Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /Oct /2007 00:33

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Et c’est reparti pour de nouvelles perspectives, de nouveaux appels, toujours les mêmes, ceux qui crispent et inquiètent le monde. Souvenons-nous, c’était en 1991. Déjà, Georges BUSH (père), Président des Etats-Unis à l’époque, nous promettait un nouvel ordre mondial qui serait basé sur la paix et la justice. Quel projet, quelle audace ! Georges BUSH avait besoin de faire le consensus et d’attirer à lui le maximum de pays dans le but de libérer le Koweït, occupé par les chars et les soldats de Saddam HUSSEIN. En Occident, on nous avait dit que l’Irak était surendetté à cause de sa guerre avec l’Iran, ce qui expliquerait la tentative de mainmise sur le Koweït par Saddam HUSSEIN, ce minuscule Etat étant très juteux en or noir. Cette explication qui nous était fournie était bien sûr fantaisiste. La vraie raison était que l’Irak de l’époque représentait un réel danger pour l’allié numéro un, de la région, et tête de pont des Américains : Israël. Fidèle à sa stratégie de réduire à néant toute puissance militaire qui représenterait un danger pour sa sécurité virtuelle, véritable veto et argument indiscutable (tout le monde se plait à dire : on ne transige pas avec la sécurité d’Israël), les Israéliens vont tout faire pour briser cette puissance militaire du raïs irakien. Ainsi, la CIA avait fait croire à Saddam HUSSEIN qu’il pouvait s’approprier le Koweït sans qu’il n’encourût de représailles de la part des Américains. Piégé, Saddam HUSSEIN a dû rebrousser chemin en ayant perdu quasiment toute ses capacités militaires, détruites durant plus de 35 jours de bombardements intensifs. Plus de trente Nations, y compris des pays arabes, participèrent à ce véritable « D Day » des années 90. Saddam HUSSEIN avait commis une monumentale erreur qui allait lui être fatale, le conduire à l’échafaud. Et bien sûr, la suite, nous la connaissons tous. 

Nous attendions donc impatiemment et de pied ferme ce nouvel ordre mondial promis par la superpuissance américaine. Notamment sur la question du Proche-Orient. Pour les besoins de la guerre baptisée « Tempête du désert » l’Egypte fut contrainte à l’aphasie, en contrepartie ses dettes furent effacées. La Syrie dut également se mettre en veille. Elle reçut en gage la garantie de récupérer le plateau du GOLAN, occupé par Israël, depuis la guerre des six jours. Elle attend toujours. Les accords d’Oslo avaient eu pour conséquence la création de l’Autorité palestinienne. Un moindre mal qui permit néanmoins à ARAFAT de quitter la Tunisie pour s’installer en Palestine, à Ramallah exactement. Il ne savait pas encore qu’il se rendait en prison puisqu’il allait passer la majorité de son temps cloîtré, prié de rester en résidence surveillée par les militaires israéliens. Il fut, à plusieurs reprises, invité à la célébration de la messe de minuit de Noël, mais sa chaise resta symboliquement vide, les autorités israéliennes lui ayant refusé le droit de se déplacer à Jérusalem. En 1991, il y eut tout de même la conférence de Madrid. Des Palestiniens et des Israéliens allaient enfin renouer le dialogue. Etait-ce une mise en scène ou la démarche était-elle réellement sincère ? Comme d’habitude, et inexorablement, ces pourparlers n’eurent aucune avancée significative sur une hypothétique paix au Proche-Orient. Qui veut vraiment faire la paix dans cette région ? Telle était la question que nous étions en droit de nous poser. Car parler de paix au Moyen-Orient, c’est comme si on demandait à un pompier honnête d’éteindre le feu, mais avec l’aide de pompiers pyromanes. Le nouvel ordre mondial promis avait du mal à voir le jour. Rien. Aucun espoir de trouver des réponses aux injustices, aux lois du plus fort, aux deux poids, deux mesures, aux insupportables iniquités, aux humiliations qu’infligent les plus forts aux plus faibles. Décidément, ce nouvel ordre mondial n’était, une fois de plus, qu’une farce, un attrape-nigaud, destinés à transcender les foules, à les rallier à une cause donnée. Mensonge. 

Le Président Nicolas SARKOZY, dernièrement en déplacement aux Etats-Unis, a, lors d’une tribune qui lui était accordée au Conseil de sécurité (ONU), utilisé les mêmes mots. Il a évoqué un nouvel ordre mondial. Allons-nous, avec ces mêmes mots, vers les mêmes maux qui précédèrent, puis découlèrent de la première guerre du golfe ? La guerre en Iran se précise effectivement. Les roulements de tambours s’entendent déjà dans le golfe persique où une armada militaire, comme on n’en a jamais vue, est concentrée, prête à passer à l’action. Elle n’attend plus que le feu vert de Washington. Le belliqueux guerrier Bernard KOUCHNER guette le coup de gong de son maître artificier W. BUSH pour partir s’enliser dans le désert iranien et se perdre dans les hautes montagnes persanes. Apparemment, le fiasco de l’Irak ne lui a pas suffi, il veut nous en remettre une couche. Or, en France, la cohésion sociale est terriblement menacée par nombre de réformes qui vont être conduites. Le premier ministre François FILLON a déjà annoncé la couleur : l’Etat est au bord de la faillite. Comprenez : ou bien nous réformons nos systèmes de protection sociale ou bien c’est la banqueroute assurée. Et le pire est que le premier ministre n’est en aucun cas victime d’une sinistrose, il dit bel et bien la vérité. Le problème étant qu’il faudra réformer, mais sur le temps. Saura-t-il faire ? Ce n’est pas avec cette pression permanente que lui fait subir le Président Nicolas SARKOZY, qui veut des résultats immédiats, que François FILLON pourra travailler en toute sérénité. 
 

Et puis, la précarité s’est malheureusement durablement installée en France. Les sans-abri peuplent les trottoirs parisiens, franciliens et d’ailleurs, grossissant chaque jour davantage les rangs des personnes échouées, à l’abandon, dont le système ne veut plus, parce qu’elles ont lâché prise, fatiguées et harassées par la dureté, la rudesse et la cruauté de notre société. Nombre de nos concitoyens ne se posent plus de question sur la baisse du pouvoir d’achat ; ils subissent cette cherté de la vie, accentuée dès le passage à l’euro. Une Europe organisée en un GIE (groupement d’Intérêt Economique) qui se fiche des hommes et qui privilégie les hautes finances, notamment celui du club dont on parle beaucoup : le CAC 40. Une Europe dont on nous dit qu’elle doit absolument se doter d’une Constitution pour continuer à avancer. Mais pour aller où ? Avec qui et avec quoi ? Les pauvres pays de l’Est appelés à la rescousse pour combler le déficit démographique d’une Europe qui tient à rester avec des valeurs « chrétiennes », le Président SARKOZY l’a déjà rappelé, sont accueillis dans des bidonvilles pires que ceux de Nanterre (92), nés juste après l’indépendance de l’Algérie, dans les années 60. Oui, la France souffre, la France peine, la France boitille, la France a du mal à avancer. Parce que les Français sont fatigués, lassés qu’on les prenne pour des imbéciles. « Ensemble, tout est possible » nous avait dit notre Président.  Qui forme cet « ensemble » hégémonique ? L’argent va à l’argent. Ce n’est pas demain que cela changera. La tristesse se lit dans le visage de bien des Français. Il y a comme une désolation, comme une dépression, dans les expressions angoissées d’une grande partie des Français lorsqu’ils parlent d’avenir, qu’ils évoquent leurs projets futurs. Un jeune Français peut-il encore faire des projets ? 

Oui, je crains que les mêmes mots nous conduisent aux mêmes maux. Alors, monsieur le Président, n’ajoutez pas à ces souffrances morales qui frappent bien des Français, une nouvelle guerre, une nouvelle sale guerre : celle d’une imminente attaque contre l’Iran. Ne nous refaites pas le coup de ce nouvel ordre mondial qui nous a conduits à un désordre désastreux et catastrophique. Ne nous faites pas subir les angoisses d’une nouvelle guerre qui plongerait notre planète dans l’incertitude et la haine de deux blocs : les pays riches contre les pays pauvres. Musulmans contre Chrétiens. Nous ne voulons plus de ces guerres qui n’ont plus de sens, parce que nous ne sommes pas en danger, nous ne sommes pas attaqués. Les guerres préventives, il faut les laisser aux théoriciens tels que Bernard KOUCHNER et W. BUSH. Nous, nous savons qu’il faut prévenir la paix pour ne pas avoir à faire la guerre. 

Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM


Par Moualek Touhami - Publié dans : Politique générale
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