Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 19:29

MT.jpgL'Algérie demeure une cible privilégiée des Occidentaux. Parce que c'est un pays riche en matières premières, mais également riche d'un peuple fier et digne, et surtout composé d'une jeunesse qui vibre à la vue du drapeau blanc et vert, frappé du croissant de Lune et d'une étoile ; une fierté qui étonne et surprend le monde entier. L'Algérie a souffert et a payé chèrement le prix de son indépendance ; et cela, les nouvelles générations ne l'oublient pas. Le traumatisme causé par huit années de guerre est tel qu'il ne faut plus parler de colonialisme aux Algériens car ce serait raviver chez eux des plaies à peine cicatrisées. 2012 sera l'année de la célébration du cinquantième anniversaire de l'indépendance algérienne. On peut bien entendu comprendre la peine des pieds noirs et des Juifs séfarades lorsque ceux-ci se remémorent les souvenirs des années colonialistes passées en Algérie, mais à aucun moment on ne peut comprendre le comportement d'une majorité d'entre eux qui faisait de moi, et de mes coreligionnaires, un sous-homme,  un indigène administré par le code de l'indigénat, comme les Noirs étaient administrés par un Code Noir. On n'oublie jamais les humiliations, les souffrances, les crimes commis au nom d'un système : le système colonialiste. Albert Camus aura beau crier, à qui voulait l'entendre, que les Algériens étaient tous égaux, et ce fut à son grand honneur, il n'empêche que le mal était fait. Jean-Paul Sartre, au risque de sa vie, se rangera du côté du FLN et s'écriera : L'Algérie n'est pas la France ! Simone de Beauvoir sera son entière complice dans cette aventure qui vaudra au philosophe et sa compagne deux plastiquages de leur appartement. Nous étions loin des philosophes de pacotille, extrémistes sionistes, du style de Bernard-Henri Lévi et Finkielkraut, tous deux juste bons à attiser la haine et à nous servir matin, midi et soir un menu composé exclusivement d'une Shoah instrumentalisée politiquement et brandie comme un trophée à des fins de culpabiliser tout un continent, toute une planète : la planète Terre. Et pourtant BHL est né en Algérie (à BENI-SAF) ; ses ascendants n'ont pas su ou n'ont pas voulu se battre pour une Algérie fraternelle dans laquelle tous les Algériens auraient cohabité en paix et dans la justice.
 
Un CNT destiné à opérer en Algérie a été étudié sur mesure par les services secrets américains, français et qataris, entre autres. A l'instar du CNT libyen, le CNT algérien avait pour mission de mettre en exergue la pauvreté en Algérie, d'amalgamer politique et social et bien entendu de dénoncer la corruption à tous les niveaux, y compris au sommet de l'Etat en vue d'arriver à ébranler le pouvoir politique en place. D'organiser, d'infiltrer et de contrôler des manifestations à des fins de déstabiliser le régime de l'intérieur, puis de diviser, de créer des scissions entre les différentes couches des populations algériennes. Les islamistes purs et durs algériens exigent depuis longtemps plus de liberté en Algérie. Ce que les autorités algériennes ont toujours refusé. Ces musulmans activistes aimeraient donc renverser le Président Bouteflika, leur principal adversaire politique.

sadiBHL.jpg Les identités des noms des personnes nominées au grand CNT algérien sont, selon des indiscrétions de sources américaines : Anouar Adam, un islamiste exilé aux USA et ancien dirigeant du FIS, parti dissout. Rabah Kébir qui vit en Allemagne. Abassi Madani, financé par le Qatar et Al Jazeera. L'émir du Qatar a grandement facilité l'émigration de Abassi Madani vers le Qatar, puis vers la Malaisie. Saïd Sadi, chef du RCD, qui est un proche de BHL. On notera le mariage forcé entre le FIS et le RCD, prouvant que tout est bon à prendre quand il s'agit de pouvoir. Saïd Sadi n'en est plus à un reniement près. Enfin, il faut noter que le turbulent Ali Ben Hadj ne serait pas sur la liste. Salafiste wahhabite et l'un des co-fondateurs du FIS (Front Islamique du Salut), ce dernier a été libéré par les autorités algériennes et demeure néanmoins sous haute surveillance, car jugé comme étant un homme toujours dangereux et susceptible d'être manipulé par ceux arrivant de l'extérieur.
 
Et Nicolas Sarkozy dans tout cela ? D'abord, ce dernier semble totalement ignorer que de nombreux intellectuels algériens résident à travers le monde et principalement en Europe, donc en France également. Cette intelligentsia algérienne pourrait bien lui faire regretter certaines de ses prises de position, voire certains de ses actes. Ce dernier a en effet piloté l'intervention en Libye ; intervention de plus en plus contestée y compris en France. De plus, Bouteflika n'est pas le défunt Kadhafi, celui-ci bénéficie d'un appui total des Russes, mais aussi et surtout des Chinois. Et cela pourrait bien valoir au Président français quelques revers si d'aventures l'Algérie était ciblée. Ensuite, plus qu'Obama, Nicolas Sarkozy aimerait, selon Alger, rentrer dans l'histoire à travers ces révolutions arabes, en devenant en quelque sorte le parrain du Printemps arabe.

Que faut-il penser de toutes ces gesticulations politiques et géostratégiques ? Que les Occidentaux, après avoir exécré les islamistes qu'ils traitaient de terroristes, font désormais appel aux services de ces mêmes radicaux musulmans pour renverser des régimes pour la plupart émancipés et qui ont renvoyé à leurs bases ces puissances occidentales. Autrement dit, devant un islam devenu totalement exponentiel et incontrôlable, même dans les meilleurs laboratoires chargés d'étudier cette religion étonnamment expansionniste, les Occidentaux s'achètent une assistance auprès des islamistes radicaux pour ensuite les retourner contre les musulmans et le monde musulman en général. Eteindre un feu par un autre feu maîtrisé. Mais allumer un incendie est un jeu d'enfant. L'éteindre poserait plus de problème. Et Nicolas Sarkozy joue avec le feu. C'est un fait.
 
Et comment s'acheter les services des renégats ? En leur offrant le pouvoir sur un plateau d'argent. C'est chose faite en Libye. C'est chose en voie de réalisation en Syrie. Et l'Algérie ? Si l'Algérie tombe, c'est tout le Maghreb qui tombe. D'où un intérêt certain pour des puissances occidentales, malades et enlisées dans une crise capitaliste qui les tuera tous s'ils ne déplacent pas leurs maux vers d'autres, de s'ouvrir les portes de l'Afrique. Et la clé n'est autre que l'Algérie.


Touhami Moualek

 

Source : Alain Benjamin, dirigeant de l'Union Syndicale des Travailleurs américains.

Par touhami - Publié dans : Néocolonialisme
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Recommander

Littérature

 

Nouvelle publication de :
La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance


Editions : EDILIVRE APARIS
edilivre.com

Jacquette LIVRE
amazon.com et tous les sites Internet de vente en ligne ainsi qu'en librairie

 

 

Visiteurs uniques


Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés