Partager l'article ! Touhami Moualek : Libye, les agents sionistes postent Israël aux portes de l’Algérie.: Intervenir militairement en Libye, dans le but de prot ...
Intervenir militairement en Libye, dans le but de protéger les populations civiles et leur éviter d’être massacrées par le régime sanguinaire et
dictatorial de Kadhafi, était chose inévitable. C’était l’aspect humain de cette affaire. J’ai été personnellement favorable – même si je ne me suis pas fait que des amis dans cette histoire – à
cette décision prise au Conseil de Sécurité par le vote de la résolution 1973, adoptée en mars dernier. L’esprit de cette résolution a été, en ce qui me concerne, parfaitement défini :
protéger les civils, imposer une zone d’interdiction de vol, et recourir à la force si nécessaire. Je rappelle ici les propres déclarations de monsieur Ban Ki-moon, secrétaire général de
l’ONU : « La résolution 1973 réaffirme la souveraineté libyenne, son intégrité territoriale et exclut explicitement toute occupation du territoire libyen. » Il a également pris
soin de préciser, à chaque fois, que les opérations entreprises étaient dictées par un seul et unique objectif : sauver les vies de civils innocents. Je suis de ceux qui pensent qu’il faut
à tout prix s’en remettre au droit international. Ce qui n’exclut pas le fait de faire valoir ses positions et de refuser le deux poids deux mesures, systématiquement accordé, par exemple, à
Israël. De plus, devant l’inexistence et l’inefficacité de la Ligue arabe à régler quoi que ce soit dans le monde arabe, il fallait bien réagir. On peut évidemment se demander si parfois de tels
bombardements intensifs étaient nécessaires. Kadhafi est le responsable d’une telle faillite humaine et politique.
A partir de là, sur le terrain, il fallait attendre de voir. C’est la France, avec l’Angleterre, qui a pris les initiatives. Mais très vite, du
fait de la réintégration de la France au sein de l’OTAN (à l’initiative exclusive de Nicolas Sarkozy et contre une décision antérieure du Général de Gaulle de quitter l’Organisation du traité
de l'Atlantique Nord), la France sera « dessaisie » de son rôle de leadership dans ce conflit. C’est L’OTAN qui reprendra les commandes. Les USA, déjà enlisés en Afghanistan et en
Irak, vont prêter main-forte, mais se retireront très vite, assurant néanmoins leur soutien aux alliés, et se disant prêts à intervenir si l’OTAN et la situation sur place l’exigeaient. Ils
mettront à la disposition de l’OTAN leurs services de surveillance par voie satellitaire, et avions AWAX (surveillance aéroportée). La France sera contre une reprise en main par l’OTAN. Mais
quand on décide de revenir dans un groupe, il faut en assumer les conséquences. Confirmation que la France n’a plus du tout les mains libres. La Chine et la Russie (pays permanents) qui n’ont pas
brandi leur droit de veto, sur insistance de la France, au moment du vote de la résolution 1973, et qui se sont abstenus, observent la situation et lancent régulièrement de sérieuses mises en
garde très explicites : pas d’ingérence dans les affaires intérieures libyennes. Quant au CNT (Comité National de Transition), organisation fantoche et théâtrale dans la mesure où celle-ci
discute non plus avec des officiels de la diplomatie mais avec un BHL (Bernard Henri-Lévy) dont tout le monde connaît les prises de position radicales en faveur de l’idéologie politique sectaire
et sioniste, fondée par Benjamin Ze'ev (Theodor Herzl), apparaît comme une nouvelle marionnette implantée en Libye à des desseins occidentaux. Bref, le CNT est tout sauf représentatif des
populations libyennes. Des populations complexes du fait des disparités tribales, claniques, et surtout n’ayant aucune structure d’Etat ; ce sur quoi Kadhafi consolidait son règne. Tout le
monde siégeait dans des Conseils Populaires n’ayant aucun pouvoir, mais en fin de compte c’est Kadhafi qui, seul, régnait en maître absolu. La Nation libyenne n’a jamais existé :
preuve que Kadhafi n’était pas sincère et honnête avec son peuple.
A ce jour, et après la chute du régime de Kadhafi (ce dernier finira bien par être arrêté, ou tué, car il ne pourra pas jouer
les fugitifs indéfiniment), un puissant et influent pays de la région, l’Algérie, a reconnu bon gré mal gré le CNT comme nouvelle et unique autorité suprême libyenne. Une Algérie inquiète de voir
à ses frontières des forces armées occidentales. La guerre d’Algérie n’est pas si loin que cela et les traumatismes sont encore présents. Et l’Algérie a raison de s’inquiéter car tout prête à
confirmer ses inquiétudes. En effet, dernièrement, c’est à Paris, en présence de soixante chefs d'Etat et sur convocation de Nicolas Sarkozy, que s’est décidé le sort de la Libye. Pourquoi Paris
et pas Tripoli ? Et hier, 15 septembre 2011, messieurs Sarkozy et Cameron, se sont rendus en Libye. Une faute politique ! Ce déplacement peut être interprété comme ayant pour but
d’installer un nouveau tribun, le CNT, et ainsi afficher au monde ses nouvelles conquêtes. C’est un signe que les masques tombent. L’après résolution 1973 se déroule doucement. Autant nous étions
nombreux à tolérer une aide aux « insurgés libyens », autant nous serons encore plus nombreux à refuser que la Libye devienne une base militaire et une succursale à la disposition des
puissances militaires occidentales, entraînés par l’axe « USraélien. » Je crains, pour ma part, que les Occidentaux, forts de leurs positions militaires et géostratégiques, ne soient de
nouveau tentés par un impérialisme n’ayant plus pour fondement le colonialisme, mais une espèce de recours à des vendeurs à la sauvette de liberté et de démocratie accrédités par un label
certifié made in BHL. Le plus dur pour les Libyens n’était pas de faire tomber Kadhafi ; ce n’était qu’une question de force et donc de temps. C’est chose facile. Le plus dur est à
venir : celui de faire prendre conscience aux Libyen qu’ils sont enfin libres et qu’ils doivent désormais entrer dans une autre lutte, celle de rester maîtres de leur liberté. La Libye doit
donner des gages de sa souveraineté à ses voisins directs, dont bien sûr l’Algérie. L’après-Kadhafi s’annonce périlleux.
Touhami Moualek
|
Nouvelle publication de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance Editions : EDILIVRE APARIS edilivre.com
amazon.com et tous les sites Internet de vente en ligne ainsi qu'en librairie
|