Vendredi 30 septembre 2011
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D’aucuns affirment que reconnaître un Etat palestinien n’aurait aucun sens dans la mesure où la bande de Gaza a été évacuée (sous les
projecteurs, pour bien montrer au monde entier les efforts inhumains des colons juifs déversant des larmes de crocodiles et en plein déchirement, les pauvres !) et que cela n’a pas empêché
les dirigeants criminels israéliens de bombarder, par la suite, Gaza à maintes reprises, massacrant des milliers de civils, et de boucler cette ville de manière autoritaire, en imposant un
embargo inhumain dans la mesure où ce sont des enfants, des femmes et des vieillards qui vivent ainsi dans des conditions moyenâgeuses ; la bande de Gaza est devenue un véritable camp de
concentration à ciel ouvert (1,5 million d’habitants pour une superficie de 360 km2 !) Israël pratique comme loi du talion la punition collective. Tout cela sous les yeux de la communauté
internationale et sous le regard lâche de l’ONU ; organisation internationale chargée en théorie de faire régner la paix sur Terre, et gouvernée de l’intérieur par des sionistes ultra
radicaux. Ces derniers brandissent le droit de veto dès qu’il s’agit de rappeler Israël à l’ordre. Autre remarque fondée : les colonies dans les territoires occupés continuent. Comment prétendre
instaurer la paix et la réconciliation, de la part des sionistes, et en même temps conduire une politique de colonisation par une illégale occupation des sols ? Enfin, reconnaître un Etat
palestinien, cela revient, pour les Palestiniens, à entériner définitivement et implicitement l’Etat d’Israël avec des frontières déterminées. Ce que beaucoup se refusent à cautionner. Pour
toutes ces raisons, de nombreux observateurs prétendent qu’il n’existe de fait qu’une solution, celle de chasser les colons de Palestine en usant de la manière qui fut employée par les sionistes,
c’est-à-dire l'usage de la force.
Je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut un Etat palestinien, avec des frontières sûres et reconnues par la communauté internationale :
frontières d’avant la guerre des six jours. Cela donnerait, d’une part, une légitimité juridique, en termes de droit international, à l’Etat palestinien, de faire cesser toute colonisation,
et, d’autre part, de revendiquer l’inviolabilité de ses frontières. Car aujourd’hui que se passe-t-il ? Les sionistes mettent sur la table des problèmes pêle-mêle et qu’ils savent
insolubles, à savoir l’administration des colonies, le droit au retour des réfugiés, le statut de Jérusalem, et le retrait aux frontières d’un hypothétique Etat Palestinien. Ils ne recherchent, à
l’évidence, qu’à gagner du temps et à s’implanter plus dans les territoires occupés par de nouvelles colonies. Quelles conséquences a eu la stratégie, appliquée par certains dirigeants
palestiniens, consistant à affirmer : Nous ne reconnaîtrons jamais l’Etat d’Israël tel qu’il nous a été imposé. On peut bien entendu comprendre cette position, mais il
faut reconnaître qu’elle n’a eu pour effet que d’affaiblir les Palestiniens. Pendant que les Israéliens se développent et accentuent leur domination dans la région, les Palestiniens
s’affaiblissent et sombrent dans le désespoir. Or, un Etat palestinien permettrait de négocier par la suite sur des sujets, non plus abstraits tels que les présentent les sionistes, mais
concrets. C’est-à-dire démontrer, dans le cadre du droit international, au monde entier, les désastres de la politique israélienne de colonisation, véritable mainmise, une fois de plus, sur des
terres palestiniennes ; de prouver également, qu’au nom d’une arme absolue : le droit à la sécurité, les sionistes refusent catégoriquement un retour aux frontières de 1967 ; et
au-delà, qu’Israël refuse un partage de Jérusalem (partie palestinienne et partie israélienne) dont il veut en faire sa capitale ; qu’Israël ne veut pas du tout entendre parler du droit au
retour des réfugiés palestiniens, alors que les sionistes, en 1948, plaidaient le droit à une patrie juive en vue de concrétiser un retour en totalité de la diaspora juive ; enfin, cela
mettrait en évidence une chose : les sionistes ne veulent pas de la paix, car cela les obligerait à faire des concessions ; et c’est bien sur ce point que les Israéliens sont acharnés
et inflexibles. Les Palestiniens, me semble-t-il, ont fait des concessions. Je crois qu’il faut mettre, une bonne fois pour toutes, Israël face au droit international, celui dont les médias aux
ordres nous rebattent les oreilles à longueur de journée. Le droit, tout le droit, rien que le droit !
Aujourd’hui, nous ne nous battons plus pour la sécurité d’Israël, c’est chose faite. En effet, cette sécurité existe et elle est garantie
par toutes les puissances occidentales. Nous nous battons contre l’insécurité permanente des Palestiniens, exposés au colonialisme féroce des sionistes, aux expéditions punitives, et devenus les
victimes d’une Shoah dont ils ne sont, ni de près ni de loin, les responsables. Bien au contraire, ils avaient, durant la seconde guerre mondiale, accueilli à bras ouverts les Juifs évadés d’une
Europe devenue, pour eux, un véritable cimetière. Les nazis expédiaient les Juifs dans des camps de la mort, tandis que beaucoup, parmi ceux qui défendirent le droit à un Etat juif au lendemain
de la guerre de 39-45 dénonçaient les Juifs à la Gestapo allemande. Contrairement au mythe d’une France résistante que le Général de Gaulle s’est évertué à défendre et à répandre (je le
comprends), notamment en sauvant le général vichyste Pétain d’une exécution par un peloton militaire, je crois bien qu’il y avait en France plus de collabos que de résistants. Les Jean Moulin se
comptent sur les doigts d’une seule main. Ceci est un simple rappel à tous les Juifs de France qui l’auraient vite oublié.
Touhami Moualek