le Président Nicolas SARKOZY, dotée d’un Ministère de l’immigration et de l’identité nationale ?


Concernant le dossier iranien, le ministre Bernard KOUCHNER a martelé : « Il faut se préparer au pire ». Sous-entendu : à la guerre. Et je crois effectivement qu’il faut, avec un tel ministre, arrogant et de parti pris, se préparer à de prochains malheurs et de nouvelles catastrophes, tels ceux qui assaillent aujourd’hui le peuple irakien. Pourtant, Il existe d’autres moyens pacifiques de dissuader l’Iran de fabriquer la bombe atomique. A ce sujet, la Chine et la Russie, alliés traditionnels de l’Iran, pourraient jouer un rôle déterminant. D’ailleurs, quelle serait l’attitude de ces deux grandes puissances, en cas de guerre contre l’Iran ? Nous savons tous que la Chine et la Russie de Vladimir POUTINE voient d’un très mauvais œil toutes ces gesticulations et tous ces déploiements en Asie centrale des forces militaires américaines. Quels sont les desseins de ces bases militaires ? Resserrer l’étau sur l’Iran et son alliée la Syrie ? Prendre le contrôle des matières premières de la région et dont les Etats-Unis ont un grand besoin ? Se rapprocher de la Chine, future hyper puissance qui affole le Pentagone et le reste du monde, pour mieux surveiller et espionner ses activités militaires ? Vladimir POUTINE a, dernièrement, fini par manifester, à plusieurs reprises, son exaspération face à ces gendarmes du monde qui se croient tout permis au nom de leur force militaire et technologique.


Je crains que l’annonce de retraits progressifs des troupes américaines basées en Irak soit annonciatrice d’une probable attaque contre l’Iran. W. BUSH a tout intérêt à évacuer ses boys, parmi lesquels on compte des milliers de déserteurs par mois, dans le cas où cela tournerait mal en Iran ; l’Irak risquant de voir les chiites Irakiens se soulever davantage contre l’agresseur de leurs frères chiites iraniens. Les sunnites pourraient se joindre à eux, puisqu’ils auraient alors un ennemi commun. Je pense qu’il serait suicidaire que les Américains tentent d’occuper militairement l’Iran, surtout s’ils n’obtiennent pas l’adhésion des autres principales puissances, notamment européennes. Dans le cas d’une attaque contre l’Iran, les Américains se contenteront sûrement de bombarder les installations jugées sensibles, comme ils le firent au cours de la première guerre du golfe contre l’Irak, en 1991, appelée « Tempête du désert. » Seul problème préoccupant pour les responsables américains, et il est de taille : Israël se trouve à portée des missiles iraniens. Autre problème inquiétant : la Chine et la Russie ne laisseront probablement pas tomber leur allié iranien, sans doute en lui fournissant armes et conseillers militaires. A noter, à ce sujet, que Vladimir POUTINE se révèle un homme à poigne et il serait utile pour son pays que celui-ci se représente en 2012. La Russie, comme la Chine, connaîtra probablement un grand essor économique dans les années à venir.


La situation, en Asie centrale, est extrêmement tendue. Et l’intérêt de la France est de chercher à rester en paix avec ses voisins directs dont beaucoup sont des Etats musulmans. Car croire que les Arabes sunnites ne seraient pas solidaires avec les Iraniens, ceux-ci étant chiites, peut être une grave erreur d’appréciation. En effet, il ne faut pas oublier que, tout comme le christianisme, l’islam est une grande famille, avec ses différentes branches. Les dirigeants des pays musulmans sont souvent en décalage avec l’opinion de la rue. Les peuples musulmans étant beaucoup plus solidaires entre eux que ne le sont leurs dirigeants. Un pays comme l’Egypte, qui a des rapports « cordiaux » avec les Etats-Unis, pourrait s’en trouver déstabilisé. Il y a aussi la Jordanie, le Liban, la Syrie, le Pakistan, entre autres, sans oublier le Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), voisin direct et ami de la France. On le voit bien, les risques sont considérables et incalculables ; un enjeu majeur, celui de la paix et de la stabilité du monde. Et l’ordre mondial est très fragile.




