Samedi 22 septembre 2007 6 22 /09 /Sep /2007 17:27
Guerre-Iran.jpg Exportation de la démocratie, version américaine

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad serait-il en passe de gagner son bras de fer contre l'alliance israélo-américiane ?
Le 21 août 2010, avec l'aide des Russes, un premier réacteur dans le sud de l'Iran (Bouchehr) sera chargé en combustible nucléaire.



De-Gaulle.jpeg La France est-elle encore une grande puissance ? Et surtout, est-elle encore une grande Nation indépendante, capable de conduire une politique internationale en fonction de ses intérêts et tenant compte d’un sens de l’éthique politique qui lui était propre et historique ? Le général Charles de GAULLE avait montré la voie. Je suis un citoyen observateur de la société dans laquelle je vis et, comme beaucoup de Français, je m’inquiète de ce subreptice rapprochement entre le pouvoir exécutif français actuel et la branche « dure » de l’Administration BUSH. J’ai toujours considéré que les intérêts des Etats-Unis ne sont pas ceux de la France. Le traité de non-prolifération sur les armes atomiques interdit effectivement à l’Iran de se doter de cette arme. Mais peut-on conduire une guerre contre un pays souverain qui chercherait à fabriquer l’arme nucléaire, l’Iran en l’occurrence, quand les principales puissances détenant cette arme ne se sont pas dénucléarisées, c'est-à-dire qu’elles auraient procédé à une destruction de leurs arsenaux atomiques ? Il s’agit du « club des cinq » : Etats-Unis, Russie, Royaume Uni, France et Chine. Auxquels il faut ajouter trois nouveaux adhérents, et non des moindres : Inde, Pakistan et Israël. Ces trois pays n’ont d’ailleurs pas ratifié le Traité de non-prolifération, ce qui leur donnerait le droit d’utiliser l’arme nucléaire contre un pays n’ayant pas l’arme atomique. Une guerre contre l’Iran serait tout à fait justifiée si ces huit pays procédaient eux-mêmes à la destruction de leurs terrifiantes armes. Or, nous ne sommes pas dans ce cas. Après l’Iran, il y aura d’autres candidats et ainsi de suite. Pour mettre fin à une course à l’armement nucléaire, il faudrait que les puissances dominantes montrent l’exemple. Mais demander à des pays puissants de déposer leurs armes relèverait de l’utopie. Donc, je n’y crois pas vraiment. Seule une conférence internationale sur ce sujet du nucléaire pourrait aider à trouver une solution équitable et juste pour tout le monde. Le nucléaire devrait être interdit pour l’ensemble et non pas réservé à une élite. Au-delà du problème soulevé par l’Iran, c’est toute la problématique du nucléaire qu’il faudrait tenter de résoudre.


Le dossier du nucléaire iranien semble prendre une toute autre tournure depuis l’arrivée du nouveau président Nicolas SARKOZY et de son ministre des affaires étrangères Bernard KOUCHNER. Que reproche-t-on à l’Iran ? De vouloir se doter de l’arme nucléaire. Ce n’est effectivement pas une mince affaire. Je rappelle que seule l’Amérique, jusqu’ici, a déjà fait usage de la bombe atomique, c’était contre le Japon en 1945, pendant la guerre du Pacifique. Cette fable qui consiste à narrer aux Terriens qu’il y aurait d’un côté les gentils ayant le droit à l’arme dissuasive, et d’un autre côté les méchants qui n’auraient pas droit à cette arme, est d’une portée morale très relative pour ne pas dire rocambolesque. En effet, parmi les détenteurs de la bombe atomique ne figurent évidemment pas que des gentils. Et puis, les gentils ne devraient pas, par définition, avoir une arme dévastatrice telle que cette arme fatale, au risque de passer bien entendu pour des méchants. 


En quoi l’Iran est-il une menace pour la France ? En quoi l’Iran serait-il une menace pour les Etats-Unis ? En quoi l’Iran représenterait un danger pour le monde arabe, pour Israël, pour la planète, comme on nous le fait croire ? L’Iran est une des plus anciennes civilisations qui n’a jamais agressé personne, ni occupé personne, et a toujours repoussé tout envahisseur, toute tentative par une puissance étrangère de le conquérir. Quatrième exportateur de pétrole mondial, l’Iran a les capacités de fabriquer des aéronefs, des chars de combat et des missiles balistiques. Pays montagneux, (monts Zagros et monts Elbourz) et désertique, situé en Asie centrale, peuplé de 70 millions d’habitants, l’Iran compte une superficie de 1.648.000 km2, soit 3 fois celle de la France, et a accès sur la mer Caspienne, le golfe Persique et le golfe d’Oman. L’Irak, la Turquie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan sont ses pays frontaliers. La position géographique ainsi que la topographie très particulière de l’Iran rendraient toute tentative d’envahir ce pays, par une ou des puissances étrangères, extrêmement difficile, complexe et certainement très meurtrière. L’Iran ne dispose pas que de lance-pierres, c’est une évidence. Et si vous y ajoutez que les Iraniens ont une foi religieuse transcendante, pratiquement ascétique, alors les risques d’un enlisement seraient évidents. La France aurait tout à perdre en participant à une telle opération aventureuse, et devrait plutôt s’en tenir à un rôle diplomatique qui est traditionnellement sa ligne de conduite lorsqu’il s’agit de résoudre un conflit de cette nature. Même si les intérêts français en Iran sont peu importants, ce pays demeure un pays ami de la France.



