Dîner du CRIF, le mercredi 8
février 2012, au Pavillon d'Armenonville à Boulogne (Paris). Le CRIF est une organisation communautaire à caractère religieux. Président de la République d’un Etat laïc,
Nicolas Sarkozy sera tout de même présent à ce dîner. A sa décharge, il faut rappeler qu’il n’est pas le premier, et sûrement pas le dernier, à se rendre à ce genre de réunion. D’autres l’ont
fait avant lui, toujours sur convocation du Président du CRIF en exercice. Mais je m’étonne toujours du peu de réceptivité de la part des Français à ce genre d’évènement et surtout aux discours
qui y sont prononcés. En effet, j’en suis à me demander si les Français sont encore capables d’écouter un discours et de l’interpréter. Je ne comprends pas pourquoi les Français ne réagissent pas
à ces discours de parti pris et glorifiant un pays (Israël) qui n’a apporté au Proche-Orient, et au monde entier, que meurtres, crimes, souffrance, mort et désolation. Pourtant, au cours de son
discours, Nicolas Sarkozy glorifiera Israël et lui prêtera allégeance, en direct, et sans que personne ne réagisse. J’ai suivi ce discours très politique. Avant de revenir sur les déclarations
élogieuses du Président sur Israël, j’aimerais tout de même faire remarquer que celui-ci a fait un lien direct entre la Shoah et l’Etat d’Israël, accréditant les thèses qui affirment que la Shoah
a eu pour conséquence directe la création de l’Etat d’Israël et qu’elle fut donc, pour les sionistes, un atout majeur qu’ils ne se privèrent pas d’exploiter. Le Président a également parlé, hors
sujet, du duo franco-allemand. Nous avons bien compris son message : ses liens avec la chancelière allemande seraient le ciment fédérateur de l’Europe. Il a oublié au passage de rappeler
que le couple François Mitterrand – Helmut Khol avait été un facteur de stabilité de l’Europe, tellement les deux hommes étaient complices et complémentaires. On se souvient de
cette image des deux hommes, main dans la main, à Douaumont (Verdun - Marne). Or, avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, il existe un déséquilibre puisque la chancelière allemande semble prendre
largement le dessus sur le Français. Elle a en effet réussi à lui imposer ses idées sur à peu près tout, y compris sur le plan idéologique. Au point où Nicolas Sarkozy ne jure plus que par
l’Allemagne.
Revenons au discours lui-même, que je
considère comme étant une véritable allégeance envers Israël. Nicolas Sarkozy dira : « Israël est un miracle. » Je propose à M. Nicolas Sarkozy d’aller expliquer aux Palestiniens
et aux quelques cinq millions de Palestiniens exilés – parce que chassés manu militari dès 1947 – à travers le monde qu’Israël est un vrai miracle. Ces derniers sauront sûrement corriger ces
approximations historiques sur la création de l’Etat d’Israël, un Etat non pas miracle, mais pur produit des puissances occidentales qui l’ont imposé à l’ONU ; une instance internationale
imaginée et mise en œuvre par les Puissants et pour les intérêts des Puissants. Beaucoup de pays arabes, à l’époque, étaient colonisés et ne purent participer au vote. Aujourd’hui, une telle
résolution ne verrait jamais le jour. Le Président a également mis en garde Israël : « La force n’est pas tout, sachez aussi vous faire respecter et aimer. » Explication. En 2006
au Liban et en 2008/2009 à Gaza, Tsahal (armée israélienne, d’ailleurs citée par le Président) avait procédé à des offensives militaires disproportionnées, massacrant des populations à 95 %
civiles (plus de 3.000 morts officiels), rasant tout sur son passage et utilisant même des armes interdites par les conventions internationales (bombe au phosphore et bombe à l’uranium appauvri,
entre autres) ; des armes nouvelles seront également testées par Israël pour l’occasion. D’ailleurs, des plaintes seront déposées à travers toute la planète pour crimes contre l’humanité.
Mais dans ce bas monde, dominé par les Puissants, la justice n’est pas pour les Misérables. Autre message délivré en signe d’avertissement aux dirigeants israéliens : nous ne pourrons
indéfiniment couvrir vos massacres par rapport à une communauté internationale de plus en plus indignée. « J’ai durant toute ma vie politique défendu Israël » dira le Président. Cela
signifie : je suis avec vous, parmi vous, puisque je fais partie de votre grande famille. « Israël, une grande démocratie, ne sera jamais seul face à l’Iran, la France sera toujours à
ses côtés. » Explication : s’il faut faire la guerre à l’Iran pour défendre Israël et ses intérêts, alors la France n’hésitera pas à s’engager. Nous sommes loin de la politique de
neutralité adoptée par la France de tout temps. Désormais, avec Nicolas Sarkozy, la France a choisi son camp. « Que l’Iran ait la bombe atomique est inadmissible » précisera le
Président. Il oublie que la France et Israël ont tous les deux la bombe nucléaire. « La Syrie tombera, et l’Iran sera seul, isolé » prédira le Président. C’est une pure ingérence dans
les affaires intérieures de la Syrie. Le fait de prévoir la chute de la Syrie laisse supposer que Nicolas Sarkozy sait à l’avance ce qui va se passer. Et comment pourrait-on prévoir l’avenir si
l’on n’aurait pas soi-même assisté à la préparation d’une telle chute ? Un aveu qui en dit long sur les intentions obscures du Président dans la région. Enfin, Nicolas Sarkozy a dit que
l’Europe pourrait servir d’exemple au Proche-Orient, évoquant la réconciliation franco-allemande. Pourquoi pas. Cependant, il parait très préoccupé par la sécurité d’Israël, ajoutant :
« Un Etat palestinien serait une garantie supplémentaire pour la sécurité d’Israël. » Cela signifie que Nicolas Sarkozy ne voit en la création d’un Etat palestinien qu’une option
obligatoire, un passage obligé, dans le but de répondre à une unique obsession : la sécurité d’Israël. Dommage qu’il ne se soucie pas autant de la sécurité des Français
qui souffrent, confrontés aux difficultés sociales de plus en plus insupportables et violentes. En fait, pour ma part, j’ai vu là un Président en fin de mandature, ayant pris conscience qu’il
sera défait au mois de mai prochain, et qui finalement a lancé ce message suivant aux Juifs de France et d’Israël : « J’aurai fait tout ce que j’ai pu pour servir votre cause, je vous
ai prévenus des risques que vous encourez à continuer sur la voie de l’affrontement et je reste bien entendu à vos côtés. » Message reçu.
A la conclusion de ce discours pro-israélien et pro-sioniste, j'en déduis que les Occidentaux font actuellement tout pour renverser le régime de la Syrie, uniquement dans l'intention, par la
suite, d'attaquer l'Iran. Et bien entendu, le chef-d'orchestre de cette manigance, cette ruse contre Bachar Al Assad, c'est encore et encore Israël.
Touhami Moualek


Atlantiste, libéral et communautariste, Nicolas Sarkozy sera un fervent défenseur des Etats-Unis d’Amérique pour lesquels il voue une extraordinaire fascination ;
d’ailleurs, au lendemain de son élection à la Présidence de la République, il se rendra en vacances d’été dans ce pays (d’où allait naître un drame planétaire) et sera même reçu par la famille
Bush au complet. Ne manquera à cette joyeuse réunion entre amis que Mme Cécilia Sarkozy, déjà en partance pour un ailleurs. Nous avons encore en mémoire les photos de la garden-party (repas
champêtre) offerte par les Bush en l’honneur des Sarkozy. Puis, en 2008, précipitamment, les « Subprimes » ont conduit le système capitalo-financier dans une crise dévastatrice sans
précédent, ayant des conséquences catastrophiques pour les organismes financiers et toutes les entreprises commerciales. En résumé, il s’agissait de crédits immobiliers à haut risque octroyés aux
ménages américains, et à des prix indexés sur le taux directeur de la FED (banque centrale américaine). Deux faits majeurs se produisirent. Le premier a été le relèvement du taux directeur de la
FED, passant en trois ans de 1 % à 5 %. Le second est que le marché de l’immobilier a brusquement chuté, affectant le capital immobilier (richesse) des emprunteurs. Conséquence : les
emprunteurs ne purent plus rembourser et le système basé sur la relation de partenariat (contrat) « prêteurs - emprunteurs » s’est littéralement écroulé. Ce virus financier
(spéculation) se traduisit par des insolvabilités en masse de la part des emprunteurs, ces derniers ne pouvant plus rembourser des traites surenchéries à cause des taux d’intérêts variables. Et
la propagation ne s’arrêtait pas là. En effet, les organismes prêteurs ont eu l’idée, sans doute pour limiter la casse, de transformer leurs créances (les prêts accordés) en titres (obligations)
proposés sur les marchés financiers. Beaucoup de banques européennes acquerront ces titres, pensant réaliser de bonnes affaires financières spéculatives. C’était sans compter sur les mécanismes
boursiers qui allaient accomplir leur implacable logique financière : ces titres se sont effondrés sur les marchés lorsque les emprunteurs sont majoritairement devenus insolvables (créances
devenues irrécouvrables pour les emprunteurs). Les hypothèques ne couvrant plus le montant des capitaux prêtés, à cause de la baisse importante du marché de l’immobilier, ces montages, certes
sophistiqués mais inconscients dans leurs prises de risque, entraînèrent principalement les banques dans une inéluctable spirale aboutissant à une faillite. Il faudra, en Amérique et en Europe,
l’intervention des Etats de chaque pays pour éviter une banqueroute internationale. Le système capitaliste et financier, tant idolâtré par notre Nicolas Sarkozy national, démontrait ses limites
spéculatives. Nous aurons alors droit au discours de Toulon, en 2008, dans lequel Nicolas Sarkozy dira : « La spéculation, c’est terminé ; les marchés qui font ce qu’ils veulent,
c’est terminé ; l’immoralité dans les affaires, c’est terminé… » Preuve, une fois de plus, que Nicolas Sarkozy réagit toujours après les événements, mais jamais avant par anticipation.
Il subit les événements sans les maîtriser. Un peu comme lorsqu’il nous disait, en tant que ministre de l’Intérieur, après qu’un « relâché » de justice avait récidivé, ceci :
« Vous allez voir ce que vous allez voir, les récidivistes, c’est terminé aussi ! » Et effectivement, nous avons vu et nous avons même compris la supercherie. Les récidives ont
continué et les spéculations financière également !
Nicolas Sarkozy est l’homme du gâchis. Il n’utilise pas toutes les potentialités de la France, il les divise, les scinde, les étouffe, les
déprécie pour mieux les contrôler. Il réagit toujours une fois les événements déroulés et ne fait preuve d’aucune anticipation instinctive et intelligente. Les banlieues françaises, pour ne
prendre que cet exemple, regorgent de talents, d’hommes et de femmes n’aspirant qu’à exprimer leurs compétences, leur volonté, leur énergie de vouloir s’en sortir honnêtement et de se bâtir un
meilleur avenir. Il ne fera rien pour eux ; rien, si ce n’est de les stigmatiser, de les pointer du doigt sous prétexte d’un débat sur une identité nationale ayant pour unique but de monter
les Français les uns contre les autres ; sous prétexte d’une culture judéo-chrétienne menacée par un islam envahissant, conquérant ; sous prétexte que la France serait menacée par
l’étranger : cet étrange individu. Prétextant qu’il sera celui qui aura permis aux Français, issus de la diversité (il faut bien les localiser, les personnifier), d'accéder au gouvernement,
il appellera dans son équipe gouvernementale des "personnalités" parmi les plus incompétentes de France, dont Fadéla Amara. Cette personne est tout sauf représentative des banlieues
françaises ; mais elle incarne l’image parfaite que Nicolas Sarkozy s’ingénue à donner des banlieues, et cela suffit à sa stratégie. L’image de Rachida Dati, et de Rama Yade sera également
exploitée à des fins de publicité personnelle, censée être la preuve d’une certaine ouverture d’esprit ; car en France, avec Nicolas Sarkozy, faire appel aux talents de Français de
« couleur » est un réel exploit, un véritable « changement d’état d’esprit ». Miracle ! Quelle provocation, quelle gifle pour toutes ces personnes intelligentes,
instruites, diplômées, françaises ne l’oublions pas, et compétentes, vivant dans les banlieues. L’arrogance de celui qui crie, hurle, scande partout qu’il sait tout, mais qui finalement ne sait
rien ; le mépris de celui qui se croit être parvenu et qui n’est parvenu qu’à se convaincre lui-même ; la soif de pouvoir d’un Président déjà usé au bout de cinq années de règne
seulement, me conforte dans ma position initiale : cet homme ne pouvait rien apporter de bon à la France. Alors, aujourd’hui, après nous avoir servi les USA comme sauce quotidienne, Nicolas
Sarkozy nous recommande expressément l’Allemagne qui est, selon lui, un exemple, un modèle économique. Mais alors, la France, pays de l’ingéniosité, de la morale civile, de la conscience
universelle, de la créativité sans limite, des Lumières, de l’innovation continuelle, de la Révolution culturelle, politique, sociale, également pays des Molière, Voltaire, Rimbaud, Hugo et Zola,
entre autres, serait condamnée à s’aligner, à suivre des idoles, des divinités fussent-elles Angela Merkel. Quel vulgaire destin pour une si grande Nation que la nôtre. Car non, monsieur Nicolas
Sarkozy, le nazisme n’est pas né en France, pas plus que le fascisme et le franquisme. Les Français, au contraire, ont combattu tout cela ! Ne le saviez-vous donc pas ? Assez de
gâchis ! La France a besoin de tous ses enfants, de toutes ses potentialités pour rentrer dans le nouveau monde qui l’attend. L’Allemagne est un grand pays, mais pas au point de servir de
modèle sociétal à la France. Vous et vos gouvernements – si j’excepte François Fillon qui aura eu deux mérites, selon moi : celui de gouverner avec calme et sérénité confronté à de
continuelles tempêtes médiatiques, et celui de vous supporter – avez gâché les chances françaises de rivaliser avec les meilleurs de ce monde, non pas en copiant je ne sais quelle autre grande
Nation, mais en jouant avec ses propres forces, ses propres valeurs et ses propres armes qui sont : l’ingéniosité, la créativité, l’ouverture d’esprit, la tolérance et la reconnaissance de
tel ou tel effort consenti par des Français, non pas par affinité politique ou partisane (bonjour M. Christian Clavier, au fait la mutation du chef de service en Corse vous a-t-elle au moins
servi à quelque chose ? Alors j’en suis heureux pour vous), mais par leurs qualités intrinsèques, leur courage et leur combativité dans un monde devenu rude et sans pitié. Oui, monsieur le
Président, vous avez été l’homme des gâchis insupportables. Vous avez même réussi à nous enlever l’espoir ; cet espoir qui fait vivre, tenir debout des millions de Français fatigués et
blasés de voir à quel point vous les avez trompés, dupés et finalement trahis. Car la traitrise aura marqué votre quinquennat : après nous avoir promis une République irréprochable, nous
finissons avec une République déplorable. Oui, vous avez été dans des mouvements perpétuels, été gesticulant, menaçant parfois, été toujours là où l’actualité le commandait souvent à des fins
personnelles, mais vous n’avez jamais été là où l’on vous attendait : aux côtés des Français et principalement des plus défavorisés.
Les
Français ont peur, nous dit le Président Nicolas SARKOZY. Après la peur des banlieues et de l’insécurité physique, voici maintenant la peur due aux finances, celle qui va sans doute permettre au
gouvernement de rebondir, de reprendre le contrôle. La peur, toujours la peur, celle qui permet à nos gouvernants de se maintenir aux sommets du pouvoir. Décidément, la peur est le terrain de
prédilection de notre Président.
A
l’heure où la France est non pas réformée mais carrément restructurée, réadaptée de fond en comble, et calquée à l’identique sur l’ultralibéralisme outre-Atlantique, je suis, et je ne dois pas
être le seul, pris d’un écœurement, d’un dégoût, d’une répugnance, à la vue qu’un système qui a détruit les hommes, ruiné la morale, anéanti la nature, détraqué le climat, méprisé la vie, qui
s’est même permis de commercialiser le temps, et tant usé et fait courber les êtres humains au nom du « dieu-profit », ait pu être à ce point idolâtré, aimé, adoré, adulé et convoité
par les hommes. Ce système perverti, n’ayant de règles que celles édictées par l’argent, n’est plus viable. Comme le communisme était contraire à la nature humaine par ses doctrines
collectivistes, systématiquement égalitaires, centralistes, interdisant les biens et tous systèmes de production privés, le capitalisme devient également opposé à la nature humaine parce qu’il
avilit, asservit, écrase et domine l’homme, toujours au nom d’un profit, d’un superprofit, et cela sans jamais trouver de fin, de limite en soi. Le capitalisme « jusqu’auboutisme » est
mort. Reste à l’enterrer définitivement avec des funérailles bien gardées : ceux qui, comme moi, auront envie de cracher sur sa tombe seront sûrement très nombreux. Aussi, je vous invite,
Françaises et Français, vous qui fûtes souvent les premières et les premiers à montrer la voie du progrès, par la révolution si nécessaire, à venir assister à la cérémonie des obsèques du
capitalisme dont les date et heure nous seront, je l’espère, précisées par les bons soins de l’Elysée.
Dans un système organisé, quel qu’il soit, dès lors que des contestations se font de plus en plus pressantes et virulentes – l’OMC (organisation mondiale du commerce) génère des
contestations parce que des consciences s’éveillent – il faut absolument, pour les tenants du système, réduire au silence les individus les plus agités et tenter d’étouffer dans l’œuf tout
opposant devenu trop véhément. Comment procéder ? Créer un désordre. Comme si on allumait un incendie mais dont on garderait une parfaite maîtrise. Le nouvel ordre mondial, issu du diktat
des capitalo-financiers, se veut être un espace mondial dans lequel le commerce évoluerait à l’échelle planétaire. Une espèce de marché mondial à
ciel ouvert dans lequel tout le monde pourrait commercer. Et une nouvelle fois, le nerf de la guerre est le capital, l’argent.
Ce qui devait arriver est arrivé : l’après-Kadhafi a débuté. Il faut reconnaître que la France a joué un
rôle essentiel dans cette destitution de Kadhafi par les Libyens eux-mêmes, aidés par les forces occidentales. En effet, dans la crise libyenne, la France a pris les devants tant sur le plan
politique que sur le plan militaire. Mais désormais, il faut veiller à laisser les Libyens décider de leur sort et ne pas s’ingérer dans leurs affaires intérieures. Tout juste les aider et les
conseiller quant à la construction d’un futur Etat démocratique libyen ; tout cela ne devant se faire qu’à leur propre demande.