La LBS (La Banlieue S’exprime)
Je vous suggère aimablement de contacter cette association (labanlieuesexprime.org). Vous
obtiendrez ainsi des renseignements et aurez des précisions sur ce le sort de son Président. Toutefois, il me semble que M. Dieudonné, de retour du Liban, avait organisé une conférence de
presse à Paris au théâtre de « la Main d’or ». Je crois savoir, qu’une fois de plus, celle-ci a été boycottée par les médias traditionnels « couchés » et
« rampants » devant les pouvoirs politiques et les puissants lobbies de la terre. Je n’ai pas d’autres informations. Je n’étais pas présent à cette conférence. Quant au site LBS, je
pense qu’il dérange parce qu’il offre d’autres sources d’informations que les voies et les canaux « officiels ».
Positions du FN
Pour ma part, je ne fais pas partie du FN. D’une manière générale, je ne suis inféodé à aucun
parti politique ; cela me permet de conserver ma liberté de parole. Mais ce que je puis vous dire, c’est que le FN reste, jusqu’à preuve du contraire, un parti de l’extrême droite, avec
ses idéologies « fascisantes ». Sa reconversion récente vers une ligne plus « modérée » est plutôt surprenante. En ce qui me concerne, je reste assez sceptique. Cependant,
je pense que les sympathisants du FN perçoivent, peut-être plus que d’autres, les dangers d’un effritement de la société française, notamment dans les banlieues, et tenteraient de sortir ces
banlieues du marasme économique et social dans lequel elles se trouvent, avant qu’il ne soit trop tard. Ce serait, dans ce cas, faire preuve, de la part du FN, de beaucoup de responsabilités.
Mais je le répète, j’ai un doute. Nous sommes en période électorale et tous les coups tordus sont permis, nous le savons tous très bien. Mais si réellement le FN a changé de visage, alors
tant mieux ! Et si un parti politique parvenait à rassembler des Français de toutes couleurs et de toutes tendances, comme ce que j’ai vu au spectacle de Dieudonné, au Zénith le
18/12/2006, eh bien si c’est le FN, je le féliciterais. Les deux « titans » de la politique française l’UMP et le PS, qu’ont-ils fait à part fabriquer de plus en plus de SDF, de
brouiller la justice, d’aggraver les injustices et les discriminations, et de déprimer les Français au point où ceux-ci ne veulent même plus se déplacer pour aller voter, etc. etc. ?
« On retrouve très souvent parmi ses propres ennemis des hommes loyaux et droits que l’on ne trouve pas dans son propre camp ».
Situation au Proche-Orient
Je comprends parfaitement que les Français souhaitent dans leur grande majorité adopter une
certaine neutralité dans ce conflit et tenter de rester, du mieux possible, mesurés. Pourtant, la France est responsable au moins à deux niveaux importants. Premièrement, en 1948 elle a émis
un vote favorable à la création de l’Etat d’Israël. Deuxièmement, elle n’a jamais réussi, avec ses alliés traditionnels, à obliger Israël à restituer les territoires occupés en 1967, malgré
maintes résolutions votées au Conseil de Sécurité. Solidaire avec les Britanniques, la France a aidé à créer un Etat en Palestine, déstabilisant toute la région, puis s’est désengagée,
laissant le peuple palestinien non-juif livré à son triste sort. Historiquement, l’Etat d’Israël a été créé alors que tous les pays arabes étaient soit colonisés, soit sous protectorat, donc
dans une situation de faiblesse extrême. Aujourd’hui, les pays arabes sont indépendants. Ce conflit du Proche-Orient, hérité depuis 1948, exaspère les populations arabes qui de plus en plus
se radicalisent et, c’est vrai, prêchent un islam violent. Ces courants sont encore heureusement minoritaires. Si Israël avait réellement voulu faire la paix, y compris avec ses voisins
arabes, il aurait commencé par se retirer des territoires occupés, plutôt que de continuer sa politique suicidaire qui consiste à produire en masse des colonies. Il est trop facile de dire
aujourd’hui, en France et ailleurs, que le conflit du Proche-Orient ne concerne que deux antagonistes, alors que la communauté internationale a été à l’origine de la création de ce conflit
qui, il faut avoir le courage de le dire, perdure dangereusement. La communauté internationale doit prendre et assumer ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard. Il ne faudrait pas
oublier que ce conflit est directement né d’une création d’un Etat par la force ; tout cela contre la volonté de tout un peuple et de tous les pays voisins alentours. La voie politique
est la seule solution pour parvenir à une paix juste et durable.
