L'Algérie demeure une cible privilégiée des Occidentaux. Parce que c'est
un pays riche en matières premières, mais également riche d'un peuple fier et digne, et surtout composé d'une jeunesse qui vibre à la vue du drapeau blanc et vert, frappé du croissant de Lune et
d'une étoile ; une fierté qui étonne et surprend le monde entier. L'Algérie a souffert et a payé chèrement le prix de son indépendance ; et cela, les nouvelles générations ne l'oublient pas. Le
traumatisme causé par huit années de guerre est tel qu'il ne faut plus parler de colonialisme aux Algériens car ce serait raviver chez eux des plaies à peine cicatrisées. 2012 sera l'année de la
célébration du cinquantième anniversaire de l'indépendance algérienne. On peut bien entendu comprendre la peine des pieds noirs et des Juifs séfarades lorsque ceux-ci se remémorent les souvenirs
des années colonialistes passées en Algérie, mais à aucun moment on ne peut comprendre le comportement d'une majorité d'entre eux qui faisait de moi, et de mes coreligionnaires, un
sous-homme, un indigène administré par le code de l'indigénat, comme les Noirs étaient administrés par un Code Noir. On n'oublie jamais les humiliations,
les souffrances, les crimes commis au nom d'un système : le système colonialiste. Albert Camus aura beau crier, à qui voulait l'entendre, que les Algériens étaient tous égaux, et ce fut à son
grand honneur, il n'empêche que le mal était fait. Jean-Paul Sartre, au risque de sa vie, se rangera du côté du FLN et s'écriera : L'Algérie n'est pas la France ! Simone de Beauvoir sera
son entière complice dans cette aventure qui vaudra au philosophe et sa compagne deux plastiquages de leur appartement. Nous étions loin des philosophes de pacotille, extrémistes sionistes, du
style de Bernard-Henri Lévi et Finkielkraut, tous deux juste bons à attiser la haine et à nous servir matin, midi et soir un menu composé exclusivement d'une Shoah instrumentalisée politiquement
et brandie comme un trophée à des fins de culpabiliser tout un continent, toute une planète : la planète Terre. Et pourtant BHL est né en Algérie (à BENI-SAF) ; ses ascendants n'ont pas su ou
n'ont pas voulu se battre pour une Algérie fraternelle dans laquelle tous les Algériens auraient cohabité en paix et dans la justice.
Un CNT destiné à opérer en Algérie a été étudié sur mesure par les services secrets américains, français et qataris, entre autres. A l'instar du CNT libyen, le CNT algérien avait pour mission de
mettre en exergue la pauvreté en Algérie, d'amalgamer politique et social et bien entendu de dénoncer la corruption à tous les niveaux, y compris au sommet de l'Etat en vue d'arriver à ébranler
le pouvoir politique en place. D'organiser, d'infiltrer et de contrôler des manifestations à des fins de déstabiliser le régime de l'intérieur, puis de diviser, de créer des scissions entre les
différentes couches des populations algériennes. Les islamistes purs et durs algériens exigent depuis longtemps plus de liberté en Algérie. Ce que les autorités algériennes ont toujours refusé.
Ces musulmans activistes aimeraient donc renverser le Président Bouteflika, leur principal adversaire politique.
Les identités des noms des personnes nominées au grand CNT algérien
sont, selon des indiscrétions de sources américaines : Anouar Adam, un islamiste exilé aux USA et ancien dirigeant du FIS, parti dissout. Rabah Kébir qui vit en
Allemagne. Abassi Madani, financé par le Qatar et Al Jazeera. L'émir du Qatar a grandement facilité l'émigration de Abassi Madani vers le Qatar, puis vers la Malaisie.
Saïd Sadi, chef du RCD, qui est un proche de BHL. On notera le mariage forcé entre le FIS et le RCD, prouvant que tout est bon à prendre quand il s'agit de pouvoir. Saïd Sadi
n'en est plus à un reniement près. Enfin, il faut noter que le turbulent Ali Ben Hadj ne serait pas sur la liste. Salafiste wahhabite et l'un des co-fondateurs du FIS (Front Islamique du Salut),
ce dernier a été libéré par les autorités algériennes et demeure néanmoins sous haute surveillance, car jugé comme étant un homme toujours dangereux et susceptible d'être manipulé par ceux
arrivant de l'extérieur.
Et Nicolas Sarkozy dans tout cela ? D'abord, ce dernier semble totalement ignorer que de nombreux intellectuels algériens résident à travers le monde et principalement en Europe, donc en France
également. Cette intelligentsia algérienne pourrait bien lui faire regretter certaines de ses prises de position, voire certains de ses actes. Ce dernier a en effet piloté l'intervention en Libye
; intervention de plus en plus contestée y compris en France. De plus, Bouteflika n'est pas le défunt Kadhafi, celui-ci bénéficie d'un appui total des Russes, mais aussi et surtout des Chinois.
