Etude comparative des différentes civilisations, établie au sécateur et au lance-pierre. M. Claude Guéant, actuel Ministre de l’Intérieur, dont le principal travail serait en principe d’assurer la sécurité des Français, plutôt qu’à s’égarer sur des sujets de haine et de division qu’il ne maîtrise pas du tout, s’est prêté à cette étude (probablement dans un but de courtiser les sympathisants de l’extrême droite) et est parvenu à cette conclusion déclarée lors d’une de ses nouvelles sorties médiatiques fantaisistes : « Toutes les civilisations ne se valent pas ». Ha ! C’est court, concis, et cela a au moins le mérite d’être clair. Sommé de s’expliquer, une occasion de clarifier ses propos et éventuellement de les corriger lui était donnée, il persiste et signe : « tout ne se vaut pas ». Un bis repetita placent doux aux oreilles des extrémistes, des nationalistes xénophobes et autres racistes notoires de France et de Navarre. Nul doute que ces déclarations sont lancées à l’attention de l’électorat du Front National. Nous l’avions bien compris. Décidément, avec Nicolas Sarkozy, les Ministres de l’Intérieur se suivent et se ressemblent. Mais quand même, Brice Hortefeux était un peu plus marrant ; c’est mon simple avis.
Mais de quelles civilisations parle Claude Guéant et quels sont ses critères de comparaison objectifs ? A-t-il fait une étude pointue, documentée, rigoureuse, précise et rationnelle comme l’exige un tel sujet ? Sur quoi se fonde-t-il pour affirmer de telles conclusions pour le moins hâtives, méprisantes et totalement irréfléchies ? Est-il sociologue, philosophe, historien ; a-t-il un doctorat en anthropologie, dans les domaines des sciences humaines et sociales ? Je ne le pense pas. Claude Guéant s’est donc exprimé, sur un sujet éminemment polémique et complexe, en tant que citoyen. Problème, et il est de taille : il n’est pas un citoyen ordinaire, il est un Ministre de la République. Une République fondée sur des institutions qui garantissent que celles-ci respectent toutes les croyances, tous les citoyens quelles que soient leur religion ou leur philosophie. Mais que signifie le mot civilisation ? Pour ma part, je dirai, brièvement, qu’il s’agit de tout ce qui indique ou caractérise la vie matérielle et culturelle d’une société fondée et dirigée par des humains. Et c’est précisément là que Claude Guéant tente de hiérarchiser les différentes civilisations (lesquelles ?), de manière subjective, et c’est là tout le problème, en comparant, essentiellement, la civilisation chrétienne avec la civilisation arabo-musulmane. Et dans son esprit, nul doute, il place la civilisation chrétienne au-dessus de toute autre civilisation et donc au-dessus de la civilisation arabo-musulmane. Autrement dit, les musulmans de France seraient un danger, des envahisseurs pour la culture française et au-delà un danger pour la culture européenne. Si ce n’est pas du racisme et un appel à l’incitation à la haine entre citoyens français, cela lui ressemble étrangement. Prétendre qu’une civilisation peut être supérieure à une autre civilisation c’est déjà démontrer que l’on serait soi-même non civilisé puisque rejetant toute autre forme de civilisation que la sienne. Que signifierait le mot tolérance, dans ce cas ? Autrement dit, imposer sa propre civilisation par la force, ce que Claude Guéant serait apparemment prêt à faire, ne peut pas être considéré comme étant un acte civilisé, mais plutôt comme un acte barbare. Apprenez M. Claude Guéant, que toute grande culture et toute grande civilisation se fondent en premier lieu sur le respect des siens mais également des autres. Pour le reste, je vous renvoie à l’histoire. Elle vous enseignera que toute culture naît d’une autre culture. C’est aussi vrai et évident qu’il faut à un couple d’abord s’accoupler avant de procréer. Un acte naturel auquel l’homme est asservi. Et vous M. le Ministre, puisque vous m’avez offensé, je suis de culture musulmane, je prétends, tout comme vous en tant que simple citoyen, que vous êtes asservi à la connerie humaine.
