Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /Déc /2006 09:51

L'islam n'est pas une idéologie de guerre, il est une religion révélée par le Seigneur de tous les hommes : DIEU




Entendez-vous, amis, ces vents de révolte qui grondent à travers toute la planète ? Les crimes, les tortures, les humiliations, l’asservissement et les néocolonialismes n’ont jamais autant sévi, répandant famine, massacres, déportations, désolation, larmes et tristesse à travers toute la terre. Que d’enfants massacrés, de femmes violées, piétinées ! Les plus grandes puissances confortent leur pouvoir par la force, l’oppression, la propagande, la manipulation, la haine et ce nouveau concept de la globalisation, combattu par les altermondialistes, décrétant, entre autres, la marchandisation des hommes comme de vulgaires biens de consommation. Fourbes, spécieux et perfides, des politiciens cherchent à nous entraîner dans des guerres de religion. Que nous soyons Juifs, Chrétiens, Musulmans, Bouddhistes ou appartenant à d’autres religions empreintes de sagesse, soyons sur nos gardes : les dirigeants de la planète, avides de pouvoir, cupides et amoraux, renouent avec de vieilles tentations que l’on croyait à jamais bannies.


Le cas Saddam Hussein :

Saddam Hussein était, dans les années 80, considéré comme un « bon » dictateur. L’Occident avait trouvé en lui un bouclier idéal, puisque Saddam avait été chargé de contenir la révolution islamique iranienne. En contrepartie, l’Occident surarmait l’Irak. L’image d’un l’Ayatollah Khomeiny vindicatif contre le « Satan » américain et tout l’Occident « impie » était la dernière propagande des puissants de ce monde pour nous convaincre d’une nouvelle et énième guerre de religion. Saddam Hussein allait suivre de manière imprudente et intéressée ses futurs bourreaux, craignant lui-même une contagion de son « royaume » par la révolution islamique en effervescence. Le monde entier était conditionné, les yeux rivés sur ces marées humaines débarrassées du Shah et exposant fièrement le portrait de Khomeiny dans un Téhéran en liesse. Prétextant une attaque imminente ordonnée par les méchants mollahs, l’Occident chargea Saddam Hussein de la sale besogne: déclarer la guerre à l’Iran, sous prétexte d’un déplacement de la frontière sur la rive orientale du « Chatt-el-Arab ». Et même si Khomeiny avait demandé aux chiites irakiens de renverser le régime de Saddam Hussein, après que celui-ci eut montré son bellicisme envers le nouveau régime islamique, ce dernier aurait pu, avec un minimum de réflexion, sauvegarder son régime et s’éviter une guerre de huit ans. Une guerre meurtrière puisque estimée, selon les experts, à 1.200.000 morts. Ce fut la première erreur monumentale de Saddam Hussein. Car le monde arabe et musulman ne lui pardonnera jamais d’avoir livré bataille à un autre Etat musulman. Pourtant, malgré la puissance militaire de l’Irak de l’époque, les aides de l’URSS, de la France et des Etats-Unis, l’Iran ne pliera pas, finissant pratiquement vainqueur. Au point où Saddam Hussein sera contraint de revenir aux accords d’Alger de 1975, de libérer tous les prisonniers de guerre, de quitter tous les territoires occupés, selon les conditions iraniennes. Dans ce conflit, l’Algérie déploiera des moyens diplomatiques à la mesure du conflit pour tenter de trouver une solution de paix entre les deux pays. La deuxième erreur impardonnable de Saddam Hussein sera celle d’envahir le Koweït le 2 août 1990. Un coup de poker tenté par Saddam qui conduisait ce dernier à sa perte définitive. En effet, pris au piège, pour Saddam Hussein, le compte à rebours débutait. L’envahissement, la destruction et l’effritement politique de l’Irak étaient déjà planifiés par le Pentagone.


Une petite anecdote que les Français ne savent pas forcément : un homme se rendit assez discrètement chez Saddam Hussein, et en dehors de toute menace, toute pression internationale ou considération géopolitique, lui lança ce conseil amical : « Quitte le Koweït, ou ils vont te tomber dessus et te mettre à genoux ; ils n’attendent que cela ». Aveuglé, Saddam Hussein n’avait nullement tenu compte de cet avertissement qui eût été salutaire pour lui-même et pour l’Irak. Cet homme en question n’était autre que M. Jean-Marie LE PEN.


Les talibans et l’Afghanistan :

15 février 1989, les Soviétiques quittaient l’Afghanistan. Les Etats-Unis qui avaient combattu l’Union soviétique, par Afghans interposés, se désintéresseront provisoirement de ce pays ; un pays qui deviendra une République islamique en avril 1992. Le commandant Massoud entrera dans Kaboul, engageant une terrible guerre séditieuse, laissant la ville en ruines. Les combats seront entrecoupés de trêves sous l’égide de l’Iran et du Pakistan. L’ONU tentera dès 1994 de mettre fin aux ingérences étrangères et d’organiser des assemblées locales dans le but d’arriver à une paix. Mais en raison de sa proximité avec la mer Caspienne, l’Afghanistan redevint vite un centre d’intérêt pour l’Amérique. En effet, la mer Caspienne était convoitée pour ses précieuses et gigantesques réserves en hydrocarbures. Un ambitieux projet de gazoduc devait traverser l’Afghanistan, en passant par le Turkménistan et le Pakistan. En 1995, le président du Turkménistan et la présidente du Pakistan, Mme Benazir Bhutto, donnaient leur accord à cette gigantesque entreprise. Et Grâce à une campagne de lobbying très influente, les Etats-Unis obtinrent du président turkmène l’autorisation de construire un gazoduc. Pour cela, il fallait au préalable stabiliser politiquement l’Afghanistan. Sur place, la guerre se poursuivait. C’est alors qu’en 1995, apparaissaient les premiers talibans, fabriqués de toutes pièces par les services pakistanais et financés par la CIA et l’Arabie Saoudite (un pays sous emprise américaine). Et pour sécuriser l’Afghanistan, les Talibans, jugés comme de « bons » extrémistes obscurantistes et occasionnellement serviles, furent armés par les Américains eux-mêmes. Ceux-ci, aidés par les services américains, prirent le pouvoir en septembre 1996. Les compagnies pétrolières américaines influentes soutenaient les talibans et affirmaient que la prise du pouvoir par ces derniers ne pouvait que favoriser la construction du gazoduc. Ces arguments suffisaient aux Américains, si bien que Washington finissait par reconnaitre le régime, d’un autre temps, des talibans. Les finances ont eu, une fois de plus, le dernier mot sur les valeurs humaines.


Pourtant, la situation politique et militaire de l’Afghanistan ne s’améliorait pas. A Washington, beaucoup commençaient à s’inquiéter de ce soutien aux talibans. Surtout qu’un certain Ben Laden, à la recherche d’une terre d’asile, arrivait en Afghanistan en février 1998 à la tête du front international islamique. Il lançait une fatwa autorisant les attentats contre les intérêts et les ressortissants américains. Les talibans rassuraient leurs alliés américains, prétendant que Ben Laden n’avait aucune autorité religieuse pour lancer une fatwa. Pourtant, le 8 août 1998 à Dar-es-Salam (Tanzanie), des explosions pulvérisaient l’ambassade américaine, faisant 224 morts. Les Etats-Unis ripostaient immédiatement en envoyant des missiles de croisière sur l’Afghanistan. Ben Laden devint l’ennemi public numéro un des Américains. Cet attentat a eu pour effet immédiat de dissuader l’entreprise UNOCAL (compagnie américaine associée à la société saoudienne Delta Oil) de renoncer publiquement à la construction du gazoduc afghan.


En 1997, une instance constituée de six pays voisins de l’Afghanistan (Iran, Pakistan, Chine, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan), auxquels il faut ajouter la Russie et les Etats-Unis, supervisée par l’ONU, sera confiée à un envoyé spécial algérien, M. Lakhdar Brahimi, diplomate de renommée internationale. Désormais, Américains et Russes se rejoignaient sur l’idée que l’Iran pouvait aider, en tant que voisin de l’Afghanistan, à trouver une solution dans ce conflit. Une réunion plénière de ce groupe des 8 eut lieu en juillet 1999 en Ouzbékistan. Des représentants talibans et des membres de l’Alliance du Nord (de Massoud et Rabbani) se retrouvaient pour discuter d’une éventuelle paix. La réunion échoua. Washington ne parvenait pas à obtenir la livraison de Ben Laden par les Talibans. En septembre 1999, le Conseil de sécurité votait une résolution exigeant l’extradition de Ben Laden sous peine de sanctions coercitives. En janvier 2000, le diplomate algérien M. Brahimi, écœuré et lassé, démissionne, remplacé par l’espagnol M. Vendrell. Le nouveau maître du Pakistan, le Président Moucharraf, encourageait les talibans à livrer Ben Laden. En échange, les Américains promettaient une régularisation des rapports entre Kaboul et la communauté internationale. Faisant fi de tout ce qui se rapportait aux droits de l’homme, l’administration américaine soutenait toujours les talibans. En effet, les droits de l’homme ne pèseront pas lourd face aux pétrodollars. Néanmoins, les talibans furent confrontés à un marché clair et net de la part des Américains : s’ils acceptaient de livrer Ben Laden et de signer la paix, ils auraient un « tapis d’or ». S’ils refusaient, ils s’exposaient à « un tapis de bombes ». Mais les talibans, plongés dans l’irrationnel entre l’ici-bas et l’au-delà, étaient-ils encore conscients des réalités et surtout du rôle fantoche que leur avait confié le département de la défense des Etats-Unis (Pentagone) ?


Le monde entier allait alors être stupéfait de voir les talibans régner par la terreur, déniant même aux femmes le droit d’aller à l’école. Il était interdit de rire et d’applaudir en public ! Les enfants n’avaient plus le droit de jouer au cerf-volant. Les pendaisons, les lapidations et les exécutions sommaires se multipliaient. Mais qu’importe, les Américains pouvaient continuer leurs business et tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cependant, les talibans prospéraient, prenaient de l’assurance et surtout ils goûtaient aux félicités du pouvoir. Ils glissaient lentement mais sûrement du statut de « bons » extrémistes obscurantistes, au statut de « mauvais » extrémistes obscurantistes. Le 27 septembre 2000, un responsable taliban donnait une conférence dans les locaux du Middle East Institute (Université en Colombie se rapportant au Moyen-Orient, créée en 1954). Il y réclamait avec insistance la reconnaissance politique de son régime, prétendant qu’ainsi le cas Ben Laden pourrait être vite réglé. Mais en octobre 2000, se déroulait un autre attentat contre le navire de guerre américain USS-COLE à Aden au Yémen. Curieusement, le FBI ne fut jamais en mesure de démontrer s’il s’agissait d’un attentat imputable à Ben Laden et ses amis talibans. Pour ne pas compromettre les négociations en cours avec les talibans, le département d’Etat américain suspendait, en effet, les enquêtes du FBI.

L’ONU, par l’intermédiaire de son émissaire M. Vendrell, annonçait en novembre 2000 que les deux factions, les talibans et l’Alliance du Nord, avaient étudié un projet de paix. Pourtant, les talibans plongeaient leur pays dans un effroyable obscurantisme. En 2001, ils détruisirent à coups de canons des bouddhas géants de Bamiyan. Cette opération suscita un vif et unanime émoi international. Des critiques retentirent de toutes les grandes capitales internationales, condamnant fermement ces destructions sauvages et insensées. Les Américains ne pouvaient donc couvrir les talibans indéfiniment, sous peine de violentes critiques de la part de leurs propres alliés. Il fallait trouver une issue politique pour permettre aux talibans de sortir de la fâcheuse impasse dans laquelle ils se trouvaient. Si les talibans acceptaient de revoir leur politique par rapport aux droits humains, ils recevraient en contrepartie une assistance internationale d’ampleur pour la reconstruction du pays. Le gazoduc verrait ainsi le jour et évidemment les talibans auraient leur part du gâteau. Mais à Washington, le département d’Etat attendait toujours la livraison de Ben Laden. Georges W. Bush arrivait au pouvoir et avec lui les pétroliers entraient en grand nombre au gouvernement. En juillet, une ultime réunion se tint à Berlin. Les talibans et le président de l’Alliance du Nord furent présents. Les Américains informèrent les talibans qu’en cas de non coopération de leur part, l’option du roi Zaher Chah verrait le jour. Finalement, cette option allait également capoter.


L’administration Georges W. Bush :