irak.jpg En 2003, les Etats-Unis, suivis principalement par les britanniques, ont mené une guerre éclair contre l’Irak. Une guerre qui avait abouti à une invasion sauvage et illégale de ce pays. Invasion qui dure encore. Cette guerre a été conduite sans mandat ni aval donnés par le Conseil de sécurité, et contre l’opinion internationale, majoritairement hostile à une telle guerre qui sentait plus les pétrodollars qu’un quelconque humanisme imaginaire. « L’axe du bien », dirigé par le fossoyeur BUSH junior, envahissait donc « l’axe du mal », représenté par le défunt Saddam HUSSEIN. Une nouvelle croisade « chrétienne » était lancée contre le monde musulman. La énième. Monsieur Bernard KOUCHNER a été un des rares hommes politiques français à applaudir et à approuver, avec enthousiasme et certitude, une telle guerre perfide et complètement injustifiée. Est-ce ses liens privilégiés avec Israël ou est-ce ses tentations à mettre en pratique sa théorie sur les guerres préventives et le droit d’ingérence qui l’auraient poussé à cautionner l’invraisemblable ? Le pape Jean-Paul II avait déclaré cette guerre totalement immorale. Mais il est vrai que W. BUSH est un évangéliste et B. KOUCHNER d’origine juive. Donc, ils n’ont pas dû se sentir trop concernés par cet ultime appel papal à la raison. Conséquences terribles de cette ignoble guerre : près d’un million de morts irakiens civils ; l’Irak est dans le chaos politique, social et économique ; les attentats (qui tue qui ? On ne sait plus) font chaque jour passant des dizaines, voire des centaines de morts parmi la population ; l’éclatement et l’effritement de l’Irak (qui était un Etat laïc) mettent le pays dans un état permanent de guerre civile. Le comble dans toute cette histoire dramatique : parti pour combattre le terrorisme, W. BUSH a réussi à hisser au pouvoir les Irakiens chiites, c'est-à-dire ceux parmi les plus radicaux de l’islam, comparés aux sunnites. Et en cas d’agression contre l’Iran, quelles seront les attitudes des Irakiens chiites ? Ne se lanceraient-ils pas au secours de leurs frères de religion iraniens ? En tout cas, l’Iran, aujourd’hui menacé d’une attaque militaire israélo-américaine, a recueilli sur son territoire des millions de réfugiés qui ont fui les bombardements américains en Irak et en Afghanistan. La question que l’on pourrait poser à monsieur le ministre Bernard KOUCHNER, est la suivante : la France en aurait-elle fait autant, elle qui s’est, avec le Président Nicolas SARKOZY, dotée d’un Ministère de l’immigration et de l’identité nationale ?


Concernant le dossier iranien, le ministre Bernard KOUCHNER a martelé : « Il faut se préparer au pire ». Sous-entendu : à la guerre. Et je crois effectivement qu’il faut, avec un tel ministre, arrogant et de parti pris, se préparer à de prochains malheurs et de nouvelles catastrophes, tels ceux qui assaillent aujourd’hui le peuple irakien. Pourtant, Il existe d’autres moyens pacifiques de dissuader l’Iran de fabriquer la bombe atomique. A ce sujet, la Chine et la Russie, alliés traditionnels de l’Iran, pourraient jouer un rôle déterminant. D’ailleurs, quelle serait l’attitude de ces deux grandes puissances, en cas de guerre contre l’Iran ? Nous savons tous que la Chine et la Russie de Vladimir POUTINE voient d’un très mauvais œil toutes ces gesticulations et tous ces déploiements en Asie centrale des forces militaires américaines. Quels sont les desseins de ces bases militaires ? Resserrer l’étau sur l’Iran et son alliée la Syrie ? Prendre le contrôle des matières premières de la région et dont les Etats-Unis ont un grand besoin ? Se rapprocher de la Chine, future hyper puissance qui affole le Pentagone et le reste du monde, pour mieux surveiller et espionner ses activités militaires ? Vladimir POUTINE a, dernièrement, fini par manifester, à plusieurs reprises, son exaspération face à ces gendarmes du monde qui se croient tout permis au nom de leur force militaire et technologique.


Je crains que l’annonce de retraits progressifs des troupes américaines basées en Irak soit annonciatrice d’une probable attaque contre l’Iran. W. BUSH a tout intérêt à évacuer ses boys, parmi lesquels on compte des milliers de déserteurs par mois, dans le cas où cela tournerait mal en Iran ; l’Irak risquant de voir les chiites Irakiens se soulever davantage contre l’agresseur de leurs frères chiites iraniens. Les sunnites pourraient se joindre à eux, puisqu’ils auraient alors un ennemi commun. Je pense qu’il serait suicidaire que les Américains tentent d’occuper militairement l’Iran, surtout s’ils n’obtiennent pas l’adhésion des autres principales puissances, notamment européennes. Dans le cas d’une attaque contre l’Iran, les Américains se contenteront sûrement de bombarder les installations jugées sensibles, comme ils le firent au cours de la première guerre du golfe contre l’Irak, en 1991, appelée « Tempête du désert. » Seul problème préoccupant pour les responsables américains, et il est de taille : Israël se trouve à portée des missiles iraniens. Autre problème inquiétant : la Chine et la Russie ne laisseront probablement pas tomber leur allié iranien, sans doute en lui fournissant armes et conseillers militaires. A noter, à ce sujet, que Vladimir POUTINE se révèle un homme à poigne et il serait utile pour son pays que celui-ci se représente en 2012. La Russie, comme la Chine, connaîtra probablement un grand essor économique dans les années à venir.


La situation, en Asie centrale, est extrêmement tendue. Et l’intérêt de la France est de chercher à rester en paix avec ses voisins directs dont beaucoup sont des Etats musulmans. Car croire que les Arabes sunnites ne seraient pas solidaires avec les Iraniens, ceux-ci étant chiites, peut être une grave erreur d’appréciation. En effet, il ne faut pas oublier que, tout comme le christianisme, l’islam est une grande famille, avec ses différentes branches. Les dirigeants des pays musulmans sont souvent en décalage avec l’opinion de la rue. Les peuples musulmans étant beaucoup plus solidaires entre eux que ne le sont leurs dirigeants. Un pays comme l’Egypte, qui a des rapports « cordiaux » avec les Etats-Unis, pourrait s’en trouver déstabilisé. Il y a aussi la Jordanie, le Liban, la Syrie, le Pakistan, entre autres, sans oublier le Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), voisin direct et ami de la France. On le voit bien, les risques sont considérables et incalculables ; un enjeu majeur, celui de la paix et de la stabilité du monde. Et l’ordre mondial est très fragile.




collaboration_france_israel.jpg Et comment pourrait-on parler du dossier iranien sans évoquer l’Etat d’Israël dont on sait qu’il est le premier à orienter l’Amérique vers un conflit ouvert. Les Israéliens considèrent l’Iran comme étant leur ennemi public numéro un. La presse israélienne a largement fait état du fameux discours où le Président iranien Mahmoud AHMADINEJAD aurait, selon l’interprétation des Israéliens et des Occidentaux, affirmé vouloir rayer Israël de la carte. D’autres traductions du discours en cause du dirigeant iranien infirment l’interprétation selon laquelle Mahmoud AHMADINEJAB aurait dit : « Israël doit être rayé de la carte. » Et quand on imagine les moyens mis en œuvre pour la circonstance, de part et d’autre, en matière de propagande, on peut légitimement s’interroger sur le bien fondé des déclarations des uns et des autres. Cependant, la question que l’on peut se poser finalement, et pour revenir à la prise de position du ministre (et bras droit de W. BUSH) Bernard KOUCHNER, est la suivante : pourquoi le monde entier devrait-il ne se préoccuper que de la sécurité d’Israël, jusqu’à y envoyer ses propres fils se faire tuer, quand un autre peuple (palestinien) est soumis en permanence à l’oppression et au diktat de l’Etat hébreu, depuis 60 ans ? Un Etat qui viole systématiquement les résolutions votées par l’ONU à son encontre, qui continue sa politique de colonisation, qui refuse de restituer les territoires conquis en 1967, y compris le plateau du Golan, territoire syrien à l’origine, qui conduit une politique oppressive et arbitraire contre tout un peuple, créant des conditions effrayantes et horribles qui poussent les Palestiniens à de véritables déplacements, tels que ceux que l’Europe a connu durant les dernières guerres. Car ne l’oublions pas, mesdames et messieurs qui êtes citoyens de la Terre, le peuple palestinien vit confiné, dans une prison à ciel ouvert, asphyxié et privé de liberté de mouvement. Et son geôlier n’est autre que l’Etat d’Israël. Une fois de plus, en cas d’attaque contre l’Iran, les musulmans auraient l’impression que ce sont encore eux qui sont dans les viseurs des Occidentaux. Ce nouveau « deux poids deux mesures » serait véritablement insupportable. Attention à la goutte d’eau qui ferait déborder le vase. Les injustices sont en effet grandissantes et ce sont toujours les civils qui paient le plus lourd tribut dans les règlements de comptes entre puissances et superpuissances. L’invasion de l’Irak par les Américains a-t-elle aujourd’hui procuré plus de garanties contre le terrorisme aux Occidentaux ? Je crois plutôt qu’elle a aggravé la situation en frustrant et en humiliant davantage les musulmans et les masses Arabes en particulier.