Et cela pourrait bien valoir au Président français quelques revers si d'aventures l'Algérie était ciblée. Ensuite, plus qu'Obama, Nicolas Sarkozy aimerait, selon Alger, rentrer dans l'histoire à
travers ces révolutions arabes, en devenant en quelque sorte le parrain du Printemps arabe.
Que faut-il penser de toutes ces gesticulations politiques et géostratégiques ? Que les Occidentaux, après avoir exécré les islamistes qu'ils traitaient de terroristes, font désormais appel aux
services de ces mêmes radicaux musulmans pour renverser des régimes pour la plupart émancipés et qui ont renvoyé à leurs bases ces puissances occidentales. Autrement dit, devant un islam devenu
totalement exponentiel et incontrôlable, même dans les meilleurs laboratoires chargés d'étudier cette religion étonnamment expansionniste, les Occidentaux s'achètent une assistance auprès des
islamistes radicaux pour ensuite les retourner contre les musulmans et le monde musulman en général. Eteindre un feu par un autre feu maîtrisé. Mais allumer un incendie est un jeu d'enfant.
L'éteindre poserait plus de problème. Et Nicolas Sarkozy joue avec le feu. C'est un fait.
Et comment s'acheter les services des renégats ? En leur offrant le pouvoir sur un plateau d'argent. C'est chose faite en Libye. C'est chose en voie de réalisation en Syrie. Et l'Algérie ? Si
l'Algérie tombe, c'est tout le Maghreb qui tombe. D'où un intérêt certain pour des puissances occidentales, malades et enlisées dans une crise capitaliste qui les tuera tous s'ils ne déplacent
pas leurs maux vers d'autres, de s'ouvrir les portes de l'Afrique. Et la clé n'est autre que l'Algérie.
Touhami Moualek
Source : Alain Benjamin, dirigeant de l'Union Syndicale des Travailleurs américains.


Nicolas Sarkozy, s'adressant au responsable du CNT libyen : Attendez
de voir ce qui va se passer en Algérie d'ici un an...
Si je me place dans la position d’un homme qui réfléchit logiquement, librement, avec mesure et sagesse, je me dis que les Libyens ont eu raison de se
révolter afin, d’une part, de se débarrasser d’un dirigeant devenu seul et unique propriétaire de tout un pays, et d’autre part, de vouloir évoluer vers une liberté politique, sociale et
économique. C’est un idéal légitime, louable et respectable. Les Français ont eux-mêmes connu une Révolution avant de parvenir à établir, au prix de leur sang, une République libre et
démocratique. Alors, cet élan spontané, volontaire et courageux, affiché par le peuple libyen, laisse à penser, sur un plan moral, que la communauté internationale se devait d’intervenir pour
protéger les populations civiles exposées aux tirs de fusils ordonnés par un dirigeant devenu fou. Ce n’est ni de la candeur, ni de la crédulité, c’est une appréciation objective d’une situation
donnée par rapport à un changement, une aspiration de liberté voulue par tout un peuple. La plupart des dirigeants arabes usent de deux méthodes pour asservir leur peuple. D’abord la religion.
Des interprétations erronées et intégristes étouffent et empêchent les citoyens de s’émanciper, de progresser et d’évoluer. Ces prêcheurs radicaux sont soutenus et encouragés par les régimes
dictatoriaux. Ensuite l’armée. Les militaires sont, dans ces régimes totalitaires, de vrais seigneurs. Rien ne leur est refusé. En contrepartie, ils matent, répriment et tuent dans l’œuf tout
début de révolte. Si bien que voir des peuples arabes se soulever est très courageux, voire téméraire ; on le voit bien en Syrie. La Libye entrait bien dans le cadre d’une révolution dont
l’objectif était de s’affranchir du joug d’un dictateur.
L’Algérie est à son tour visée. En France, les « anciens de là-bas » voyaient déjà d’un bon œil les violences, les attentats et les
horreurs qui sévissaient en Algérie dans les années 80-90. Ils priaient pour un effondrement, un chaos de l’Algérie, gage d’un éventuel retour. Il n’en sera rien. L’Algérie tiendra bon ;
l’Etat restera fort, et Bouteflika réussira à instaurer une concorde nationale. Pas de pardon, juste un acte civil responsable de la part de tous les Algériens. Le pardon viendra avec le temps.
