L'Amérique

Vendredi 24 août 2007 5 24 /08 /Août /2007 14:45

A l’Amérique que j’ai tant aimée et dans laquelle je ne me reconnais plus…



Qui ne rêvait pas, il y a encore quelques décennies, d’aller en voyage aux Etats-Unis ? Cette Amérique conquérante, pays des libertés, des droits de l’homme, a bercé ma jeunesse et celle de beaucoup d’autres ; nous étions à la recherche, en quête, d’un absolu, d’un autre monde fait de rêves, de chimères, d’utopies. Nous y croyions avec force et conviction ; et seule la grande Amérique rendait possible ce qui était ailleurs impossible. Patrie des Marylyn Monroe, Elvis Presley, Fred Astaire, John Wayne, Garry Cooper, Franck Sinatra, Montgomery Clift, Garry Grand, John Fitzgerald Kennedy etc. (pardon aux autres monstres sacrés, mais ils sont trop nombreux), l’Amérique a marqué d’une empreinte indélébile la planète. Amie de la liberté, de la défense du droit et des valeurs morales indispensables à toute civilisation, elle redonnait espoir aux déçus de la vie, à ceux qui n’étaient pas nés du bon côté. Bien sûr, il y eut le Viêt-Nam et ses massacres, ses horreurs, ses monstruosités. Le grand Mohamed Ali tiendra tête et ira en prison parce qu’il dira non à cette guerre et aux drames humains qu’elle entraînera. C’était aussi cela, l’Amérique ! Puis survint le retrait du bourbier vietnamien, sans gloire, sans honneur, comme si l’Amérique faillait déjà à ses devoirs de se battre contre les vrais ennemis de la démocratie, de répandre la justice et l’ordre ; un ordre puisé d’une morale biblique. Cette Amérique-là, je l’ai tant aimée, tant adorée, la plaçant au-dessus des autres Nations, lorsque de mes yeux émerveillés je vis l’homme marcher pour la première fois sur la Lune. JFK avait gagné son pari fou et insensé. Les teen-agers marqueront ma mémoire lorsque James Dean exprimait les passions et « la fureur de vivre » d’une jeunesse américaine devenue rebelle. « L’équipée sauvage » qui a fait de Marlon Brando, l’homme aux yeux hypnotiseurs, une star éternelle vêtue d’un blouson noir et d’un jean, symbole d’une liberté en marche, me donnera des frissons, répandant l’odeur d’une Amérique conquérante et éternellement jeune et que je pouvais presque humer de chez-moi. Qui n’a pas aimé et défendu les couleurs de cette Amérique-là, une Amérique au grand cœur, une Amérique où la démesure était une nécessité, une réalité, celles d’un rêve américain que rien se semblait restreindre ? L’Amérique montrait la voie à suivre pour aller vers une destination hors du commun. Elle promettait de donner à tout homme le droit de vivre sa liberté dans une totale liberté. Rêve ou réalité ? Peu importe, les deux finissaient par se rejoindre. Le rêve allait-il enfin devenir réalité ?


Et puis, ces générations, fertiles en idéaux, en rêveries, douées d’une extraordinaire volonté à repousser toujours plus loin les limites des féeries d’un monde plus humain, ont laissé place à d’autres enfants devenus grands à leur tour. L’Amérique changeait brusquement de desseins. Elle s’éloignait de ses rêves, de ses « chevauchées fantastiques » qui la conduisaient vers un avenir chaque jour meilleur. A mesure que ses monstres sacrés, ses porte-voix d’un idéal utile à l’humanité, disparaissaient dans le crépuscule de la nuit, tombaient l’un après l’autre dans les abîmes du temps, l’Amérique glissait vers les ténèbres, privée de ses étoiles scintillantes, s’appauvrissant tel un paon perdant son magnifique plumage. Désormais, l’homme américain ne rêve plus, il vit sa vie assis devant des écrans plats, suivant les conquêtes de ses dirigeants politiques par satellites interposés. « La conquête de l’Ouest » a définitivement fini d’exister, les indiens ont été exterminés ou pacifiés, enfermés dans des réserves closes sécurisées, à l’abri des regards indiscrets. « Le dernier des mohicans » a fini ruiné, alcoolique et désœuvré, dernier échantillon datant du temps de Christophe Colomb. Les démons de la passion ont laissé place aux démons de la guerre. Après les indiens d’Amérique et les communistes, les Américains se sont trouvé d’autres ennemis, comme si tous ces Etats fédéraux avaient un besoin vital, celui de se déclarer, continuellement, des ennemis jurés pour exister. L’islam et les musulmans vont devenir les nouvelles cibles, les nouveaux méchants. Terre d’asile et de liberté, l’Amérique est devenue un pays où il ne fait pas bon vivre si l’on est musulman. Omar Sharif n’imaginait pas un jour qu’il deviendrait suspect, lui, qui tourna magistralement dans Lawrence d’Arabie, aux côtés du magnifique Anthony Quinn et du superbe Peter O’tool, évoquant l’immense fascination des Occidentaux pour les déserts d’Arabie et pour l’islam, une religion mystérieuse, méconnue, étrangère et impénétrable, trésor commun aux Arabes et objet de tant de discordes entre eux. Malcolm X puisera dans cette religion la force et la foi de redonner espoir aux Noirs américains, rappelant aux enfants de Martin Luther King leurs racines et leurs origines africaines. Parce que l’on ne peut pas savoir où l’on va si on ne sait pas d’où l’on vient.
  

