Partager l'article ! Touhami Moualek : Algérie, Iran: cibles privilégiées des Occidentaux: Il ne faudrait surtout pas mélanger ce qui se passe en Libye et ce qui ...
Il ne faudrait surtout pas mélanger ce qui se passe en Libye et ce qui pourrait se passer en Iran. Nicolas Sarkozy a déclaré, en substance :
« Je suis pour des frappes ciblées contre les installations nucléaires iraniennes. » Ceci est une déclaration de guerre contre l’Iran. Il ne faudrait pas s’étonner, par la suite, que
l’Iran réagisse et use de son droit à la légitime défense. L’Iran serait agressé, il serait par conséquent logique et normal que celui-ci se défende. Mais cela nous entraîne, avant tout, dans le
dossier du nucléaire international. La communauté des Puissants a en effet décidé que l’Iran ne devait pas se doter de l’arme fatale, malgré les déclarations incessantes des dirigeants iraniens
précisant qu’il s’agit de production d’énergie nucléaire à des fins civiles. Ce que les Occidentaux ne croient pas un seul instant. Ainsi, il existerait d’un côté le bon (l’Occident), autorisé à
posséder l’arme atomique pour se défendre, et de l’autre côté le méchant (l’Orient), non autorisé à posséder l’arme nucléaire. Etrange balance et étrange manière de concevoir la justice.
Pourquoi l’Iran représenterait-il un danger ? L’arme nucléaire est une arme dissuasive. En faire usage aurait des conséquences dramatiques pour l’humanité. Aussi, les Iraniens ne pourraient
recourir à cette arme sans se risquer à être à leur tour rasés de la carte. Non, la vraie raison, il faut aller la chercher au Moyen-Orient, en Israël. En effet, cela fait plus d’une décennie que
l’Etat sioniste d’Israël fait pression sur les USA et les Européens pour une attaque contre l’Iran. Entreprise irréalisable pour différentes raisons. Le Président Nicolas Sarkozy n’a jamais caché
son amitié personnelle et son soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël. Il serait prêt à attaquer l’Iran pour satisfaire aux exigences de ses amis sionistes. Et pourtant, l’Iran ne représente
aucun danger pour la France, et les Iraniens sont amis avec le peuple français. La question qui se pose est de savoir jusqu’où les Occidentaux seraient-ils prêts à se battre pour les intérêts de
l’Etat sioniste d’Israël ; un Etat, il faut le préciser, raciste, colonialiste, criminel, pratiquant l’apartheid et la ségrégation raciale puisqu’un Juif, en Palestine occupée, est considéré
comme supérieur aux autres (théorie de la race aryenne). A l’insu des peuples de la Terre (pas des dirigeants occidentaux), les Israéliens se sont dotés de l’arme nucléaire et n’hésiteraient pas
à l’utiliser ; plus de 200 missiles sont pointés sur l’Europe. Voilà comment Israël fait confiance à ses amis et voilà comment Israël trompe le monde entier.
Je suis favorable aux mouvements populaires qui se déroulent
actuellement dans le monde arabe, parce qu’ils répondent précisément à des envies de liberté et de démocratie et mettent fin aux dictatures. Les Arabes sont certes plus à même de se voir diriger
par des guides, c’est me semble-t-il plus dans leur culture et leur histoire. Mais à défaut de guides sains et sincères (*grives), il faut savoir s’auto-administrer et s’autogérer (*merles).
Cependant, si je crois en la liberté, je ne suis pour autant pas naïf. Ce n’est pas dans ma nature. Aussi, il existe un parallèle, qui évidemment ne m’échappe pas, entre l’Iran (voire l’Algérie)
et la situation insurrectionnelle dans le monde arabe, notamment en Syrie ; pays allié de l’Iran. L’Iran est un pays perse. Nous savons que les peuples arabes sont majoritairement derrière
Mahmoud Ahmadinejad. Parce que ce dernier tient tête aux sionistes et dénonce les crimes et les injustices commis par les Puissants. De tout temps, les Perses ont été un peuple pacifique et n’ont
ni envahi ni colonisé personne. Leur donner des leçons à ce sujet serait saugrenu. Mais quel est ce parallèle auquel je fais allusion ? Les Occidentaux déstabiliseraient les pays arabes –
profitant de l’actuel climat révolutionnaire – pour ensuite leur offrir une aide financière, logistique et militaire. Cela étant réalisé – on le voit actuellement en Libye – les Occidentaux
s’attireraient, en quelque sorte, une espèce de gageure du monde arabe quant à une intervention militaire en Iran. Le discours serait : « L’Iran est dirigé par un tyran, il faut qu’on
l’empêche de s’équiper de l’arme atomique. » Ainsi, enrôlés dans une doctrine de la démocratie à l’identique de l’occident – ce qui serait une erreur pour les peuples arabes – les peuples
arabo-berbères verraient d’un tout autre œil une intervention militaire contre l’Iran. Reste, cependant, à voir quelles seraient les attitudes des Chinois et des Russes, autres acteurs suivant de
près ce qui se passe dans les pays arabes et en Iran. Et il ne serait pas étonnant que ces derniers donnent un coup d’arrêt brutal aux entreprises très périlleuses engagées actuellement par les
puissances occidentales. Car allumer un feu est à la portée de n’importe quel idiot ; mais éteindre ensuite l’incendie est chose plus difficile. Sans bien entendu exclure le fait que l’on
pourrait bien soi-même se voir dépassé par les événements. Les principaux visés sont actuellement l’Iran et l’Algérie. Deux pays qui résistent aux pressions internationales. Et A l’heure où
l’avenir d’un pays souverain, tel la Libye, se joue à Paris, quelle crédibilité peut-on encore donner au CNT libyen et à la communauté internationale ? Toute la question est là. Nicolas
Sarkozy joue avec le feu. Et avant de frapper l'Iran, posons-nous également la question de savoir ce que la France fait encore en Afghanistan.
*A défaut de grives on mange du merle.
Touhami Moualek
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