Partager l'article ! Touhami Moualek : A Monsieur Panteix Myriam qui incarne la France éternelle: La France : Marseille, puis Paris Débarqué en ...
La France : Marseille, puis Paris
Débarqué en France en septembre 1963, j’ai d’abord fait connaissance avec le froid ; un froid sec, vif, qui
glace le nez, gèle les mains et les pieds. Habitué au soleil d’Algérie et à des hivers très doux, le choc "thermique" fut plutôt brutal pour le petit homme que j’étais encore.
Puis s’ensuivirent des séjours dans différents hôpitaux en région parisienne, à la suite de problèmes
pulmonaires : une tuberculose, dont des placements principalement d’une durée de :
2 mois passés au foyer des garçons Saint-Vincent de Paul dans le XIVe arrondissement de Paris
6 mois passés au Préventorium Albert CALMETTE à Yerres (ESSONNE)
1 an passé au préventorium LANNELONGUE à SAINT-TROJAN-LES-BAINS sur l’ile d’Oléron dans le département 17 (CHARENTE MARITIME).
L’Algérie était, parait-il — excusez-moi mais je ne devais pas être au courant ou peut-être ne vivais-je pas dans le
même pays — française. Pourtant, lorsque je débarquai du paquebot qui me conduisit au port de Marseille, je ne connaissais pas un mot de français, même pas le mot merci. Puis, mon père qui était
venu me chercher me fit vite regagner Paris, ville où il travaillait régulièrement.
L’apprentissage de la lecture et de l’écriture
C’est précisément sur l’ile d’Oléron, à SAINT-TROJAN dans la Charente Maritime qu’allait intervenir un homme :
Monsieur PANTEIX. Un homme dont j’ignorais tout, mais qui par sa gentillesse, son dévouement, son abnégation, la passion qu’il portait à son beau métier (Instituteur) et l’amour (d’un père) qu’il
nous témoignait individuellement, allait m’apprendre à parler le français et surtout à le lire et à l’écrire. Usant d’une méthode d’enseignement classique et très imagée — frapper l’esprit et la
mémoire (exemple : la lettre « G » était représentée par un beau « Geai » et la lettre « S » par un « Serpent » accroché à une branche d’arbre, et
ainsi de suite) — M. Panteix me communiquait une réelle envie d’apprendre et m’intéressait à cette merveilleuse mécanique des lettres dont j’apprenais, doucement mais sûrement, les
différentes techniques destinées à déchiffrer les combinaisons entre elles et à les codifier pour parvenir, à mon tour, à former les sons que je désirais diffuser. Une véritable magie qui
m’absorbait entièrement ; une passion pour les lettres naissait. Les résultats furent surprenants. Très vite j’appris à lire et à écrire. Enfin, je m’exprimais de manière explicite et dans
un français plus que correct. Mon caractère naturel sociable et facile à vivre fit de moi un enfant vite adopté. Je pouvais désormais m’exprimer en français aussi librement que je le faisais en
arabe, ma langue maternelle.
Cette France éternelle que je garde au fond de ma mémoire
M. PANTEIX, dont j’apprendrai plus tard qu’il porte le prénom de Myriam, incarne cette France éternelle :
une France généreuse, fraternelle, accueillante et tolérante. Une France qui m’aura tout donné. Dans ce centre de LANNELONGUE où j’étais placé pour des raisons de santé mais également pour des
raisons familiales (mes parents étaient également malades et ne pouvaient plus s’occuper de leurs enfants) le mot racisme, comme par magie, avait disparu. Tous les enfants étaient sur le même
pied d’égalité et traités de la même manière. L’attention particulière destinée à chaque enfant était d’une humanité et d’une chaleur dont on se souvient tout le restant de sa vie. Depuis, j’ai
bien sûr bâti ma vie d’homme, construit ma propre famille et me suis forgé un caractère. Si j’ai pu franchir tous ces chemins difficiles, contourner tous ces écueils sans encombre, c’est grâce à
des hommes comme M. Panteix. En effet, lorsque toutes les portes, inlassablement, se referment devant vous et vos faibles bras d’enfant en difficulté, parce que la vie en a décidé ainsi,
seul l’espoir d’obtenir de l’aide de la part d’adultes pourrait vous sauver de la noyade et de la désespérance. M. Panteix, et je veux bien évidemment lui rendre un fervent hommage et lui
témoigner toute mon amitié, toute ma gratitude et toute mon affection, a fait partie de ces gens que Dieu aura eu la bonne idée de dresser sur mes chemins. Grâce à M. Panteix j’ai obtenu les
clés ouvrant les portes initiales de la société : apprendre à lire et à écrire, même en ayant pris des années de retard. Il n’est jamais trop tard. Oui, je vous le dis, à vous qui êtes de la
famille de M. Panteix, qui êtes de ses amis ou qui, pour une raison ou une autre, l’avez approché de près, en vérité vous pouvez être fier qu’un tel homme ait pu partager votre
destin.
Touhami Moualek
Autobiographie de Monsieur Myriam PANTEIX
Pour commander le livre :
Intitulé : Monsieur Myriam
ISBN : 978 2 7466 0720 0
Tél. 06 84 64 41 96
Courriel : myriam.panteix@orange.fr
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bjr Touhami
ts mes voeux les meilleurs pr 2011...
dommage que l'on te croise plus sr lbs, certainement pr des raisons qui t'apartiennent...
bien à toi
strym.
Bonjour Strym.
Mes meilleurs voeux également, à toi, ta famille et tous tes proches.
Il y a beaucoup d'intervenants de qualité qui viennent sur LBS. En ce qui me concerne, c'est juste une question de temps. Rien d'autre. Je reviendrai de temps à autre. Il faut dire que ne plus parler de sionisme, cela fait du bien... parce que c'est un sujet tellement lourd ! Mais il faut bien affronter ce problème crucial.
A très bientôt, l'ami !
Touhami