collaboration_france_israel.jpg Et comment pourrait-on parler du dossier iranien sans évoquer l’Etat d’Israël dont on sait qu’il est le premier à orienter l’Amérique vers un conflit ouvert. Les Israéliens considèrent l’Iran comme étant leur ennemi public numéro un. La presse israélienne a largement fait état du fameux discours où le Président iranien Mahmoud AHMADINEJAD aurait, selon l’interprétation des Israéliens et des Occidentaux, affirmé vouloir rayer Israël de la carte. D’autres traductions du discours en cause du dirigeant iranien infirment l’interprétation selon laquelle Mahmoud AHMADINEJAB aurait dit : « Israël doit être rayé de la carte. » Et quand on imagine les moyens mis en œuvre pour la circonstance, de part et d’autre, en matière de propagande, on peut légitimement s’interroger sur le bien fondé des déclarations des uns et des autres. Cependant, la question que l’on peut se poser finalement, et pour revenir à la prise de position du ministre (et bras droit de W. BUSH) Bernard KOUCHNER, est la suivante : pourquoi le monde entier devrait-il ne se préoccuper que de la sécurité d’Israël, jusqu’à y envoyer ses propres fils se faire tuer, quand un autre peuple (palestinien) est soumis en permanence à l’oppression et au diktat de l’Etat hébreu, depuis 60 ans ? Un Etat qui viole systématiquement les résolutions votées par l’ONU à son encontre, qui continue sa politique de colonisation, qui refuse de restituer les territoires conquis en 1967, y compris le plateau du Golan, territoire syrien à l’origine, qui conduit une politique oppressive et arbitraire contre tout un peuple, créant des conditions effrayantes et horribles qui poussent les Palestiniens à de véritables déplacements, tels que ceux que l’Europe a connu durant les dernières guerres. Car ne l’oublions pas, mesdames et messieurs qui êtes citoyens de la Terre, le peuple palestinien vit confiné, dans une prison à ciel ouvert, asphyxié et privé de liberté de mouvement. Et son geôlier n’est autre que l’Etat d’Israël. Une fois de plus, en cas d’attaque contre l’Iran, les musulmans auraient l’impression que ce sont encore eux qui sont dans les viseurs des Occidentaux. Ce nouveau « deux poids deux mesures » serait véritablement insupportable. Attention à la goutte d’eau qui ferait déborder le vase. Les injustices sont en effet grandissantes et ce sont toujours les civils qui paient le plus lourd tribut dans les règlements de comptes entre puissances et superpuissances. L’invasion de l’Irak par les Américains a-t-elle aujourd’hui procuré plus de garanties contre le terrorisme aux Occidentaux ? Je crois plutôt qu’elle a aggravé la situation en frustrant et en humiliant davantage les musulmans et les masses Arabes en particulier.


Et si pour une fois, tous les hommes et toutes les femmes de la planète, toutes couleurs et toutes religions confondues, se donnaient la main et se levaient pour dire d’une seule voix : non à la guerre, non à l’arme atomique !


A tous les démocrates, aux Républicains français, à Madame ROYAL, à Monsieur BAYROU, à Madame BUFFET, à Monsieur MAMERE, à Monsieur de VILLEPIN, je dis : ne permettez pas que la France aille s’enliser en Asie centrale, combattre pour des causes qui sont loin d’être nobles et qui ne sont pas les siennes. Oui, je sais, on va me rétorquer qu’il faut avoir le courage de se battre pour ses valeurs et ses idées. C’est une rhétorique bien connue et que je partage évidemment. Cependant, croyez-vous réellement qu’en faisant la guerre à l’Iran nous aurions l’impression de défendre des idéaux exemplaires ? Car nous, nous vivons bien dans un pays doté de l’arme dissuasive. Alors, pourquoi nous et pas les autres ? Et c’est exactement la question que doivent se poser les Iraniens… et bien d’autres.

 



Touhami Moualek
Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
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Par Moualek Touhami - Publié dans : Politique internationale
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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /Sep /2007 22:55

 

La liberté, clé des champs et véritable sésame pour les sociétés occidentales, rétrécit à mesure que les puissants de la planète imposent leurs règles du jeu en matières de commerce, de superprofits et de partage des pouvoirs.

