Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 10:17

2737330033.08._sclzzzzzzz_.jpg Les Français ont peur, nous dit le Président Nicolas SARKOZY. Après la peur des banlieues et de l’insécurité physique, voici maintenant la peur due aux finances, celle qui va sans doute permettre au gouvernement de rebondir, de reprendre le contrôle. La peur, toujours la peur, celle qui permet à nos gouvernants de se maintenir aux sommets du pouvoir. Décidément, la peur est le terrain de prédilection de notre Président.

Dans une entreprise privée, lorsque des fautes sont commises, des sanctions sont appliquées proportionnellement au degré de responsabilité des fautes constatées, et à toutes les personnes impliquées. Et si un responsable mettait une entreprise en difficulté parce qu’il aurait pris de mauvaises décisions en matière de gestion, celui-ci serait licencié, congédié. A ce sujet, les fameux parachutes dorés versés à des dirigeants qui auraient minablement et piteusement managé la société, qui les emploierait, est un exemple supplémentaire des perversités d’un capitalisme non plus libéral ou ultralibéral, mais bien d’un capitalisme sauvage, sans foi ni loi, obéissant aux seules règles des affairistes ; soit un capitalisme de privilèges, de passe-droits, d’avantages odieux, offrant aux puissants de la planète toute latitude de tirer les meilleurs profits possibles même lorsqu’ils ont été dans l’incapacité de diriger au plus haut niveau de compétence une société commerciale. Ce capitalisme-là ne peut continuer, ne peut perdurer à nuire aux masses prolétaires vivant, elles, du fruit de leur travail. Ce capitalisme-là est en opposition avec toute éthique, toute morale, tout droit commercial qui doit théoriquement l’accompagner. Ce capitalisme-là nuit à l’homme et met en danger sa survie même.

Dans toute cellule organisée, intelligente, ayant pour fonction d’intervenir dans un quelconque domaine d’activité, dotée d’un règlement approuvé par l’ensemble des acteurs intervenant dans cette structure, des responsabilités sont confiées à ceux-ci, en fonction des compétences inhérentes à chacun. Cette organisation fonctionne selon des règles qui lui sont propres, règles décidées et définies par ses propres acteurs, mais aussi et surtout en tenant compte des lois situées à un niveau supérieur et national, votées par les parlementaires (les représentants du peuple), eux-mêmes élus par les citoyens majeurs de la Nation. Là aussi, lorsque des fautes, des irrégularités sont constatées, les responsables sont tenus de rendre des comptes ; ils sont jugés, sanctionnés et éventuellement renvoyés. La démocratie ne s’improvise pas ; elle est pensée avant d’être mise en application.

Or, dans notre système d’économie de marché, précisément le capitalisme, des fautes sont régulièrement commises par des tricheurs, des profiteurs, des usuriers, des spéculateurs, des voleurs qui profitent des failles d’un système cupide, perfide, par manque de transparence. Et régulièrement les tenants du système, sur le plan politique, social, juridique, médiatique et économique ferment les yeux, enterrent les affaires et dissimulent la vérité au peuple. Que s’est-il passé, par exemple, dans l’affaire du Crédit Lyonnais ? Y a-t-il eu intervention au plus haut niveau de l’Etat pour faire pencher le verdict en faveur de monsieur TAPIE ? Je vous mets au défi de connaître un jour la vérité. Régulièrement nous sommes informés de personnes et personnalités mises en examen pour abus de biens sociaux, détournements de fonds, malversations, etc. Puis, plus rien. Les immunités votées par les élus, visant exclusivement à se protéger eux-mêmes, empêchent les citoyens de connaître la vérité. Eh bien, aux USA, c’est la même chose, mais à une échelle beaucoup plus grande, étant donné la démographie, la superficie et le niveau de technologie atteint par ce pays. Soyez tranquilles, au pays de l’oncle SAM, où le capital est roi, où l’argent coule à flots, les responsables, aisés et fortunés, ne seront jamais inquiétés. Voilà le modèle, voilà l’exemple que notre Président envie aux Etats-Unis d’Amérique et qu’il aimerait bien nous importer. La loi de la jungle ! Il suffit de regarder le 7è art américain, une des formes d’expression la plus libre aux USA, pour comprendre comment fonctionne ce pays, comprendre ses complexités, ses abus dans tous les domaines, mais surtout les injustices qu’il fabrique et qui s’accumulent de jour en jour. Un penseur a dit un jour : « Trop de liberté tue la liberté ». Parce que la liberté elle-même doit être canalisée. Sinon, elle s’égare, mue par sa propre force démultipliée à l’infini.