L’Amérique a perdu, échouant dans sa mission de changer le monde, de le transformer et d’en faire une Terre où l’espoir ne serait plus illusoire, et où la chance ne sourirait plus qu’aux seuls gagnants. Elle a perdu son pari parce qu’elle a nourri en son sein multitude de grands hommes qu’elle n’a pas su comprendre, pas su écouter, passant à côté des vrais messages humanistes adressés par ces augustes personnalités au destin unique. Le rêve américain a été porté haut par ces brillantes personnalités américaines, sans que personne n’ait compris à quel point cette Amérique-là a été proche des consciences, proche de toutes les âmes éprises de justice et de liberté. Quel gâchis ! L’ultra conservatisme, l’ultra capitalisme, l’égoïsme et « la fureur de vaincre » à tout prix ont transformé nos rêves en cauchemars. Et tous ces parjurés, ces renégats, dévoués à leurs uniques idoles : l’argent et le pouvoir, nous ont privés des plus beaux rêves que jamais une Nation n’aura été en mesure d’offrir à l’humanité entière. Nous sommes passés si près du but que j’en ai encore l’eau à la bouche. Mais les senteurs exquises et parfumées ont laissé place aux odeurs âcres. Détruits en plein vol, mes rêves sont tombés.

Aujourd’hui, je me range du côté des Irakiens et je pleure cette Amérique qui m’a trahi ; trahi les miens et tous ceux qui croyaient en elle. Aux côtés des Palestiniens, je pleure encore cette Amérique qui fit tant de promesses, tant d’engagements de se battre aux côtés des faibles, et qui finalement s’est jetée dans les bras des puissants, des fourvoyés, des briseurs de rêves, des adorateurs de l’ange déchu. Nos rêves ont été anéantis, réduits à néant, ruinés par ces marchands de bonheur artificiel, ces apostats partis à la reconquête d’un monde qu’ils aimeraient voir asservi.  Oui, l’Amérique a perdu son pari parce qu’elle a cru que les rêves s’achètent. Or, les rêves ni ne s’achètent, ni ne se vendent ; ils cessent d’être des rêves dès que l’on n’y croit plus, dès que l’on s’éloigne de leurs chemins sertis de mille joyaux, de mille trésors. L’Amérique a perdu, elle est en crise avec elle-même, avec ses propres valeurs qu’elle n’exporte plus qu’à coups de canons, de bombes, de chars et d’avions de chasse. Elle exporte ses rêves à bord de gigantesques porte-avions, accompagnés d’escorteurs munis de missiles à ogive nucléaire. Et c’est ainsi qu’une autre Amérique usurpatrice, née des derniers conflits mondiaux, est entrée dans la peau de la vraie Amérique, celle que le monde entier admirait. Souvenez-vous, c’était en 1948. Le monde changeait de trajectoire, se dotait d’un autre visage, celui de la haine, de la rancœur et du mépris. Désormais, rien ne sera plus pareil. Et le monde est entré dans une obscurité d’où l’on entend plus que les jérémiades des enfants palestiniens hurlant leurs douleurs, leur désespoir à un monde qui après les avoir vendus aux plus offrants, les a définitivement oubliés.

Et j’ai jeté à la corbeille tous les westerns, tous les films et toutes les séries américaines qui ont séduit ma jeunesse au cours des années 60 - 70, non sans avoir le cœur serré et meurtri. J’ai rangé, au fond d’un étroit tiroir, mes rêves d’autrefois, froissés par les dures réalités d’aujourd’hui, mais preuve que cette Amérique magique a bien existé. Mais si on renonce un jour à ses idéaux, fatigué et abattu par les cruelles épreuves de la vie, jamais nos rêves ne nous quittent, ils sont en nous, éternels, gravés dans notre mémoire, à jamais. Et je rêve encore d’une « grande évasion ». Steve McQueen m’avait appris qu’il ne fallait jamais hésiter, entre la liberté et la prison, pour s’extirper, s’arracher et s’enfuir d’une Terre qui deviendrait trop imperméable aux rêves des grands hommes.
 

Les rêves ni ne s’achètent, ni ne se vendent ; ils perdent leurs pouvoirs magiques dès que l’on cesse d’avoir foi en eux (TM)


Touhami Moualek

Par Moualek Touhami - Publié dans : L'Amérique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /Déc /2006 15:08
Maître Badinter, ancien Ministre, fervent combattant contre la peine de mort.





Saddam Hussein n'est plus. Il a emporté avec lui bien des secrets que ses ennemis ne voulaient pas qu'il pût les livrer au monde. Mais la vérité est plus forte que le mensonge, elle triomphe toujours, même contre ceux qui la falsifient.

S’il existe une théorie en matière de géostratégie et de géopolitique, il existe aussi une réalité politique et militaire sur le terrain. Et très souvent, il y a une grande différence entre ce qui a été prévu et ce qui peut être réalisé. Toute politique expansionniste comporte des risques incalculables pour les conquérants eux-mêmes. Il suffit de s’en référer à l’histoire. Les Américains et leurs alliés ne sont pas au bout de leurs peines et de leurs surprises. Qu’est-ce que Georges W. Bush a apporté à son peuple ? Un enlisement en Afghanistan, un chaos politique et militaire en Irak, une situation plus qu’explosive au Proche-Orient – le processus de paix est au point mort pour ne pas dire mort –, l’Iran et la Syrie se rebiffent et n’ont pas du tout l’intention de se laisser conduire à l’abattoir comme l’Irak, la Russie est de plus en plus impatiente et finira par revenir sur l’échiquier international, la Corée du Nord : nouvelle puissance nucléaire, la future grande superpuissance : la Chine dont Dieu seul connaît les capacités militaires, et surtout une détestation de l’Amérique de plus en plus palpable par les terriens qui œuvrent pour la paix. Une alliance : Chine et monde musulman, serait le pire cauchemar pour l’Amérique. Cette alliance n’est pas à exclure.