Et si pour une fois, tous les hommes et toutes les femmes de la planète, toutes couleurs et toutes religions confondues, se donnaient la main et se levaient pour dire d’une seule voix : non à la guerre, non à l’arme atomique !


A tous les démocrates, aux Républicains français, à Madame ROYAL, à Monsieur BAYROU, à Madame BUFFET, à Monsieur MAMERE, à Monsieur de VILLEPIN, je dis : ne permettez pas que la France aille s’enliser en Asie centrale, combattre pour des causes qui sont loin d’être nobles et qui ne sont pas les siennes. Oui, je sais, on va me rétorquer qu’il faut avoir le courage de se battre pour ses valeurs et ses idées. C’est une rhétorique bien connue et que je partage évidemment. Cependant, croyez-vous réellement qu’en faisant la guerre à l’Iran nous aurions l’impression de défendre des idéaux exemplaires ? Car nous, nous vivons bien dans un pays doté de l’arme dissuasive. Alors, pourquoi nous et pas les autres ? Et c’est exactement la question que doivent se poser les Iraniens… et bien d’autres.

 



Touhami Moualek
Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Politique internationale
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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /Sep /2007 22:55

 

La liberté, clé des champs et véritable sésame pour les sociétés occidentales, rétrécit à mesure que les puissants de la planète imposent leurs règles du jeu en matières de commerce, de superprofits et de partage des pouvoirs.

 


Terrorisme : Mouvement politique qui use de la violence pour imposer ses points de vue. En clair : attitude lâche qui consiste à terroriser en tuant aveuglément des personnes innocentes dans le but, soit d’imposer ses idéaux, ses dogmes, ses choix politiques, soit de montrer ses désaccords avec telle ou telle politique conduite.

Soyons clairs : ceux qui tuent au nom de Dieu, ne tuent qu’au nom du diable. Ceux qui pensent imposer la parole de Dieu par les armes, le sang et le crime sont loin de toute religion, notamment celle de l’islam. Ceux qui aimeraient voir les gens se prosterner devant Dieu, un fusil pointé dans le dos, croient certainement que le paradis serait emmuré, grillagé, sous haute surveillance ; alors que n’entrent au paradis, selon les textes saints, que les gens pacifiques, ayant un cœur apaisé, l’âme en paix, ressuscités chaque jour passant à l’unique invocation du nom de Dieu. Ceux qui tuent au nom du prophète déshonorent le nom même de celui-ci, et sont habités par l’intolérance, en contradiction avec les enseignements, prodigués à tous les hommes de bonne volonté, qui révèlent que quiconque commettrait un mal gratuit et non fondé, ne serait-ce qu’à la défaveur d’un simple insecte, aurait à en rendre compte. Ceux qui somment les hommes et les femmes de s’engager dans des sentiers guerriers sinueux, semés de haine, empruntés par des autoproclamés martyres, sont des combattants, non dans la voie de Dieu, mais dans celle du malin, celui-là même qui fut maudit par Dieu, et ce jusqu’au jour du jugement dernier. Ceux qui asservissent leurs frères de religion, au nom de Dieu, sont ceux qui utilisent les paroles sacrées, tirées des saintes écritures, pour tromper leurs semblables ; ne se trompent-ils d’ailleurs pas eux-mêmes ? Ceux qui assassinent de pauvres innocents, au nom de la religion, la salissent et font honte à chaque fidèle digne. Ceux qui tuent au nom de Dieu, ne tuent qu’au nom de Satan, le damné, l’impie. Leur âme est maudite ici-bas, comme elle le sera, sûrement, dans l’au-delà. Celui qui ôte une vie commet l’irréparable ; rien ne saurait plus racheter cet acte abominable. Un croyant peut-il tuer au nom de son Créateur ?

Capitalisme : système économique dans lequel des personnes et des entreprises privées produisent et échangent des biens et des services selon un système complexe de prix et de marchés. En clair : l’exploitation de l’homme par l’homme.

Le monde occidental s’est considérablement enrichi en s’industrialisant de manière démesurée et inconsidérée, créant de nouvelles technologies qui, c’est évident, mettent l’équilibre écologique de la planète en danger, parce que rien, au nom du profit, n’a été fait pour protéger notre environnement. Le capitalisme sauvage et ultralibéral – celui qui fabrique des superprofits outranciers – tue la planète, détruit l’homme dans ce qu’il a de plus précieux : son humanisme ; un humanisme inscrit dans ses gènes et sa conscience. Le capitalisme avilit l’homme ; ses perversités enfreignent les règles morales, fondatrices de nos modes de vie civilisés, et créent la division dans les cellules familiales, les communautés, les sociétés, les Nations. L’homme ne travaille plus pour des besoins vitaux tels que se nourrir et s’habiller. Il travaille pour consommer. Non par nécessité, mais par obligation, par dépit, par obéissance aux systèmes mis en place par les grandes firmes en tous genres qui forcent à toujours être à la pointe du progrès, à posséder le dernier cri high-tech. Des médicaments, en passant par les cosmétiques de luxe, l’eau, l’électricité, le téléphone portable, l’ordinateur, la voiture, la maison individuelle et le vulgaire baladeur, l’homme n’a plus qu’une idée en tête : gagner plus pour consommer plus. Et si possible plus que son voisin. Cette conception sociétale n’a d’autre finalité que celle de faire rentrer l’homme dans une espèce de liberté promise et due mais qui n’est autre qu’une liberté assujettie, conditionnée aux ordres de commanditaires fort exigeants quant à la rentabilité et au chiffre d’affaires des sociétés anonymes. L’homme se croit libre dans une société prétendue elle-même libérale, alors qu’il est pieds et mains liés aux puissants décideurs qui ne sont qu’une poignée sur terre par rapport aux milliards d’habitants. Et si la révolution était déjà programmée ?

