Partager l'article ! Touhami Moualek : Les Palestiniens ont droit à des dédommagements pour préjudices physiques et moraux: Les Occidentaux n ...
Les Occidentaux n'ont qu'un seul mot à la bouche : le Droit. Mais ont-ils eux-mêmes respecté ce droit ?
S’il est un sujet qui empoisonne particulièrement la classe politique française, voire met en danger la cohésion sociale en France, c’est bien celui du Proche-Orient. En effet, la guerre opposant la résistance palestinienne à l’armée d’occupation israélienne – je suis obligé de présenter les choses ainsi car c’est la réalité sur le terrain – pourrait créer des tensions. La sagesse des uns et des autres a jusqu’à présent éviter des affrontements tant souhaités par les ultras. Ainsi, la communauté musulmane de France s’est toujours obligée à dénoncer les crimes perpétrés en territoires occupés par l’armée israélienne, mais en se bornant à appeler au respect du droit international et au respect des droits de l’homme.
Les Juifs de France sont, dans leur grande majorité, solidaires avec l’Etat juif et sioniste. Sont-ils pour autant tous imprégnés de l’idéologie dangereusement sectaire et hégémonique qu’est le sionisme ? Je ne le pense pas. Ce qui pousse le Juif français lambda à une solidarité immuable avec Israël, c’est bien entendu un lien historique et dramatique, celui incarné par la Shoah par exemple, et on peut aisément le comprendre, mais c’est aussi un tissu, une sensibilité, une aspiration, une communion « mythique » religieuse. Les enfants d’Israël, tels que désignés dans le saint Coran, ont été ceux par qui Dieu révéla, par l’intermédiaire de dignes Messagers, des lois destinées aux hommes ; des lois civilisatrices explicitant ce qu’est le bien et ce qu’est le mal. Cela ne fait en rien des Juifs des êtres supérieurs ; au contraire cela devrait les inciter à être des exemples pour l’humanité, sur le plan spirituel et humain, et surtout de simples croyants humbles et nobles devant l’Eternel. Le sont-ils ? Oui, majoritairement. Cependant, l’instrumentalisation par les sionistes des souffrances subies par les Juifs, notamment d’Europe, crée le doute et sème le malaise, même parmi les Juifs sincères et honnêtes dans leur foi. Et à ce rythme, comme le prétendent, à juste titre, les brillants, courageux et éclairés écrivains israéliens Gidéon Lévy et David Grossman : « Bientôt, il ne nous restera plus qu’à pleurer sur Israël ! » La situation actuelle et à venir est résumée dans cette phrase qui devrait résonner dans toute oreille juive attentive à la sagesse et aux enseignements de Dieu.
Les Musulmans de France sont également, dans leur écrasante majorité, solidaires avec le peuple palestinien. Sont-ils pour autant haineux envers les enfants d’Israël ? Pas du tout. Les souffrances, les injustices, les humiliations, les sarcasmes, les avanies dont sont victimes tous les jours les Palestiniens ne peuvent laisser indifférents en premier lieu les pays arabes, et en second lieu tous les Musulmans de la Terre – et ils sont un certain nombre ! – et bien évidemment la communauté musulmane de France. Comment un Français de souche européenne, si je puis m’exprimer ainsi, pourrait-il concevoir que la communauté juive de France puisse être solidaire avec les Juifs d’Israël, et ne pas admettre en contrepartie que la communauté musulmane de France soit elle aussi solidaire des Palestiniens ? L’équité ne peut admettre le deux poids deux mesures. Les Musulmans de France sont assez sages pour ne pas, comme l’affirment les extrémistes et puissants lobbies juifs français, importer ce cruel conflit en France. Mais ils restent attentifs à ce qui se passe au Moyen-Orient et sauront réagir lorsque cela s’avèrera nécessaire en utilisant les moyens démocratiques et juridiques qu’offrent les lois de la République. Si les sionistes ont d’ores et déjà cassé, brisé, vidé de toute substance vitale, le judaïsme en tant que religion révélée, et le christianisme en tant que religion également révélée aux hommes par Dieu l’Eternel, ceux-ci doivent être conscients qu’ils ne pourront en faire de même avec l’islam. Les Musulmans répliqueront en opposant une vive résistance à quiconque tentera de souiller le « Message et son Messager ». Le monde occidental matérialiste ne peut comprendre, malgré toute son hyper puissance technologique. Quand l’âme s’égare, cela engendre une séparation naturelle qui s’opère alors entre le côté matériel (corporel) et le côté spirituel (incorporel), car l’un et l’autre ne cohabitent qu’à un certain niveau : celui de l’existence terrestre en ce bas monde.