On le voit bien, tout n’est pas aussi simple que certains l’affirment. Les Etats-Unis ont été longtemps à l’abri, du fait de leur position géographique. Les missiles intercontinentaux sont aujourd’hui en possession de bien des pays et entre les mains de nombre de dirigeants qui aimeraient bien les expérimenter. Un pays, même de l’importance de celui des Etats-Unis d’Amérique, ne peut contenir à lui seul toutes les transformations que nous vivons actuellement. Les dernières élections américaines, en défaveur des Républicains, signifient et montrent clairement le scepticisme des Américains face aux incertitudes actuelles de W. Bush. L’administration Bush est elle-même enlisée. On peut donc légitimement craindre le pire.


Aux menaces américaines et européennes, l’Iran a répondu clairement ceci : « Toute action militaire contre l’Iran nous obligerait à utiliser nos missiles braqués sur Israël ». D’où une certaine crainte et « réticence » à intervenir en Iran, et surtout cet appel au dialogue avec la Syrie et l’Iran lancé par James Baker. Car si les Etats-Unis avaient pu régler son compte à l’Iran sans risques militaires et politiques, sante doute l’auraient-ils déjà fait. L’Etat d’Israël est une tête de pont américaine, le monde entier le sait. Si j’étais israélien, je me ferais du souci. Pourquoi ? Parce que je saurais pertinemment que mon sort ne dépendrait plus de moi mais d’autrui : l’Amérique. Autrement dit, les Israéliens ne sont devenus que de vulgaires pions. Ils s’éloignent chaque jour un peu plus de ce rêve d’un Etat sûr où ils vivraient paisiblement. D’ailleurs, le judaïsme a-t-il un jour recommandé de pénétrer dans une demeure, d’en chasser les occupants et de prendre définitivement leur place ? Les Juifs ne l’ont pas fait. Les sionistes, eux, l’ont fait. Et c’est ici, précisément, que Palestiniens et Israéliens, attachés à la paix, devraient, pour damer le pion aux malintentionnés, se mettre rapidement d’accord sur une coexistence pacifique. En cette fin d’année, on peut toujours se permettre de rêver.


Saddam Hussein a été exécuté par ceux qui, hier, s’étaient servi de lui. Une autre exécution qu’une pendaison, à un autre moment que celui de la fête de l’Aïd-el-kébir, aurait été plus « acceptable », si tant est que l’on peut accepter de pendre un vieillard de 68 ans. On ne se réjouit pas d’une mort, même de celle de son pire ennemi. Honte à ceux qui ont célébré cette mort comme d’une réjouissance. Mais Georges W. Bush est un fanatique. A travers cette ignoble pendaison, il a clairement signifié au monde arabe, et plus généralement musulman, le message suivant : « Voyez ce qu’il adviendrait à ceux qui s’opposeraient à notre politique expansionniste et impérialiste ». De plus, en évangéliste convaincu et intégriste, W. Bush voue une haine – qui se lit clairement sur son visage lorsqu’il prononce le mot islam – contre tous les musulmans de la terre.

 

Georges W. Bush : l'homme qui prétend combattre le terrorisme, mais qui, en réalité, alimente le terrorisme. Ainsi, en exécutant Saddam Hussein le jour d'une grande fête musulmane, ne le fait-il pas dans une intention délibérée de provoquer une violente réaction dans le monde arabe et musulman ? Imaginez un instant si J.F Kennedy avait été pendu de la sorte un jour de Noël, ou encore H. Olmert un jour de Yom Kippour. Georges W. Bush a fait de Saddam Hussein un martyr. Il fallait tout de même oser ! Cet homme est décidément dangereux pour la paix, dangereux pour la démocratie, dangereux pour l'humanité, tout simplement. Georges W. Bush vient de signer à jamais son extraordinaire fascination pour le crime, la barbarie et l'inhumanité. Le peuple américain doit être conscient qu'il est gouverné par un sanguinaire. Le peuple américain mérite mieux que le président actuel.


Toute bâtisse, quelle qu’elle soit, doit, pour tenir solidement, reposer sur de robustes fondations. La toile d’araignée américaine se livre à nous chaque jour davantage. Mais n’est-elle pas, finalement, un vaste empire reposant sur des fondations en carton ?


A mes amis musulmans, peinés par cette sordide pendaison de Saddam Hussein, je dis : le Coran ne rappelle-t-il pas cette vérité éternelle : « Nous conduisons l’homme à sa perte, sans qu’il en connaisse les chemins ». Et Saddam, comme d’autres avant lui, l’a bien illustré. Georges W. Bush devrait également y réfléchir.