La liberté : pouvoir d’exercer sa propre volonté par l’action ou l’inaction. En clair : illusion donnée à un être humain de croire qu’il est libre parce que la cage dans laquelle il est enfermé est en verre transparent.

Pour être encore plus précis, prenons par exemple le cas de la carte scolaire qui semble tant gêner le Président Nicolas Sarkozy au point où ce dernier aimerait bien la supprimer. Quels sont ses arguments ? « Les familles françaises doivent avoir la liberté de choisir la meilleure école pour leurs enfants » nous a-t-il rabâché. Le mot liberté a donc été, là encore, lâché, sanctifié par l’Elysée. Il suffit de prononcer ce mot magique, véritable sésame passe-partout, pour que les citoyens deviennent, en majorité, plus réceptifs et plus… vulnérables. Le Président et ses spécialistes en communication l’ont bien compris. Tout cela n’est évidemment qu’un leurre, une illusion, une chimère. Pourquoi ? Croyez-vous une seule seconde que toutes les familles de France puissent être égales devant cette liberté prônée par les pouvoirs publics ? Bien sûr que non. Il est évident que les nantis, les plus aisés, les plus puissants s’approprieront les meilleures écoles et que les misérables iront grandir les rangs des écoles de troisième classe au fin fond des quartiers ghettos. Voilà pourquoi la carte scolaire a été instaurée, pour tenter de limiter les dégâts des injustices.

La liberté d’étudier ? Combien d’élèves se verront refuser l’accès à telle ou telle école, tel ou tel lycée, telle ou telle faculté, uniquement sur des critères raciaux, des critères économiques, des critères sociaux ? La liberté ? Mais quelle liberté ? Celle que les puissants imposent aux faibles ? Il n’existe de liberté absolue que celle de l’imaginaire. Et encore, à force de nous vendre du rêve, nous finirons bien par ne plus croire à nos propres rêves. Gardez votre liberté bon marché, je préfère la mienne, celle qui n’a aucun prix, aucun négoce, aucun droit d’entrée. Et on nous parle d’excellence. Quelle excellence ? Dans une course de cent mètres, seuls les trois premiers reçoivent une médaille. Faut-il mépriser les autres ? Sans ces derniers les trois premières places n’auraient aucune valeur. L’excellence ne peut se prévaloir d’une supériorité reconnue que si elle est respectueuse des efforts d’autrui. Ce n’est pas le : marche ou crève. La Liberté ? Paradoxalement, la France, traditionnellement un pays de libertés, est devenue un des pays où il y a le plus d’interdits. A quand une autre loi GAYSSOT interdisant la remise en cause des attentats du 11 Septembre 2001 survenus aux Etats-Unis tels qu’ils nous ont été relatés ? La liberté, c’est quoi, au juste ? S’asseoir sur le bord d’une route et attendre que quelqu’un veuille bien nous embarquer ?

Et l’islam ? Religion très répandue à travers le monde, originaire d’Arabie et dont les fondements sont basés sur le Coran (paroles de Dieu) et les enseignements du prophète Mohammed (Hadith). En clair : religion qui signifie soumission à la volonté et aux lois de Dieu, souvent utilisée par des fous fanatiques dans le but de soumettre leurs semblables à leurs propres turpitudes, leurs disgrâces, et ainsi les enfermer dans un terrible obscurantisme. Les fanatiques sont des fous, mais ceux qui les suivent le sont plus encore !

Mes connaissances personnelles de cette religion me permettent d’affirmer que celle-ci rend illicite les superprofits. Ainsi, un produit acheté ne peut être revendu deux, trois ou quatre fois sa valeur, par exemple. De même, les intérêts des emprunts sont également illicites, dans la mesure où l’argent ne doit pas fabriquer de l’argent, sans qu’il y ait eu un travail produit auparavant. Il s’agit de règles simples, saines et sages. En somme, le bénéfice n’est pas interdit mais il doit rester raisonnable. L’emprunt n’est pas interdit mais il ne doit pas produire des intérêts injustifiés. Règles de droiture et somme toute assez équitables. Dans l’islam, la charité et l’aumône sont des charnières centrales d’une foi qui doit être sincère et véridique pour être acceptée. Le riche a une énorme responsabilité morale : il doit se soucier du sort du pauvre et aider ce dernier à garder sa dignité et sa fierté.

Les musulmans d’Europe sont pris entre le marteau et l’enclume. Ils croient aux valeurs d’un islam tolérant et pacifique. Mais ils sont tentés par les matérialismes, ceux qui finissent par vous habiter l’esprit au point de le remplacer définitivement, provoquant une cassure, une perte de ses propres repères, et une déstabilisation qui peut rendre l’être humain fragile, charmé qu’il serait par l’appel des sirènes intégristes, promettant le retour aux racines, avec en prime la garantie de recouvrer sa dignité et sa fierté. Les musulmans d’Europe, perdus et affolés par une vie ultra matérialiste, dans laquelle ils se sentent, de toute évidence, exclus, s’évadent et se cherchent un refuge spirituel dans l’islam. Les musulmans vivant dans des pays musulmans sont eux attirés par le monde matérialiste qu’ils découvrent à travers les satellites télé. La rupture des musulmans d’Europe par rapport aux valeurs matérialistes des sociétés riches dans lesquelles ils évoluent, et la rupture des musulmans par rapport aux misères et aux injustices des pays musulmans, censés être à leurs yeux des modèles, puisque basés sur les valeurs de l’islam, sont des signes qui ne trompent pas sur la complexité et la nature même de ce que veut dire être musulman aujourd’hui, ou tout autre croyant d’ailleurs. Pour un musulman vivant dans un pays adéquat, c’est un véritable fiasco. Et pour un musulman vivant à l’étranger, dans un pays non musulman, la tentation de revenir à des règles strictes et disciplinaires est grande. Les intégristes fous fanatiques jouent donc sur les deux tableaux : aux uns, ils disent : vos frères vous trompent !  Aux autres ils disent : ne vous laissez pas corrompre par les sociétés occidentales bassement matérialistes et véritablement immorales !

