Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /Sep /2007 22:55

 

La liberté, clé des champs et véritable sésame pour les sociétés occidentales, rétrécit à mesure que les puissants de la planète imposent leurs règles du jeu en matières de commerce, de superprofits et de partage des pouvoirs.

 


Terrorisme : Mouvement politique qui use de la violence pour imposer ses points de vue. En clair : attitude lâche qui consiste à terroriser en tuant aveuglément des personnes innocentes dans le but, soit d’imposer ses idéaux, ses dogmes, ses choix politiques, soit de montrer ses désaccords avec telle ou telle politique conduite.

Soyons clairs : ceux qui tuent au nom de Dieu, ne tuent qu’au nom du diable. Ceux qui pensent imposer la parole de Dieu par les armes, le sang et le crime sont loin de toute religion, notamment celle de l’islam. Ceux qui aimeraient voir les gens se prosterner devant Dieu, un fusil pointé dans le dos, croient certainement que le paradis serait emmuré, grillagé, sous haute surveillance ; alors que n’entrent au paradis, selon les textes saints, que les gens pacifiques, ayant un cœur apaisé, l’âme en paix, ressuscités chaque jour passant à l’unique invocation du nom de Dieu. Ceux qui tuent au nom du prophète déshonorent le nom même de celui-ci, et sont habités par l’intolérance, en contradiction avec les enseignements, prodigués à tous les hommes de bonne volonté, qui révèlent que quiconque commettrait un mal gratuit et non fondé, ne serait-ce qu’à la défaveur d’un simple insecte, aurait à en rendre compte. Ceux qui somment les hommes et les femmes de s’engager dans des sentiers guerriers sinueux, semés de haine, empruntés par des autoproclamés martyres, sont des combattants, non dans la voie de Dieu, mais dans celle du malin, celui-là même qui fut maudit par Dieu, et ce jusqu’au jour du jugement dernier. Ceux qui asservissent leurs frères de religion, au nom de Dieu, sont ceux qui utilisent les paroles sacrées, tirées des saintes écritures, pour tromper leurs semblables ; ne se trompent-ils d’ailleurs pas eux-mêmes ? Ceux qui assassinent de pauvres innocents, au nom de la religion, la salissent et font honte à chaque fidèle digne. Ceux qui tuent au nom de Dieu, ne tuent qu’au nom de Satan, le damné, l’impie. Leur âme est maudite ici-bas, comme elle le sera, sûrement, dans l’au-delà. Celui qui ôte une vie commet l’irréparable ; rien ne saurait plus racheter cet acte abominable. Un croyant peut-il tuer au nom de son Créateur ?

Capitalisme : système économique dans lequel des personnes et des entreprises privées produisent et échangent des biens et des services selon un système complexe de prix et de marchés. En clair : l’exploitation de l’homme par l’homme.

Le monde occidental s’est considérablement enrichi en s’industrialisant de manière démesurée et inconsidérée, créant de nouvelles technologies qui, c’est évident, mettent l’équilibre écologique de la planète en danger, parce que rien, au nom du profit, n’a été fait pour protéger notre environnement. Le capitalisme sauvage et ultralibéral – celui qui fabrique des superprofits outranciers – tue la planète, détruit l’homme dans ce qu’il a de plus précieux : son humanisme ; un humanisme inscrit dans ses gènes et sa conscience. Le capitalisme avilit l’homme ; ses perversités enfreignent les règles morales, fondatrices de nos modes de vie civilisés, et créent la division dans les cellules familiales, les communautés, les sociétés, les Nations. L’homme ne travaille plus pour des besoins vitaux tels que se nourrir et s’habiller. Il travaille pour consommer. Non par nécessité, mais par obligation, par dépit, par obéissance aux systèmes mis en place par les grandes firmes en tous genres qui forcent à toujours être à la pointe du progrès, à posséder le dernier cri high-tech. Des médicaments, en passant par les cosmétiques de luxe, l’eau, l’électricité, le téléphone portable, l’ordinateur, la voiture, la maison individuelle et le vulgaire baladeur, l’homme n’a plus qu’une idée en tête : gagner plus pour consommer plus. Et si possible plus que son voisin. Cette conception sociétale n’a d’autre finalité que celle de faire rentrer l’homme dans une espèce de liberté promise et due mais qui n’est autre qu’une liberté assujettie, conditionnée aux ordres de commanditaires fort exigeants quant à la rentabilité et au chiffre d’affaires des sociétés anonymes. L’homme se croit libre dans une société prétendue elle-même libérale, alors qu’il est pieds et mains liés aux puissants décideurs qui ne sont qu’une poignée sur terre par rapport aux milliards d’habitants. Et si la révolution était déjà programmée ?

La liberté : pouvoir d’exercer sa propre volonté par l’action ou l’inaction. En clair : illusion donnée à un être humain de croire qu’il est libre parce que la cage dans laquelle il est enfermé est en verre transparent.

Pour être encore plus précis, prenons par exemple le cas de la carte scolaire qui semble tant gêner le Président Nicolas Sarkozy au point où ce dernier aimerait bien la supprimer. Quels sont ses arguments ? « Les familles françaises doivent avoir la liberté de choisir la meilleure école pour leurs enfants » nous a-t-il rabâché. Le mot liberté a donc été, là encore, lâché, sanctifié par l’Elysée. Il suffit de prononcer ce mot magique, véritable sésame passe-partout, pour que les citoyens deviennent, en majorité, plus réceptifs et plus… vulnérables. Le Président et ses spécialistes en communication l’ont bien compris. Tout cela n’est évidemment qu’un leurre, une illusion, une chimère. Pourquoi ? Croyez-vous une seule seconde que toutes les familles de France puissent être égales devant cette liberté prônée par les pouvoirs publics ? Bien sûr que non. Il est évident que les nantis, les plus aisés, les plus puissants s’approprieront les meilleures écoles et que les misérables iront grandir les rangs des écoles de troisième classe au fin fond des quartiers ghettos. Voilà pourquoi la carte scolaire a été instaurée, pour tenter de limiter les dégâts des injustices.

La liberté d’étudier ? Combien d’élèves se verront refuser l’accès à telle ou telle école, tel ou tel lycée, telle ou telle faculté, uniquement sur des critères raciaux, des critères économiques, des critères sociaux ? La liberté ? Mais quelle liberté ? Celle que les puissants imposent aux faibles ? Il n’existe de liberté absolue que celle de l’imaginaire. Et encore, à force de nous vendre du rêve, nous finirons bien par ne plus croire à nos propres rêves. Gardez votre liberté bon marché, je préfère la mienne, celle qui n’a aucun prix, aucun négoce, aucun droit d’entrée. Et on nous parle d’excellence. Quelle excellence ? Dans une course de cent mètres, seuls les trois premiers reçoivent une médaille. Faut-il mépriser les autres ? Sans ces derniers les trois premières places n’auraient aucune valeur. L’excellence ne peut se prévaloir d’une supériorité reconnue que si elle est respectueuse des efforts d’autrui. Ce n’est pas le : marche ou crève. La Liberté ? Paradoxalement, la France, traditionnellement un pays de libertés, est devenue un des pays où il y a le plus d’interdits. A quand une autre loi GAYSSOT interdisant la remise en cause des attentats du 11 Septembre 2001 survenus aux Etats-Unis tels qu’ils nous ont été relatés ? La liberté, c’est quoi, au juste ? S’asseoir sur le bord d’une route et attendre que quelqu’un veuille bien nous embarquer ?

Et l’islam ? Religion très répandue à travers le monde, originaire d’Arabie et dont les fondements sont basés sur le Coran (paroles de Dieu) et les enseignements du prophète Mohammed (Hadith). En clair : religion qui signifie soumission à la volonté et aux lois de Dieu, souvent utilisée par des fous fanatiques dans le but de soumettre leurs semblables à leurs propres turpitudes, leurs disgrâces, et ainsi les enfermer dans un terrible obscurantisme. Les fanatiques sont des fous, mais ceux qui les suivent le sont plus encore !

Mes connaissances personnelles de cette religion me permettent d’affirmer que celle-ci rend illicite les superprofits. Ainsi, un produit acheté ne peut être revendu deux, trois ou quatre fois sa valeur, par exemple. De même, les intérêts des emprunts sont également illicites, dans la mesure où l’argent ne doit pas fabriquer de l’argent, sans qu’il y ait eu un travail produit auparavant. Il s’agit de règles simples, saines et sages. En somme, le bénéfice n’est pas interdit mais il doit rester raisonnable. L’emprunt n’est pas interdit mais il ne doit pas produire des intérêts injustifiés. Règles de droiture et somme toute assez équitables. Dans l’islam, la charité et l’aumône sont des charnières centrales d’une foi qui doit être sincère et véridique pour être acceptée. Le riche a une énorme responsabilité morale : il doit se soucier du sort du pauvre et aider ce dernier à garder sa dignité et sa fierté.

Les musulmans d’Europe sont pris entre le marteau et l’enclume. Ils croient aux valeurs d’un islam tolérant et pacifique. Mais ils sont tentés par les matérialismes, ceux qui finissent par vous habiter l’esprit au point de le remplacer définitivement, provoquant une cassure, une perte de ses propres repères, et une déstabilisation qui peut rendre l’être humain fragile, charmé qu’il serait par l’appel des sirènes intégristes, promettant le retour aux racines, avec en prime la garantie de recouvrer sa dignité et sa fierté. Les musulmans d’Europe, perdus et affolés par une vie ultra matérialiste, dans laquelle ils se sentent, de toute évidence, exclus, s’évadent et se cherchent un refuge spirituel dans l’islam. Les musulmans vivant dans des pays musulmans sont eux attirés par le monde matérialiste qu’ils découvrent à travers les satellites télé. La rupture des musulmans d’Europe par rapport aux valeurs matérialistes des sociétés riches dans lesquelles ils évoluent, et la rupture des musulmans par rapport aux misères et aux injustices des pays musulmans, censés être à leurs yeux des modèles, puisque basés sur les valeurs de l’islam, sont des signes qui ne trompent pas sur la complexité et la nature même de ce que veut dire être musulman aujourd’hui, ou tout autre croyant d’ailleurs. Pour un musulman vivant dans un pays adéquat, c’est un véritable fiasco. Et pour un musulman vivant à l’étranger, dans un pays non musulman, la tentation de revenir à des règles strictes et disciplinaires est grande. Les intégristes fous fanatiques jouent donc sur les deux tableaux : aux uns, ils disent : vos frères vous trompent !  Aux autres ils disent : ne vous laissez pas corrompre par les sociétés occidentales bassement matérialistes et véritablement immorales !

Il serait temps que l’occident comprenne que les musulmans vivant en Europe, particulièrement, sont un vrai rempart contre l’intégrisme, à condition bien sûr de les intégrer. Et comment les intégrer ? En faisant d’eux des citoyens à part entière. Des citoyens qui ne vivraient leur religion que sur un plan privé et non plus comme une espèce de refuge pour fuir le racisme, l’ostracisme et l’exclusion dont ils seraient victimes. Les pays riches devraient se poser des questions sur les origines du terrorisme. Car la misère et l’injustice peuvent conduire tout droit aux précipices.


Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : Société - Démocratie - Liberté
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