Touhami Moualek

Auteur de : la Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance

Editeur EDILIVRE.COM

Par Moualek Touhami - Publié dans : L'Amérique
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /Déc /2006 09:51

L'islam n'est pas une idéologie de guerre, il est une religion révélée par le Seigneur de tous les hommes : DIEU




Entendez-vous, amis, ces vents de révolte qui grondent à travers toute la planète ? Les crimes, les tortures, les humiliations, l’asservissement et les néocolonialismes n’ont jamais autant sévi, répandant famine, massacres, déportations, désolation, larmes et tristesse à travers toute la terre. Que d’enfants massacrés, de femmes violées, piétinées ! Les plus grandes puissances confortent leur pouvoir par la force, l’oppression, la propagande, la manipulation, la haine et ce nouveau concept de la globalisation, combattu par les altermondialistes, décrétant, entre autres, la marchandisation des hommes comme de vulgaires biens de consommation. Fourbes, spécieux et perfides, des politiciens cherchent à nous entraîner dans des guerres de religion. Que nous soyons Juifs, Chrétiens, Musulmans, Bouddhistes ou appartenant à d’autres religions empreintes de sagesse, soyons sur nos gardes : les dirigeants de la planète, avides de pouvoir, cupides et amoraux, renouent avec de vieilles tentations que l’on croyait à jamais bannies.


Le cas Saddam Hussein :

Saddam Hussein était, dans les années 80, considéré comme un « bon » dictateur. L’Occident avait trouvé en lui un bouclier idéal, puisque Saddam avait été chargé de contenir la révolution islamique iranienne. En contrepartie, l’Occident surarmait l’Irak. L’image d’un l’Ayatollah Khomeiny vindicatif contre le « Satan » américain et tout l’Occident « impie » était la dernière propagande des puissants de ce monde pour nous convaincre d’une nouvelle et énième guerre de religion. Saddam Hussein allait suivre de manière imprudente et intéressée ses futurs bourreaux, craignant lui-même une contagion de son « royaume » par la révolution islamique en effervescence. Le monde entier était conditionné, les yeux rivés sur ces marées humaines débarrassées du Shah et exposant fièrement le portrait de Khomeiny dans un Téhéran en liesse. Prétextant une attaque imminente ordonnée par les méchants mollahs, l’Occident chargea Saddam Hussein de la sale besogne: déclarer la guerre à l’Iran, sous prétexte d’un déplacement de la frontière sur la rive orientale du « Chatt-el-Arab ». Et même si Khomeiny avait demandé aux chiites irakiens de renverser le régime de Saddam Hussein, après que celui-ci eut montré son bellicisme envers le nouveau régime islamique, ce dernier aurait pu, avec un minimum de réflexion, sauvegarder son régime et s’éviter une guerre de huit ans. Une guerre meurtrière puisque estimée, selon les experts, à 1.200.000 morts. Ce fut la première erreur monumentale de Saddam Hussein. Car le monde arabe et musulman ne lui pardonnera jamais d’avoir livré bataille à un autre Etat musulman. Pourtant, malgré la puissance militaire de l’Irak de l’époque, les aides de l’URSS, de la France et des Etats-Unis, l’Iran ne pliera pas, finissant pratiquement vainqueur. Au point où Saddam Hussein sera contraint de revenir aux accords d’Alger de 1975, de libérer tous les prisonniers de guerre, de quitter tous les territoires occupés, selon les conditions iraniennes. Dans ce conflit, l’Algérie déploiera des moyens diplomatiques à la mesure du conflit pour tenter de trouver une solution de paix entre les deux pays. La deuxième erreur impardonnable de Saddam Hussein sera celle d’envahir le Koweït le 2 août 1990. Un coup de poker tenté par Saddam qui conduisait ce dernier à sa perte définitive. En effet, pris au piège, pour Saddam Hussein, le compte à rebours débutait. L’envahissement, la destruction et l’effritement politique de l’Irak étaient déjà planifiés par le Pentagone.


Une petite anecdote que les Français ne savent pas forcément : un homme se rendit assez discrètement chez Saddam Hussein, et en dehors de toute menace, toute pression internationale ou considération géopolitique, lui lança ce conseil amical : « Quitte le Koweït, ou ils vont te tomber dessus et te mettre à genoux ; ils n’attendent que cela ». Aveuglé, Saddam Hussein n’avait nullement tenu compte de cet avertissement qui eût été salutaire pour lui-même et pour l’Irak. Cet homme en question n’était autre que M. Jean-Marie LE PEN.


Les talibans et l’Afghanistan :

15 février 1989, les Soviétiques quittaient l’Afghanistan. Les Etats-Unis qui avaient combattu l’Union soviétique, par Afghans interposés, se désintéresseront provisoirement de ce pays ; un pays qui deviendra une République islamique en avril 1992. Le commandant Massoud entrera dans Kaboul, engageant une terrible guerre séditieuse, laissant la ville en ruines. Les combats seront entrecoupés de trêves sous l’égide de l’Iran et du Pakistan. L’ONU tentera dès 1994 de mettre fin aux ingérences étrangères et d’organiser des assemblées locales dans le but d’arriver à une paix. Mais en raison de sa proximité avec la mer Caspienne, l’Afghanistan redevint vite un centre d’intérêt pour l’Amérique. En effet, la mer Caspienne était convoitée pour ses précieuses et gigantesques réserves en hydrocarbures. Un ambitieux projet de gazoduc devait traverser l’Afghanistan, en passant par le Turkménistan et le Pakistan. En 1995, le président du Turkménistan et la présidente du Pakistan, Mme Benazir Bhutto, donnaient leur accord à cette gigantesque entreprise. Et Grâce à une campagne de lobbying très influente, les Etats-Unis obtinrent du président turkmène l’autorisation de construire un gazoduc. Pour cela, il fallait au préalable stabiliser politiquement l’Afghanistan. Sur place, la guerre se poursuivait. C’est alors qu’en 1995, apparaissaient les premiers talibans, fabriqués de toutes pièces par les services pakistanais et financés par la CIA et l’Arabie Saoudite (un pays sous emprise américaine). Et pour sécuriser l’Afghanistan, les Talibans, jugés comme de « bons » extrémistes obscurantistes et occasionnellement serviles, furent armés par les Américains eux-mêmes. Ceux-ci, aidés par les services américains, prirent le pouvoir en septembre 1996. Les compagnies pétrolières américaines influentes soutenaient les talibans et affirmaient que la prise du pouvoir par ces derniers ne pouvait que favoriser la construction du gazoduc. Ces arguments suffisaient aux Américains, si bien que Washington finissait par reconnaitre le régime, d’un autre temps, des talibans. Les finances ont eu, une fois de plus, le dernier mot sur les valeurs humaines.