Il serait temps que l’occident comprenne que les musulmans vivant en Europe, particulièrement, sont un vrai rempart contre l’intégrisme, à condition bien sûr de les intégrer. Et comment les intégrer ? En faisant d’eux des citoyens à part entière. Des citoyens qui ne vivraient leur religion que sur un plan privé et non plus comme une espèce de refuge pour fuir le racisme, l’ostracisme et l’exclusion dont ils seraient victimes. Les pays riches devraient se poser des questions sur les origines du terrorisme. Car la misère et l’injustice peuvent conduire tout droit aux précipices.


Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Société - Démocratie - Liberté
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Vendredi 24 août 2007 5 24 /08 /Août /2007 14:45

A l’Amérique que j’ai tant aimée et dans laquelle je ne me reconnais plus…



Qui ne rêvait pas, il y a encore quelques décennies, d’aller en voyage aux Etats-Unis ? Cette Amérique conquérante, pays des libertés, des droits de l’homme, a bercé ma jeunesse et celle de beaucoup d’autres ; nous étions à la recherche, en quête, d’un absolu, d’un autre monde fait de rêves, de chimères, d’utopies. Nous y croyions avec force et conviction ; et seule la grande Amérique rendait possible ce qui était ailleurs impossible. Patrie des Marylyn Monroe, Elvis Presley, Fred Astaire, John Wayne, Garry Cooper, Franck Sinatra, Montgomery Clift, Garry Grand, John Fitzgerald Kennedy etc. (pardon aux autres monstres sacrés, mais ils sont trop nombreux), l’Amérique a marqué d’une empreinte indélébile la planète. Amie de la liberté, de la défense du droit et des valeurs morales indispensables à toute civilisation, elle redonnait espoir aux déçus de la vie, à ceux qui n’étaient pas nés du bon côté. Bien sûr, il y eut le Viêt-Nam et ses massacres, ses horreurs, ses monstruosités. Le grand Mohamed Ali tiendra tête et ira en prison parce qu’il dira non à cette guerre et aux drames humains qu’elle entraînera. C’était aussi cela, l’Amérique ! Puis survint le retrait du bourbier vietnamien, sans gloire, sans honneur, comme si l’Amérique faillait déjà à ses devoirs de se battre contre les vrais ennemis de la démocratie, de répandre la justice et l’ordre ; un ordre puisé d’une morale biblique. Cette Amérique-là, je l’ai tant aimée, tant adorée, la plaçant au-dessus des autres Nations, lorsque de mes yeux émerveillés je vis l’homme marcher pour la première fois sur la Lune. JFK avait gagné son pari fou et insensé. Les teen-agers marqueront ma mémoire lorsque James Dean exprimait les passions et « la fureur de vivre » d’une jeunesse américaine devenue rebelle. « L’équipée sauvage » qui a fait de Marlon Brando, l’homme aux yeux hypnotiseurs, une star éternelle vêtue d’un blouson noir et d’un jean, symbole d’une liberté en marche, me donnera des frissons, répandant l’odeur d’une Amérique conquérante et éternellement jeune et que je pouvais presque humer de chez-moi. Qui n’a pas aimé et défendu les couleurs de cette Amérique-là, une Amérique au grand cœur, une Amérique où la démesure était une nécessité, une réalité, celles d’un rêve américain que rien se semblait restreindre ? L’Amérique montrait la voie à suivre pour aller vers une destination hors du commun. Elle promettait de donner à tout homme le droit de vivre sa liberté dans une totale liberté. Rêve ou réalité ? Peu importe, les deux finissaient par se rejoindre. Le rêve allait-il enfin devenir réalité ?


Et puis, ces générations, fertiles en idéaux, en rêveries, douées d’une extraordinaire volonté à repousser toujours plus loin les limites des féeries d’un monde plus humain, ont laissé place à d’autres enfants devenus grands à leur tour. L’Amérique changeait brusquement de desseins. Elle s’éloignait de ses rêves, de ses « chevauchées fantastiques » qui la conduisaient vers un avenir chaque jour meilleur. A mesure que ses monstres sacrés, ses porte-voix d’un idéal utile à l’humanité, disparaissaient dans le crépuscule de la nuit, tombaient l’un après l’autre dans les abîmes du temps, l’Amérique glissait vers les ténèbres, privée de ses étoiles scintillantes, s’appauvrissant tel un paon perdant son magnifique plumage. Désormais, l’homme américain ne rêve plus, il vit sa vie assis devant des écrans plats, suivant les conquêtes de ses dirigeants politiques par satellites interposés. « La conquête de l’Ouest » a définitivement fini d’exister, les indiens ont été exterminés ou pacifiés, enfermés dans des réserves closes sécurisées, à l’abri des regards indiscrets. « Le dernier des mohicans » a fini ruiné, alcoolique et désœuvré, dernier échantillon datant du temps de Christophe Colomb. Les démons de la passion ont laissé place aux démons de la guerre. Après les indiens d’Amérique et les communistes, les Américains se sont trouvé d’autres ennemis, comme si tous ces Etats fédéraux avaient un besoin vital, celui de se déclarer, continuellement, des ennemis jurés pour exister. L’islam et les musulmans vont devenir les nouvelles cibles, les nouveaux méchants. Terre d’asile et de liberté, l’Amérique est devenue un pays où il ne fait pas bon vivre si l’on est musulman. Omar Sharif n’imaginait pas un jour qu’il deviendrait suspect, lui, qui tourna magistralement dans Lawrence d’Arabie, aux côtés du magnifique Anthony Quinn et du superbe Peter O’tool, évoquant l’immense fascination des Occidentaux pour les déserts d’Arabie et pour l’islam, une religion mystérieuse, méconnue, étrangère et impénétrable, trésor commun aux Arabes et objet de tant de discordes entre eux. Malcolm X puisera dans cette religion la force et la foi de redonner espoir aux Noirs américains, rappelant aux enfants de Martin Luther King leurs racines et leurs origines africaines. Parce que l’on ne peut pas savoir où l’on va si on ne sait pas d’où l’on vient.
  

L’Amérique a perdu, échouant dans sa mission de changer le monde, de le transformer et d’en faire une Terre où l’espoir ne serait plus illusoire, et où la chance ne sourirait plus qu’aux seuls gagnants. Elle a perdu son pari parce qu’elle a nourri en son sein multitude de grands hommes qu’elle n’a pas su comprendre, pas su écouter, passant à côté des vrais messages humanistes adressés par ces augustes personnalités au destin unique. Le rêve américain a été porté haut par ces brillantes personnalités américaines, sans que personne n’ait compris à quel point cette Amérique-là a été proche des consciences, proche de toutes les âmes éprises de justice et de liberté. Quel gâchis ! L’ultra conservatisme, l’ultra capitalisme, l’égoïsme et « la fureur de vaincre » à tout prix ont transformé nos rêves en cauchemars. Et tous ces parjurés, ces renégats, dévoués à leurs uniques idoles : l’argent et le pouvoir, nous ont privés des plus beaux rêves que jamais une Nation n’aura été en mesure d’offrir à l’humanité entière. Nous sommes passés si près du but que j’en ai encore l’eau à la bouche. Mais les senteurs exquises et parfumées ont laissé place aux odeurs âcres. Détruits en plein vol, mes rêves sont tombés.

