Partager l'article ! Touhami Moualek : Nous sommes des Hommes libres: Nous en avions déjà parlé. Il est effectivement des sujets évincés, occultés, déformés, ...
Nous en avions déjà parlé. Il est effectivement des sujets évincés, occultés, déformés, revus et corrigés par l’Histoire, par les
Historiens, de manière volontaire, souvent pour des raisons politiques, parfois par la raison du plus fort. J’ai pour exemple un certain 17 octobre 1961 qui vit, à Paris, des manifestants
pacifiques algériens massacrés et jetés à la Seine – plus de 300 victimes selon des investigations sérieuses et rigoureuses, alors qu’officiellement Maurice Papon en reconnaîtra quelques uns (2),
couvert par le gouvernement du Général de Gaulle – ; ou bien ces Justes et courageux musulmans de la Mosquée de Paris qui, au prix de leur vie, sauvèrent des Juifs de la déportation et d’une
mort certaine, en les cachant et en leur procurant de faux papiers ; ou encore cette affirmation maintes et maintes fois scandée par les pieds-noirs et les séfarades d’Algérie :
« la valise ou le cercueil », alors qu’en juillet 1962 des dizaines de milliers (on avance le chiffre de 200.000) choisirent de rester en Algérie ; aucun mal ne leur sera fait et ils ne
seront jamais inquiétés, ni par la population, ni par les pouvoirs publics, parce qu’ils n’avaient rien à se reprocher, n’ayant pas de sang sur les mains ; aujourd’hui, ils vivent encore en
Algérie ainsi que leur descendance ; quant aux harkis, massacrés à l’indépendance, ces derniers combattirent pour le compte de la France, et c’est bien l’armée française qui les a abandonnés
à des Algériens, épris de vengeance dans un contexte extrêmement chaud et périlleux ; les autorités françaises le savaient bien. Alors, accuser le FLN est chose facile et paraît être une
excuse bien misérable, même si bien entendu la morale condamne ces actes, à partir du moment où la guerre était bel et bien finie. Mais il en est ainsi des comportements humains. La France
elle-même connut ces drames avec ceux que l’on dénommera pudiquement les collabos.
Aussi, je suis personnellement fier et digne que des musulmans, au nom d’une fraternité, d’un humanisme dépassant toute question ethnique, religieuse ou politique, aient pu sauver la vie d’innocents juifs, livrés à la vindicte publique nazie. Des hommes libres n’ayant de comptes à rendre, dans leur philosophie, qu’à Dieu. J’en tire une grande fierté, et si c’était à refaire, bien évidemment nous serions nombreux à réitérer ces actes de bravoure, de générosité et d’humanisme, alors que l’Europe entière était plongée dans un climat de barbarie et de sauvagerie les plus abjectes.
Mais attention, pas d’amalgame. Le fascisme et le nazisme sont une chose, le colonialisme en est une autre. Même si en 1942 une interconnexion
a pu s’établir entre le nazisme, le fascisme et les victimes du colonialisme. En effet, des Algériens – ceux que l’on appelait à l’époque les indigènes, les autochtones – incultes et analphabètes
pour cause de crimes colonialistes, voyaient en Hitler et en la Wehrmacht des libérateurs. A leurs yeux, Hitler avait défait leurs maîtres, ceux qui les maintenaient dans un état de
sous-hommes opprimés et colonisés, et bien entendu, cela suffisait à accorder un crédit, une sympathie aux nazis. Pour autant, et sur un plan purement intellectuel, après avoir remis les
événements dans leur contexte historique, ces Algériens-là ne cautionnaient absolument pas l’idéologie nazie dont ils ignoraient tout et dont ils n’avaient d’ailleurs aucune information.
De même, une certaine propagande sioniste montrera le mufti de Jérusalem (Al-Husseini) comme étant le porte-parole d'une alliance entre le
nazisme et l’islam. Ce mufti agissait en son nom propre. Pourquoi y mêler l’islam et tous les musulmans ? Il faut d’ailleurs, là-aussi, remettre les choses dans un contexte colonialiste.
Mais la stratégie de certains intellectuels juifs radicaux est d’amalgamer tout cela à des fins de vouloir absolument impliquer les Musulmans dans l’Holocauste, ce qui est évidemment absurde. Car
il est évident que ni l’islam, ni les Musulmans, ni même les Palestiniens n’ont rien à voir avec la Shoah et les crimes perpétrés par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Et l’on peut à
ce sujet évoquer aussi les crimes de guerre commis par les alliés également ; pour exemple le bombardement sur la ville de Dresde qui fut réduite en cendres. Etait-il utile de massacrer
autant de civils ?
Oui, vous devez aller voir le film « Les Hommes libres » d'’Ismaël Ferroukhi. Parce que ce film dit des choses et nous apprend des choses que beaucoup étaient loin d’imaginer, embrigadés et endoctrinés dans une certaine version de l’histoire.
Touhami Moualek
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