Pourtant, la situation politique et militaire de l’Afghanistan ne s’améliorait pas. A Washington, beaucoup commençaient à s’inquiéter de ce soutien aux talibans. Surtout qu’un certain Ben Laden, à la recherche d’une terre d’asile, arrivait en Afghanistan en février 1998 à la tête du front international islamique. Il lançait une fatwa autorisant les attentats contre les intérêts et les ressortissants américains. Les talibans rassuraient leurs alliés américains, prétendant que Ben Laden n’avait aucune autorité religieuse pour lancer une fatwa. Pourtant, le 8 août 1998 à Dar-es-Salam (Tanzanie), des explosions pulvérisaient l’ambassade américaine, faisant 224 morts. Les Etats-Unis ripostaient immédiatement en envoyant des missiles de croisière sur l’Afghanistan. Ben Laden devint l’ennemi public numéro un des Américains. Cet attentat a eu pour effet immédiat de dissuader l’entreprise UNOCAL (compagnie américaine associée à la société saoudienne Delta Oil) de renoncer publiquement à la construction du gazoduc afghan.


En 1997, une instance constituée de six pays voisins de l’Afghanistan (Iran, Pakistan, Chine, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan), auxquels il faut ajouter la Russie et les Etats-Unis, supervisée par l’ONU, sera confiée à un envoyé spécial algérien, M. Lakhdar Brahimi, diplomate de renommée internationale. Désormais, Américains et Russes se rejoignaient sur l’idée que l’Iran pouvait aider, en tant que voisin de l’Afghanistan, à trouver une solution dans ce conflit. Une réunion plénière de ce groupe des 8 eut lieu en juillet 1999 en Ouzbékistan. Des représentants talibans et des membres de l’Alliance du Nord (de Massoud et Rabbani) se retrouvaient pour discuter d’une éventuelle paix. La réunion échoua. Washington ne parvenait pas à obtenir la livraison de Ben Laden par les Talibans. En septembre 1999, le Conseil de sécurité votait une résolution exigeant l’extradition de Ben Laden sous peine de sanctions coercitives. En janvier 2000, le diplomate algérien M. Brahimi, écœuré et lassé, démissionne, remplacé par l’espagnol M. Vendrell. Le nouveau maître du Pakistan, le Président Moucharraf, encourageait les talibans à livrer Ben Laden. En échange, les Américains promettaient une régularisation des rapports entre Kaboul et la communauté internationale. Faisant fi de tout ce qui se rapportait aux droits de l’homme, l’administration américaine soutenait toujours les talibans. En effet, les droits de l’homme ne pèseront pas lourd face aux pétrodollars. Néanmoins, les talibans furent confrontés à un marché clair et net de la part des Américains : s’ils acceptaient de livrer Ben Laden et de signer la paix, ils auraient un « tapis d’or ». S’ils refusaient, ils s’exposaient à « un tapis de bombes ». Mais les talibans, plongés dans l’irrationnel entre l’ici-bas et l’au-delà, étaient-ils encore conscients des réalités et surtout du rôle fantoche que leur avait confié le département de la défense des Etats-Unis (Pentagone) ?


Le monde entier allait alors être stupéfait de voir les talibans régner par la terreur, déniant même aux femmes le droit d’aller à l’école. Il était interdit de rire et d’applaudir en public ! Les enfants n’avaient plus le droit de jouer au cerf-volant. Les pendaisons, les lapidations et les exécutions sommaires se multipliaient. Mais qu’importe, les Américains pouvaient continuer leurs business et tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cependant, les talibans prospéraient, prenaient de l’assurance et surtout ils goûtaient aux félicités du pouvoir. Ils glissaient lentement mais sûrement du statut de « bons » extrémistes obscurantistes, au statut de « mauvais » extrémistes obscurantistes. Le 27 septembre 2000, un responsable taliban donnait une conférence dans les locaux du Middle East Institute (Université en Colombie se rapportant au Moyen-Orient, créée en 1954). Il y réclamait avec insistance la reconnaissance politique de son régime, prétendant qu’ainsi le cas Ben Laden pourrait être vite réglé. Mais en octobre 2000, se déroulait un autre attentat contre le navire de guerre américain USS-COLE à Aden au Yémen. Curieusement, le FBI ne fut jamais en mesure de démontrer s’il s’agissait d’un attentat imputable à Ben Laden et ses amis talibans. Pour ne pas compromettre les négociations en cours avec les talibans, le département d’Etat américain suspendait, en effet, les enquêtes du FBI.

