Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /Avr /2008 15:12





Le monde arabe :
 

Les pays arabes ont été longtemps colonisés. Les peuples arabes ont été bafoués, exploités et résignés à subir le colonialisme et ses crimes commis au nom d’une supériorité d’une civilisation sur une autre. Les Arabes durent composer avec l’occupant pour un temps en attendant la révolte qui aboutira fatalement sur une indépendance (le Maghreb en est une illustration parfaite). Aujourd’hui, le monde arabe est composé de pays riches (monarchies artificielles bâties sur des gisements de pétrole explosifs), et des pays moins riches mais aspirant également au développement économique et humain.
 

Nous savons qu’il existe un gigantesque fossé entre les masses arabes populaires et leurs dirigeants quant aux opinions politiques affichées par les uns et les autres ; les Arabes de la rue exhibant un panarabisme et un arabisme revendiqués, affichés et ardemment voulus. Quant aux dirigeants et (très souvent) despotes arabes, ces derniers sont des dictateurs n’ayant qu’une hantise en tête, celle de se voir renverser un jour ou l’autre par un coup d’Etat surprise.
 

Que peut-il se passer à l’avenir ? C’est très simple. Ces masses populaires arabes expriment une telle extrême volonté de vouloir ériger un monde arabe capable de s’imposer sur la scène internationale, que cela finira par arriver, c’est pratiquement fatal. Comment cela se produira-t-il ? Ces courants populaires arabes finiront par faire émerger en leur sein des leaders qui auront les idées des masses arabes et qui porteront ces idées sur la scène politique en ayant à cœur de voir ces idées se concrétiser, car ces nouveaux leaders arabes auront la volonté, la foi et l’envie d’exprimer leurs voix tues par les puissances occidentales depuis des siècles et des siècles. Tout ce qui fait défaut aux dirigeants arabes d’aujourd’hui, plus préoccupés par leurs comptes personnels en Suisse, sera l’atout majeur de ces nouvelles générations, avec lesquelles il faudra désormais compter, c’est-à-dire la fierté, l’honneur et la dignité. Le puzzle du monde arabe a été tant éparpillé et dispersé, tant entrecoupé et entredéchiré, tant combattu et humilié, qu’il faudra beaucoup de temps pour le reconstituer, mais cette entreprise de réparation et de réhabilitation est en cours et a déjà fait d’énormes bonds en avant. Le monde arabe et musulman n’a évidemment pas dit son dernier mot. Peut-être MM Tony BLAIR et Georges W. BUSH l’ont-ils, en exécutant Saddam HUSSEIN le jour d’une des principales fêtes musulmanes, enterré un peu trop vite. Vanité et orgueil des Occidentaux.

 

Paris, la Chine et les Jeux Olympiques :
 

La manipulation des Tibétains (notamment par les services secrets américains), en tant que vulgaires pions sur l’échiquier mondial, a été établie et commentée par nombre d’observateurs qui ont eu le courage de le dénoncer et que je salue au passage. Souvenez-vous, c’était après la première guerre du Golfe en 1990. Saddam HUSSEIN venait d’être défait. Profitant de ce « léger » flottement du raïs irakien, les Kurdes tentèrent de revendiquer une autonomie, poussés là aussi par le Pentagone qui y voyait un moyen de renverser Saddam HUSSEIN sans trop se mouiller. Que s’était-il alors passé ? L’armée irakienne avait maté les rebelles kurdes dans le sang et les Américains ainsi que leurs alliés n’avaient pas levé le moindre petit doigt pour secourir les pauvres kurdes. Et si les Tibétains en venaient également « aux mains » avec les Chinois, je crains pour eux que l’histoire ne se répète : les Américains laisseront faire. Auront-ils d’ailleurs d’autre choix que d’appeler les Chinois à la retenue ? Bien sûr que non.
 

C’est la règle : le CIO (Comité International Olympique) a confié l’organisation des jeux de 2008 aux Chinois. La Ville de PEKIN (BEIJING en chinois) a été choisie. C’est ainsi, on n’y peut rien. A ma connaissance, de tout temps, y compris durant la guerre froide, les athlètes du monde entier ont toujours instamment invité les dirigeants du monde entier à ne pas mélanger le sport et la politique. Or, ce que nous avons découvert avec stupéfaction, lors du passage de la flamme olympique en France, c’est exactement le contraire : non seulement la flamme a été prise en otage ainsi que les malheureux porteurs, mais en plus on a délibérément mélangé sport et politique. Je n’ai aucun doute à affirmer que nous avons manqué de respect envers la Chine et les Chinois. La réaction de ces derniers, lorsqu’ils manifestent une certaine hostilité envers l’Occident et la France particulièrement (le top du départ de la flamme a été Paris), était prévisible. Dans cette histoire la France donne des leçons en matière de droits de l’Homme, mais la France oublie de se retourner et de regarder sa propre histoire. Qui a le monopole des droits de l’Homme ? Qui peut dire je suis un exemple pour le reste de l’humanité en termes de droits de l’Homme ? La France ? Les Etats-Unis d’Amérique ? Le Royaume Unis ? Je vous en prie, laissez-moi rire!
 

La dernière trouvaille du champion olympique, et non moins talentueux, David DOUILLET a été ce badge sur lequel est inscrit : « Pour un monde meilleur ». Qui peut se désolidariser de cette formule et de la bonne intention du judoka français ? Pas moi, en tout cas. Mais ce geste, aussi louable soit-il, est un acte politique et contribue par conséquent à politiser les jeux. Pourquoi avoir attendu l’échéance des jeux et le passage de la flamme olympique à Paris pour afficher cette intention de voir un monde meilleur ? Mettons-nous à la place des Chinois. Ils se sentent accusés. Cela signifie, pour eux, que nous estimons que la Chine est en dehors de ce monde meilleur auquel nous aspirons tous. Ce slogan accuse directement la Chine et c’est bien ainsi que les Chinois l’ont interprété. Leur réaction ne s’est pas fait attendre. En ce qui me concerne, et je ne dois pas être seul, je pense que l’idée d’un tel badge a été une faute. Une telle initiative peut se concevoir dans une démarche politique, pas dans une démarche sportive. Ou alors il faudrait le faire dans un contexte neutre et surtout pas au moment des JO. Car cette grandiose manifestation planétaire est la seule qui rassemble les cinq continents et les rapproche culturellement et humainement. Pourquoi donc nous gâcher d’un tel plaisir, d’un tel rêve, d’une telle entreprise humaine ? C’est un véritable couac français. L’avenir des Tibétains passe par un dialogue qui soit responsable et constructif avec les autorités chinoises.
 

 

La France et sa liberté d’expression à double « clique » :
 

Nous savons qu’il existe des populations françaises, notamment celles des banlieues pauvres : les déshérités de la République, qui n’ont accès à aucun média traditionnel et de manière générale aux canaux d’expression à l’échelle nationale : presse, télévision, radio. Je fais partie de ces populations et je me sens, comme beaucoup, à l’abandon, radié de la république, oublié des institutions et prié de me taire au risque d’encourir le courroux des puissants. La menace des tribunaux plane ; la terrible sanction des juges chargés de rappeler à l’ordre les brebis égarées est, en ces temps incertains, palpable. Le droit d’expression se range, en France, du côté des forts, ce n’est pas nouveau. Les faibles ont le droit de s’exprimer aussi, mais dans les cales, dans les bas-fonds de la République, dans les couloirs des pas perdus, voire des balles perdues ; il ne faut pas qu’il y ait trop d’échos à leurs plaintes, leurs souffrances, leurs jérémiades. Liberté d’expression ? Une feinte des puissants.
 

Cela me conduit à parler du site Internet LBS (La Banlieue S’exprime). Voilà, en vérité, une initiative, de la part de son Président Ahmed, qui donne la parole aux frustrés, aux interdits de plateaux télé, pour cause de vérités à ne pas dévoiler, aux interdits « bancaires » pour cause d’infortune, aux exilés d’un temps qui ne leur est en rien favorable. Et voilà que ce site est traité de site antisémite. Que devrions-nous dire de tous ces sites islamophobes qui prolifèrent à la vitesse de la lumière ? Passons, ce n’est pas le sujet. De manière, je le pense tout à fait honnêtement et sincèrement, anodine et sans aucune arrière pensée, Ahmed a relayé un article qui se trouvait sur le site ultra communautariste « oumma.com » et qui évoquait les discriminations des Français issus de l’immigration dans le milieu du barreau. Rien de méchant. Dans cet article apparaît, sur deux ou trois lignes, le nom d’une avocate. Plutôt que d’appeler le Président de LBS et de lui demander de retirer et article la mettant en cause, l’avocate en question a porté plainte en diffamation contre Ahmed. Cela avait abouti à une perquisition au domicile d’Ahmed, puis à une convocation illico presto à Strasbourg pour une mise en examen confirmée, comme s’il y avait eu mort d’homme. Sans le sang froid et l’honnêteté des gendarmes, la perquisition aurait pu mal se terminer. Imaginez le traumatisme des enfants ! Avouez que cela s’apparente à des pressions politiques plus qu’à une affaire de diffamation qui d’ailleurs reste à prouver. Et c’est surtout le premier auteur qui aurait dû être visé. En effet, pourquoi l’avocate n’a pas porté plainte contre les dirigeants de « oumma.com » ? Je pose juste la question. Je note d’ailleurs que l’article a été supprimé de ce site. Solidarité quand tu nous tiens… On n’est jamais mieux trahi que par les siens, c’est bien connu. Toujours des mots, des mots et des mots ; jamais des actes, des actes et des actes.
 

Alors, lecteurs et lectrices de mon blog et du site de LBS (dans lequel on apprend plein de choses intéressantes pour sa culture générale personnelle ; tout le problème est là !) j’en appelle à votre soutien, à votre solidarité envers Ahmed et à votre vigilance quant à cette précieuse liberté d’expression que l’on voudrait bien nous confisquer. Il est inutile de rappeler que dans cette histoire, il faudra faire appel aux services de personnes compétentes et que cela à un coût humain mais également financier. LBS est aujourd’hui visitée par quelques 6000 à 7000 personnes par jour. On comprend donc l’inquiétude de certains occupants de la stratosphère.

 

« Le roi n’est pas celui qui est assis sur le trône ; le Roi est celui qui occupe le trône » Touhami Moualek

 


Touhami Moualek
 

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Société - Démocratie - Liberté
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /Mars /2008 14:44

Quel enfant mérite un tel sort ?



Touhami Moualek : Le conflit du Proche-Orient, telle la Shoah, ne peut être comparé avec nul autre conflit du fait de ses aspects politiques et de son caractère international : c’est en effet la communauté internationale qui a procédé à la création de l’Etat d’Israël. Qu’elle l’assume !

 



Nous avons hérité avec « comme d’habitude », de Claude François (le chanteur égyptien) d’un tube planétaire. Selon la SACEM, cette chanson passe au moins une fois toute les minutes à travers le monde. Et nous avons également hérité d’un autre grand tube, celui-ci plus macabre, plus insupportable parce que des millions de personnes y ont trouvé la mort, je veux bien sûr parler de l’holocauste (la Shoah, en hébreu). Il ne se passe pas, en effet, une minute sans que l’on nous parle de la shoah, que ce soit à la radio, à la télévision, dans les journaux et à l’école.

 

Nous avions aussi l’échelle graduelle sismique dite de RICHTER servant à mesurer la magnitude des séismes. Selon les spécialistes, cette échelle logarithmique est obsolète puisque ne servant qu’à estimer les tremblements de terre californiens. Cependant, dans les médias, les tremblements de terre significatifs sont évalués par rapport à cette « échelle ouverte de RICHTER ». Et la magnitude 9, exceptionnelle lorsqu’elle est atteinte, signifie qu’il s’agit de secousses extrêmement violentes dues à une énergie libérée tout à fait considérable. Les dégâts ne sont pas forcément proportionnels à l’ampleur du tremblement de terre, mais plutôt en fonction des lieux géographiques du séisme.  Plus il y aura d’habitants dans les zones touchées, plus le nombre de victimes sera important. Mais pourquoi, me demanderez-vous, parler d’échelles, de chansons, de séismes et de la Shoah ? Voyez la suite et vous comprendrez l’imbrication et la collusion entre science, politique et show-biz.

 

Et aujourd’hui, nous avons une nouvelle échelle servant, celle-ci, à déterminer les souffrances humaines. Moins scientifique que celle de RICHTER, elle est par conséquent plus malléable, plus adaptable aux circonstances, aux faits historiques passés. Y aurait-il dans la conscience humaine une quelconque possibilité de hiérarchiser les souffrances, sans enfreindre les règles morales prétendant que toute douleur, tout malheur soient insupportables à l’être humain, contraignant ce dernier à endurer des maux nous obligeant à compatir ? C’est ce que l’on appelle la commisération, la compassion : sans éprouver les douleurs physiques subies par la personne concernée, nous en ressentons néanmoins une douleur morale autant intense et violente que celle vécue par la victime. Cette nouvelle échelle des souffrances est graduée selon plusieurs niveaux : les génocides, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, par exemple. Ensuite, il y a des sous-catégories : extermination, déportation, déplacement, exécution, meurtre, etc. ; les listes sont longues.

 

Dans cette nouvelle échelle, il y a le trophée des trophées, celui que nous brandissent, tel un veto, les pros de l’instrumentalisation politique ; j’évoque bien sûr la Shoah et les calvaires, les supplices qu’elle fit subir aux malheureuses victimes. Car nous affirme-t-on haut et clair : « Vous pouvez brandir tous vos génocides, vos crimes de guerre et crimes contre l’humanité réunis, jamais vous n’atteindrez le niveau d’inhumanité produit par la Shoah, parce que nous, les Juifs, nous avons été exterminés sur le seul fait que nous étions des Juifs. » Imparable ! Nous n’avons, pour l’instant, rien trouvé de mieux. Et s’il ne s’était agi de millions de pauvres victimes sacrifiées au nom de la folie et de la barbarie sanguinaires des hommes, nous nous serions tous, depuis fort longtemps, soulevés contre cette honteuse instrumentalisation d’une telle tragédie de l’histoire.

 

Mais voilà, la culpabilité, la honte, les remords ont donné une telle dimension émotionnelle que celle-ci sacralise littéralement la Shoah, interdisant à quiconque le droit même de se poser des questions. Les interdits engendrés par la Shoah sont comparables à ceux d’une religion et condamnent toute tentative de vouloir la désacraliser ou la dédramatiser. Parce qu’il a été décidé, une bonne fois pour toutes, qu’il était moralement mal de discuter, de critiquer, de pouvoir même émettre quelques réserves sur cette surexploitation de la Shoah, non plus sur un plan mémoriel, ce qui est légitime et naturel, mais à des fins politiques, sociologiques et scolaires. La Shoah est partout, mais il est tabou d’en parler. Elle est constamment à l’ordre du jour, mais il est interdit d’en débattre. Elle est sans cesse documentarisée, portée à l’écran, mais il est interdit de se la représenter autrement que l’originelle, la copie conforme sous peine de tomber sous le coup de la loi sur le copyright. Mêmes les Historiens reçoivent pour ordre de s’en tenir aux textes de loi, véritable autel ; cette loi qui reprend, défend, autorise et châtie à sa guise, selon ses humeurs. Il y a là, je pense, comme une censure, une réprobation imposée à notre droit fondamental d’expression, de critique, de liberté de jugement individuel. Notre intégrité morale est violentée, obligée de s’en tenir aux seuls faits reconnus et légalisés. Rien d’autre. Il est proscrit de commenter, de discuter, de poser des questions. Parce que, nous dit-on : « Jamais terribles malheurs, catastrophes abominables et monstrueuses, abjectes et inhumaines, semblables à la Shoah n’ont été infligés à des humains. » Certes, mais faut-il sans cesse le rappeler, le marteler ? La crainte que l’on oublierait ces atrocités, ce qui ne peut être le cas, expliquerait de tels acharnements ? Je ne le crois pas. Drame humain et tragédie sans commune mesure au départ, ce qui était amplement suffisant pour que nous nous en souvenions à jamais, la Shoah est devenue par la suite une arme politique, un alibi. Et le show-biz va également y aller de ses couplets : films, chansons, poésies, récits, romans etc. vont se succéder.

 

L’Occident, au sortir de la guerre et après que les sionistes eurent préparé le terrain, au sens propre et au sens figuré, donnera son aval pour la création d’un Etat refuge pour tous les Juifs de la Terre. Cet Etat juif sera avalisé par le conseil de sécurité en 1948. Les pays arabes étaient pour la plupart colonisés, sous protectorat ou occupés, ils ne prirent donc pas part au vote. Enfin, l’Occident va pouvoir dormir tranquille : sa dette envers un peuple qui fut exterminé et anéanti a été acquittée. Les vœux des sionistes ont été exaucés au-delà de leurs espérances et avec la bénédiction des principales puissances de l’époque, d’ailleurs toujours les mêmes, à part l’URSS désagrégée depuis par la fameuse perestroïka, une restructuration de l’empire soviétique à la Mikhaïl GORBATCHEV. Le bonheur des uns faisant le malheur des autres : les innocents Palestiniens vont payer un prix exorbitant, inestimable face à la horde des sionistes qui vont immédiatement s’implanter en maîtres, déniant au peuple palestinien le droit élémentaire d’exister et de s’exprimer. Et comble d’injustice, les Palestiniens n’ont même pas participé à la seconde guerre mondiale. Armée par les puissances militaires occidentales, et bénéficiant de toutes les logistiques possibles et imaginables, de l’aide des plus grands stratèges militaires que comptent l’Europe et les Etats-Unis, l’armée israélienne infligera au monde arabe une défaite, en 6 jours ; une défaite que Gamal ABDEL NASSER portera comme on porte un deuil pour l’éternité. J’étais très jeune à l’époque et déjà j’entendais ce slogan crié à tue-tête par les étudiants juifs de France : « Rien NASSER de courir… » Mon sens de l’humour inné me permit de me résigner, sans trop comprendre ce qui se passait sur le terrain. Dès lors, l’Etat israélien ne se retirera plus des territoires occupés, et cela malgré les innombrables injonctions et les résolutions votées à l’ONU et le priant instamment de restituer ces territoires aux Palestiniens. Faisant fi de toute résolution votée à leur encontre, les dirigeants israéliens, au nom d’une sécurité devenue leur nouvelle Table de loi, n’en respecteront aucune. Que peuvent craindre ces derniers puisqu’ils ont, rangées de leur côté, les puissances dominantes ? Rien si ce ne sont quelques remontrances hypocrites appelant à la retenue. Ce deux poids deux mesures fera de l’ONU une organisation discréditée, souvent conspuée et régulièrement remise en question. Ce conflit va plonger la planète dans de terribles cauchemars : terrorisme, kamikaze, meurtres, crimes, assassinats, complots. Et toujours ce leitmotiv assourdissant et insupportable parce que ressassé durant des décennies et des décennies : Israël a le droit de se défendre. Qui n’a pas le droit de se défendre ? Qui n’a pas le droit de vivre ? Qui n’a pas droit à la justice et au respect ? Ces questions relèvent purement et simplement de la civilisation humaine.

 

Mais l’Occident n’en est qu’au début de ce cauchemar d’abord régional, puis ensuite rapidement devenu mondial. Ceux pour qui il a été créé un Etat, à la « Carte », par la force et sans aucune concertation avec les voisins directs, se sont irrémédiablement mis à commettre les mêmes crimes, les mêmes punitions collectives, les mêmes assassinats, les mêmes ignominies que ceux dont ils furent eux-mêmes les victimes lors de la seconde guerre mondiale. Souffrances, larmes et douleurs vont, telles des tempêtes soufflant incessamment des collines de Sion, propager la haine, la vengeance et la soif de tuer ; toujours et encore tuer au nom de sa propre survie. Tuer et semer la mort pour survivre, telle est la conduite, aujourd’hui, adoptée par l’Etat d’Israël. Un Etat devenu une véritable machine de guerre, broyant tout sur son passage, y compris femmes, vieillards et enfants. Nous sommes loin de cet Etat refuge qui devait recevoir la diaspora juive et lui garantir une terre promise, un coin paradisiaque, tout en garantissant un espace de liberté et de démocratie dans une région proclamée habitée par des « sauvages et des barbares » (comprenez : les Arabes musulmans). Et paradoxalement, l’endroit le moins sûr pour tout juif serait devenu l’Etat d’Israël. Quel échec cinglant ! Quelle défaite ! Une défaite annoncée. Pour un peuple croyant, et qui plus est le peuple prétendu élu, serait-il donc permis de se construire un bonheur sur le dos d’autrui ? Certes, la réponse est non, selon la morale universelle. Le châtiment divin, voilà la hantise, l’épée de Damoclès que redoutent les Juifs sincères et honnêtes avec leur religion : le judaïsme. Dieu pourrait-il accepter que son « peuple élu » puisse agir ainsi ? Cette question est illégitime.

 

Le silence lâche et complaisant de l’Occident face aux crimes de plus en plus barbares commis par les dirigeants israéliens à l’encontre des Palestiniens s’explique par cette culpabilité liée à la Shoah ; une Shoah dont ils sont pieds et mains liés. Ce silence s’explique aussi par une honte, un embarras, une impuissance. A chaque enfant palestinien tombant sous les balles israéliennes, les Occidentaux prennent conscience de leur responsabilité dans cette tragédie du Proche-Orient. Il eût été préférable pour eux, me semble-t-il, de s’abstenir d’intervenir dans la création d’un Etat devenu plus que problématique, et sûrement à l’origine d’un nationalisme arabe émergeant et qu’il leur faudra, un jour ou l’autre, affronter. Les Occidentaux constatent les dégâts, leurs dégâts, n’osant prendre partie parce qu’ayant au départ légitimé les israéliens et ayant à l’arrivée les Palestiniens qui leur reprochent de leur avoir artificiellement implanté sur leur sol des sionistes utilisant les mêmes méthodes que leurs bourreaux d’hier : les nazis. L’Occident est piégé ; il a été piégé ; il s’est piégé lui-même ! Comment sortira-t-il de ce conflit ? Pas en restant muet comme une carpe, mais en prenant ses responsabilités, c’est-à-dire en priant, y compris par la coercition, les extrémistes des deux côtés de bien vouloir quitter la table des négociations et de soumettre un plan de paix global, y compris sur le cas du statut de Jérusalem : une ville qui doit demeurer une zone neutre et pacifique où cohabiteraient les trois grandes religions monothéistes. Le monde entier est d'accord sur cette hypothèse, sauf Israël.

 

On nous reproche très souvent, à nous qui habitons les banlieues françaises pauvres et qui sommes, nombreux, de culture et de tradition musulmanes, en plus d’être de culture occidentale, de parler sans cesse du conflit israélo-palestinien, d’accuser Israël d’être devenu un Etat criminel et terroriste, et d’occulter les autres crimes commis ici et là à travers la planète. D’abord, nous dénonçons les crimes commis par les dirigeants israéliens à l’encontre des palestiniens parce que nous pensons que ces derniers sont sauvagement opprimés, occupés et victimes d’une tyrannie qui fait honte au peuple hébreu, un peuple légendaire constitué de fidèles croyants. Ensuite, nous sommes autant solidaires avec le peuple palestinien que l’est toute la communauté juive de France avec l’Etat hébreu. Tout cela est de notoriété publique ; pourquoi s’en cacher ? Ce que nous voulons, comme nombre d’hommes et de femmes à travers le monde, c’est qu’une solution de paix politique et pacifique soit enfin trouvée à ce conflit qui menace de manière récurrente la paix dans le monde. Il faut être clair : il n’y aura aucune paix durable dans le monde tant que des innocents palestiniens et israéliens seront sacrifiés au nom d’une idéologie raciste et sectaire : le sionisme.

 

Mais il y a autre chose. En effet, qu’il s’agisse, par exemple, du Tibet, du Darfour, de la Birmanie, des Indiens d’Amérique, et autres, car la liste n’est malheureusement pas exhaustive, ces exemples de dictature locale mettent en conflit une majorité (un Etat) et des minorités. Ces dictatures sont évidemment condamnables dès lors que les droits de l’Homme (droits fondamentaux et universels) seraient bafoués. Mais ces dictatures ne peuvent être comparées avec la crise du Proche-Orient. Pourquoi ? Il y a, me semble-t-il, deux raisons principales. La première est que l’Etat d’Israël est le premier Etat qui a été créé, de manière arbitraire, par le conseil de sécurité : l’ONU. Un conseil de sécurité que M. Georges W. BUSH n’hésitera pas à court-circuiter en déclenchant l’invasion de l’Irak sans l’aval de l’ONU ; pire encore : en désaccord total avec l’ONU. Souvenez-vous, la France avait menacé de brandir son droit de veto par l’intermédiaire du courageux Président de l’époque, monsieur Jacques CHIRAC. La seconde raison, celle-ci majeure, est que le conflit du Proche-Orient a une spécificité particulière. Il est un conflit international, et internationalisé, du fait que tout le monde, tous les pays, principalement les pays riches et puissants, sont mouillés et trempés jusqu’au cou par leur décision de créer l’Etat d’Israël. Et il est bien sûr trop facile de prendre des membres de son entourage, de les placer chez le voisin et de disparaître en croyant avoir ainsi réglé le problème. C’est commettre une erreur grave. Car fuir les problèmes est signe que ces problèmes vous rattraperont tôt ou tard. Et la communauté internationale est constamment rattrapée par le sempiternel conflit du Proche-Orient. Et c’est normal puisque c’est la communauté internationale qui a mis au monde ce bébé, ce joyau de démocratie et de paradis terrestre qu’est l’Etat d’Israël.