Les Américains avaient longtemps espéré une coopération tranquille et juteuse, sur le plan des affaires, avec les talibans. Mais ces derniers contrôlaient plus de 80 % du territoire. Ils récusaient le fait de jouer un rôle de figurants dans leur propre pays. Fanatisés et extrémistes dans leurs interprétations radicales du Coran, ils acceptaient encore moins que des Américains « impies » pussent leur donner des ordres. Et malgré les lourdes menaces qui pesaient sur eux, les talibans ne livreront jamais Ben Laden aux Américains. L’administration Bush va exploiter un autre filon idéologique, à l’échelon international, à son avantage. Et si le terrorisme devenait une arme imparable pour pouvoir intervenir n’importe où, n’importe quand et à n’importe quel prix ? Une horrible journée, celle du 11 septembre 2001, se profilait à l’horizon. Une journée qui sera celle de toutes les controverses, de toutes les spéculations propagandistes possibles et imaginables. Une guerre pour chasser les talibans, devenus infréquentables parce que déclarés alliés de Ben Laden et du terrorisme - mot clé de cette nouvelle idéologie exploitée pour lutter contre le « terrorisme des méchants musulmans islamistes » - devenait inévitable. Les Américains avaient tous les ingrédients entre leurs mains pour saupoudrer la planète entière d’une poudre magique nommée « menace du terrorisme islamiste ». L’axe du mal et l’axe du bien seront le ciment de cette nouvelle guerre sainte, ces nouvelles croisades lancées par Georges W. Bush et sa bande de politico financiers businessmen corrompus. Les talibans représentaient un idéal amalgame alliant musulmans et terrorisme, menaçant, à l’aide du coran, la civilisation « biblique » judéo-chrétienne. Et Ben Laden incarnerait, aux yeux du monde, l’adversaire, la cible à abattre coûte que coûte, car il faut un ennemi contre lequel se battre. Un Ben Laden qui, en plus d’avoir été un ami proche de la famille Bush, avait été également formé et entraîné par les Américains.

Le 9 septembre 2001 (est-ce une coïncidence ?), Ahmed Shah Massoud, chef de l’Alliance du Nord sera assassiné par de faux journalistes, soit deux jours avant l’attentat du 11 septembre 2001. Par la suite, une guerre éclair sera menée contre l’Afghanistan par les Etats-Unis. Les talibans plieront bagages rapidement et fileront se réfugier dans les hautes montagnes. A ce jour, ils continuent leurs harcèlements contre les soldats américains qui, eux, commencent à se demander ce qu’ils font dans ce fichu pays. Hamid Karzai avait été nommé nouveau chef intérimaire du gouvernement afghan. Des compagnies pétrolières dont Chevron, Exxon Mobil et Texaco ont abouti à la création de l’oléoduc du CPC (Caspian Consortium Pipeline). Devant l’impasse politique et militaire dans laquelle se trouve l’Afghanistan aujourd’hui, les talibans semblent être redevenus « fréquentables » au point où certains renégocient déjà avec eux.


Ce que l’on nous cache :

Des intellectuels français, dont BHL, se rendaient régulièrement en Afghanistan et dénonçaient les méthodes ignobles et obscurantistes utilisées par les talibans. Certes, nous avons tous été outrés par un tel régime féroce. Mais ces intellectuels occultaient, volontairement, de nous dire que c’est par des négociations secrètes que les Américains avaient réussi à mettre au pouvoir les talibans dans un but lucratif, et surtout géostratégique, puisqu’il s’agissait de déployer des bases militaires en Asie centrale. Et pour cela, les Américains étaient prêts à tous les sacrifices, y compris celui de brader les droits de l’homme si précieux à la « vieille Europe ».

On sait à présent que l’essor économique et militaire de la Chine inquiète le Pentagone pour ne pas dire l’empêche de dormir. Beaucoup de politiques, de diplomates et de « spécialistes » en géostratégie nous prédisent un conflit du style « choc des civilisations » ou bien « monde chrétien contre monde musulman ». Je n’adhère pas à cette thèse. En effet, les religieux monothéistes cherchent plutôt à se rapprocher, se réconcilier sur le tronc commun des religions révélées. Je crois plus que l’hégémonie américaine est contestée et contestable. Une révolte des pays en émergence contre le diktat, l’ordre établi par les puissances économiques et militaires de la planète, se fait ardemment sentir. Aussi, la présence en Asie centrale de bases militaires américaines n’est qu’un avant-poste qui préfigure d’un conflit. La guerre froide qui opposait deux idéologies, celle des capitalistes occidentaux et celle des communistes du bloc soviétique est bien derrière nous. Une autre configuration semble se profiler, avec d’un côté : la Chine, la Russie, l’Iran et quelques pays arabes anciennement « non alignés » et de l’autre : les Etats-Unis, leurs alliés traditionnels européens, Israël et des pays arabes proaméricains. Car le conflit mondial qui se dessine à l’horizon, je le dis tout simplement, partira du Proche-Orient. Mais j’aurai l’occasion de revenir sur cette grave décision politique de 1948, qui fit le bonheur des Juifs et le malheur des Palestiniens non-juifs, et dont nous n’avons pas fini de ressentir les effets secondaires.


La signification du mot « hébreux » signifie : « ceux qui passent ».


Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Disponible à la FNAC, librairies et tous les sites Internet de vente en ligne
Par Moualek Touhami - Publié dans : L'Amérique
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