L’ONU, par l’intermédiaire de son émissaire M. Vendrell, annonçait en novembre 2000 que les deux factions, les talibans et l’Alliance du Nord, avaient étudié un projet de paix. Pourtant, les talibans plongeaient leur pays dans un effroyable obscurantisme. En 2001, ils détruisirent à coups de canons des bouddhas géants de Bamiyan. Cette opération suscita un vif et unanime émoi international. Des critiques retentirent de toutes les grandes capitales internationales, condamnant fermement ces destructions sauvages et insensées. Les Américains ne pouvaient donc couvrir les talibans indéfiniment, sous peine de violentes critiques de la part de leurs propres alliés. Il fallait trouver une issue politique pour permettre aux talibans de sortir de la fâcheuse impasse dans laquelle ils se trouvaient. Si les talibans acceptaient de revoir leur politique par rapport aux droits humains, ils recevraient en contrepartie une assistance internationale d’ampleur pour la reconstruction du pays. Le gazoduc verrait ainsi le jour et évidemment les talibans auraient leur part du gâteau. Mais à Washington, le département d’Etat attendait toujours la livraison de Ben Laden. Georges W. Bush arrivait au pouvoir et avec lui les pétroliers entraient en grand nombre au gouvernement. En juillet, une ultime réunion se tint à Berlin. Les talibans et le président de l’Alliance du Nord furent présents. Les Américains informèrent les talibans qu’en cas de non coopération de leur part, l’option du roi Zaher Chah verrait le jour. Finalement, cette option allait également capoter.


L’administration Georges W. Bush :

Les Américains avaient longtemps espéré une coopération tranquille et juteuse, sur le plan des affaires, avec les talibans. Mais ces derniers contrôlaient plus de 80 % du territoire. Ils récusaient le fait de jouer un rôle de figurants dans leur propre pays. Fanatisés et extrémistes dans leurs interprétations radicales du Coran, ils acceptaient encore moins que des Américains « impies » pussent leur donner des ordres. Et malgré les lourdes menaces qui pesaient sur eux, les talibans ne livreront jamais Ben Laden aux Américains. L’administration Bush va exploiter un autre filon idéologique, à l’échelon international, à son avantage. Et si le terrorisme devenait une arme imparable pour pouvoir intervenir n’importe où, n’importe quand et à n’importe quel prix ? Une horrible journée, celle du 11 septembre 2001, se profilait à l’horizon. Une journée qui sera celle de toutes les controverses, de toutes les spéculations propagandistes possibles et imaginables. Une guerre pour chasser les talibans, devenus infréquentables parce que déclarés alliés de Ben Laden et du terrorisme - mot clé de cette nouvelle idéologie exploitée pour lutter contre le « terrorisme des méchants musulmans islamistes » - devenait inévitable. Les Américains avaient tous les ingrédients entre leurs mains pour saupoudrer la planète entière d’une poudre magique nommée « menace du terrorisme islamiste ». L’axe du mal et l’axe du bien seront le ciment de cette nouvelle guerre sainte, ces nouvelles croisades lancées par Georges W. Bush et sa bande de politico financiers businessmen corrompus. Les talibans représentaient un idéal amalgame alliant musulmans et terrorisme, menaçant, à l’aide du coran, la civilisation « biblique » judéo-chrétienne. Et Ben Laden incarnerait, aux yeux du monde, l’adversaire, la cible à abattre coûte que coûte, car il faut un ennemi contre lequel se battre. Un Ben Laden qui, en plus d’avoir été un ami proche de la famille Bush, avait été également formé et entraîné par les Américains.

Le 9 septembre 2001 (est-ce une coïncidence ?), Ahmed Shah Massoud, chef de l’Alliance du Nord sera assassiné par de faux journalistes, soit deux jours avant l’attentat du 11 septembre 2001. Par la suite, une guerre éclair sera menée contre l’Afghanistan par les Etats-Unis. Les talibans plieront bagages rapidement et fileront se réfugier dans les hautes montagnes. A ce jour, ils continuent leurs harcèlements contre les soldats américains qui, eux, commencent à se demander ce qu’ils font dans ce fichu pays. Hamid Karzai avait été nommé nouveau chef intérimaire du gouvernement afghan. Des compagnies pétrolières dont Chevron, Exxon Mobil et Texaco ont abouti à la création de l’oléoduc du CPC (Caspian Consortium Pipeline). Devant l’impasse politique et militaire dans laquelle se trouve l’Afghanistan aujourd’hui, les talibans semblent être redevenus « fréquentables » au point où certains renégocient déjà avec eux.


Ce que l’on nous cache :

Des intellectuels français, dont BHL, se rendaient régulièrement en Afghanistan et dénonçaient les méthodes ignobles et obscurantistes utilisées par les talibans. Certes, nous avons tous été outrés par un tel régime féroce. Mais ces intellectuels occultaient, volontairement, de nous dire que c’est par des négociations secrètes que les Américains avaient réussi à mettre au pouvoir les talibans dans un but lucratif, et surtout géostratégique, puisqu’il s’agissait de déployer des bases militaires en Asie centrale. Et pour cela, les Américains étaient prêts à tous les sacrifices, y compris celui de brader les droits de l’homme si précieux à la « vieille Europe ».

On sait à présent que l’essor économique et militaire de la Chine inquiète le Pentagone pour ne pas dire l’empêche de dormir. Beaucoup de politiques, de diplomates et de « spécialistes » en géostratégie nous prédisent un conflit du style « choc des civilisations » ou bien « monde chrétien contre monde musulman ». Je n’adhère pas à cette thèse. En effet, les religieux monothéistes cherchent plutôt à se rapprocher, se réconcilier sur le tronc commun des religions révélées. Je crois plus que l’hégémonie américaine est contestée et contestable. Une révolte des pays en émergence contre le diktat, l’ordre établi par les puissances économiques et militaires de la planète, se fait ardemment sentir. Aussi, la présence en Asie centrale de bases militaires américaines n’est qu’un avant-poste qui préfigure d’un conflit. La guerre froide qui opposait deux idéologies, celle des capitalistes occidentaux et celle des communistes du bloc soviétique est bien derrière nous. Une autre configuration semble se profiler, avec d’un côté : la Chine, la Russie, l’Iran et quelques pays arabes anciennement « non alignés » et de l’autre : les Etats-Unis, leurs alliés traditionnels européens, Israël et des pays arabes proaméricains. Car le conflit mondial qui se dessine à l’horizon, je le dis tout simplement, partira du Proche-Orient. Mais j’aurai l’occasion de revenir sur cette grave décision politique de 1948, qui fit le bonheur des Juifs et le malheur des Palestiniens non-juifs, et dont nous n’avons pas fini de ressentir les effets secondaires.


La signification du mot « hébreux » signifie : « ceux qui passent ».


Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions EDILIVRE.COM

Disponible à la FNAC, librairies et tous les sites Internet de vente en ligne
Par Moualek Touhami - Publié dans : L'Amérique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 décembre 2006 7 03 /12 /Déc /2006 20:09




Article écrit au mois de mai 2006 et malheureusement plus que jamais d'actualité. Que peut-on attendre d'autre d'une Amérique qui a passé son temps à duper le reste de la planète, toujours pour des intérêts financiers, soit à des fins d'enrichissements personnels pour certains, soit à des fins de prendre le contrôle de tel ou tel gisement naturel. Mais un jour ou l'autre, tout voleur, imposteur ou escroc finit par être pris la main dans le sac. Aujourd'hui, à côté de Sadam Hussein, jugé pour génocide et crimes de guerre, il devrait y avoir plusieurs autres fauteuils ; je vous laisse le soin de dresser la liste des occupants.

***

 
 
Entreprise démocratique de démolition et de reconstruction aux frais des victimes, à capital variable selon les circonstances, ayant implanté une importante filiale en Irak grâce à la puissance de ses B52 et de ses avions "furtifs", dont le capital est détenu à 65 % par les Etats-Unis, à 30 % par la Grande-Bretagne et à 5 % par des participations diverses, recherche un chef de site susceptible d'être capable de réunir des sunnites, des chiites et des kurdes dans une même équipe, et d'accepter une mainmise des Américains et des Anglais sur les gisements de pétrole, tout en usant d'une main de fer envers les indigènes irakiens, en voie d'asservissement, et principalement à l'encontre des rebelles, de plus en plus nombreux, qui souhaiteraient, mais il n'est malheureusement pas possible de leur accorder dans l'immédiat, jouir d'un peu de liberté sur le sol de leurs ancêtres.
.
Nous pensons que la démocratie ne s’installe pas du jour au lendemain, mais qu’au contraire celle-ci requiert une très longue préparation militaire et psychologique. Il est souvent nécessaire de recourir à des anesthésiants, tels que des bombes au napalm, des mitraillages, des lancements de missiles (les « Tomawaks » sont à ce sujet très performants), et des bombardements massifs, parfois s’étalant sur plusieurs mois, pour préparer les patients à ce nouvel opium du peuple : la démocratie populaire, dont les bienfaits thérapeutiques sont désormais universellement reconnus par tous les experts, et particulièrement ceux d’Israël, puisque la survie de ce nouvel Etat démocratique est due à l’oppression et à la répression, maintenues à un très haut niveau d’exigence, contre le peuple palestinien.

Cependant, il faut tout de même souligner qu’il subsiste des effets secondaires à ces méthodes intenses, radicales, punitives et préventives. En effet, de plus en plus de personnes très jeunes, des deux sexes, éprises de troubles d’angoisse, de désespérance et d’un besoin urgent d’indépendance et de paix, se chargent d’explosifs et se font sauter au milieu de foules compactes. Les experts sionistes tentent de palier ce phénomène qui les alarment, mais sans grande réussite. Pour contrecarrer ces attaques suicides imparables, les Israéliens n’ont pu faire mieux que de bâtir un second mur de Berlin ; un retranchement, comme dans une prison, signe d’un aveu d’échec cinglant et retentissant. La politique d’oppression finit par provoquer chez l’adversaire une réaction de néant dans laquelle celui qui ne craint plus de mourir, parce qu’il est avili à un tel point, reprend alors le dessus sur celui qui a peur de mourir. Ce mur de la honte est un dérisoire bouclier contre la mort pour ceux qui désirent vivre, opposé à ceux qui veulent mourir parce qu’ils n’ont plus d’espoir, plus de rêves, plus de raison d'être et de survivre. 


L’implantation sur le sol irakien s’est établie grâce au concours d’éminentes personnalités américaines, Blancs et Noirs confondus. Il est à noter à ce sujet que la communauté Noire a été brillamment représentée par un homme, ancien officier US, et d’une femme dont le monde entier a pu voir à quel point celle-ci s’est battue et débattue pour le sauvetage de ses compatriotes, majoritairement Noirs, noyés par les masses d’eau du cyclone « KATRINA » et par le laxisme zélé des autorités américaines dont la lenteur à intervenir était plus que suspecte, mais également grâce à un dossier piteusement monté et accusant l’Irak de posséder des armes de destruction massive. La preuve n’ayant jamais été apportée à ce sujet, un deuxième plan d’urgence a été sorti du chapeau par les représentants du monde libre, à savoir la menace terroriste imminente et les dangers que représenteraient l’islam et les musulmans de la terre entière pour la civilisation judéo-chrétienne, prééminente selon bien des pseudo spécialistes et des intellectuels racistes, xénophobes et incarnant une nouvelle élite de réactionnaires purs et durs.