Touhami Moualek


C’est en 1998, le 12 juillet exactement, que l’équipe de France de football fut sacrée championne du monde en Seine-Saint-Denis, précisément sur la
commune de Saint-Denis, dans le « neuf trois » au Stade de France. Un moment inoubliable pour tous les sportifs mais également pour tous les Français en âge de se souvenir.
Ironie de l’histoire, le père de Zinedine Zidane, monsieur Smaïl Zidane, s’était déjà installé, en arrivant en France, dans la Plaine Saint-Denis, c’est-à-dire tout proche de l’endroit où son
fils allait un jour, devant le monde entier émerveillé, entrer dans l’histoire. Un destin parachevé ; un destin éclos à la face de la Terre. Dieu l’aura voulu ainsi.
La politique de la haine conduite en France par les pouvoirs publics et consistant à systématiquement stigmatiser,
montrer du doigt les Français d’origine étrangère – particulièrement les Français (Maghrébins, Asiatiques, Noirs) n’ayant pas le faciès du prototype européen – dont la dernière victime en date
est monsieur Jean-Vincent Placé (EELV), traité de « Coréen national » par monsieur Alain Marleix (UMP), encourage à toutes les dérives et dédouane par avance tous les racistes de France
et de Navarre. Il n’est plus honteux pour les ignobles racistes de cacher leur haine par peur des lois et du jugement des hommes, bien au contraire, il est désormais de notoriété publique
d’afficher crânement une espèce de repli identitaire revendiqué au nom d’une civilisation spécifiquement française et, évidemment, vécu tel un suprême exemple pour les autres, considérés comme
des êtres inférieurs. Alors que toute culture évolue, s’amende et progresse au contact d’autres cultures, d’autres connaissances. Et la culture française, avec bien entendu ses spécificités de
base, ne déroge pas à la règle ; il suffit juste, par exemple, de consulter le dictionnaire de la langue française pour y découvrir le nombre important de mots issus d’autres langues, dont
l’arabe. Défendre une prétendue civilisation en l’enfermant à double tour dans une pièce hermétique, et en adoptant une intolérance envers autrui, envers des apports humains venus d’ailleurs,
reviendrait à condamner cette civilisation à disparaître. Parce que c’est dans la diversité que l’on trouve le plus de choix et de richesses. Du temps des croisades, les chevaliers (croisés)
repartaient de Jérusalem avec des tonnes de trésors, dans tous les domaines, ramenés d’Orient. Les riches échanges entre scientifiques et intellectuels chrétiens et musulmans permirent au génie
humain d’atteindre la perfection dans bien des disciplines. Il est évident que de tout temps, les enfants des immigrés – et la France est une terre d’immigration – ont contribué à transformer, à
dynamiser et à développer davantage la société française. Le nier serait être de mauvaise foi et prêterait également à nier l’histoire.
Dites-nous M. Eric Raoult comment vous pouvez concevoir que l’on caricature un homme saint, un Prophète, guide spirituel de centaines de millions de fidèles à travers toute la
planète, en terroriste, ce qui a pour effet de diffuser le message suivant : l’islam formerait des terroristes et tous les Musulmans seraient en conséquence des terroristes, et ne pas
accepter soi-même d’être caricaturé en tant qu’homme politique, surtout après vos propos provocateurs sur Israël. Expliquez-nous donc votre propre conception de la liberté d’expression.
Existerait-il ce qui peut être caricaturé (ce qui nous semblerait être hostile) et ce qui ne pourrait pas l’être (ce qui nous semblerait être allié). LBS est un site d’information alternative. Au
nom de la liberté d’expression (votre chère liberté d’expression), et au nom de la liberté de la presse, LBS recourt à la caricature. Un magazine vient très récemment de traiter (c’est aussi une
caricature) le Président de « voyou ». Personne n’en est mort. Et puisque j’évoque votre maître à penser, le Président Nicolas Sarkozy, ce dernier avait déclaré lors de sa campagne
présidentielle : « La France, on l’aime ou on la quitte ». Etant donné votre rapide choix entre la France et Israël, vous savez ce qu’il vous reste à faire : vos valises. Les
lâches ont tous un point commun : ils se rangent toujours du côté des plus forts. Nous ne sommes pas, M. Eric Raoult, des voyous, des délinquants, nous ne sommes pas non plus des dupes, il y
a bien longtemps que nous avons quitté les troupeaux.