Les non juifs et les non musulmans français (qu’ils soient croyants ou athées) ne sont ni pour l’une ni pour l’autre partie, me semble-t-il. Culpabilisées, criminalisées et montrées du doigt comme ayant été en partie responsable de la solution finale allemande (Holocauste) par les sionistes, les autorités françaises successives se sont soulagé la conscience en ayant d’abord voté favorablement pour la création de l’Etat juif d’Israël, et ensuite en ayant cru ainsi s’être acquittés d’une dette envers les Juifs de France et d’Europe. Renvoyer les Juifs à leur terre promise, telle était la « solution finale » adoptée par les alliés à la fin de la seconde guerre mondiale. Mais les Européens, après avoir refermé les yeux sur une tragédie, celle des crimes liés à la Shoah, les rouvrent désormais sur un autre drame latent, celui d’un génocide à petit feu des Palestiniens. Et qui sont les bourreaux ? D’une solution finale nazie dont ils n’avaient absolument rien à voir, les Palestiniens se sont retrouvés les principales victimes d’une autre solution finale, adoptée sans qu’ils n’aient eu à dire mot, sans qu’ils n’aient été consultés. Cela s’appelle du vol ; une spoliation légalisée. Au nom de quoi et au nom de qui, des puissances militaires s’octroient-elles le pouvoir de déposséder un peuple de ses terres pour les « restituer » à d’autres gens prétendus divinement élus ? Les bulletins de vote ne sont d’ailleurs consignés nulle part, dans aucun document officiel, ni aucun registre – comment le pourraient-ils ! – si ce n’est qu’ils n’existent qu’à travers un horrible chantage exercé par les sionistes ; des sionistes qui retiennent en otage non seulement les Européens, mais également les Juifs intègres et honnêtes. Les Européens reconnaissent aujourd’hui la lourde faute politique d’avoir créé par la force un Etat juif sur la terre de Palestine. La cohabitation entre Juifs, Chrétiens et Musulmans était possible autrement. Le fait d’avoir évincé un peuple au profit d’un autre – existe-t-il un peuple juif homogène ? – ne peut et ne pourra jamais s’inscrire dans une logique sage et acceptable par les hommes doués d’intelligence. La création de l’Etat juif et sioniste d’Israël, n’est, 62 ans après, toujours pas admise dans la région par les pays voisins d’Israël. Même l’Egypte, premier pays arabe majoritairement musulman a avoir signé un accord de paix avec Israël compte une écrasante majorité d’Egyptiens qui refusent toujours cette entité sioniste à leurs frontières. Hosni Moubarak ne fait que tronquer une réalité dans la région connue de tout le monde. Mais nous savons tous que les mensonges ne vivent que provisoirement ; la vérité reprend toujours le dessus. Le faux laisse tôt ou tard place au vrai ; le voleur restitue ce qu’il a volé, son jour venu. Les Palestiniens ont été volés, privés de leurs biens les plus chers : leurs terres. Aussi, ces derniers ont le droit, un droit international – il appartient au Conseil de Sécurité (ONU) d’endosser ses responsabilités – qui reconnaisse non seulement les dommages physiques et moraux infligés aux Palestiniens, mais qui proclame également un droit à des dédommagements pour ces derniers.
Il existe trois acteurs intervenant dans cette tragédie de la guerre israélo-palestinienne, susnommés. Les Juifs, les Musulmans et les Européens. Nous savons qu’il devra être trouvé une solution pacifique pour parvenir enfin à instaurer entre les deux belligérants une paix juste et durable. Pour ma part, je ne crois pas à l’option militaire, qu’elle vienne d’un côté, comme de l’autre. Je crois plus à un rapprochement entre des hommes de dialogue et de bonne volonté qui aient réellement l’intention de d’œuvrer pour un avenir qui soit bénéfique aux deux peuples, et qui aient une farouche volonté d’accepter de faire des concessions. Aussi, Israël doit cesser ses implantations de colonies, véritables provocations envers la communauté internationale et le droit international, et décider, une bonne fois pour toutes, de revenir aux frontières d’avant la guerre des six jours (1967). Ce n’est qu’à ce prix que les dirigeants israéliens pourront exiger des Palestiniens qu’ils reviennent à la table des négociations. Le recours à la violence doit être proscrit dans les deux camps.
J’en appelle aux Musulmans sages et éclairés, aux Juifs respectueux des valeurs morales sur Terre, aux Hommes attachés aux valeurs de paix et de justice, à encourager et à organiser tout débat constructif et utile entre Palestiniens et Israéliens, à privilégier le dialogue et à adopter, autant que possible, une impartiale neutralité. Enfin, il appartient, me semble-t-il, aux Français d’origine juive et musulmane de démontrer que le dialogue est possible entre eux. J’invite donc toute âme habitée par un sentiment de paix et de justice à débattre dans l’unique but de tenter de proposer des solutions qui permettent enfin d’arrêter cette guerre et d’aller vers une possible paix. Car une paix durable dans cette région changerait la face de la Terre et le cours de l’histoire.
Touhami Moualek
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