Aujourd’hui, je me range du côté des Irakiens et je pleure cette Amérique qui m’a trahi ; trahi les miens et tous ceux qui croyaient en elle. Aux côtés des Palestiniens, je pleure encore cette Amérique qui fit tant de promesses, tant d’engagements de se battre aux côtés des faibles, et qui finalement s’est jetée dans les bras des puissants, des fourvoyés, des briseurs de rêves, des adorateurs de l’ange déchu. Nos rêves ont été anéantis, réduits à néant, ruinés par ces marchands de bonheur artificiel, ces apostats partis à la reconquête d’un monde qu’ils aimeraient voir asservi.  Oui, l’Amérique a perdu son pari parce qu’elle a cru que les rêves s’achètent. Or, les rêves ni ne s’achètent, ni ne se vendent ; ils cessent d’être des rêves dès que l’on n’y croit plus, dès que l’on s’éloigne de leurs chemins sertis de mille joyaux, de mille trésors. L’Amérique a perdu, elle est en crise avec elle-même, avec ses propres valeurs qu’elle n’exporte plus qu’à coups de canons, de bombes, de chars et d’avions de chasse. Elle exporte ses rêves à bord de gigantesques porte-avions, accompagnés d’escorteurs munis de missiles à ogive nucléaire. Et c’est ainsi qu’une autre Amérique usurpatrice, née des derniers conflits mondiaux, est entrée dans la peau de la vraie Amérique, celle que le monde entier admirait. Souvenez-vous, c’était en 1948. Le monde changeait de trajectoire, se dotait d’un autre visage, celui de la haine, de la rancœur et du mépris. Désormais, rien ne sera plus pareil. Et le monde est entré dans une obscurité d’où l’on entend plus que les jérémiades des enfants palestiniens hurlant leurs douleurs, leur désespoir à un monde qui après les avoir vendus aux plus offrants, les a définitivement oubliés.

Et j’ai jeté à la corbeille tous les westerns, tous les films et toutes les séries américaines qui ont séduit ma jeunesse au cours des années 60 - 70, non sans avoir le cœur serré et meurtri. J’ai rangé, au fond d’un étroit tiroir, mes rêves d’autrefois, froissés par les dures réalités d’aujourd’hui, mais preuve que cette Amérique magique a bien existé. Mais si on renonce un jour à ses idéaux, fatigué et abattu par les cruelles épreuves de la vie, jamais nos rêves ne nous quittent, ils sont en nous, éternels, gravés dans notre mémoire, à jamais. Et je rêve encore d’une « grande évasion ». Steve McQueen m’avait appris qu’il ne fallait jamais hésiter, entre la liberté et la prison, pour s’extirper, s’arracher et s’enfuir d’une Terre qui deviendrait trop imperméable aux rêves des grands hommes.
 

Les rêves ni ne s’achètent, ni ne se vendent ; ils perdent leurs pouvoirs magiques dès que l’on cesse d’avoir foi en eux (TM)


Touhami Moualek

Par Moualek Touhami - Publié dans : L'Amérique
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 17:49





J’aimerais revenir sur le Front National et son Président Jean-Marie Le Pen, puisque celui-ci est souvent évoqué. Lors de la dernière campagne pour la présidentielle, nous avions été, moi-même et quelques autres, presque traités de fascistes, de collabos, de traîtres, tout simplement parce que nous évoquions, dans des analyses politiques, la possibilité d’un vote important de Français issus de l’immigration et habitant les banlieues. A ce sujet, je pense que sans le vote des Français issus de l’immigration, déçus par les socialistes notamment, le Front National n’aurait pas atteint le score de 11 %, mais aurait été bien en-dessous. Il y a donc bien eu un vote de ces catégories de population pour le FN. Mais l’affaiblissement considérable du FN, à l’échelon national, a totalement occulté cet aspect, dont les médias n’ont d’ailleurs fait aucun écho. Faut-il en déduire que le FN serait mort ? Il me semble que sa réhabilitation ou sa disparition définitive est désormais subordonnée aux réussites ou aux échecs de l’actuel gouvernement, dont chacun sait que le Premier ministre n’est autre que le Président Nicolas Sarkozy.

Concernant le FN, il me semble que son Président, Jean-Marie Le Pen, a précisément commis deux principales fautes qui lui auront été fatales. La première est qu’il s’est mis à dos, par des discours musclés et démagogiques, les étrangers et donc les enfants, de ces étrangers, devenus depuis des citoyens français. La seconde est qu’en adoptant ces discours violents de rejet et d’exclusion à l’encontre des immigrés, Jean-Marie Le Pen a fait le jeu de ses adversaires, leur permettant ainsi de jouer un rôle de protecteur, de défenseur des plus faibles. En effet, loin d’être sincèrement solidaires avec les immigrés (nous ne sommes plus dupes) et tous les Français d’origine immigrée, les personnalités de gauche comme de droite (inutile de donner des noms, la liste serait trop longue) se sont précipités sur l’occasion, prétextant bien sûr de défendre les immigrés, pour diaboliser, en l’excommuniant de l’Eglise Politique, le Président du FN. D’une pierre, deux coups : on n’aime pas ces nouveaux Français au teint basané, voire carrément noir, mais en les défendant contre le « tyran » du FN, eh bien, on s’attire la sympathie de l’électorat modéré et des immigrés eux-mêmes, dont beaucoup deviendront des citoyens français, tout en frappant fort contre Jean-Marie Le Pen, devenu l’homme à abattre.

C’est en quelque sorte, le revers de la médaille. Le FN cherchait à se faire une place parmi l’élite politique. L’immigration, l’insécurité, et le fait de jouer avec les peurs irrationnelles scellées à l’étranger et les dangers qu’il représenterait en tant qu’envahisseur, ont fourni un électorat important au FN et ont fait sa gloire. Mais la technique qui consistait à fustiger et à blâmer les immigrés sans arrêt, faisant d’eux des boucs émissaires, s’est finalement retournée contre le FN. Banni des politiques traditionnels, le FN ne s’en remettra jamais plus, même s’il aura longtemps occupé un rang de standing parmi les élites de la classe politique française. Nicolas Sarkozy a usé de la même rhétorique, utilisé les mêmes épices, les mêmes maux imaginaires liés à l’immigration, décidément thème central de toute élection, et pourtant il ne lui a rien été reproché et a même été élu sur ces idées. Le nouveau Président s’est même payé le luxe d’instaurer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, corroborant ainsi, à la face de nombre d’intellectuels français, n’ayant plus aucune inspiration en matière de défense des droits de l’homme et de justice, et de nombre de personnalités du show-biz (Macias, Faudel, Bigard, Polnareff, Reno, Halliday, Mathieu, etc.) le dessein que les immigrés seraient les responsables de tous les maux d’une France au bord du précipice.