Mariane-d-bacle-financier.jpg A l’heure où la France est non pas réformée mais carrément restructurée, réadaptée de fond en comble, et calquée à l’identique sur l’ultralibéralisme outre-Atlantique, je suis, et je ne dois pas être le seul, pris d’un écœurement, d’un dégoût, d’une répugnance, à la vue qu’un système qui a détruit les hommes, ruiné la morale, anéanti la nature, détraqué le climat, méprisé la vie, qui s’est même permis de commercialiser le temps, et tant usé et fait courber les êtres humains au nom du « dieu-profit », ait pu être à ce point idolâtré, aimé, adoré, adulé et convoité par les hommes. Ce système perverti, n’ayant de règles que celles édictées par l’argent, n’est plus viable. Comme le communisme était contraire à la nature humaine par ses doctrines collectivistes, systématiquement égalitaires, centralistes, interdisant les biens et tous systèmes de production privés, le capitalisme devient également opposé à la nature humaine parce qu’il avilit, asservit, écrase et domine l’homme, toujours au nom d’un profit, d’un superprofit, et cela sans jamais trouver de fin, de limite en soi. Le capitalisme « jusqu’auboutisme » est mort. Reste à l’enterrer définitivement avec des funérailles bien gardées : ceux qui, comme moi, auront envie de cracher sur sa tombe seront sûrement très nombreux. Aussi, je vous invite, Françaises et Français, vous qui fûtes souvent les premières et les premiers à montrer la voie du progrès, par la révolution si nécessaire, à venir assister à la cérémonie des obsèques du capitalisme dont les date et heure nous seront, je l’espère, précisées par les bons soins de l’Elysée.

Le « capitalsocialisme », c’est-à-dire une mixité du capitalisme et du socialisme doit pouvoir assurer la relève. Reste à en préciser une définition, des lignes essentielles, un cadre juridique, social et économique. J’ai déjà eu l’occasion, pour ma part, de dire et d’écrire que le XXIe siècle sera celui de la fin du régime capitaliste tel qu’il existe et surtout celui de la fin de la démocratie qui n’est qu’un modèle utopique basé sur une des plus grandes supercherie des temps modernes. Il serait temps, là également, de passer à autre chose. Nous, nous sommes évidemment disposés à nous entretenir avec qui souhaiterait nous entendre et nous écouter.

Car, bonnes gens, dormez tranquilles, aujourd’hui, même parmi les plus éminents spécialistes de l’économie, tout le monde est perdu, dépassé par l’ampleur de la catastrophe. C’est comme si nous avions à faire face à plusieurs tremblements de terre simultanés. Qui pourrait les stopper ? Les perturbations doivent, dans ce cas, s’arrêter d’elles-mêmes. Ensuite, place au bilan, celui des dégâts.

 

Touhami Moualek

29 septembre 2008

Par touhami - Publié dans : Politique générale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Recommander

Littérature

 

Nouvelle publication de :
La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance


Editions : EDILIVRE APARIS
edilivre.com

Jacquette LIVRE
amazon.com et tous les sites Internet de vente en ligne ainsi qu'en librairie

 

 

Visiteurs uniques


Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés