Partager l'article ! Touhami Moualek : révolutions arabes : l'Algérie, échec et mat: Si je me place dans la position d’un homme qui réfléchit logiqu ...
Si je me place dans la position d’un homme qui réfléchit logiquement, librement, avec mesure et sagesse, je me dis que les Libyens ont eu raison de se
révolter afin, d’une part, de se débarrasser d’un dirigeant devenu seul et unique propriétaire de tout un pays, et d’autre part, de vouloir évoluer vers une liberté politique, sociale et
économique. C’est un idéal légitime, louable et respectable. Les Français ont eux-mêmes connu une Révolution avant de parvenir à établir, au prix de leur sang, une République libre et
démocratique. Alors, cet élan spontané, volontaire et courageux, affiché par le peuple libyen, laisse à penser, sur un plan moral, que la communauté internationale se devait d’intervenir pour
protéger les populations civiles exposées aux tirs de fusils ordonnés par un dirigeant devenu fou. Ce n’est ni de la candeur, ni de la crédulité, c’est une appréciation objective d’une situation
donnée par rapport à un changement, une aspiration de liberté voulue par tout un peuple. La plupart des dirigeants arabes usent de deux méthodes pour asservir leur peuple. D’abord la religion.
Des interprétations erronées et intégristes étouffent et empêchent les citoyens de s’émanciper, de progresser et d’évoluer. Ces prêcheurs radicaux sont soutenus et encouragés par les régimes
dictatoriaux. Ensuite l’armée. Les militaires sont, dans ces régimes totalitaires, de vrais seigneurs. Rien ne leur est refusé. En contrepartie, ils matent, répriment et tuent dans l’œuf tout
début de révolte. Si bien que voir des peuples arabes se soulever est très courageux, voire téméraire ; on le voit bien en Syrie. La Libye entrait bien dans le cadre d’une révolution dont
l’objectif était de s’affranchir du joug d’un dictateur.
Mais si je me place dans un contexte politico-stratégique, géostratégique et pragmatique, je me dis que c’est peut-être un peu trop beau pour être vrai. Comme tout homme je suis gouverné par une ambivalence, une dualité : un moi idéaliste et utopique m’incite à croire en une libération d’un peuple par ses propres moyens, parce que le pouvoir de la liberté est irrésistible lorsqu’il se saisit de l’esprit des hommes ; tandis qu’un autre moi, guidé par une dystopie (contre-utopie) radicale, m’entraîne dans le doute et l’acceptation d’une réalité toute autre : tout cela ne serait qu’une stratégie, une manœuvre destinée à faire croire que l’on se porte au secours d’un peuple ; une ruse en vue de s’installer durablement en Libye, tout en se positionnant par rapport à telle autre future cible de la région. Et le côté obscur de mon esprit semble l’emporter sur mon côté idéaliste ; les critiques que j’entends, ici et là, martèlent toutes les mêmes remarques, à savoir que la protection des civils ne serait qu’un leurre, et que l’objectif réel serait bien celui de prendre le contrôle des puits de pétrole libyens. Ne pourrait-il pas exister une synthèse des deux : oui, l’intervention avait pour but et de protéger les civils d’une part, et de s’assurer, lorsque la situation du pays serait stabilisée, de juteux contrats pétroliers d’autre part. L’un et l’autre à la fois.
L’Algérie est à son tour visée. En France, les « anciens de là-bas » voyaient déjà d’un bon œil les violences, les attentats et les
horreurs qui sévissaient en Algérie dans les années 80-90. Ils priaient pour un effondrement, un chaos de l’Algérie, gage d’un éventuel retour. Il n’en sera rien. L’Algérie tiendra bon ;
l’Etat restera fort, et Bouteflika réussira à instaurer une concorde nationale. Pas de pardon, juste un acte civil responsable de la part de tous les Algériens. Le pardon viendra avec le temps.
