Le monde arabe :
Les pays arabes ont été longtemps colonisés. Les peuples arabes ont été bafoués, exploités et résignés à subir le
colonialisme et ses crimes commis au nom d’une supériorité d’une civilisation sur une autre. Les Arabes durent composer avec l’occupant pour un temps en attendant la révolte qui aboutira
fatalement sur une indépendance (le Maghreb en est une illustration parfaite). Aujourd’hui, le monde arabe est composé de pays riches (monarchies artificielles bâties sur des gisements de
pétrole explosifs), et des pays moins riches mais aspirant également au développement économique et humain.
Nous savons qu’il existe un gigantesque fossé entre les masses arabes populaires et leurs dirigeants quant aux opinions
politiques affichées par les uns et les autres ; les Arabes de la rue exhibant un panarabisme et un arabisme revendiqués, affichés et ardemment voulus. Quant aux dirigeants et (très
souvent) despotes arabes, ces derniers sont des dictateurs n’ayant qu’une hantise en tête, celle de se voir renverser un jour ou l’autre par un coup d’Etat surprise.
Que peut-il se passer à l’avenir ? C’est très simple. Ces masses populaires arabes expriment une telle extrême volonté
de vouloir ériger un monde arabe capable de s’imposer sur la scène internationale, que cela finira par arriver, c’est pratiquement fatal. Comment cela se produira-t-il ? Ces courants
populaires arabes finiront par faire émerger en leur sein des leaders qui auront les idées des masses arabes et qui porteront ces idées sur la scène politique en ayant à cœur de voir ces
idées se concrétiser, car ces nouveaux leaders arabes auront la volonté, la foi et l’envie d’exprimer leurs voix tues par les puissances occidentales depuis des siècles et des siècles. Tout
ce qui fait défaut aux dirigeants arabes d’aujourd’hui, plus préoccupés par leurs comptes personnels en Suisse, sera l’atout majeur de ces nouvelles générations, avec lesquelles il faudra
désormais compter, c’est-à-dire la fierté, l’honneur et la dignité. Le puzzle du monde arabe a été tant éparpillé et dispersé, tant entrecoupé et entredéchiré, tant combattu et humilié, qu’il
faudra beaucoup de temps pour le reconstituer, mais cette entreprise de réparation et de réhabilitation est en cours et a déjà fait d’énormes bonds en avant. Le monde arabe et musulman n’a
évidemment pas dit son dernier mot. Peut-être MM Tony BLAIR et Georges W. BUSH l’ont-ils, en exécutant Saddam HUSSEIN le jour d’une des principales fêtes musulmanes, enterré un peu trop vite.
Vanité et orgueil des Occidentaux.
Paris, la Chine et les Jeux Olympiques :
La manipulation des Tibétains (notamment par les services secrets américains), en tant que vulgaires pions sur l’échiquier
mondial, a été établie et commentée par nombre d’observateurs qui ont eu le courage de le dénoncer et que je salue au passage. Souvenez-vous, c’était après la première guerre du Golfe en
1990. Saddam HUSSEIN venait d’être défait. Profitant de ce « léger » flottement du raïs irakien, les Kurdes tentèrent de revendiquer une autonomie, poussés là aussi par le Pentagone
qui y voyait un moyen de renverser Saddam HUSSEIN sans trop se mouiller. Que s’était-il alors passé ? L’armée irakienne avait maté les rebelles kurdes dans le sang et les Américains
ainsi que leurs alliés n’avaient pas levé le moindre petit doigt pour secourir les pauvres kurdes. Et si les Tibétains en venaient également « aux mains » avec les Chinois, je
crains pour eux que l’histoire ne se répète : les Américains laisseront faire. Auront-ils d’ailleurs d’autre choix que d’appeler les Chinois à la retenue ? Bien sûr que non.
C’est la règle : le CIO (Comité International Olympique) a confié l’organisation des jeux de 2008 aux Chinois. La
Ville de PEKIN (BEIJING en chinois) a été choisie. C’est ainsi, on n’y peut rien. A ma connaissance, de tout temps, y compris durant la guerre froide, les athlètes du monde entier ont
toujours instamment invité les dirigeants du monde entier à ne pas mélanger le sport et la politique. Or, ce que nous avons découvert avec stupéfaction, lors du passage de la flamme olympique
en France, c’est exactement le contraire : non seulement la flamme a été prise en otage ainsi que les malheureux porteurs, mais en plus on a délibérément mélangé sport et politique. Je
n’ai aucun doute à affirmer que nous avons manqué de respect envers la Chine et les Chinois. La réaction de ces derniers, lorsqu’ils manifestent une certaine hostilité envers l’Occident et la
France particulièrement (le top du départ de la flamme a été Paris), était prévisible. Dans cette histoire la France donne des leçons en matière de droits de l’Homme, mais la France oublie de
se retourner et de regarder sa propre histoire. Qui a le monopole des droits de l’Homme ? Qui peut dire je suis un exemple pour le reste de l’humanité en termes de droits de
l’Homme ? La France ? Les Etats-Unis d’Amérique ? Le Royaume Unis ? Je vous en prie, laissez-moi rire!
