Partager l'article ! Touhami Moualek : Nicolas Sarkozy, l’homme des gâchis.: ...
Quels gâchis et quels regrets ! Mais les regrets n'aident en rien à avancer ; tout reste permis quand on parle d'espoir, de rêve et d'avenir. Si je blesse ou heurte quelque sensibilité que ce soit dans l'article suivant, vous m'en voyez désolé, mais ne dit-on pas que seule la vérité blesse. Et je l'ai été souvent, non pas à cause de vérité mais à cause de mensonges proférés à mon encontre uniquement parce que je suis un enfant d'immigré. Tout comme Nicolas Sarkozy d'ailleurs. Et là aussi, quel gâchis !
Atlantiste, libéral et communautariste, Nicolas Sarkozy sera un fervent défenseur des Etats-Unis d’Amérique pour lesquels il voue une extraordinaire fascination ;
d’ailleurs, au lendemain de son élection à la Présidence de la République, il se rendra en vacances d’été dans ce pays (d’où allait naître un drame planétaire) et sera même reçu par la famille
Bush au complet. Ne manquera à cette joyeuse réunion entre amis que Mme Cécilia Sarkozy, déjà en partance pour un ailleurs. Nous avons encore en mémoire les photos de la garden-party (repas
champêtre) offerte par les Bush en l’honneur des Sarkozy. Puis, en 2008, précipitamment, les « Subprimes » ont conduit le système capitalo-financier dans une crise dévastatrice sans
précédent, ayant des conséquences catastrophiques pour les organismes financiers et toutes les entreprises commerciales. En résumé, il s’agissait de crédits immobiliers à haut risque octroyés aux
ménages américains, et à des prix indexés sur le taux directeur de la FED (banque centrale américaine). Deux faits majeurs se produisirent. Le premier a été le relèvement du taux directeur de la
FED, passant en trois ans de 1 % à 5 %. Le second est que le marché de l’immobilier a brusquement chuté, affectant le capital immobilier (richesse) des emprunteurs. Conséquence : les
emprunteurs ne purent plus rembourser et le système basé sur la relation de partenariat (contrat) « prêteurs - emprunteurs » s’est littéralement écroulé. Ce virus financier
(spéculation) se traduisit par des insolvabilités en masse de la part des emprunteurs, ces derniers ne pouvant plus rembourser des traites surenchéries à cause des taux d’intérêts variables. Et
la propagation ne s’arrêtait pas là. En effet, les organismes prêteurs ont eu l’idée, sans doute pour limiter la casse, de transformer leurs créances (les prêts accordés) en titres (obligations)
proposés sur les marchés financiers. Beaucoup de banques européennes acquerront ces titres, pensant réaliser de bonnes affaires financières spéculatives. C’était sans compter sur les mécanismes
boursiers qui allaient accomplir leur implacable logique financière : ces titres se sont effondrés sur les marchés lorsque les emprunteurs sont majoritairement devenus insolvables (créances
devenues irrécouvrables pour les emprunteurs). Les hypothèques ne couvrant plus le montant des capitaux prêtés, à cause de la baisse importante du marché de l’immobilier, ces montages, certes
sophistiqués mais inconscients dans leurs prises de risque, entraînèrent principalement les banques dans une inéluctable spirale aboutissant à une faillite. Il faudra, en Amérique et en Europe,
l’intervention des Etats de chaque pays pour éviter une banqueroute internationale. Le système capitaliste et financier, tant idolâtré par notre Nicolas Sarkozy national, démontrait ses limites
spéculatives. Nous aurons alors droit au discours de Toulon, en 2008, dans lequel Nicolas Sarkozy dira : « La spéculation, c’est terminé ; les marchés qui font ce qu’ils veulent,
c’est terminé ; l’immoralité dans les affaires, c’est terminé… » Preuve, une fois de plus, que Nicolas Sarkozy réagit toujours après les événements, mais jamais avant par anticipation.
Il subit les événements sans les maîtriser. Un peu comme lorsqu’il nous disait, en tant que ministre de l’Intérieur, après qu’un « relâché » de justice avait récidivé, ceci :
« Vous allez voir ce que vous allez voir, les récidivistes, c’est terminé aussi ! » Et effectivement, nous avons vu et nous avons même compris la supercherie. Les récidives ont
continué et les spéculations financière également !
Nicolas Sarkozy est l’homme du gâchis. Il n’utilise pas toutes les potentialités de la France, il les divise, les scinde, les étouffe, les
déprécie pour mieux les contrôler. Il réagit toujours une fois les événements déroulés et ne fait preuve d’aucune anticipation instinctive et intelligente. Les banlieues françaises, pour ne
prendre que cet exemple, regorgent de talents, d’hommes et de femmes n’aspirant qu’à exprimer leurs compétences, leur volonté, leur énergie de vouloir s’en sortir honnêtement et de se bâtir un
meilleur avenir. Il ne fera rien pour eux ; rien, si ce n’est de les stigmatiser, de les pointer du doigt sous prétexte d’un débat sur une identité nationale ayant pour unique but de monter
les Français les uns contre les autres ; sous prétexte d’une culture judéo-chrétienne menacée par un islam envahissant, conquérant ; sous prétexte que la France serait menacée par
l’étranger : cet étrange individu. Prétextant qu’il sera celui qui aura permis aux Français, issus de la diversité (il faut bien les localiser, les personnifier), d'accéder au gouvernement,
il appellera dans son équipe gouvernementale des "personnalités" parmi les plus incompétentes de France, dont Fadéla Amara. Cette personne est tout sauf représentative des banlieues
françaises ; mais elle incarne l’image parfaite que Nicolas Sarkozy s’ingénue à donner des banlieues, et cela suffit à sa stratégie. L’image de Rachida Dati, et de Rama Yade sera également
exploitée à des fins de publicité personnelle, censée être la preuve d’une certaine ouverture d’esprit ; car en France, avec Nicolas Sarkozy, faire appel aux talents de Français de
« couleur » est un réel exploit, un véritable « changement d’état d’esprit ». Miracle ! Quelle provocation, quelle gifle pour toutes ces personnes intelligentes,
instruites, diplômées, françaises ne l’oublions pas, et compétentes, vivant dans les banlieues. L’arrogance de celui qui crie, hurle, scande partout qu’il sait tout, mais qui finalement ne sait
rien ; le mépris de celui qui se croit être parvenu et qui n’est parvenu qu’à se convaincre lui-même ; la soif de pouvoir d’un Président déjà usé au bout de cinq années de règne
seulement, me conforte dans ma position initiale : cet homme ne pouvait rien apporter de bon à la France. Alors, aujourd’hui, après nous avoir servi les USA comme sauce quotidienne, Nicolas
Sarkozy nous recommande expressément l’Allemagne qui est, selon lui, un exemple, un modèle économique. Mais alors, la France, pays de l’ingéniosité, de la morale civile, de la conscience
universelle, de la créativité sans limite, des Lumières, de l’innovation continuelle, de la Révolution culturelle, politique, sociale, également pays des Molière, Voltaire, Rimbaud, Hugo et Zola,
entre autres, serait condamnée à s’aligner, à suivre des idoles, des divinités fussent-elles Angela Merkel. Quel vulgaire destin pour une si grande Nation que la nôtre. Car non, monsieur Nicolas
Sarkozy, le nazisme n’est pas né en France, pas plus que le fascisme et le franquisme. Les Français, au contraire, ont combattu tout cela ! Ne le saviez-vous donc pas ? Assez de
gâchis ! La France a besoin de tous ses enfants, de toutes ses potentialités pour rentrer dans le nouveau monde qui l’attend. L’Allemagne est un grand pays, mais pas au point de servir de
modèle sociétal à la France. Vous et vos gouvernements – si j’excepte François Fillon qui aura eu deux mérites, selon moi : celui de gouverner avec calme et sérénité confronté à de
continuelles tempêtes médiatiques, et celui de vous supporter – avez gâché les chances françaises de rivaliser avec les meilleurs de ce monde, non pas en copiant je ne sais quelle autre grande
Nation, mais en jouant avec ses propres forces, ses propres valeurs et ses propres armes qui sont : l’ingéniosité, la créativité, l’ouverture d’esprit, la tolérance et la reconnaissance de
tel ou tel effort consenti par des Français, non pas par affinité politique ou partisane (bonjour M. Christian Clavier, au fait la mutation du chef de service en Corse vous a-t-elle au moins
servi à quelque chose ? Alors j’en suis heureux pour vous), mais par leurs qualités intrinsèques, leur courage et leur combativité dans un monde devenu rude et sans pitié. Oui, monsieur le
Président, vous avez été l’homme des gâchis insupportables. Vous avez même réussi à nous enlever l’espoir ; cet espoir qui fait vivre, tenir debout des millions de Français fatigués et
blasés de voir à quel point vous les avez trompés, dupés et finalement trahis. Car la traitrise aura marqué votre quinquennat : après nous avoir promis une République irréprochable, nous
finissons avec une République déplorable. Oui, vous avez été dans des mouvements perpétuels, été gesticulant, menaçant parfois, été toujours là où l’actualité le commandait souvent à des fins
personnelles, mais vous n’avez jamais été là où l’on vous attendait : aux côtés des Français et principalement des plus défavorisés.
Touhami Moualek,
Le bonjour de la banlieue
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