A l’honneur de l’armée américaine et anglaise, il faut souligner que l’Irak, cible d’une implantation programmée depuis fort longtemps, avait été anéantie par plus de dix années d’embargo militaire et alimentaire (datant de la première guerre du golfe due à l’invasion du Koweït par l’armée de Saddam Hussein), ce qui a causé plus d’un million et demi de morts, des civils pour la plupart, si ce n’est pas un génocide cela y ressemble étrangement, et aussi par une démilitarisation de ce pays notamment par la destruction de toutes ses armes lourdes et de tous ses missiles d’une portée de plus de 100 kilomètres. Autant dire que lors de l’invasion de l’Irak par les troupes américaines et anglaises, les irakiens n’avaient même plus de quoi chasser des pintades et des perdrix. A ce titre, la résistance dont les Irakiens ont tout de même fait preuve est d’autant plus héroïque. Mais le peuple Irakien n’a plus prouver son courage et sa bravoure, elle est légendaire et perdure depuis des millénaires.  


Pourquoi une telle annonce de recrutement à l’échelon international? Parce que la situation sur le terrain est catastrophique. La nouvelle technique, mise au point par les fins stratèges impérialistes, qui consiste à agresser des peuples et de les traiter ensuite de terroristes lorsqu’ils tentent de se défendre, démontre ses faiblesses tant sur le plan géostratégique que philosophique. L’Irak est un pays plongé dans un chaos préoccupant et les actes de violence meurtriers (pose de bombes, appelé « terrorisme » en Occident) sont aveugles et quasi quotidiens. Inutile donc de préciser que la personne retenue pour ce poste sera habillée sur mesure de gilets pare-balles, sera transportée dans une voiture blindée, construite de titane et de matériaux composites efficaces conte tout impact, qu’elle résidera dans une véritable forteresse et qu’enfin elle aura comme garde du corps toute l’armée américaine et anglaise. Et si malgré toutes ces mesures de sécurité exceptionnelles, jamais prises jusque-là, c’est dire la haute importance du poste à pourvoir, le candidat kamikaze venait à être assassiné, nous, Etats-Unis d’Amérique, garantissons à sa famille une retraite à vie et au défunt un enterrement de première classe, avec retransmission télévisée en direct sur les principales chaînes mondiales (CNN, BBC notamment). 


Les curriculums sont à adresser à Monsieur W. BUSH - Maison Blanche, USA. Toutes les propositions seront étudiées avec grande attention. Merci d’indiquer vos prétentions mensuelles et non annuelles car l’évolution de l’Irak se fait au jour le jour. Dieu seul sait ce qu’il adviendra d’ici demain.  

Et moi, rédacteur de ce communiqué, j’adresse tous mes vœux les plus sincères de compassion, et témoigne mon immense admiration au peuple irakien qui lutte pour sa libération, et je remercie tous mes amis américains, loin d’être dupes dans cette affaire, pour leurs grandes manifestations, et leurs exemplaires et lucides engagements pour un retrait rapide des troupes militaires étrangères présentes sur le sol d’Irak. L’Irak est un Etat souverain qui doit le redevenir au plus tôt. 


Qu’ils soient comédiens, chanteurs, artistes dans tous les domaines, chercheurs, hommes et femme politiques, ou simples citoyens honnêtes, justes et humains, les Américains qui se battent pour plus de liberté dans le monde ne peuvent cautionner cette invasion illégale, immorale et meurtrière. 


Les hommes vivent et meurent sur la terre depuis plusieurs millions d'années, mais l'écriture n'existe que depuis 5.500 ans... C'est en Mésopotamie (du grec qui signifie littéralement « entre les fleuves »), quelque part en bordure du Tigre ou de l'Euphrate, que l'écriture est apparue pour la première fois. Et que serait la civilisation sans l’écriture ? Mais l’Amérique, dans son arrogance démesurée, sait-elle encore que la civilisation de la « vieille Europe », dont elle descend, vient pour partie d’Orient ? Peut-être parce que l’Amérique n’a que quelques centaines d’années d’existence, donc pas assez de recul dans le temps pour apprécier réellement ce que signifient la mémoire et l’histoire. 


Autre crime impardonnable dont les responsables Américains devront un jour rendre des comptes, c’est celui d’avoir laissé piller le plus beau et le plus merveilleux des musées au monde, celui de Bagdad.


« Bagdad, berceau de la civilisation humaine, qu’ont-ils fait de toi… de nous ? »


 

Touhami MOUALEK

Auteur du livre : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Aux éditions EDILIVRE.COM

Livre disponible à la FNAC, librairies et tous les sites Internet de vente en lgne
Par Moualek Touhami - Publié dans : L'Amérique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Recommander

Littérature

 

Nouvelle publication de :
La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance


Editions : EDILIVRE APARIS
edilivre.com

Jacquette LIVRE
amazon.com et tous les sites Internet de vente en ligne ainsi qu'en librairie

 

 

Visiteurs uniques


Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés