Colonialisme – La France doit assumer son passé colonial devant l'histoire.
Cette question ne se pose même plus, tellement la réponse semble évidente à toute conscience éprise de justice, de paix. Un système colonialiste
des plus barbares, des plus abjects, des plus insoutenables, des plus criminels a sévi en Algérie durant 132 ans. Qui peut le contester ? Un système répressif, sanglant, si ravageur qu'il
faudra, aux Algériens fiers et dignes, lui opposer leur bravoure, leur combattivité, leur courage de défier la mort à tout instant, restant debout malgré les stigmates d'un temps gris et
incertain, gravés à l'encre rouge sang. Tant de vies brisées, gâchées, martyrisées, au nom d'une civilisation, prétendue supérieure, par des minorités, et qui n'avait de supérieur que son
arrogance, sa perfidie, sa cruauté et sa bestialité. Qu'est-ce que l'Algérie aura retenu de la présence française ? Qu'est-ce qu'un oppressé peut retenir de la part de ses oppresseurs ?
Humiliation, iniquité, asservissement, obscurantisme.
L'idéologie du colonialisme ne pouvait en rien être civilisatrice ; elle avait pour mission fondamentale de piller, de s'enrichir de tout ce que le sol occupé par la force pouvait fournir en matières premières. Les indigènes, les autochtones, les colonisés n'avaient qu'un droit, celui de subir et de se taire. La relation entre maître et esclave n'a jamais été autant mise en exergue, exercée et justifiée, que par le système colonialiste. J'ajouterai, parmi celles et ceux qui ont également droit à des excuses, les Juifs séfarades. En effet, ces derniers, chassés d'Espagne par Isabelle la catholique, avaient trouvé terre d'asile au Maghreb, bien avant 1830, année de débarquement des Français en Algérie. L'entente entre Juifs, Arabes et Berbères (principalement) était bonne, selon les Historiens. Il faudra un Adolphe Crémieux, député du département d'Alger (juif d'origine), pour franciser les Juifs d'Algérie par un décret ; décret portant son nom : décret Crémieux. Ce décret sera différemment interprété par la suite. Pour ma part, je pense qu'il s'agissait d'une stratégie politique, d'une ruse ayant eu pour objectif de se servir des Juifs bien implantés en Algérie pour mieux contrôler le pays, les Arabes et les Berbères, ces derniers étant régulièrement tentés de se révolter. Le problème, pour les Juifs d'Algérie par la suite, est le fait que les Algériens, restés eux indigènes, reprocheront à ces Juifs francisés de ne pas leur avoir témoigné plus de solidarité. En 1962, la quasi totalité de ces Juifs d'Algérie dut quitter le pays.
Bien sûr, on ne peut pas occulter le fait qu'il existait, en Algérie, des « Blancs » qui étaient animés d'un esprit fraternel, d'un humanisme sans
conteste. Mais la réalité, celle d'un colonialisme cupide, cruel et autoritaire, balaiera ces quelques êtres humains perdus au beau milieu d'un tas de mercantiles salauds qui n'avaient qu'une
chose en tête : régner en maîtres. Erreur fatale ! Le 5 juillet 1962, l'Histoire, au prix de tant de larmes, de sang versé, remettra les pendules à l'heure. L'Algérie accédait à sa
souveraineté nationale : l'indépendance.
Le colonialisme a déshonoré tous les pays qui l'ont adopté en tant qu'idéologie. La seule réhabilitation possible est la voie (ou la voix) du pardon. Non pas d'un pardon qui consisterait à se mettre à genoux, ce n'est pas le but recherché, mais d'une réelle reconnaissance que des crimes odieux ont été commis au nom d'un système politique colonialiste inhumain, barbare, et dont une quelconque interprétation positive serait un nouvel affront envers les colonisés et leurs enfants.
Comme la Shoah et comme le 11 septembre, sera-t-il, en France, interdit de parler de la guerre d'Algérie ? Le film "HORS-LA-LOI" de Bouchareb est interdit dans plusieurs villes de France. La liberté d'expression selon qu'elle dérange ou pas ; en somme à géométrie variable.