 

Alors non ! Vous ne pouvez pas comparer le conflit du Proche-Orient avec n’importe quel autre confit, tout simplement parce que dans l’échelle de grandeur des conflits mondiaux, celui du Moyen-Orient occupe le premier rang ; il obtient largement la médaille d’or. Il est, en effet, une guerre qui a été planifiée par les sionistes, avalisée et entérinée par la communauté internationale en 1948. Dans les drames qui se jouent au Proche-Orient, le monde entier est donc directement concerné et principalement le monde occidental. Et bien évidemment, la preuve est apportée par cette corrélation directe entre la Shoah et ce conflit. La Shoah étant incontestablement mise en première place sur l’échelle des souffrances, comment le conflit du Proche-Orient ne pourrait-il pas être mis en tête sur la lite des conflits dictatoriaux ?

 

D’ailleurs, ces dernières semaines, un ministre israélien n’a-t-il pas de sa bouche fait un trait d’union définitif entre la Shoah et le conflit du Proche-Orient en déclarant impunément : « Les Palestiniens vont connaître leur Shoah ! » Ce Ministre et l’Histoire ne font apparemment pas bon ménage. Ce monsieur aurait-il, en effet, déjà oublié (parce que nous nous n’avons pas le droit d’oublier la Shoah sous peine d’être hors-la-loi) que ce sont les Allemands, se réclamant de la race aryenne, sous le IIIe Reich, qui exterminèrent les Juifs d’ Europe ? Qu’est-ce que les Palestiniens ont avoir avec la Shoah si ce n’est que la création d’un Etat d’Israël sur leurs terres est une des conséquences directes de l’holocauste ?

 

« Le fou n’est pas celui qui a perdu la raison ; le fou est celui qui a toute sa raison et qui agit sans sa raison » Touhami Moualek 

 

 

Touhami Moualek
Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM
Par Moualek Touhami - Publié dans : Conflit au Proche-Orient
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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /Mars /2008 14:56

Nicolas Sarkozy en visite, très discrète, à Villepinte pendant la campagne présidentielle





Article écrit  le 25 juillet 2007

Elections municipales : 1er avertissement sans frais



 

Concernant la superproduction, avec le Président Nicolas Sarkozy comme metteur en scène, il ne manquait plus que David Ginola. En effet, celui-ci aurait dû être de la partie aussi. Lui qui avait tiré un SCUD vers les Bulgares, qui nous le réexpédièrent illico presto exploser dans les cages françaises, privant la France d'une coupe du monde de football en Italie (me semble-t-il). N'est-ce pas M. Gérard Houiller ? Il est des souvenirs qui font grincer des dents. Salut David, et chapeau bas pour vos talents de footballeur, sans rancune. Heureusement, nous eûmes par la suite des hommes de la trempe d’Aymé Jacquet, de Deschamps, de Zidane, de Thuram, de Blanc, de  de Sailly, et pardon pour ceux que je n’ai pas cités mais qui m’ont tous fait pleurer de joie, un certain 12 juillet 1998. Un des plus beaux souvenirs des années 90.

 

Je ne pense pas que la banlieue ait trouvé le « Fillon » avec le premier ministre actuel. On s’occupe des infirmières bulgares (je n’ai rien contre), on s’occupe de M. Polnareff (resté tout de même 30 ans en exil aux USA pour cause de bouderie !), on s’occupe du tour de France, on anime les garden-partys, on s’occupe de Bruxelles, on s’occupe du Maghreb (j’en suis natif), on s’occupe de l’Afrique (tant mieux), on s’occupe du Liban (normal), on s’occupe du Darfour (urgent), on investit les cantines etc. ; en fait on s’occupe beaucoup de l’extérieur, mais que fait-on à l’intérieur de la France ? Cette dernière ne servirait-elle plus que de vache à lait pour les déplacements les plus extravagants, aux frais de la princesse ? Je crains que la rentrée ne soit difficile et douloureuse : service minimum dans les transports en commun et dans l’éducation nationale qui risquent de nous conduire à des conflits longs et durs.

 

Mesdames et Messieurs les vacanciers, lorsque vous reviendrez à la réalité, même le teint halé, dès la rentrée de septembre, trouvant dans vos boîtes aux lettres les impôts locaux, les impôts fonciers, la redevance télé, le tiers provisionnel, le loyer ou les échéanciers de crédits, les assurances auto, scolaires et maison, que vous constaterez une nouvelle hausse du carburant, de l’eau, du gaz et de l’électricité, de la carte orange, probablement aussi celle de la baguette, et que vous aurez à faire face aux rituelles dépenses liées à la sempiternelle rentrée scolaire, alors peut-être penserez-vous que le cinéma n’est que virtuel et qu’il faut, tôt ou tard, redescendre sur terre, revenir au réel. L’atterrissage risque d’être particulièrement houleux. Je crois bien que nous dansons sur un volcan. L’éruption est pour bientôt, des signes avant-coureurs en témoignent, il suffit d’écouter et d’observer ce qui se passe autour de soi. Mais il est vrai, qu’en haut de la pyramide, il est difficile pour les grands décideurs penseurs de se baisser pour regarder en bas. Ils risqueraient d’avoir des courbatures, eux qui ne daignent même pas répondre aux questions posées par les citoyens.
 

