Partager l'article ! Touhami Moualek : Non, le football n'est pas le nouvel opium des peuples, il est un sport mondialement et universellement fédérateur.: ...
Le football est un sport populaire, non élitiste. Sans la passion de ce sport mondialement adulé on ne peut pas comprendre
l’engouement du public pour ce jeu d’équipe. Sociologiquement, une équipe nationale de football symboliserait, à échelle réduite, l’unité nationale, la solidarité, la fraternité, le génie
créatif, la combativité, l’élégance artistique et esthétique de tout un peuple. Eh oui, le football serait un sujet de dissertation sociologique sans limite.
Cependant, il ne faudrait pas oublier une triste réalité : ce sport roi est encore pratiqué par des gamins qui jouent, aux
quatre coins de la planète, avec un ballon fait de chiffons (c’était le cas du fabuleux Pelé), faute de pouvoir se payer un vrai ballon.
A défaut d’une langue qui serait commune à tous les terriens, le football est, par défaut, cette langue mondiale, universelle
et indispensable. Je regrette qu’aujourd’hui, dans les banlieues défavorisées, des jeunes ne puissent pas s’inscrire dans des clubs de football en vue de faire de la compétition, parce qu’il y a
un incroyable défaut de places. Ce qui parait hallucinant dans un pays où l’on encourage la jeunesse à pratiquer, si possible, un sport.
En France, des bénévoles n’hésitent pas à donner de leur temps pour entraîner et encadrer des joueurs de football, participant
ainsi à la bonne marche des championnats français de tout niveau. Leur seule récompense est de voir des gamins s’épanouir, se forger un caractère et une personnalité à travers la pratique du
football. La France compte une des meilleures, sinon la meilleure, école de formation de football au monde. C’est sa force d’aujourd’hui. Cela a fini par payer, car le travail finit toujours par
payer, il faut simplement persévérer et garder foi. C’est à tous ces bénévoles qu’il faut rendre hommage et témoigner une grande reconnaissance.
Alors Messieurs les ambassadeurs du football français, s’il vous plaît, au nom de cette passion commune qui unit les hommes, ne
vous laissez pas récupérer par les gens du show business, de la politique ou de toute autre organisation à but lucratif, philosophique ou religieux. Le football appartient aux humbles, aux gens
simples de la planète, à la classe populaire, aux seuls passionnés du ballon rond qui, en été ou en hiver, font vivre ce formidable sport. C’est pour cette raison qu’il demeure une discipline
magique, même si malheureusement des industriels et des financiers tentent de l’organiser en un marché gigantesque, à ciel ouvert. Je parie qu’ils échoueront, car le football n’est pas une
science exacte. Il n’obéit pas aux règles strictes des calculettes électroniques et des ratios économiques. Le beau jeu ne s’achète pas, il se crée spontanément entre des joueurs qui se trouvent
instinctivement sur le terrain.
On voit déjà poindre le bout du nez de tous ces pseudo intellectuels qui nous avaient promis de changer le monde. Finalement,
ironie du sort, c’est le monde qui les a changés, à tel point qu’on ne les reconnaît plus. On les voit poindre, tous ces politiques aux paroles blessantes, humiliantes, qui n’hésitent pas à
s’emparer des prérogatives que leur confère la République, et dont ils devraient se montrer dignes, pour s’engager dans les voies de l’exclusion, de l’injustice et de la xénophobie. On les voit
poindre, tous ces prétendus « artistes » cauteleux prêts à tirer la couverture à eux dans l’unique intention de faire briller leurs paillettes, à défaut de faire briller leur esprit. On
les voit poindre, tous ces fanfarons, ces marionnettes retorses, l’air hypocrite et insidieux, prendre le train en marche et chanter les louanges du football, qu’ils commentent, lorsqu’ils
sont à comité restreint, en ces termes : « Ce n’est qu’un jeu bête et stupide. Quel plaisir y a-t-il à voir 22 joueurs courir bêtement après un ballon ? » Je
m’amuse de voir tous ces freluquets s’intéresser subitement aux vertus du football, alors que la plupart d'entre eux n’en connaissent même pas les règles. Quel spectacle
affligeant !
Messieurs les footballeurs de l’équipe nationale, la vie vous a donné un don précieux. Partagez-le généreusement avec ceux qui
vous aiment et vous admirent parce que vous parlez le même langage qu’eux : celui du football. Ne vous laissez pas récupérer par ceux qui hier encore vous crachaient à la figure. Le football
ne doit pas devenir une arme politique. Nous en avons assez des instrumentalisations à des fins propagandistes.
Petite anegdote : Je crois que Monsieur Jacques CHIRAC porte chance à l'équipe nationale de football, car je le pense réellement sincère, contrairement à d'autres, dans les encouragements qu'il adresse aux joueurs et à l'entraineur.
Touhami Moualek
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