 


Terrorisme : Mouvement politique qui use de la violence pour imposer ses points de vue. En clair : attitude lâche qui consiste à terroriser en tuant aveuglément des personnes innocentes dans le but, soit d’imposer ses idéaux, ses dogmes, ses choix politiques, soit de montrer ses désaccords avec telle ou telle politique conduite.

Soyons clairs : ceux qui tuent au nom de Dieu, ne tuent qu’au nom du diable. Ceux qui pensent imposer la parole de Dieu par les armes, le sang et le crime sont loin de toute religion, notamment celle de l’islam. Ceux qui aimeraient voir les gens se prosterner devant Dieu, un fusil pointé dans le dos, croient certainement que le paradis serait emmuré, grillagé, sous haute surveillance ; alors que n’entrent au paradis, selon les textes saints, que les gens pacifiques, ayant un cœur apaisé, l’âme en paix, ressuscités chaque jour passant à l’unique invocation du nom de Dieu. Ceux qui tuent au nom du prophète déshonorent le nom même de celui-ci, et sont habités par l’intolérance, en contradiction avec les enseignements, prodigués à tous les hommes de bonne volonté, qui révèlent que quiconque commettrait un mal gratuit et non fondé, ne serait-ce qu’à la défaveur d’un simple insecte, aurait à en rendre compte. Ceux qui somment les hommes et les femmes de s’engager dans des sentiers guerriers sinueux, semés de haine, empruntés par des autoproclamés martyres, sont des combattants, non dans la voie de Dieu, mais dans celle du malin, celui-là même qui fut maudit par Dieu, et ce jusqu’au jour du jugement dernier. Ceux qui asservissent leurs frères de religion, au nom de Dieu, sont ceux qui utilisent les paroles sacrées, tirées des saintes écritures, pour tromper leurs semblables ; ne se trompent-ils d’ailleurs pas eux-mêmes ? Ceux qui assassinent de pauvres innocents, au nom de la religion, la salissent et font honte à chaque fidèle digne. Ceux qui tuent au nom de Dieu, ne tuent qu’au nom de Satan, le damné, l’impie. Leur âme est maudite ici-bas, comme elle le sera, sûrement, dans l’au-delà. Celui qui ôte une vie commet l’irréparable ; rien ne saurait plus racheter cet acte abominable. Un croyant peut-il tuer au nom de son Créateur ?

Capitalisme : système économique dans lequel des personnes et des entreprises privées produisent et échangent des biens et des services selon un système complexe de prix et de marchés. En clair : l’exploitation de l’homme par l’homme.

Le monde occidental s’est considérablement enrichi en s’industrialisant de manière démesurée et inconsidérée, créant de nouvelles technologies qui, c’est évident, mettent l’équilibre écologique de la planète en danger, parce que rien, au nom du profit, n’a été fait pour protéger notre environnement. Le capitalisme sauvage et ultralibéral – celui qui fabrique des superprofits outranciers – tue la planète, détruit l’homme dans ce qu’il a de plus précieux : son humanisme ; un humanisme inscrit dans ses gènes et sa conscience. Le capitalisme avilit l’homme ; ses perversités enfreignent les règles morales, fondatrices de nos modes de vie civilisés, et créent la division dans les cellules familiales, les communautés, les sociétés, les Nations. L’homme ne travaille plus pour des besoins vitaux tels que se nourrir et s’habiller. Il travaille pour consommer. Non par nécessité, mais par obligation, par dépit, par obéissance aux systèmes mis en place par les grandes firmes en tous genres qui forcent à toujours être à la pointe du progrès, à posséder le dernier cri high-tech. Des médicaments, en passant par les cosmétiques de luxe, l’eau, l’électricité, le téléphone portable, l’ordinateur, la voiture, la maison individuelle et le vulgaire baladeur, l’homme n’a plus qu’une idée en tête : gagner plus pour consommer plus. Et si possible plus que son voisin. Cette conception sociétale n’a d’autre finalité que celle de faire rentrer l’homme dans une espèce de liberté promise et due mais qui n’est autre qu’une liberté assujettie, conditionnée aux ordres de commanditaires fort exigeants quant à la rentabilité et au chiffre d’affaires des sociétés anonymes. L’homme se croit libre dans une société prétendue elle-même libérale, alors qu’il est pieds et mains liés aux puissants décideurs qui ne sont qu’une poignée sur terre par rapport aux milliards d’habitants. Et si la révolution était déjà programmée ?