Et puisque je m’exprime à partir d’un blog de la banlieue, que se passe-t-il, justement, pour les banlieues ? Celles-ci ont, d’après des spécialistes de renommée « télé visuellement » incontestée (et incontestable pour l’intelligentsia en place) donné beaucoup de leurs voix à M. Nicolas Sarkozy. Alors, Monsieur le Président de la République française, que faites-vous pour les banlieues françaises ? Les passer aux jets d’eau ? Repeindre en bleu les façades des cités délabrées ? Construire des terrains de sports grillagés ? Proclamer de nouveaux lycées et collèges en ZEP ? Attaquer en justice des jeunes qui se révoltent contre l’injustice par le rap, parce qu’ils n’ont plus que la musique et les mots pour exprimer leur mal être ? Tout cela est vraiment peu. Un exemple : plutôt que de s’acharner sur un service minimum, certes nécessaire, je le conçois, il faudrait plutôt donner les moyens à la SNCF, à la Régie Autonome des transports d’investir dans de nouveaux matériels, de rénover et d’entretenir correctement les infrastructures et les matériels roulants. Vous savez qu’entre les banlieues et la capitale, pour n’évoquer que l’Île-de-France, les transports en commun représentent le seul cordon ombilical vital économique et social. Il est scandaleux de constater qu’il existe, dans notre République, des lignes de transport mieux équipées que d’autres. Celles de la zone Est de Paris fait partie des plus défavorisées. La sélection par l’argent est vraiment partout. Devrons-nous vivre avec cette résignation : qu’il y ait des citoyens à part entière et des citoyens de seconde zone ? Lors de votre campagne présidentielle, vous prétendiez le contraire.

 

Depuis l’élection de Monsieur Nicolas Sarkozy, j’ai l’impression qu’il y a eu une accélération de la fracture sociale, en peu de temps. L’élite s’est emparée des radios, des télévisions, des journaux, prend d’assaut les aéroports, les ports et les marinas. Jamais l’argent n’a autant montré le bout de son nez, rassuré par une droite qui tient bon le cap bien à droite. Il y a un vent de panique. La confusion entre gauche et droite est telle qu’elle donnerait le tournis aux plus fervents gauchistes et droitistes. Ne comptent plus que les caméras, les projecteurs, les plateaux de télévision. Les magazines consacrés aux people ne se sont jamais autant régalés. On se croirait en plein tournage d’un film pantagruélique. Je comprends mieux maintenant pourquoi des hommes politiques de gauche ont succombé à la tentation (tel Jack Lang) et ont rejoint le plateau de tournage, attirés par les sunlights. Les pauvres ! S’imaginent-ils qu’ils auront les rôles principaux ? De simples figurants, voilà les rôles que leur donnera le Président Nicolas Sarkozy. Un homme qui assurément n’aime pas qu’on lui fasse de l’ombre. Une preuve ? La position inconfortable de l’actuel premier ministre François Fillon. Ce dernier devrait se poser des questions sur sa famille politique qui, de jour en jour, s’agrandit de nouveaux membres venus d’ailleurs. Les conservateurs UMP me semblent étrangement muets. Attendent-ils le premier faux-pas pour lancer leurs boulets rouges ? Possible.
 

 

Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Politique générale
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Jeudi 31 janvier 2008 4 31 /01 /Jan /2008 23:32

dessingbbanlieue.jpg
Bleu - Blanc - Rouge (République, Royauté, Sang de la Révolution)

 

 

 

 

 

 

 

 

Très très beau film de Lakhdar-Hamina

 

 

 

 

 
 
 

Systématiquement marginalisés et renvoyés à leurs banlieues, comme s’ils n’habitaient pas en France et n’étaient pas des citoyens français ordinaires, les jeunes (et les moins jeunes) habitant les quartiers, dits populaires, sont depuis des décennies et des décennies déconsidérés, abandonnés, discriminés et parqués dans des ghettos qui n’ont, souvent, rien à envier à ceux du tiers-monde. D’ailleurs, cette population n’est-elle pas considérée comme une population du tiers-monde ? Les quelques réussites sociales, citées et rencontrées par-ci et par-là, sont malheureusement des exceptions qui confirment la règle générale, et sont utilisées à des fins de diversions en vue d’éluder les vrais problèmes sociaux rencontrés par ces populations issues, pour la plupart, de l’immigration. Un exemple simple : comment ose-t-on, aujourd’hui encore en France, parler d’intégration à des jeunes nés en France ? C’est incroyable, j’allais dire invraisemblable ! Mesdames et Messieurs les politiques, répondez-nous. Nous sommes curieux d’entendre vos réponses.

Ainsi, toute création artistique, toute tentative de créer une entreprise commerciale, toute initiative visant à donner la parole aux habitants des banlieues, et toute esquisse ou tentative de rentrer dans le cercle de la politique, des milieux de décision à quelque niveau que ce soit, sont vouées à l’échec parce qu’elles sont dès le départ soit écartées par des procédés racistes et discriminants – et les principaux activistes dans ces domaines appartiennent aux élites en place –, soit elles ne seront jamais accueillies favorablement, tout juste tolérées, puis définitivement exclues par la suite. Les créateurs, les étudiants, les ouvriers, les dirigeants, les citoyennes et les citoyens tout court, quels qu’ils soient sont obligés de fournir toujours plus d’efforts que la moyenne, faute de moyens matériels et humains suffisants, d’infrastructures inadéquates, pour se hisser au niveau des meilleurs ; et cela ne leur est même pas reconnu. L’égalité des chances n’existe que sur le papier.

Nous savons qu’il existe et qu’il existera toujours des fossés entre riches et pauvres, entre puissants et faibles. Les luttes et les combats politiques ayant, en principe, pour vocation de tenter de toujours réduire ces inégalités et ces injustices. Or, nous constatons qu’il y a effectivement eu des progrès, des avancées dans ces domaines, grâce aux luttes des Français. Mais ces progrès ne bénéficient pas aux populations habitant les quartiers les plus déshérités, les plus démunis, comme ils bénéficient aux citoyens « ordinaires ». Cela démontre le désintérêt, le laxisme et la faillite des politiques menées par tous les partis qui ont eu a exercé le pouvoir en France ; et encore, peut-on vraiment parler de politique, ce mot paraissant usité à mauvais escient. Ce « laissé pour compte » se traduit, au sein des jeunes particulièrement, par des actions de rebellions, des émeutes et des manifestations en tous genres. Et pour répondre à ces situations de crise, les pouvoirs publics font appel aux forces de l’ordre. Les foyers de révolte sont ainsi éteints, dans la répression, jusqu’à la révolte suivante. Et cela fait plus de trente ans que nous sommes dans ce cercle infernal. « La prévention est le moyen le plus sûr pour éviter d’avoir à recourir à la répression » ont alerté d’innombrables associations et d’éminents spécialistes en la matière. Mais rien. Personne n’entend. Tout le monde reste sourd.

Il ne s’agit pas de repeindre les murs des bâtiments, ni celui des cages des ascenseurs, en dissimulant les misères, ni de construire des terrains de sport, même si ceux-ci sont évidemment nécessaires, mais plutôt de conduire une politique qui soit volontariste dans le but de combattre, sans jamais faiblir, toute forme de discrimination et toute forme de racisme à l’encontre des habitants des banlieues. Car nous savons, et vous le savez également Mesdames et Messieurs, que les Maghrébins et les Noirs africains, essentiellement, sont les premières victimes de ces discriminations intolérables.

Les mentalités doivent désormais évoluer dans ce pays. Les pouvoirs publics ont un rôle capital à tenir dans ce sens. Car aujourd’hui, que vous soyiez d’origine noire, maghrébine, ou même européenne (blanche) et que vous habitiez dans des zones géographiques nécessitant l’utilisation du RER B (Paris – Aéroport Charles de Gaulle), par exemple, vous auriez de grandes chances de vous voir refuser un emploi sous prétexte que cette ligne a la réputation d’être une ligne à problèmes. Discriminés même dans les transports !

L’argumentaire consistant à amalgamer délinquance et jeunesse des banlieues, assistanat et Français d’origine étrangère, est éhonté et parfaitement faux. Des écornifleurs, il y en aura toujours, quels que soient les systèmes. Ces « profiteurs » du système social ne sont qu’une minorité et là encore il ne faut pas généraliser. C’est à l’Etat de faire respecter les règles de fonctionnement.

Sortir des ghettos, des cités-dortoirs, par des constructions de logements qui soient plus humains, et pourquoi pas en accession à la propriété (des milliards d’euros sont gaspillés chaque année inutilement) ; par des réseaux de transports ferroviaires plus fiables et moins vétustes ; par des écoles publiques qui redonnent l’envie à des centaines de milliers d’élèves d’apprendre et d’accéder au savoir ; par des centres culturels qui permettent à chacun d’exprimer ses sensibilités artistiques et d’apprécier les créations artistiques d’autrui ; par des préventions efficaces sur les fléaux de notre société (alcool, tabac, drogue, MST, etc.) ; par la responsabilité de chacune et chacun passant par le droit à la citoyenneté et à vivre ensemble dans une démocratie qui soit plus proche des citoyens. Voilà une liste, non exhaustive, de moyens concrets et réalistes pour redonner confiance aux banlieusards et aux jeunes, en particulier, qui seraient prêts à jouer le jeu, à s’investir dans une société qui leur tendrait les bras et non qui leur tournerait le dos, comme c’est trop souvent le cas. Et je vous garantis que vous seriez surpris des résultats.

Et si l’Etat ne peut pas tout, il peut au moins une chose : redonner l’espoir et faire en sorte que l’égalité des chances ne soit plus un vain mot. Ce qui pourrait arriver de pire à la France serait que sa jeunesse doute d’elle-même et de la société française toute entière. Et sans jeunesse, point d’avenir pour une Nation quelle qu’elle soit. Car tous ces enfants seront la France de demain. Un peuple qui doute est un peuple en mal de devenir.

Enfin, une reconnaissance de tous les acteurs qui contribuent, souvent dans l’ombre, loin des médias et sur le terrain, à aider les plus faibles et les plus fragiles à se maintenir la tête hors de l’eau, serait une formidable avancée vers plus de fraternité et de solidarité entre les citoyens. Ce que l’on entend sortir de la bouche des plus jeunes n’est pas forcément de réclamer des millions d’euros d’aide, mais des exigences en termes de respect, de main tendue, d’égalité, de droit et de justice pour tous, afin que n’importe quel citoyen ait la certitude qu’ils fait partie de la Nation et qu’il en est un acteur à part entière. On ne peut plus continuer à avancer en excluant une partie, de plus en plus nombreuse, de la société française. Tôt ou tard, elle nous rattrapera et nous demandera des comptes.

Monsieur Nicolas SARKOZY, vous êtes le Président de tous les Français, mais peut-être, et je le dis humblement, devriez-vous être un petit peu plus celui des plus faibles, des plus démunis. La caravane doit avancer au rythme du plus faible, pas au rythme du plus fort. Sinon, combien de survivants parviendront au bout du voyage ?

 

 

Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Banlieues - Immigration
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Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /Jan /2008 12:53
voeux-NS-Poli-civilisation.jpg
Depuis l'écriture ce cet article, le Président s'est expliqué sur ce qu'il entendait par : Politique  de civilisation. 





A chaque intervenant sur ce site, chaque lecteur visiteur, j’aimerais adresser mes vœux les plus sincères, et souhaiter, à l’aube de cette nouvelle année 2008, santé, liberté, prospérité et sérénité. Que cette année soit celle de la paix sur terre, et puissent tous les conflits, opposant des hommes, trouver une solution dans le cadre du droit et de la justice internationale. Je pense particulièrement au conflit du Proche-Orient. Mais aussi à tous les peuples qui souffrent de la tyrannie et de l’oppression.

Comme moi, sans doute, vous avez entendu les vœux de notre Président de la république. Et vous aurez été frappés par l’une de ses promesses, plutôt inattendue et apparemment clef, pour 2008. En effet, monsieur Nicolas SARKOZY s’est engagé à faire de l’année 2008 celle d’une année orientée vers une « politique de civilisation. »  Et lorsque j’entends un responsable politique prononcer le mot civilisation et vouloir en faire le point central de sa politique, je ne sors pas mon révolver (comme le maudit Goebbels, parce que je suis un non-violent), mais je sors, en revanche, mon mouchoir. 

Que signifie une politique de civilisation ? La France va-t-elle repartir dans une nouvelle ère colonialiste pour apporter la civilisation aux « sauvages » de la Terre, comme elle le fit en Algérie, au Maroc et en Tunisie, par exemple ? Je ne parle même pas de l’Afrique noire, pillée de ses matières premières, esclavagée jusqu’à l’immonde ; sauf quelques médecins, quelques missionnaires bénévoles et réellement humanistes, les Européens se sont conduits en Afrique comme des conquistadors n’ayant qu’un objectif, celui d’asservir des populations vulnérables, désarmées face à des canons, des fusils, des baïonnettes, porteurs d’une civilisation blanche destinée à des indigènes. Une civilisation confortée par la puissance des armes à feu, puis par celle de la bombe atomique.

La France, va-t-elle exporter son modèle démocratique à des Etats étrangers ; des Etats qui n’ont que faire de cette civilisation « européenne » dont ils ont tant souffert, tant été discriminés, tant été persécutés et opprimés ? Le Président Nicolas SARKOZY s’est-il définitivement aligné sur la politique internationale américaine incarnée par le Président Georges W. BUSH ? Une politique machiavélique tracée sur deux axes : l’un baptisé le bien, l’autre le mal, qui seraient antinomiques, adversaires et aboutissant à une inévitable confrontation désignée par les maîtres penseurs radicaux de cette thèse, par : « choc des civilisations. » Quand un homme politique dit : « Je vais conduire une politique de civilisation », je reste perplexe, interrogatif et dubitatif. Est-il encore possible que ce mot puisse être employé à des fins suprématistes et dominatrices ? La culture, par exemple, d’un Asiatique, d’un Oriental et d’un Européen peut-elle être la même ? Le vocable civilisation évoque tant de crimes commis en son nom, qu’il m’est réellement devenu antipathique, voire m’insupporte. Une politique de civilisation serait un pas de plus vers cette ligne Maginot que les puissances économiques et militaires de ce monde veulent imposer entre un monde prétendu civilisé et un monde prétendu barbare. Nous sommes donc bien dans une logique de suprématie impérialiste.

Le gouvernement français va-t-il stigmatiser davantage les banlieues et accentuer les exclusions et les discriminations dont sont déjà victimes les habitants de ces zones paupérisées et oubliées ? Va-t-il partir à la civilisation de ces égorgeurs de moutons, ces poseurs de bombes artisanales, ces grands frères qui matent leurs sœurs au nom d’une religion intégriste et fanatique ? En somme, la panoplie décernée, malgré elles, à des populations « non intégrables », désignées par des Fadéla Amara, des Xavier Lemoine, des Alain Finkielkraut, comme des dangers périlleux pour la civilisation européenne. L’association « Ni Pute Ni Soumise » renvoie une fille des banlieues à deux seules conditions possibles : elle serait considérée soit comme une « pute », soit comme une « soumise. » Belle mentalité, madame Fadéla Amara ! Comment dénommeriez-vous une femme qui aurait sacrifié sa vie à l’éducation de ses enfants et au confort de son foyer ? Serait-elle une femme « soumise », ou bien une « pute » ? Réduire la condition sociale d’une femme vivant dans les banlieues « difficiles » à ces deux termes, autant laids qu’irrespectueux, est une insulte à l’intégrité morale de toute femme. Et si j’avais été une femme, nul doute ma réprobation envers cette association politique, et politisée comme jamais, aurait été à la hauteur de ce mépris affiché envers les femmes.

La civilisation n’aurait donc qu’un visage, celui du plus fort. Et réduire la civilisation au droit du plus fort, c’est avilir l’homme, le renvoyer à tout le contraire de la civilisation. Car voyez-vous, je ne tolère le mot civilisation que lorsqu’il s’écrit « civilisations » ; oui, vous l’avez noté, je le mets au pluriel. La civilisation est plurielle comme l’est notre monde dans toutes ses diversités. Aucune couleur ne peut prendre l’ascendant sur une autre couleur et aucune forme de pensée ne peut prendre l’ascendant sur une autre forme de pensée ; tout juste peuvent-elles communiquer, échanger et s’enrichir. N’est-ce pas cela être civilisé ? La prétention de se croire supérieur, s’est déjà piétiner les valeurs d’autrui, et par conséquent se conduire en despote, en tyran. Une grande Nation a des valeurs communes, des règles et un mode de vie commun. Pour autant, ne tolérerait-elle pas qu’il y ait des différences dans telle ou telle conception, non fondamentalistes, mais tout au moins pouvant être spécifiques à telle ou telle communauté ? Le tout étant la défense d’un patrimoine commun : le pacte républicain.

Alors, monsieur le Président de la République française, au-delà de vos bons vœux que nous vous retournons amicalement et sincèrement (car si vous réussissez dans votre politique, c’est la France et l’ensemble des Français qui réussiront avec vous et elle), qu’entendez-vous par : une politique de civilisation ? Pensez-vous qu’une partie de la population française reste à civiliser ? Ou bien, pensez-vous qu’il est du rôle de la France de repartir en « croisade » pour apporter la civilisation à tous ceux qui n’entreraient pas dans le champ de la civilisation telle que nous la concevons ? Dans ce cas, il serait utile que nous retournions tous à la lecture de notre histoire, nous y trouverions bien des enseignements qui nous permettraient sûrement d’éviter de commettre les mêmes erreurs passées.

Je suis natif d’Algérie. Un ami Français m’a un jour raconté qu’il avait effectué son service militaire durant les événements (rebaptisé depuis par le mot Guerre) d’Algérie. Il se trouvait donc sur place. Et cet ami m’a confié qu’il était plutôt mal accueilli par les colons (en tout cas un grand nombre) dont il était pourtant chargé de protéger les biens. « Ils ne m’offraient même pas un verre d’eau, s’exclamait-il, alors que bien des Algériens, misérables et d’une pauvreté inimaginable, m’invitaient, eux, à prendre un verre de thé ou de café. »  La question que je pose est la suivante : de quel côté se trouvait la civilisation en Algérie ? Il ne faut pas confondre la civilisation du confort et du matériel avec celle de la morale, celle qui élève tout homme vers la paix, la justice et la fraternité.

La France est porteuse de valeurs de progrès, de justice, de paix et effectivement de civilisation, mais d’une civilisation qui soit celle du droit, de l’égalité, de la solidarité et de la fraternité entre les hommes. Et ce n’est qu’à cette civilisation-là que je veux appartenir et adhérer, en ce qui me concerne. Toute autre civilisation basée sur la prédominance et la suprématie est à bannir.

 

Touhami Moualek 

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
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Par Moualek Touhami - Publié dans : Politique générale
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