La dernière trouvaille du champion olympique, et non moins talentueux, David DOUILLET a été ce badge sur lequel est
inscrit : « Pour un monde meilleur ». Qui peut se désolidariser de cette formule et de la bonne intention du judoka français ? Pas moi, en tout cas. Mais ce geste, aussi
louable soit-il, est un acte politique et contribue par conséquent à politiser les jeux. Pourquoi avoir attendu l’échéance des jeux et le passage de la flamme olympique à Paris pour afficher
cette intention de voir un monde meilleur ? Mettons-nous à la place des Chinois. Ils se sentent accusés. Cela signifie, pour eux, que nous estimons que la Chine est en dehors de ce monde
meilleur auquel nous aspirons tous. Ce slogan accuse directement la Chine et c’est bien ainsi que les Chinois l’ont interprété. Leur réaction ne s’est pas fait attendre. En ce qui me
concerne, et je ne dois pas être seul, je pense que l’idée d’un tel badge a été une faute. Une telle initiative peut se concevoir dans une démarche politique, pas dans une démarche sportive.
Ou alors il faudrait le faire dans un contexte neutre et surtout pas au moment des JO. Car cette grandiose manifestation planétaire est la seule qui rassemble les cinq continents et les
rapproche culturellement et humainement. Pourquoi donc nous gâcher d’un tel plaisir, d’un tel rêve, d’une telle entreprise humaine ? C’est un véritable couac français. L’avenir des
Tibétains passe par un dialogue qui soit responsable et constructif avec les autorités chinoises.
La France et sa liberté d’expression à double « clique » :
Nous savons qu’il existe des populations françaises, notamment celles des banlieues pauvres : les déshérités de la
République, qui n’ont accès à aucun média traditionnel et de manière générale aux canaux d’expression à l’échelle nationale : presse, télévision, radio. Je fais partie de ces populations
et je me sens, comme beaucoup, à l’abandon, radié de la république, oublié des institutions et prié de me taire au risque d’encourir le courroux des puissants. La menace des tribunaux
plane ; la terrible sanction des juges chargés de rappeler à l’ordre les brebis égarées est, en ces temps incertains, palpable. Le droit d’expression se range, en France, du côté des
forts, ce n’est pas nouveau. Les faibles ont le droit de s’exprimer aussi, mais dans les cales, dans les bas-fonds de la République, dans les couloirs des pas perdus, voire des balles
perdues ; il ne faut pas qu’il y ait trop d’échos à leurs plaintes, leurs souffrances, leurs jérémiades. Liberté d’expression ? Une feinte des puissants.
Cela me conduit à parler du site Internet LBS (La Banlieue S’exprime). Voilà, en vérité, une initiative, de la part de son
Président Ahmed, qui donne la parole aux frustrés, aux interdits de plateaux télé, pour cause de vérités à ne pas dévoiler, aux interdits « bancaires » pour cause d’infortune, aux
exilés d’un temps qui ne leur est en rien favorable. Et voilà que ce site est traité de site antisémite. Que devrions-nous dire de tous ces sites islamophobes qui prolifèrent à la vitesse de
la lumière ? Passons, ce n’est pas le sujet. De manière, je le pense tout à fait honnêtement et sincèrement, anodine et sans aucune arrière pensée, Ahmed a relayé un article qui se
trouvait sur le site ultra communautariste « oumma.com » et qui évoquait les discriminations des Français issus de l’immigration dans le milieu du barreau. Rien de méchant. Dans cet
article apparaît, sur deux ou trois lignes, le nom d’une avocate. Plutôt que d’appeler le Président de LBS et de lui demander de retirer et article la mettant en cause, l’avocate en question
a porté plainte en diffamation contre Ahmed. Cela avait abouti à une perquisition au domicile d’Ahmed, puis à une convocation illico presto à Strasbourg pour une mise en examen confirmée,
comme s’il y avait eu mort d’homme. Sans le sang froid et l’honnêteté des gendarmes, la perquisition aurait pu mal se terminer. Imaginez le traumatisme des enfants ! Avouez que cela
s’apparente à des pressions politiques plus qu’à une affaire de diffamation qui d’ailleurs reste à prouver. Et c’est surtout le premier auteur qui aurait dû être visé. En effet, pourquoi
l’avocate n’a pas porté plainte contre les dirigeants de « oumma.com » ? Je pose juste la question. Je note d’ailleurs que l’article a été supprimé de ce site. Solidarité quand
tu nous tiens… On n’est jamais mieux trahi que par les siens, c’est bien connu. Toujours des mots, des mots et des mots ; jamais des actes, des actes et des actes.
Alors, lecteurs et lectrices de mon blog et du site de LBS (dans lequel on apprend plein de choses intéressantes pour sa
culture générale personnelle ; tout le problème est là !) j’en appelle à votre soutien, à votre solidarité envers Ahmed et à votre vigilance quant à cette précieuse liberté
d’expression que l’on voudrait bien nous confisquer. Il est inutile de rappeler que dans cette histoire, il faudra faire appel aux services de personnes compétentes et que cela à un coût
humain mais également financier. LBS est aujourd’hui visitée par quelques 6000 à 7000 personnes par jour. On comprend donc l’inquiétude de certains occupants de la stratosphère.
« Le roi n’est pas celui qui est assis sur le trône ; le Roi est celui qui occupe le trône » Touhami Moualek
Touhami Moualek
Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM
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