Autrement dit, Jean-Marie Le Pen avec un fouet à la main serait vu comme le père fouettard, tandis que le Président Nicolas Sarkozy, tenant le même accessoire, serait perçu comme un justicier, un protecteur de l’identité française. La différence ne provient évidement que des talents de communicateur, de l’image que les médias accordent à l’un et à l’autre. Pourtant, il s’agit bien de deux doctrines similaires, tels deux vases communicants. La preuve ? Le passage de l’électorat du FN vers l’UMP. Et personne ne s’est offusqué à droite, prenant même les gens pour de véritables imbéciles, en invoquant que les électeurs du FN s’étaient égarés en ralliant Jean-Marie Le Pen et qu’ils avaient recouvré la raison en allant vers Nicolas Sarkozy. Ces électeurs ont-ils changé d’idées durant le transfert ? Excusez du peu ! Quelle insulte à l’intelligence ! Nous savons pertinemment que les électeurs les plus radicaux et les plus racistes du FN se sont ralliés à Nicolas Sarkozy, justement parce qu’ils ont grand espoir que ce dernier, baptisé plus démocrate, donc plus respectable, par les mass média à la solde des politiques les plus démagogiques pourvu que cela remplisse leurs escarcelles, mettra en œuvre ce que le Président du FN n’a pas pu réaliser, faute de parvenir au pouvoir. Cet électorat fanatique ayant déserté le FN, reprochant à son Président d'avoir changé de discours et d'avoir tenté de s'attirer les votes des citoyens issus de l'immigration, notamment noire et maghrébine.

Pourtant, à bien y regarder, il existe, sur les sujets de l’insécurité et de l’immigration, des divergences fondamentales entre le Président actuel et Jean-Marie Le Pen. Et j’en vois au moins une, essentielle. Le Président du FN, même s’il a été rude et impitoyable dans ses propos, est authentique et sincère lorsqu’il défend les couleurs de la France, ses valeurs, ses traditions, sa culture et son indépendance. Cela le rend même excessif. Et lorsque je vois le Président Nicolas Sarkozy, profitant de ses vacances made in USA, se rendre chez les Bush pour un repas champêtre très médiatisé, et se jeter dans les bras de W. Bush, l’enlaçant tel un frère, excusez-moi d’être, à mon tour, cru dans mes propos, mais lorsque je pense au million de victimes innocentes irakiennes et aux souffrances qu’endure l’Irak depuis l’invasion anglo-américaine, eh bien, j’ai honte pour la France, et j’ai comme une pressante envie de vomir. Oui, de vomir par dégoût, par écœurement, comme pour me soulager d’un affront que seuls les partisans de cette répugnante et ignoble guerre continuent de louer dans leurs chambres d’hôtes, réservées dans les enceintes des principales chaînes de radios et de télévisions françaises. Je distingue bien sûr le peuple américain, pour lequel j’ai une grande admiration dans beaucoup de domaines, de son actuel Président. Un Président qui leur cause énormément de torts. Et si monsieur W. Bush croit en Dieu, comme il le prétend, les châtiments viendront sûrement du ciel. On ne tue pas impunément, à la face de Dieu.

Cette différence fondamentale entre le Président de la République actuel et le Président du FN se mesure, vous l’aurez compris, sur un plan de l’authenticité et de la véridicité dans les propos et les intentions. L’un était probablement sincère, mais aveuglé par l’idée de rendre les étrangers coupables du déclin de la France, il en devenait excessif, haineux et outrancier par rapport à cette faible population. L’autre s’est fait élire en proclamant qu’il réglerait de manière démocratique toutes les questions soulevées par le Président du FN. Finalement, l’un a existé grâce aux immigrés, l’autre existe grâce aux immigrés : une totale continuité.  Des vase communicants, là aussi.   

J’ai quelques doutes sur la véracité des déclarations du Président Nicolas Sarkozy et ses réelles intentions de redresser la France, tant un plan économique et social, que sur le plan d’un rayonnement international. La France est une grande Nation respectée et aimée parce qu’elle est une terre de liberté ; ses luttes continuelles pour plus de paix et de justice, ses intellectuels qui firent les beaux jours du siècle des lumières, font d’elle un exemple pour le monde entier. Et cette France-là, monsieur le Président, sachez-le et ne l’oubliez jamais, nous y sommes extrêmement attachés.
 

« Si toutes les larmes sont salées, elles ne coulent pas toutes pour les mêmes raisons. »

Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Politique générale
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Dimanche 5 août 2007 7 05 /08 /Août /2007 14:21
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Partie sur des mensonges fabriqués par l'Administration BUSH, cette guerre est la honte de l'humanité.





Bagdad, juillet 2007. Des véhicules de secours, tous gyrophares allumés, arrivèrent tambour battant, aux bruits de leurs sirènes qui hurlaient puissamment, se confondant aux vacarmes des cris terrifiants, des pleurs déchirants, des tumultes épouvantables, des gémissements humains. Camions militaires, ambulances et pompiers envahirent la zone où se déroulaient un drame, un autre malheur, un supplice de plus. Le marché de la ville venait de basculer dans l’horreur, s’était transformé en un immense abattoir à ciel ouvert. Des soldats terrifiés, très jeunes pour la plupart, armés jusqu’aux dents, la peur au ventre, bouclèrent le secteur sur un important périmètre. Mais à quoi cela servait-il ? Le mal était fait. Sans doute pour se donner la dérisoire impression qu’ils maîtrisaient la situation. Ils se rassuraient comme ils le pouvaient. Des corps déchirés, déchiquetés, gisaient à même le sol dans des flaques de sang. L’horreur atteignit son comble lorsque les secouristes se mirent à ramasser des morceaux de corps éparpillés ; étaient-ils ceux d’une femme, d’un homme, d’un enfant ? Dieu seul le savait. Un bras, une jambe, une tête, de la chair humaine en lambeaux, tel était le spectacle horrible qui fit vaciller une femme secouriste lorsque celle-ci s’arrêta, se mit à genoux, puis pleura de toute son âme pour évacuer le poids d’une émotion insoutenable qui l’étouffait. Elle se releva, leva son visage vers le ciel, tendit les bras par désespoir, puis invoqua Dieu en une prière, une ultime supplique : « mon Dieu, comment peux-tu permettre de telles horreurs ? N’y a-t-il pas de limites aux monstruosités des hommes ? Si c’est la fin du monde, elle est interminable ! Abrège nos souffrances, par pitié, au nom de ta miséricorde. »


Puis, elle se releva, les yeux larmoyants, gémit fortement et reprit courageusement sa cruelle besogne. Elle récupérait les corps des malheureuses victimes répandues sur ce marché devenu un champ de bataille pour des démocrates aliénés et des fous sanguinaires. Un marché découvert transformé en un cimetière pour des innocents venus faire de maigres achats.