Le Hamas
Le Hamas a été démocratiquement élu par le peuple palestinien. Que les Européens l’aient
boycotté me semble être un acte antidémocratique. Que ce soient les attentats « kamikaze » ou l’émergence de partis jugés par l’occident comme étant « extrémistes » voire
« terroristes », il faut reconnaître que ces réactions extrêmes sont directement liées à la brutalité, à la sauvagerie, au climat de terreur, d’injustice et d’oppression que
produisent les gouvernements successifs israéliens dans les territoires colonisés, oh pardon… je voulais dire occupés ! Ramener l’islam à des interprétations de groupuscules
radicaux n’est pas sérieux. L’islam vaut bien mieux que cela. Il n’y a aucune similitude possible entre l’islam tel qu’il pourrait être véhiculé par des partisans extrémistes et l’islam
pratiqué par les musulmans de France. Toute comparaison serait purement grotesque et mensongère… à la de Villiers.
L’islam ne doit pas être l’objet d’une interprétation réductrice et
caricaturée
Vous dites, je vous cite : « Etre musulman c'est avant tout vivre selon des
prescriptions, des lois, des moeurs dictés par le Coran et selon le modèle de Mahomet. C'est affirmer l'unicité de Dieu et savoir qu'il n'y a qu'un péché impardonnable, celui de croire comme
les chrétiens en un Dieu en trois personnes. C'est prescrire, selon le Coran, la mort pour les athées. Pour les « gens du Livre », juifs et chrétiens, c'est le jihad (« la guerre sainte »),
c'est à dire encore la mort ou la relégation dans le statut de dhimmi c'est à dire de sujet toléré mais selon un statut inférieur. Déjà à Bethléem, les chrétiens devenus minoritaires se sont
vus infliger par la municipalité un impôt spécial, marquant bien désormais leur dhimmitude ».
Première remarque : vos connaissances de l’islam semblent bien minces, pour ne pas dire
très limitées. Dommage. Car caricaturer une religion de la dimension de l’islam revient tout simplement à mépriser près de deux milliards de musulmans à travers la planète, mais surtout à
passer à côté d’un message empreint de sagesse, de justice et d’humanité.
Seconde remarque : je vous épargne le temps des croisades, les pogroms en Espagne (1391)
ainsi que la période de l’inquisition et d’une certaine reine Isabelle qui, en 1492, (année où Christophe Colomb quittait l’Andalousie pour un autre continent : l’Amérique), menaçait les
Juifs d’Espagne de se convertir au christianisme ou de quitter le pays sous peine de mort. Et ce sont les musulmans qui accueillirent les Juifs de la diaspora, les Séfarades notamment,
principalement en Afrique du Nord. On ne peut nier un fait historique : les musulmans ont très souvent été des défenseurs du peuple juif. Objectivement, je ne pense pas que les
chrétiens, avec tout le respect que nous nous devons mutuellement, soient en mesure de donner des leçons aux musulmans en matière de tolérance. La persécution des Juifs, désolé, mais ce ne
sont pas les Arabes.