Et voilà que le « printemps arabe » naît, surprend tout le monde. La Tunisie, puis l’Egypte. Les deux peuples auront raison de leur dirigeant respectif. Mais puisque l’Algérie ne s’est
pas écroulée, malgré tous les attentats et tous les crimes – commis par qui ? On ne sait pas – dus à une terrible guerre civile, on pourrait peut-être, de l’étranger, profitant de cette
aubaine du « printemps arabe », l’aider à imploser de l’intérieur. La Libye a été sujette à des troubles. L’Occident, dépassé dans un premier temps par ces révoltes arabes, réagit à
l’affaire libyenne. Autant pour la Tunisie et l’Egypte, les Occidentaux seront attristés par le départ de Ben Ali et Moubarak, deux dictateurs à leur botte, autant pour Kadhafi ils mettront
tout en œuvre pour entretenir, aider et soutenir cette révolte libyenne. Le CNT sera assez vite reconnu par la France qui aura l’aval des Américains pour prendre les choses en main, en compagnie
des Britanniques. Après un début d’enlisement, les forces restées loyales à Kadhafi perdront du terrain et, doucement mais sûrement, tomberont aux mains des insurgés, jusqu’à Tripoli. Reste le
bastion de Syrte, très difficile à prendre.
Et nous en revenons à
l’Algérie. Ce pays a appliqué une politique de neutralité affirmant qu’il appartenait aux Libyens de régler eux-mêmes leurs problèmes. Si le peuple libyen veut la chute de Kadhafi, c’est son
affaire. Par contre, l’on peut protéger des civils sans vouloir occuper un pays. La présence des forces armées de l’OTAN aux frontières de l’Algérie n’est pas du goût des Algériens, méfiants
depuis le début. La reconnaissance du CNT par l’Algérie s’est fait attendre. La France ne pouvait pas critiquer directement les dirigeants algériens, cela aurait entraîné une réaction immédiate
de ces derniers, conduisant à des querelles diplomatiques. Nicolas Sarkozy chargera donc les responsables du CNT de jeter le doute et la suspicion sur l’Algérie. Nous savons de source sûre que
les Israéliens désignent l’Iran et l’Algérie comme étant une véritable menace pour leur sécurité. La France de Nicolas Sarkozy s’est « sionisée » davantage et les puissants lobbies
français tentent désespérément de déstabiliser l’Iran et l’Algérie. Profitant des révoltes arabes, les régimes aux ordres des sionistes essaient par tous les moyens de lancer des mouvements de
protestation, puis de révolte, et enfin de soulèvement général, créant ainsi une possibilité d’intervention militaire, à l’exemple de la Libye. Et comme je le disais au début, entre une
révolution naturelle et logique, compte tenu des régimes arabes corrompus, autoritaires et rétrogrades, et une récupération de ces révolutions par les puissances occidentales, il est difficile de
se faire une opinion sûre et indiscutable. Mais réflexion faite, je préfère l’action à l’inaction, le combat à la soumission. Les pays arabes ont, quelles que soient nos opinions, eu raison de
manifester leur colère et leur volonté de changement. Et je rends hommage à toutes ces femmes, tous ces hommes arabes, berbères, et autres, tombés en héros. Si les dictateurs arabes contestés par
leur peuple avaient eu la sagesse de se retirer, bien des drames auraient été évités. Mais les dictateurs s’accrochent toujours, même au pire.
L'unité de la Nation algérienne a jusqu'à présent évité aux Algériens de tomber dans le piège de la
division et donc du risque d'une nouvelle guerre civile. Nicolas Sarkozy s'est targué, récemment, de dire aux responsables du CNT libyen: "Attendez de voir ce qui va se passer en Algérie
d'ici un an et trois en Iran." Nicolas Sarkozy n'a aucune expérience et aucune connaissance du monde et de la culture arabes. Lui-même n'est plus très sûr de franchir le premier tour de la
prochaine élection présidentielle française. A travers les réseaux sociaux, les sionistes et pro-sionistes français appellent sans arrêt les Algériens à se révolter. Ils oublient que la France
est elle-même au bord d'une révolution civile. Plus que jamais les anciens de l'Algérie française œuvrent pour une déstabilisation de l'Algérie. Et cela doit être dit et dénoncé car c'est un crime. Il appartient aux
seuls peuples de décider de leur sort et de leur destin. Cela s'appelle de l'ingérence dans les affaires intérieures d'un Etat souverain et va donc contre tout traité et pacte
internationaux.
Touhami Moualek
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Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-28, THÉORÈME DES ÉCHECS. - LE SECRET des ÉCHECS.