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Si l’Occident avait, au nom des Droits de l’Homme, condamné les dizaines de milliers de tortures et d’emprisonnements
arbitraires avérés de citoyens prétendus « islamistes » en Tunisie et en Égypte (et d’autres pays bien sûr), j’aurais, aujourd’hui, compris l’indignation de ce même Occident à voir émerger la
charia dans ces pays (y compris la Libye). Or, non seulement ce même Occident n’avait rien condamné, mais pire encore il applaudissait des deux mains les dictateurs mis en place et soutenus par
ce même Occident. Je ne comprends donc pas pourquoi, à présent, les Occidentaux voudraient dicter à des peuples libres, et libérés, ce qu’ils devraient adopter comme civilisation, et surtout les
empêcher de revenir à leurs essences et leurs sources naturelles puisées dans leur religion : l’islam. Sources déjà confisquées auparavant par un système colonialiste annihilant les valeurs
islamiques. Il y a quelque chose qui me gêne profondément dans cet Occident arrogant, prééminent et s’affichant comme civilisation supérieure. On ne juge pas un homme à ses comptes en
banque et ses amas d’or, mais plutôt à ses qualités morales et humaines (le prophète Mohamed – paix et salut sur lui – était un berger analphabète et indigent). L’erreur monumentale de certains
dirigeants occidentaux se situe à ce niveau-là. Encore faudrait-il, également, connaître le sujet de la charia et de la maîtriser avant d’en dire tout et n’importe quoi sur des chaînes de télé et
de radio propagandistes à profusion. Au nom de quoi et de qui aurions-nous le droit de donner des leçons aux Tunisiens, aux Libyens et aux Égyptiens ? La démocratie serait-elle devenue un système
dictatorial ? Désormais, la question est véritablement posée.
En Occident, notre système juridique est devenu si complexe que parfois les Docteurs en droit eux-mêmes s’y perdent. A moins d’être avocat, on n’y comprend plus rien. Sans doute aussi une manière de brouiller les cartes et de rester ainsi maître d’un système opaque de la part du pouvoir politique. On sait, par opposition, qu’autrefois, dans les tribus arabes ou les villages africains, un comité de sages, constitué de personnes intègres, à la moralité reconnue par tous, et d’un âge mûr, rendait justice et tous se conformaient aux décisions prises quelles qu’elles eussent été. Parce qu’il y avait l’acceptation en des être humains fondés à exercer ces responsabilités, et la confiance placée en des personnes respectables et respectées. Qu’avions-nous de plus que ces civilisations que nous traitions de « sauvages » ? Je refuse aujourd’hui de donner des leçons aux Tunisiens, aux Egyptiens et aux Libyens. Ils sont assez grands pour décider de leur avenir. Nous ne sommes en rien leurs tuteurs. Nous ne sommes en rien des exemples pour eux. En France, par exemple, dans les banlieues, il y un regain de l’islam dans les foyers musulmans. S’est-on seulement interrogés sur ce phénomène ? Non, on se contente de snober ces gens considérés comme incompatibles avec les valeurs de la République. Le drame des Occidentaux, particulièrement les laïcs, est que l’Etat peut peut-être tout, mais il y a tout de même une chose qu’il ne peut pas : se substituer à Dieu. Tout son problème est là.
Touhami Moualek
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