France et islam
Dois-je rappeler que l’islam est avant tout une religion de paix et de tolérance. Dois-je aussi
rappeler que nous vivons dans un Etat laïc et républicain. Une loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, celle du 10 décembre 1905, a été votée. Les musulmans de France, dans leur
écrasante majorité, respecte ce pacte républicain et pratiquent leur foi de manière personnelle et privée. Concernant les mosquées, veut-on en France continuer à voir fleurir des mosquées
souterraines indignes et où l’on prêcherait un islam radical et intolérant ? L’islam est, par le nombre de pratiquants, la seconde religion de France, il est donc normal que les fidèles
aient des lieux décents, à ciel ouvert, où exercer librement leur culte. Les lois républicaines sont claires à ce sujet. Veut-on nous replonger dans les années 60 et 70 où il fallait se
terrer, se cacher pour prier Dieu ? Tout cela n’est évidemment pas acceptable. En quoi l’islam remet-il en cause l’histoire, la culture et les traditions françaises ? Agiter en
permanence le risque d’un « choc des civilisations » revient effectivement à rechercher un affrontement en créant par des peurs irrationnelles les conditions de cet affrontement. Je
n’adhère et n’adhérerai jamais à une telle périlleuse fomentation.
M. Tariq Ramadan
Vous affirmez, je n’ai évidemment aucune raison de mettre en doute votre parole, que Tariq
Ramadan aurait dit : « l’islam ne rentre pas au sens strict dans l’acception du mot religion ». Je ne sais pas dans quel contexte cette phrase a été prononcée. Mais
effectivement, on peut affirmer qu’au-delà de son statut de religion révélée, l’islam enseigne, en bien des sujets, des valeurs communes à des lois qui régissent notre société et élaborées à
postériori. Je ne puis cependant m’exprimer à la place de Tariq Ramadan. Je vous suggère donc de l’interviewer à ce sujet. En tant qu’islamologue, il saura mieux vous répondre. Mais je vous
rassure, il n’y a aucun péril vert qui menacerait la France. Si des conflits peuvent exister entre des « pensées coraniques » et les lois républicaines, évidemment les lois
républicaines l’emportent ; comment pourrait-il en être autrement ? Et de grâce, n’utilisons pas à l’emporte pièce le mot « charia ». Le droit au culte existe, il
faut l’utiliser à bon escient. Je suis pour ma part un républicain convaincu et je défends donc la République et ses principes. La religion m’apporte un réconfort spirituel
complémentaire dans ma vie de citoyen. Averroès avait tenté d’expliquer que l’on pouvait séparer la raison de la foi. Il y est bien parvenu, non ?
Ce que je regrette personnellement
Pourquoi s’en prend-on systématiquement à l’islam et aux musulmans ? Lorsque mon père,
arrivé en France, il y a plus de quarante ans, priait dans des sous-sols insalubres et jeûnait en cachette pendant le mois du ramadan, personne, au nom des droits de l’homme, n’a volé à son
secours. Cela ne dérangeait aucune conscience. Pourtant, nous sortions de 132 ans de présence coloniale française en Algérie. Et aujourd’hui, grâce à nos combats, notre courage, nos
abnégations et notre volonté, nous avons réussi à nous intégrer à la société française. En quoi serions-nous donc une menace pour la France puisque nous nous sommes battus pour être acceptés
en son sein ?
DSK (Dominique Strauss-Kahn), ancien Ministre du gouvernement Jospin, a récemment déclaré, et
s’il a été sincère (et pourquoi pas ?) alors je le félicite : « Il faut un Etat palestinien qui soit économiquement et politiquement viable ». J’aimerais cependant
apporter quelques correctifs. En effet, à mon tour je poserais cette question « l’Etat d’Israël est-il politiquement et économiquement viable ? » La réponse est non.
Pourquoi ?
Politiquement, l’Etat d’Israël, en 60 ans, n’a rien fait pour se faire admettre et respecter
dans la région, à part coloniser, coloniser et coloniser, massacrer puis présenter des excuses, massacrer puis présenter des excuses, massacrer puis présenter des excuses. Désolé pour ces
répétitions, mais elles sont aujourd’hui plus que nécessaires. Il subsiste encore quelques oreilles sourdes aux bruits des canons.
Economiquement, sans l’aide des Juifs de la planète entière et des Etats-Unis (jusque
quand ?) Israël s’écroulerait rapidement.
Touhami Moualek