Et voilà que le « printemps arabe » naît, surprend tout le monde. La Tunisie, puis l’Egypte. Les deux peuples auront raison de leur dirigeant respectif. Mais puisque l’Algérie ne s’est
pas écroulée, malgré tous les attentats et tous les crimes – commis par qui ? On ne sait pas – dus à une terrible guerre civile, on pourrait peut-être, de l’étranger, profitant de cette
aubaine du « printemps arabe », l’aider à imploser de l’intérieur. La Libye a été sujette à des troubles. L’Occident, dépassé dans un premier temps par ces révoltes arabes, réagit à
l’affaire libyenne. Autant pour la Tunisie et l’Egypte, les Occidentaux seront attristés par le départ de Ben Ali et Moubarak, deux dictateurs à leur botte, autant pour Kadhafi ils mettront
tout en œuvre pour entretenir, aider et soutenir cette révolte libyenne. Le CNT sera assez vite reconnu par la France qui aura l’aval des Américains pour prendre les choses en main, en compagnie
des Britanniques. Après un début d’enlisement, les forces restées loyales à Kadhafi perdront du terrain et, doucement mais sûrement, tomberont aux mains des insurgés, jusqu’à Tripoli. Reste le
bastion de Syrte, très difficile à prendre.
Nous en avions déjà parlé. Il est effectivement des sujets évincés, occultés, déformés, revus et corrigés par l’Histoire, par les
Historiens, de manière volontaire, souvent pour des raisons politiques, parfois par la raison du plus fort. J’ai pour exemple un certain 17 octobre 1961 qui vit, à Paris, des manifestants
pacifiques algériens massacrés et jetés à la Seine – plus de 300 victimes selon des investigations sérieuses et rigoureuses, alors qu’officiellement Maurice Papon en reconnaîtra quelques uns (2),
couvert par le gouvernement du Général de Gaulle – ; ou bien ces Justes et courageux musulmans de la Mosquée de Paris qui, au prix de leur vie, sauvèrent des Juifs de la déportation et d’une
mort certaine, en les cachant et en leur procurant de faux papiers ; ou encore cette affirmation maintes et maintes fois scandée par les pieds-noirs et les séfarades d’Algérie :
« la valise ou le cercueil », alors qu’en juillet 1962 des dizaines de milliers (on avance le chiffre de 200.000) choisirent de rester en Algérie ; aucun mal ne leur sera fait et ils ne
seront jamais inquiétés, ni par la population, ni par les pouvoirs publics, parce qu’ils n’avaient rien à se reprocher, n’ayant pas de sang sur les mains ; aujourd’hui, ils vivent encore en
Algérie ainsi que leur descendance ; quant aux harkis, massacrés à l’indépendance, ces derniers combattirent pour le compte de la France, et c’est bien l’armée française qui les a abandonnés
à des Algériens, épris de vengeance dans un contexte extrêmement chaud et périlleux ; les autorités françaises le savaient bien. Alors, accuser le FLN est chose facile et paraît être une
excuse bien misérable, même si bien entendu la morale condamne ces actes, à partir du moment où la guerre était bel et bien finie. Mais il en est ainsi des comportements humains. La France
elle-même connut ces drames avec ceux que l’on dénommera pudiquement les collabos.
Mais attention, pas d’amalgame. Le fascisme et le nazisme sont une chose, le colonialisme en est une autre. Même si en 1942 une interconnexion
a pu s’établir entre le nazisme, le fascisme et les victimes du colonialisme. En effet, des Algériens – ceux que l’on appelait à l’époque les indigènes, les autochtones – incultes et analphabètes
pour cause de crimes colonialistes, voyaient en Hitler et en la Wehrmacht des libérateurs. A leurs yeux, Hitler avait défait leurs maîtres, ceux qui les maintenaient dans un état de
sous-hommes opprimés et colonisés, et bien entendu, cela suffisait à accorder un crédit, une sympathie aux nazis. Pour autant, et sur un plan purement intellectuel, après avoir remis les
événements dans leur contexte historique, ces Algériens-là ne cautionnaient absolument pas l’idéologie nazie dont ils ignoraient tout et dont ils n’avaient d’ailleurs aucune information.
De même, une certaine propagande sioniste montrera le mufti de Jérusalem (Al-Husseini) comme étant le porte-parole d'une alliance entre le
nazisme et l’islam. Ce mufti agissait en son nom propre. Pourquoi y mêler l’islam et tous les musulmans ? Il faut d’ailleurs, là-aussi, remettre les choses dans un contexte colonialiste.
Mais la stratégie de certains intellectuels juifs radicaux est d’amalgamer tout cela à des fins de vouloir absolument impliquer les Musulmans dans l’Holocauste, ce qui est évidemment absurde. Car
il est évident que ni l’islam, ni les Musulmans, ni même les Palestiniens n’ont rien à voir avec la Shoah et les crimes perpétrés par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Et l’on peut à
ce sujet évoquer aussi les crimes de guerre commis par les alliés également ; pour exemple le bombardement sur la ville de Dresde qui fut réduite en cendres. Etait-il utile de massacrer
autant de civils ?