Je n'ai conservé en héritage du colonialisme en Algérie que la langue du colonisateur !
Touhami Moualek


Nous avons tous en tête cet adage : « Le loup est entré dans la
bergerie », signifiant que le mal est fait. Et je crois bien qu’en la personne de BHL (monsieur Bernard Henri-Lévy), né en Algérie, précisément à Béni-Saf en 1948 (Oranie, Algérie),
le loup est cette fois-ci bel et bien entré dans la bergerie. Parce qu’en France, nous connaissons le personnage pour ses prises de positions directes et sans équivoque en faveur des dirigeants
sionistes israéliens. Il se prétend lui-même un supporter inconditionnel du sionisme, une idéologie politique raciste et sectaire (BHL en est sectateur) prônant la conquête de tout le
Moyen-Orient, et ce quels que soient les moyens mis en œuvre et le nombre de victimes ; la légitimité de cette obscure et satanique entreprise est la Bible (ancien testament). BHL est
également le personnage qui n’a jamais osé critiquer – bien au contraire il les a légitimés et appuyés par des propos indignes d’un philosophe soi-disant humaniste, mais partisan certifié – les
massacres perpétrés par Tsahal en Palestine occupée, au Liban, et d’une manière générale au Proche-Orient. Les crimes commis par les dirigeants sionistes ne se comptent plus.
Mais soyons clairs. BHL est un agent du Mossad (services secrets israéliens) ; il travaille en étroite collaboration avec les dirigeants criminels de guerre
sionistes. Ce n’est un secret pour personne. L’idée de BHL, et d’autres, est donc celle-ci : choisir comme jour de révolte en Algérie le 17 septembre. Pourquoi ? Napoléon III serait
entré en Algérie le 17 septembre 1760, rêvant de créer un Etat juif s'étalant d'Alger à Bagdad et sous protectorat français. Rêve resté vain. Quand nous disions et écrivions que la guerre
d’Algérie n’était pas encore terminée pour beaucoup de Français, nous étions dans le vrai. Cette réalité est devenue une évidence. Il y eut, en effet, des tas d’occasions offertes à la France lui
permettant de faire un pas vers une reconnaissance des crimes commis en Algérie au nom d’un système colonialiste cruel et inhumain. Quel historien digne de ce nom pourrait encore le
contester ? Ces occasions furent une à une gâchées à cause du lobby juif dominant et très influent en France. Et BHL fait partie de ces cercles influents et constitués autour de Nicolas
Sarkozy.
La politique de la haine conduite en France par les pouvoirs publics et consistant à systématiquement stigmatiser,
montrer du doigt les Français d’origine étrangère – particulièrement les Français (Maghrébins, Asiatiques, Noirs) n’ayant pas le faciès du prototype européen – dont la dernière victime en date
est monsieur Jean-Vincent Placé (EELV), traité de « Coréen national » par monsieur Alain Marleix (UMP), encourage à toutes les dérives et dédouane par avance tous les racistes de France
et de Navarre. Il n’est plus honteux pour les ignobles racistes de cacher leur haine par peur des lois et du jugement des hommes, bien au contraire, il est désormais de notoriété publique
d’afficher crânement une espèce de repli identitaire revendiqué au nom d’une civilisation spécifiquement française et, évidemment, vécu tel un suprême exemple pour les autres, considérés comme
des êtres inférieurs. Alors que toute culture évolue, s’amende et progresse au contact d’autres cultures, d’autres connaissances. Et la culture française, avec bien entendu ses spécificités de
base, ne déroge pas à la règle ; il suffit juste, par exemple, de consulter le dictionnaire de la langue française pour y découvrir le nombre important de mots issus d’autres langues, dont
l’arabe. Défendre une prétendue civilisation en l’enfermant à double tour dans une pièce hermétique, et en adoptant une intolérance envers autrui, envers des apports humains venus d’ailleurs,
reviendrait à condamner cette civilisation à disparaître. Parce que c’est dans la diversité que l’on trouve le plus de choix et de richesses. Du temps des croisades, les chevaliers (croisés)
repartaient de Jérusalem avec des tonnes de trésors, dans tous les domaines, ramenés d’Orient. Les riches échanges entre scientifiques et intellectuels chrétiens et musulmans permirent au génie
humain d’atteindre la perfection dans bien des disciplines. Il est évident que de tout temps, les enfants des immigrés – et la France est une terre d’immigration – ont contribué à transformer, à
dynamiser et à développer davantage la société française. Le nier serait être de mauvaise foi et prêterait également à nier l’histoire.
Il ne faudrait surtout pas mélanger ce qui se passe en Libye et ce qui pourrait se passer en Iran. Nicolas Sarkozy a déclaré, en substance :
« Je suis pour des frappes ciblées contre les installations nucléaires iraniennes. » Ceci est une déclaration de guerre contre l’Iran. Il ne faudrait pas s’étonner, par la suite, que
l’Iran réagisse et use de son droit à la légitime défense. L’Iran serait agressé, il serait par conséquent logique et normal que celui-ci se défende. Mais cela nous entraîne, avant tout, dans le
dossier du nucléaire international. La communauté des Puissants a en effet décidé que l’Iran ne devait pas se doter de l’arme fatale, malgré les déclarations incessantes des dirigeants iraniens
précisant qu’il s’agit de production d’énergie nucléaire à des fins civiles. Ce que les Occidentaux ne croient pas un seul instant. Ainsi, il existerait d’un côté le bon (l’Occident), autorisé à
posséder l’arme atomique pour se défendre, et de l’autre côté le méchant (l’Orient), non autorisé à posséder l’arme nucléaire. Etrange balance et étrange manière de concevoir la justice.
Pourquoi l’Iran représenterait-il un danger ? L’arme nucléaire est une arme dissuasive. En faire usage aurait des conséquences dramatiques pour l’humanité. Aussi, les Iraniens ne pourraient
recourir à cette arme sans se risquer à être à leur tour rasés de la carte. Non, la vraie raison, il faut aller la chercher au Moyen-Orient, en Israël. En effet, cela fait plus d’une décennie que
l’Etat sioniste d’Israël fait pression sur les USA et les Européens pour une attaque contre l’Iran. Entreprise irréalisable pour différentes raisons. Le Président Nicolas Sarkozy n’a jamais caché
son amitié personnelle et son soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël. Il serait prêt à attaquer l’Iran pour satisfaire aux exigences de ses amis sionistes. Et pourtant, l’Iran ne représente
aucun danger pour la France, et les Iraniens sont amis avec le peuple français. La question qui se pose est de savoir jusqu’où les Occidentaux seraient-ils prêts à se battre pour les intérêts de
l’Etat sioniste d’Israël ; un Etat, il faut le préciser, raciste, colonialiste, criminel, pratiquant l’apartheid et la ségrégation raciale puisqu’un Juif, en Palestine occupée, est considéré
comme supérieur aux autres (théorie de la race aryenne). A l’insu des peuples de la Terre (pas des dirigeants occidentaux), les Israéliens se sont dotés de l’arme nucléaire et n’hésiteraient pas
à l’utiliser ; plus de 200 missiles sont pointés sur l’Europe. Voilà comment Israël fait confiance à ses amis et voilà comment Israël trompe le monde entier.
Je suis favorable aux mouvements populaires qui se déroulent
actuellement dans le monde arabe, parce qu’ils répondent précisément à des envies de liberté et de démocratie et mettent fin aux dictatures. Les Arabes sont certes plus à même de se voir diriger
par des guides, c’est me semble-t-il plus dans leur culture et leur histoire. Mais à défaut de guides sains et sincères (*grives), il faut savoir s’auto-administrer et s’autogérer (*merles).