« Maman ! Maman ! » s’écriait un enfant épouvanté. Les yeux hantés par le néant, habités d’un vide infini ; l’enfant courait, gesticulait au milieu des cadavres dont il ne comprenait pas pourquoi ils étaient étendus, ensanglantés. Trop petit pour comprendre toutes ces barbaries, ces douleurs infligées à des hommes par d’autres hommes. Pouvait-il comprendre quelque chose, lui, un bambin, alors que nous-mêmes, adultes, n’y comprenions plus rien ? Le sort avait, par miracle, épargné cet enfant. Etait-ce une faveur divine, un malheur, une chance pour lui ? La férocité des hommes en avait décidé ainsi, comme elle avait requis une mort brutale pour d’autres. Hagard, affolé, l’enfant pleurait, cherchait de ses yeux noyés par le chagrin sa mère. Il voulait entendre sa voix, se blottir contre elle, la serrer de ses bras frêles pour échapper à toutes ces horreurs hideuses, ces crimes impitoyables dont on se demande comment ceux-ci pouvaient émaner d’êtres prétendus « humains ».


Une femme entendit les pleurs de l’enfant. Ce dernier avait reconnu le corps inanimé de sa mère. Il s’approcha d’elle, se baissa, lui prit la main, la supplia de lui répondre. Elle ne répondit pas. L’enfant s’agaça, se mit à crier. Désespéré, il se coucha près d’elle et attendit qu’elle l’enlaçât comme elle le faisait autrefois lorsqu’elle étendait ses ailes protectrices alors qu’il dormait profondément. La mère demeurait immobile. L’enfant insista : « Maman ! Maman ! Réponds-moi, j’ai peur ! » Sa mère était morte, gisant dans une mare de sang, tuée par l’explosion d’une bombe. Le petit garçon était orphelin. Son père avait également été tué lors d’une bataille livrée contre les envahisseurs. Depuis, il survivait avec sa mère aux aléas des attentats et des crimes commis en Irak. Et aujourd’hui, le destin avait mortellement frappé aux portes de sa mère, aux portes de sa vie.


L’histoire aura sans doute voulu qu’il y ait un témoin (cet enfant) qui pourra et devra, demain, se souvenir et raconter aux nouvelles générations. Il n’y a rien sans rien. Le hasard n’existe pas. Aucune injustice ne demeure impunie, parce que le temps ne meurt pas, il se souvient, à chacune de ses révolutions, des turpitudes commises en son sein par les hommes. Tout est consigné dans ses parchemins, face blanche, face noire. Consigné comme ma vie et la vôtre, comme ma mort et la vôtre. Dieu n’a-t-il pas créé la terre selon ses desseins, puis il y a tout soumis aux hommes, y compris les montagnes et les océans.


Et qu’est-ce qu’une futile bombe à côté de cette terrible haine accumulée dans le cœur de chaque Irakien ? Une haine qui s’amplifie chaque jour passant. Quelle fatale erreur ont commis les Etats-Unis d’Amérique et leurs alliés, empêtrés dans le bourbier irakien ! Une erreur monumentale, un sale héritage, dont les générations futures devront répondre. L’irréparable a été commis en Irak, sous nos yeux complices. Chaque goutte de sang versé par un innocent irakien, palestinien, et quelles que soient la nationalité, la race et la religion des autres victimes, réclame justice et réparations. Lorsqu’un être humain offensé, blessé ou meurtri, lève les bras vers le ciel et implore justice de la part de son Créateur, Celui-ci répond forcément, même s’il se passe un laps de temps. Et les Irakiens, les Palestiniens ont tous les bras levés vers le ciel et scandent « Dieu aide-nous, Dieu secours-nous ! »


« Vae Victis ! » (Malheur aux vaincus !) s’était exclamé le chef gaulois Brennus, après avoir mis Rome à sac. Malheur aux vainqueurs lorsque ceux-ci règnent par la terreur, l’injustice et la haine. Malheurs aux vainqueurs lorsque ceux-ci asservissent, pillent, violent et tuent leurs prochains, au nom de la force, au nom d’intérêts qu’ils placent au-dessus des hommes.


Attristée, la femme irakienne, tout de noire vêtue, comprit vite la situation. Elle se dirigea rapidement vers le petit enfant, l’enlaça dans ses bras. « C’est ta maman ? » demanda-t-elle en lui séchant les yeux. « Oui » répondit-il. « Et ton papa, sais-tu où il se trouve ? » demanda-t-elle. « Je n’ai pas de papa » répondit le gamin. La femme posa sa main sur la tête du petit et la plaqua contre sa poitrine au niveau de son cœur qui battait à un rythme élevé, saccadé. Emue, elle versa quelques larmes de compassion, de dégoût des hommes, d’impuissance face à toutes ces hécatombes. « L’Irak serait-il un pays damné, un pays maudit ? » se demanda-t-elle.

Puis, elle prit l’enfant par la main et l’entraîna loin de ce paysage de désolation, de destruction et d’enfer. Instinctivement, comme s’il comprenait qu’il ne reverrait plus sa mère, l’enfant se retourna, observa le corps gisant, marqua une amertume et une détresse indicibles, et reprit sa marche. Il était le dixième enfant récupéré par la femme irakienne au cours de ce seul mois de juillet. Une femme chrétienne qui s’occupait d’une association humanitaire dirigée par des musulmans, des chrétiens et des juifs, en somme des êtres humains. Preuve que tous les hommes peuvent vivre ensemble, dès lors qu’ils en ont décidé ainsi, loin de toute passion, de tout fanatisme et en dehors de toutes sectes politiquement accréditées par les puissants de ce monde.

 

Mesdames et Messieurs qui étiez favorables à une intervention en Irak (vous vous reconnaîtrez certainement), lorsqu’à la nuit tombée vous couchez vos enfants ou petits-enfants, enlacez-les bien et embrassez-les fort. Vous faites partie de ceux qui portent une lourde responsabilité morale dans ces tueries et ces massacres d’un autre temps. Un temps qui avale vos saloperies dans son espace infini ; mais attention à la digestion. Tous les reflux seront déversés à votre face et vous en serez très certainement englués. Quelle délétère odeur ! Tous les crimes se paient un jour ou l'autre. Sinon, croire en Dieu n'aurait plus aucun sens.


 

Touhami Moualek

Auteur de : La déchirure -Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Politique internationale
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