La liberté : pouvoir d’exercer sa propre volonté par l’action ou l’inaction. En clair : illusion donnée à un être humain de croire qu’il est libre parce que la cage dans laquelle il est enfermé est en verre transparent.

Pour être encore plus précis, prenons par exemple le cas de la carte scolaire qui semble tant gêner le Président Nicolas Sarkozy au point où ce dernier aimerait bien la supprimer. Quels sont ses arguments ? « Les familles françaises doivent avoir la liberté de choisir la meilleure école pour leurs enfants » nous a-t-il rabâché. Le mot liberté a donc été, là encore, lâché, sanctifié par l’Elysée. Il suffit de prononcer ce mot magique, véritable sésame passe-partout, pour que les citoyens deviennent, en majorité, plus réceptifs et plus… vulnérables. Le Président et ses spécialistes en communication l’ont bien compris. Tout cela n’est évidemment qu’un leurre, une illusion, une chimère. Pourquoi ? Croyez-vous une seule seconde que toutes les familles de France puissent être égales devant cette liberté prônée par les pouvoirs publics ? Bien sûr que non. Il est évident que les nantis, les plus aisés, les plus puissants s’approprieront les meilleures écoles et que les misérables iront grandir les rangs des écoles de troisième classe au fin fond des quartiers ghettos. Voilà pourquoi la carte scolaire a été instaurée, pour tenter de limiter les dégâts des injustices.

La liberté d’étudier ? Combien d’élèves se verront refuser l’accès à telle ou telle école, tel ou tel lycée, telle ou telle faculté, uniquement sur des critères raciaux, des critères économiques, des critères sociaux ? La liberté ? Mais quelle liberté ? Celle que les puissants imposent aux faibles ? Il n’existe de liberté absolue que celle de l’imaginaire. Et encore, à force de nous vendre du rêve, nous finirons bien par ne plus croire à nos propres rêves. Gardez votre liberté bon marché, je préfère la mienne, celle qui n’a aucun prix, aucun négoce, aucun droit d’entrée. Et on nous parle d’excellence. Quelle excellence ? Dans une course de cent mètres, seuls les trois premiers reçoivent une médaille. Faut-il mépriser les autres ? Sans ces derniers les trois premières places n’auraient aucune valeur. L’excellence ne peut se prévaloir d’une supériorité reconnue que si elle est respectueuse des efforts d’autrui. Ce n’est pas le : marche ou crève. La Liberté ? Paradoxalement, la France, traditionnellement un pays de libertés, est devenue un des pays où il y a le plus d’interdits. A quand une autre loi GAYSSOT interdisant la remise en cause des attentats du 11 Septembre 2001 survenus aux Etats-Unis tels qu’ils nous ont été relatés ? La liberté, c’est quoi, au juste ? S’asseoir sur le bord d’une route et attendre que quelqu’un veuille bien nous embarquer ?

Et l’islam ? Religion très répandue à travers le monde, originaire d’Arabie et dont les fondements sont basés sur le Coran (paroles de Dieu) et les enseignements du prophète Mohammed (Hadith). En clair : religion qui signifie soumission à la volonté et aux lois de Dieu, souvent utilisée par des fous fanatiques dans le but de soumettre leurs semblables à leurs propres turpitudes, leurs disgrâces, et ainsi les enfermer dans un terrible obscurantisme. Les fanatiques sont des fous, mais ceux qui les suivent le sont plus encore !

Mes connaissances personnelles de cette religion me permettent d’affirmer que celle-ci rend illicite les superprofits. Ainsi, un produit acheté ne peut être revendu deux, trois ou quatre fois sa valeur, par exemple. De même, les intérêts des emprunts sont également illicites, dans la mesure où l’argent ne doit pas fabriquer de l’argent, sans qu’il y ait eu un travail produit auparavant. Il s’agit de règles simples, saines et sages. En somme, le bénéfice n’est pas interdit mais il doit rester raisonnable. L’emprunt n’est pas interdit mais il ne doit pas produire des intérêts injustifiés. Règles de droiture et somme toute assez équitables. Dans l’islam, la charité et l’aumône sont des charnières centrales d’une foi qui doit être sincère et véridique pour être acceptée. Le riche a une énorme responsabilité morale : il doit se soucier du sort du pauvre et aider ce dernier à garder sa dignité et sa fierté.

Les musulmans d’Europe sont pris entre le marteau et l’enclume. Ils croient aux valeurs d’un islam tolérant et pacifique. Mais ils sont tentés par les matérialismes, ceux qui finissent par vous habiter l’esprit au point de le remplacer définitivement, provoquant une cassure, une perte de ses propres repères, et une déstabilisation qui peut rendre l’être humain fragile, charmé qu’il serait par l’appel des sirènes intégristes, promettant le retour aux racines, avec en prime la garantie de recouvrer sa dignité et sa fierté. Les musulmans d’Europe, perdus et affolés par une vie ultra matérialiste, dans laquelle ils se sentent, de toute évidence, exclus, s’évadent et se cherchent un refuge spirituel dans l’islam. Les musulmans vivant dans des pays musulmans sont eux attirés par le monde matérialiste qu’ils découvrent à travers les satellites télé. La rupture des musulmans d’Europe par rapport aux valeurs matérialistes des sociétés riches dans lesquelles ils évoluent, et la rupture des musulmans par rapport aux misères et aux injustices des pays musulmans, censés être à leurs yeux des modèles, puisque basés sur les valeurs de l’islam, sont des signes qui ne trompent pas sur la complexité et la nature même de ce que veut dire être musulman aujourd’hui, ou tout autre croyant d’ailleurs. Pour un musulman vivant dans un pays adéquat, c’est un véritable fiasco. Et pour un musulman vivant à l’étranger, dans un pays non musulman, la tentation de revenir à des règles strictes et disciplinaires est grande. Les intégristes fous fanatiques jouent donc sur les deux tableaux : aux uns, ils disent : vos frères vous trompent !  Aux autres ils disent : ne vous laissez pas corrompre par les sociétés occidentales bassement matérialistes et véritablement immorales !

Il serait temps que l’occident comprenne que les musulmans vivant en Europe, particulièrement, sont un vrai rempart contre l’intégrisme, à condition bien sûr de les intégrer. Et comment les intégrer ? En faisant d’eux des citoyens à part entière. Des citoyens qui ne vivraient leur religion que sur un plan privé et non plus comme une espèce de refuge pour fuir le racisme, l’ostracisme et l’exclusion dont ils seraient victimes. Les pays riches devraient se poser des questions sur les origines du terrorisme. Car la misère et l’injustice peuvent conduire tout droit aux précipices.


Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Société - Démocratie - Liberté
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Vendredi 24 août 2007 5 24 /08 /Août /2007 14:45

A l’Amérique que j’ai tant aimée et dans laquelle je ne me reconnais plus…



Qui ne rêvait pas, il y a encore quelques décennies, d’aller en voyage aux Etats-Unis ? Cette Amérique conquérante, pays des libertés, des droits de l’homme, a bercé ma jeunesse et celle de beaucoup d’autres ; nous étions à la recherche, en quête, d’un absolu, d’un autre monde fait de rêves, de chimères, d’utopies. Nous y croyions avec force et conviction ; et seule la grande Amérique rendait possible ce qui était ailleurs impossible. Patrie des Marylyn Monroe, Elvis Presley, Fred Astaire, John Wayne, Garry Cooper, Franck Sinatra, Montgomery Clift, Garry Grand, John Fitzgerald Kennedy etc. (pardon aux autres monstres sacrés, mais ils sont trop nombreux), l’Amérique a marqué d’une empreinte indélébile la planète. Amie de la liberté, de la défense du droit et des valeurs morales indispensables à toute civilisation, elle redonnait espoir aux déçus de la vie, à ceux qui n’étaient pas nés du bon côté. Bien sûr, il y eut le Viêt-Nam et ses massacres, ses horreurs, ses monstruosités. Le grand Mohamed Ali tiendra tête et ira en prison parce qu’il dira non à cette guerre et aux drames humains qu’elle entraînera. C’était aussi cela, l’Amérique ! Puis survint le retrait du bourbier vietnamien, sans gloire, sans honneur, comme si l’Amérique faillait déjà à ses devoirs de se battre contre les vrais ennemis de la démocratie, de répandre la justice et l’ordre ; un ordre puisé d’une morale biblique. Cette Amérique-là, je l’ai tant aimée, tant adorée, la plaçant au-dessus des autres Nations, lorsque de mes yeux émerveillés je vis l’homme marcher pour la première fois sur la Lune. JFK avait gagné son pari fou et insensé. Les teen-agers marqueront ma mémoire lorsque James Dean exprimait les passions et « la fureur de vivre » d’une jeunesse américaine devenue rebelle. « L’équipée sauvage » qui a fait de Marlon Brando, l’homme aux yeux hypnotiseurs, une star éternelle vêtue d’un blouson noir et d’un jean, symbole d’une liberté en marche, me donnera des frissons, répandant l’odeur d’une Amérique conquérante et éternellement jeune et que je pouvais presque humer de chez-moi. Qui n’a pas aimé et défendu les couleurs de cette Amérique-là, une Amérique au grand cœur, une Amérique où la démesure était une nécessité, une réalité, celles d’un rêve américain que rien se semblait restreindre ? L’Amérique montrait la voie à suivre pour aller vers une destination hors du commun. Elle promettait de donner à tout homme le droit de vivre sa liberté dans une totale liberté. Rêve ou réalité ? Peu importe, les deux finissaient par se rejoindre. Le rêve allait-il enfin devenir réalité ?


Et puis, ces générations, fertiles en idéaux, en rêveries, douées d’une extraordinaire volonté à repousser toujours plus loin les limites des féeries d’un monde plus humain, ont laissé place à d’autres enfants devenus grands à leur tour. L’Amérique changeait brusquement de desseins. Elle s’éloignait de ses rêves, de ses « chevauchées fantastiques » qui la conduisaient vers un avenir chaque jour meilleur. A mesure que ses monstres sacrés, ses porte-voix d’un idéal utile à l’humanité, disparaissaient dans le crépuscule de la nuit, tombaient l’un après l’autre dans les abîmes du temps, l’Amérique glissait vers les ténèbres, privée de ses étoiles scintillantes, s’appauvrissant tel un paon perdant son magnifique plumage. Désormais, l’homme américain ne rêve plus, il vit sa vie assis devant des écrans plats, suivant les conquêtes de ses dirigeants politiques par satellites interposés. « La conquête de l’Ouest » a définitivement fini d’exister, les indiens ont été exterminés ou pacifiés, enfermés dans des réserves closes sécurisées, à l’abri des regards indiscrets. « Le dernier des mohicans » a fini ruiné, alcoolique et désœuvré, dernier échantillon datant du temps de Christophe Colomb. Les démons de la passion ont laissé place aux démons de la guerre. Après les indiens d’Amérique et les communistes, les Américains se sont trouvé d’autres ennemis, comme si tous ces Etats fédéraux avaient un besoin vital, celui de se déclarer, continuellement, des ennemis jurés pour exister. L’islam et les musulmans vont devenir les nouvelles cibles, les nouveaux méchants. Terre d’asile et de liberté, l’Amérique est devenue un pays où il ne fait pas bon vivre si l’on est musulman. Omar Sharif n’imaginait pas un jour qu’il deviendrait suspect, lui, qui tourna magistralement dans Lawrence d’Arabie, aux côtés du magnifique Anthony Quinn et du superbe Peter O’tool, évoquant l’immense fascination des Occidentaux pour les déserts d’Arabie et pour l’islam, une religion mystérieuse, méconnue, étrangère et impénétrable, trésor commun aux Arabes et objet de tant de discordes entre eux. Malcolm X puisera dans cette religion la force et la foi de redonner espoir aux Noirs américains, rappelant aux enfants de Martin Luther King leurs racines et leurs origines africaines. Parce que l’on ne peut pas savoir où l’on va si on ne sait pas d’où l’on vient.
  

L’Amérique a perdu, échouant dans sa mission de changer le monde, de le transformer et d’en faire une Terre où l’espoir ne serait plus illusoire, et où la chance ne sourirait plus qu’aux seuls gagnants. Elle a perdu son pari parce qu’elle a nourri en son sein multitude de grands hommes qu’elle n’a pas su comprendre, pas su écouter, passant à côté des vrais messages humanistes adressés par ces augustes personnalités au destin unique. Le rêve américain a été porté haut par ces brillantes personnalités américaines, sans que personne n’ait compris à quel point cette Amérique-là a été proche des consciences, proche de toutes les âmes éprises de justice et de liberté. Quel gâchis ! L’ultra conservatisme, l’ultra capitalisme, l’égoïsme et « la fureur de vaincre » à tout prix ont transformé nos rêves en cauchemars. Et tous ces parjurés, ces renégats, dévoués à leurs uniques idoles : l’argent et le pouvoir, nous ont privés des plus beaux rêves que jamais une Nation n’aura été en mesure d’offrir à l’humanité entière. Nous sommes passés si près du but que j’en ai encore l’eau à la bouche. Mais les senteurs exquises et parfumées ont laissé place aux odeurs âcres. Détruits en plein vol, mes rêves sont tombés.

Aujourd’hui, je me range du côté des Irakiens et je pleure cette Amérique qui m’a trahi ; trahi les miens et tous ceux qui croyaient en elle. Aux côtés des Palestiniens, je pleure encore cette Amérique qui fit tant de promesses, tant d’engagements de se battre aux côtés des faibles, et qui finalement s’est jetée dans les bras des puissants, des fourvoyés, des briseurs de rêves, des adorateurs de l’ange déchu. Nos rêves ont été anéantis, réduits à néant, ruinés par ces marchands de bonheur artificiel, ces apostats partis à la reconquête d’un monde qu’ils aimeraient voir asservi.  Oui, l’Amérique a perdu son pari parce qu’elle a cru que les rêves s’achètent. Or, les rêves ni ne s’achètent, ni ne se vendent ; ils cessent d’être des rêves dès que l’on n’y croit plus, dès que l’on s’éloigne de leurs chemins sertis de mille joyaux, de mille trésors. L’Amérique a perdu, elle est en crise avec elle-même, avec ses propres valeurs qu’elle n’exporte plus qu’à coups de canons, de bombes, de chars et d’avions de chasse. Elle exporte ses rêves à bord de gigantesques porte-avions, accompagnés d’escorteurs munis de missiles à ogive nucléaire. Et c’est ainsi qu’une autre Amérique usurpatrice, née des derniers conflits mondiaux, est entrée dans la peau de la vraie Amérique, celle que le monde entier admirait. Souvenez-vous, c’était en 1948. Le monde changeait de trajectoire, se dotait d’un autre visage, celui de la haine, de la rancœur et du mépris. Désormais, rien ne sera plus pareil. Et le monde est entré dans une obscurité d’où l’on entend plus que les jérémiades des enfants palestiniens hurlant leurs douleurs, leur désespoir à un monde qui après les avoir vendus aux plus offrants, les a définitivement oubliés.

Et j’ai jeté à la corbeille tous les westerns, tous les films et toutes les séries américaines qui ont séduit ma jeunesse au cours des années 60 - 70, non sans avoir le cœur serré et meurtri. J’ai rangé, au fond d’un étroit tiroir, mes rêves d’autrefois, froissés par les dures réalités d’aujourd’hui, mais preuve que cette Amérique magique a bien existé. Mais si on renonce un jour à ses idéaux, fatigué et abattu par les cruelles épreuves de la vie, jamais nos rêves ne nous quittent, ils sont en nous, éternels, gravés dans notre mémoire, à jamais. Et je rêve encore d’une « grande évasion ». Steve McQueen m’avait appris qu’il ne fallait jamais hésiter, entre la liberté et la prison, pour s’extirper, s’arracher et s’enfuir d’une Terre qui deviendrait trop imperméable aux rêves des grands hommes.
 

Les rêves ni ne s’achètent, ni ne se vendent ; ils perdent leurs pouvoirs magiques dès que l’on cesse d’avoir foi en eux (TM)


Touhami Moualek

Par Moualek Touhami - Publié dans : L'Amérique
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