Cependant, si je crois en la liberté, je ne suis pour autant pas naïf. Ce n’est pas dans ma nature. Aussi, il existe un parallèle, qui évidemment ne m’échappe pas, entre l’Iran (voire l’Algérie)
et la situation insurrectionnelle dans le monde arabe, notamment en Syrie ; pays allié de l’Iran. L’Iran est un pays perse. Nous savons que les peuples arabes sont majoritairement derrière
Mahmoud Ahmadinejad. Parce que ce dernier tient tête aux sionistes et dénonce les crimes et les injustices commis par les Puissants. De tout temps, les Perses ont été un peuple pacifique et n’ont
ni envahi ni colonisé personne. Leur donner des leçons à ce sujet serait saugrenu. Mais quel est ce parallèle auquel je fais allusion ? Les Occidentaux déstabiliseraient les pays arabes –
profitant de l’actuel climat révolutionnaire – pour ensuite leur offrir une aide financière, logistique et militaire. Cela étant réalisé – on le voit actuellement en Libye – les Occidentaux
s’attireraient, en quelque sorte, une espèce de gageure du monde arabe quant à une intervention militaire en Iran. Le discours serait : « L’Iran est dirigé par un tyran, il faut qu’on
l’empêche de s’équiper de l’arme atomique. » Ainsi, enrôlés dans une doctrine de la démocratie à l’identique de l’occident – ce qui serait une erreur pour les peuples arabes – les peuples
arabo-berbères verraient d’un tout autre œil une intervention militaire contre l’Iran. Reste, cependant, à voir quelles seraient les attitudes des Chinois et des Russes, autres acteurs suivant de
près ce qui se passe dans les pays arabes et en Iran. Et il ne serait pas étonnant que ces derniers donnent un coup d’arrêt brutal aux entreprises très périlleuses engagées actuellement par les
puissances occidentales. Car allumer un feu est à la portée de n’importe quel idiot ; mais éteindre ensuite l’incendie est chose plus difficile. Sans bien entendu exclure le fait que l’on
pourrait bien soi-même se voir dépassé par les événements. Les principaux visés sont actuellement l’Iran et l’Algérie. Deux pays qui résistent aux pressions internationales. Et A l’heure où
l’avenir d’un pays souverain, tel la Libye, se joue à Paris, quelle crédibilité peut-on encore donner au CNT libyen et à la communauté internationale ? Toute la question est là. Nicolas
Sarkozy joue avec le feu. Et avant de frapper l'Iran, posons-nous également la question de savoir ce que la France fait encore en Afghanistan.
Dans ces révolutions arabes, celles et ceux qui me font l’honneur de lire mes interventions sur la situation actuelle en Libye
auront vite noté la confiance que j’accorde aux peuples arabes. Il est infiniment glorieux, pour des femmes et des hommes dignes, de se battre pour la liberté. Le réveil du monde arabe était
chose inévitable, et les Occidentaux peuvent bien ruer dans les brancards, s’agiter dans tous les sens telles des girouettes, jamais ils ne contiendront ni ne canaliseront à leurs guises ces
révolutions. En effet, les dictateurs, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent, ne peuvent plus régner sans crainte. A l’heure de l’Internet, des satellites et des téléphones portables,
l’information file à la vitesse de la lumière. Il est désormais difficile, voire impossible, de maintenir longtemps des gens dans l’ignorance, dans l’asservissement, parce qu’on ne peut enfermer
indéfiniment des hommes dans des bouteilles. Tôt ou tard jaillit la vérité apportant ses lumières. Et on ne triche pas avec la vérité ; tout juste pourrait-on la différer, le temps d’une
éclosion, d’une germination. Et le monde arabe a dépassé le stade germinal, il est désormais en éclosion. Et des floraisons ont lieu un peu partout sur la planète. Celles et ceux qui ont cru que
l’on pouvait enchaîner à vie des hommes de foi se sont lourdement trompés. Parce qu’enchaîner un homme, c’est déjà admettre que celui-ci trouvera, tôt ou tard, un moyen de s’échapper. C’est dans
l’ordre logique du comportement humain, dans l’ordre logique de toute chose programmée à se mouvoir librement sur terre et dans les airs, par la volonté divine. Enchaîner un homme, c’est vouloir
arrêter le temps. Or, on ne peut arrêter le temps.