Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 11:40

Ce que la presse ne dit pas sur le discours de Nicolas Sarkozy le 19 février 2012 à Marseille.

 

 

Nicolas-Sarkozy-a-Marseille_scalewidth_630.jpgMarseille, 19 février 2012, ville modèle de tolérance, ville cosmopolite, précisément la ville où Nicolas Sarkozy découvre qu'il vit en France, et prend conscience qu'il aime la France. Mieux vaut tard que jamais, me direz-vous. Mais j'ai bien rigolé ; cela m’a bien amusé, j’en ai même ri aux larmes. Un homme qui prétend aimer la France alors qu’il passe son temps à exécrer des minorités entières parmi les plus importantes composantes de la société française, n’est autre qu’un trompeur, un imposteur, un spécialiste du mensonge et de la manipulation des couches populaires. Cet homme n’est pas crédible, parce qu’il attise les haines et ravive les tensions ; parce qu’il joue avec le feu quand il monte les uns contre les autres ; parce qu’il n’apaise pas, il excite les bas instincts humains. Un tel homme ne peut me faire croire qu’il aime la France, car aimer la France, c’est avant tout aimer les Français, tous les Français, sans exception ! Aimer la France, c’est déjà se battre pour la France au lieu d’aller prêter allégeance à des Etats fauteurs de troubles, assassins d’enfants, et voleurs de mémoire, voleurs de terres. Cet Etat tout le monde, désormais, le connaît bien.

 

Dans son discours, qui n'est rien d’autre qu'une diatribe, un réquisitoire à charge, et une attaque en règle contre son principal adversaire socialiste (François Hollande), Nicolas Sarkozy n'a fait aucune proposition digne d’un candidat sortant. D'ailleurs, a-t-il au moins une proposition sérieuse à faire valoir au pays, lui qui en cinq ans s'est pris au jeu de la casse sociale, de la démolition du modèle français pour le remplacer par le modèle germanique (allemand) ? La critique, l'agressivité, la rancœur, le ressentiment et la violence verbale ne sont pas un programme politique en soi, ils sont révélateurs d’une impuissance, d’un aveu d’échec cinglant. Le discours du Président sortant a été creux, sans envergure, sans dessein national, sans véritable projet politique collectif, et sans enthousiasme. Où est l’espérance, où est l’humanisme, où est le rêve, où est l’ambition, où est le désir de conquérir, non pas des voix, mais des cœurs ? Nulle part. L'homme est usé, fatigué, au bout du rouleau. La question que je me pose est celle-ci : Nicolas Sarkozy croit-il encore en ses chances, tant le doute s’est emparé de son esprit, tant il semble crucifié par son bilan catastrophique ? A cracher (appelons un chat un chat) constamment sur ses adversaires et sur les Français issus de l’immigration, en faisant les yeux doux à une extrême droite restaurée par une belle chevelure blonde aux yeux bleus, vitrine de façade qui ne trompe personne, il finira bien par se renier lui-même. Non, Nicolas Sarkozy croit de moins en moins en ses chances, il pratique la politique de la terre brûlée, la politique de la peur : C’est moi ou le chaos, martèle-t-il. Alors, l'UMP a choisi son terrain, est revenue à ses vieux démons : diffuser la haine parmi les citoyens, les diviser pour mieux les manipuler. La stratégie de s'en prendre aux personnes mêmes, et entre autres à François Hollande, démontre le niveau intellectuel misérable que le candidat sortant compte bien donner à cette campagne. Incapable de faire des propositions concrètes aux Français, et surtout de leur parler d'avenir, il s’enferme dans un vase clos, celui consistant à bouder les Français, étonné que ceux-ci ne lui témoignent pas plus d’affection. Quel crime de lèse-majesté ! Cette stratégie met clairement en évidence l’extrême vulnérabilité du candidat sortant, son incapacité à reprendre les commandes d'un navire désorienté, privé de gouvernail, voguant au gré des vents, et surtout marque une farouche volonté de faire oublier ses fautes, ses excès en tous genres, ses penchants pour le pouvoir, l'argent, les people, ses addictions pour la vie de luxe et de château. Et surtout un bilan dont on ne retiendra qu'une chose : le marche ou crève. Une France montrée du doigt par les principales instances internationales chargées du respect des Droits de l’Homme, est une France faible parce qu’affaiblie par ses ennemis de l’intérieur.

 

Nicolas Sarkozy nous a également informés que nous aurions échappé à plusieurs catastrophes successives. Non, j'ai le regret de répondre que nous n'avons pas encore échappé à la catastrophe : celle de son éventuelle réélection.

 

 

Touhami Moualek,

Banlieue, Racaille.

 

 

 

 

 

 

 

Par touhami - Publié dans : Politique générale
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